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  • : Ecritures à la loupe
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  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
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Mes romans

histoire

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 10:07

 

Michel Butor,

M. Butor (2)

Michel Butor est né le 14 septembre 1926, dans la banlieue de Lille, à Mons en Baroeul.

Troisième d'une fratrie de sept enfants, fils d'un employé des Chemins de fer du Nord qui était également passionné de dessin, aquarelle et gravure sur bois, Michel fera des études de lettres et de philosophie à Paris, où la famille s'installe dès 1929.

Est-ce la profession du père qui donnera au jeune Michel le goût des voyages?

Ce qui est certain c'est que jeune professeur au lycée Mallarmé de Sens, il profite d'une réforme de l'enseignement égyptien pour traverser la Méditerranée avec un certain nombre de licenciés ès lettres, et se retrouve professeur dans la vallée du Nil entre les pharaons et les ermites. Puis il saisit une opportunité de devenir lecteur à l'université de Manchester en Angleterre.

Passionné par l'écriture il publie aux éditions de minuit son premier roman en 1954 "Passage de Milan".

Mais c'est en 1957 avec la sortie de "La Modification" ouvrage récompensé par le prix Théophraste Renaudot, que Michel Butor rencontre la notoriété. Grand lecteur de James Joyce, de John dos Passos, de Kafka, grand amateur de peinture abstraite, sa vision de la poétique du roman fait de lui l'un des représentants du courant du "nouveau roman" au même titre que Marguerite Duras, Alain Robbe Grillet et Nathalie Sarraute.

Sa curiosité intellectuelle, toujours alimentée par un incessant besoin de bouger le conduira en Grèce, en Suisse où il rencontre celle qui deviendra son épouse, aux Etats-unis, au Japon, en Australie et en Chine.

Cette curiosité s'accompagne d'une capacité d'expérimentation pour représenter le monde que l'on retrouve dans tous ses ouvrages, qu'il s'agisse de Mobile, grand ouvrage fait de collages divers (encyclopédies américaines, descriptions d'automobiles, articles de journaux, etc.), de récits de voyage (série Le Génie du lieu ), de récits de rêves (Matière de rêves), ou de ses très nombreuses collaborations avec des peintres, des musiciens et photographes contemporains (recueillies dans la série des Illustrations).

Ce fabuleux chantre des oeuvres croisées a pris sa retraite en 1991 et vit désormais dans un village de Haute-Savoie.

 

 

L'écriture de Michel BUTOR

M. Butor (2)

Cette courte dédicace au stylo à bille bleu, au trait particulièrement appuyé (voir plus bas un scan du dos de la page où l'on discerne le foulage du papier), à la dimension des lettres petite, au geste rapide et assuré montre le désir d'un homme décidé à agir sur le monde qui l'entoure.

S'engager, prendre part et parti lui sont indispensables pour avoir le sentiment de sa propre existence.

Le pôle cérébral très développé (écriture petite, rapide, simplifiée, stylisée) indique une capacité à prendre position, donner son opinion et témoigne d'un désir d'infléchir le cours des événements en ayant le courage d'affirmer ses opinions et d'en assumer les conséquences.

La ligne de base en mappemonde de la première phrase et la sinuosité des lignes suivantes, alliées à la pression particulièrement forte, sont la trace graphique d'une volonté d'être l'instigateur autant que l'acteur de ses projets, tout en acceptant les influences extérieures, en s'adaptant et en laissant libre cours à l'inattendu et à l'improvisation.

En effet, le mouvement qui anime l'écriture, le blanc dans les mots, la rapidité et la mobilité de la ligne de base, permettent d'éviter que la tendance naturelle à creuser, approfondir un sujet, ne limite le champ de perception, d'investigation et d'ouverture sur l'extérieur.

 

M. Butor (2)

Foulage au dos de la dédicace

 

 

Une citation de Michel BUTOR:

« Faire de la peinture, ou de la littérature, ce serait donc bien apprendre à mourir, trouver le moyen de ne pas mourir dans la sottise de cette mort que les autres avaient en réserve pour nous et qui ne nous convient nullement. »

(Répertoire V)

2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 11:35
28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 14:57
Sortie officielle de mon roman Blog-not!

Mon dernier roman Blog-not publié par les éditions "RroyzZ" est disponible depuis aujourd'hui 28 avril 2016:

 

sur le site de mon éditeur ICI

sur Amazon ICI

 

Quatrième de couverture:

Rien ne laissait présager une telle issue.

Le corps d'une jeune fille découvert dans la Seine par un vieux marinier, quelques vêtements et un mot trouvés sur la berge : le suicide d'une adolescente ne semble faire aucun doute. Par acquit de conscience, le commissaire Guedj, conseillé par une graphologue, analyse les maigres indices afin de ne rater aucune éventualité. Puis apparait un deuxième papier issu des affaires de la noyée. Cet extrait de Lithium va bouleverser l'enquête.

Il y a d'abord Alex, l'agaçant petit ami de Clarisse, la fille de l'experte, qui rêve de devenir journaliste. Et puis cette maison de retraite où une infirmière se consume d'amour pour un étrange collègue. Ou encore ce blog, qui attire comme un aimant des jeunes internautes en mal de vivre. Une seule certitude, certains vont amèrement regretter de jouer au détective.

Catherine Dutigny se plaît à faire monter doucement la tension, tout en brossant avec humour les portraits des attachants acteurs de cette affaire. Elle a déjà publié plusieurs romans, contes et nouvelles. Elle est également rédactrice de chroniques et membre du comité de lecture de La Cause Littéraire.

 

Je dispose de quelques exemplaires que je peux envoyer et dédicacer à la demande. Me contacter par mail. :-) ,

Bonne lecture!

29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 10:47

Cet article est reposté depuis Catherine Dutigny / Elsa.

27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 18:01

Cet article est reposté depuis Catherine Dutigny / Elsa.

31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 11:37
Participation à la fête de la musique 2014 du musée du Rock à La Rochelle

J'ai le grand plaisir de participer, via l'écriture, à la 33ième fête de la musique du musée du Rock de La Rochelle sur le thème "Qu'ont-ils fait de ma chanson". Musiciens, plasticiens, chanteurs et écrivains réunis autour de 33 titres qui ont bercé plusieurs générations.

 

Adresse du site et informations: ICI

 

Ma contribution: ICI

8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 09:09
Publication sur Shortstories etc. (La Matière noire) de ma nouvelle "Sacrée bavure"

Ma nouvelle Sacrée bavure vient d'être publiée par la maison d'édition numérique La Matière noire, Shortstoriesetc.

 

Chaque mercredi, trois nouvelles de trois auteurs différents sont sélectionnées et publiées.

 

Vous pouvez vous abonner au mois, au semestre ou à l'année pour lire ces nouvelles.

 

ShortStories Etc. est un magazine hebdomadaire consacré à la nouvelle littéraire. Le principe est de proposer un livre perpétuel, riche, varié, plein de surprises et de découvertes, écrit par un grand nombre d’auteurs venant d’horizons différents. Des auteurs connus et inconnus réunis en un collectif libre avec pour ambition que de proposer de beaux textes aux lectrices et lecteurs gourmands que nous sommes tous.

 

ShortStories Etc. vous est proposé par les éditions La matière noire.

Pour accéder au numéro 17, c'est ici:

Shortstories:

 

 

Sacrée bavure (extrait)

La rue de Pigalle est déserte. La pluie glacée laque les pavés disjoints. Un panneau publicitaire, veuf de plusieurs lettres affiche son slogan aussi clairement qu’un rébus directement sorti des pages de l’Almanach Vermot. Le « J » et le « F » y pendent lamentablement, comme les testicules d’Enoch Poznali, dit La Volga, après son exécution. Les flonflons du Front populaire ne feront pas, ce soir, chavirer le cœur du quartier interlope. Inutile de chercher sous une porte cochère, dans l’embrasure d’un hôtel de passe, les appâts d’une putain aux jambes gainées de soie. Un œil attentif scrutant les encoignures noires pourrait surprendre quelques silhouettes furtives, un pan d’imperméable, deux ombres discutant dans une tire, la flamme d’un briquet à essence. Une oreille, tout aussi attentive, percevrait derrière les volets clos du cabaret, au numéro 66, les éclats de voix et résonances de la grand-messe des marlous de la Butte.

15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 14:51
Pour Pâques, republication d'une comptine: La gourmandise de Pâques

La gourmandise de Pâques

 

 

 

La gourmandise perd tout en voulant tout manger,

Je ne veux pour le témoigner

Que cette petite histoire

 Dont le triste héros se nomme Grégoire.

 

 

S'étant levé fort tôt le matin de Pâques

Il lui prit l'envie démoniaque

Dans la ferme encore endormie

De satisfaire à sa boulimie.

 

 

Se glissant sans bruit dans le poulailler

Il fit la razzia des couvées.

Aucun œuf n'échappa à sa concupiscence

Petits, gros, jaunes ou blancs pas de différence,

Tous furent gobés avec appétence.

 

 

Puis il fit fondre du chocolat

Auquel il mélangea du nougat,

Remplit avec soin les coquilles

Et fit sécher le tout sur une grille.

 

 

 

Les œufs ainsi préparés

Il décida de les manger.

 

 

Est-il besoin d'ajouter

Que l'omelette et le chocolat

Se brouillèrent dans son estomac

Et lorsque les cloches sonnèrent à toute volée

Grégoire n'eut d'autre choix que tout dégobiller.

 

 

 

Ainsi en va-t-il pour ceux

Dont l'appétit est monstrueux

 

 

 

Alaligne

 

Pour accéder aux autres comptines, cliquez dans la colonne de droite sur "catégories": comptines

20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 10:06
"Zigzags"  sur Short Stories etc.

 

Ma nouvelle Zigzags vient d'être publiée par la maison d'édition numérique La matière noire, Short stories etc.

 

Chaque mercredi, trois nouvelles de trois auteurs différents sont sélectionnées et publiées.

 

Vous pouvez vous abonner au mois, au semestre ou à l'année pour lire ces nouvelles.

 

Short Stories Etc. est un magazine hebdomadaire consacré à la nouvelle littéraire. Le principe est de proposer un livre perpétuel, riche, varié, plein de surprises et de découvertes, écrit par un grand nombre d’auteurs venant d’horizons différents. Des auteurs connus et inconnus réunis en un collectif libre avec pour ambition que de proposer de beaux textes aux lectrices et lecteurs gourmands que nous sommes tous.

 

Short Stories Etc. vous est proposé par les éditions La matière noire.

 

Pour accéder au numéro 7, c'est ici:

Short stories

 

Zigzags (extrait)

 

 

Les nerfs tendus, elle descendit de la voiture en ajustant la mini robe de coton dont les bretelles trop lâches découvraient des épaules hâlées par le soleil de juillet ainsi que le galbe d’une poitrine épanouie par une récente maternité. Elle claqua violemment la portière comme si ce geste, à lui seul, pouvait communiquer à l’homme qui l’accompagnait toute la colère et le ressentiment qu’elle lui vouait à cet instant. Lui ne sourcilla pas. Il verrouilla les portes de la berline, contourna la calandre et vint la rejoindre sur le trottoir, de sa démarche nonchalante. Il souriait et elle n’arrivait pas à savoir si ce sourire portait la marque d’une quelconque condescendance ou d’un encouragement amical. Il lui souriait si souvent et dans des circonstances tellement différentes…

 

25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 13:02

 

 

Demain, basta…

 

Gary a une gueule de vieux surfeur : cheveux blonds décolorés par le sel, bronzage pain d’épices, bracelet manille monté sur cordage bleu fluo au bras droit. Et pourtant, il n’a jamais touché à une planche de surf, n’est pas né en Californie et, pour faire bonne mesure, déteste cordialement la soupe californienne des Beach Boys. Aux commandes de son hydravion « Twin Otter », il entame sa douzième rotation de la journée. De la routine… ou presque. Natif de Toronto, la proximité du lac d’Ontario a façonné très tôt sa vocation de pilote. Quant au bourdonnement incessant de ces bateaux volants, au-dessus de Block House Bay, leur tempo répétitif a gravé le sillon de son admiration indélébile pour Flea, le bassiste de Red Hot Chili Peppers. L’Ouest américain revu et corrigé en « Californication ». Gary est un rêveur, un idéaliste, « le petit-fils improbable de Saint Ex », comme il aime lui-même se définir… Il croit en l’humain… Il aime cet archipel qu’il sait condamné tôt ou tard à disparaître. Il survolait l’atoll de Baa, le 24 décembre 2004. Il a tout vu et tout enregistré dans sa mémoire. La précarité de l’existence, il en a fait son ordinaire : la vague meurtrière a emporté ses illusions et ce qui lui tenait le plus à cœur. Gary est aussi et surtout le meilleur pilote de Maldivian Air Taxi. C’est du moins ce que son patron prétend.

 

- Prêt pour le décollage ?

 

Peter, son copilote, lui a posé la question machinalement et s’attend au « O.K !» habituel.

 

Mais Gary ne répond pas. Il vérifie de manière compulsive sa check-list. En réalité, il « checke » ses emmerdes. La coupe est pleine : bosser au paradis et vivre un enfer…

 

L’embarquement à l’aéroport de Hulhulé venait de connaitre quelques péripéties avec l’arrivée sur le quai d’une star du rock alternatif disparaissant derrière une gigantesque gerbe de fleurs de balisier, de ses trois insupportables gorilles charpentés comme des armoires à glace, mâchant du chewing gum et portant des inévitables lunettes noires, façon « men in black ». À ce quatuor de choc, il fallait ajouter, plantée sur des talons de quinze centimètres, l’assistante de la star, copie conforme de sa patronne, deux gamins braillards et mal élevés qui tyrannisaient une jeune nurse dépassée par l’ampleur de sa tache. Gary et Peter devaient les convoyer en moins de quarante cinq minutes jusqu’à l’atoll de Noonu, leur destination cinq étoiles. Le groupe était déjà en soi une plaie : hautaine et bling-bling à souhait. C’était malheureusement sans compter sur la dizaine de journalistes qui accompagnait le déplacement de la star, masse gesticulante et vociférante, vulgaire et obscène, prête à prendre d’assaut l’hydravion pour obtenir un dernier cliché. Au moment de fermer la porte de l’appareil, un paparazzi avait réussi à se hisser sur l’un des flotteurs pour tirer le portrait de la chanteuse à l’intérieur de la carlingue et là, Gary avait vu rouge… Il s’en était fallu de peu que le photographe ne finisse à la baille, lui et ses appareils photos. Peter avait, in extremis, retenu son bras au moment où un imparable crochet du droit allait mettre un terme définitif aux talents d’équilibriste du journaleux. L’hydravion, dont les amarres avaient été desserrées, avait dérivé de quelques mètres du quai d’embarquement et le gars paniqué avait trouvé refuge sur une aile où il était resté accroché dix bonnes minutes jusqu’à ce que la police de l’aéroport, armée d’une échelle, ne le force à abandonner son abri précaire. Gary et Peter, inquiets pour l’état de la voilure, avaient dû vérifier que les nervures étaient intactes, ce qui avait pris cinq bonnes minutes supplémentaires et fini par remettre en question le plan de vol du reste de la journée. Alors que l’incident semblait clos, la porte définitivement verrouillée et le photographe ceinturé par les flics, la star avait réclamé que l’on ouvre une valise pour en sortir le doudou préféré de sa mouflette de cinq ans, fixée dans son développement psychologique à un stade oral mâtiné de sadisme. Les bagages une fois sanglés dans la queue du fuselage, il était hors de question d’en extraire une valise. Gary avait refusé fermement.

 

- Lapiiiiiiiiiiiiiin…… mon lapiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin !

 

- Elle prononce encore une fois ce mot et je l’étrangle…

 

- Gary, il faut que l’on décolle… on a trois « Twin » au cul qui s’impatientent. Derrière nous, Phil ne décolère pas… tu vas le mettre en retard pour son entraînement de hockey de 18 heures. Le championnat débute la semaine prochaine… il ne te le pardonnera jamais.

 

- Lapiiiiiiiiiiiiiiin, lapin, lapin, lapin… Je veux mon laaaaaaapiiiiiiiiin !

 

- Tant que j’entends ce mot… on ne bouge pas. Elle va nous porter la poisse. Une fois dans les airs, elle pourra beugler autant qu’elle veut, ce qu’elle veut, mais sûrement pas tant que mon « Twin » flotte sur l’eau. La mousson d’été est en avance… mâte un peu la houle qui est en train de se former… J’ai un vent Ouest-Sud-Ouest de force sept … Dis à sa mère de la faire taire… et à Phil de demander à la tour de contrôle l’autorisation de décoller… je lui cède ma place…

 

- Tu n’es pas sérieux, j’espère ?

 

- On ne peut plus sérieux… ça te pose problème ?

 

- Un peu… je n’ai pas envie de perdre ma place… toi, tu t’en fous… tout le monde t’a à la bonne… un type qui assure quarante rotations dans la journée pour évacuer la population de deux atolls est intouchable… Heu, Gary ! ça touche à l’hystérie derrière… la môme est au bord de l’apoplexie et maintenant c’est sa mère qui nous injurie et nous menace d’un procès…

 

-Lap… lap… laaaaaaaaaaaaapiiiiiiiiiiiiiiiiiin !

 

- Rien à foutre de ses menaces… d’accord, je décolle mais pas pour Noonu… direction Calgary… Dans à peine dix jours, je serai de retour au bercail. Finies les rotations pour des mecs ou des nanas pleins aux as qui bêtifient devant des poissons Chirurgiens… fini de faire le larbin et d’enrichir des chaînes d’hôtel de luxe, fini de tricher avec la réalité et de fermer les yeux sur toutes ces saloperies… j’en ai ma claque… t’entends Peter ?... ma claque…

 

-Tu dérailles complètement ! Tu comptes parcourir dix-sept mille kilomètres avec une star du showbiz à bord, le tout avec une autonomie de mille sept cent?

 

-Piiiiiiiiiipiiiiiiiiiii……………. !

 

- Bon, tu vois, elle vient de changer de registre… Allez, décolle mon pote avant qu’elle ne se fasse sous elle. Gary, tu m’écoutes ? T’es où, là… Putain, décolle !

 

Gary pense au corps de la petite Faraha, cinq ans elle aussi, un ange offert au belliqueux Pacifique. Sa toute petite sœur… sa « Biche », sa « Mima » à laquelle il lisait, les jours de repos Le Petit Prince… Il se remémore son rire et ses yeux brillants de bonheur quand il l’emmenait, la nuit tombée, à bord de son « dhoni » pêcher le mérou. Faraha… sa petite perle… Faraha… les yeux bouffés et les membres gonflés, et… Il chasse l’image de sa mémoire… des larmes coulent sur ses joues creusées par le sel marin. Il va la faire cette rotation, mais celle-là sera la dernière. Demain, basta… Il partira pour Vaavu, l’album « Mother’s Milk » en poche et l’écoutera en boucle jusqu’au coucher du soleil, puis, il enfilera sa tenue de plongée et se laissera glisser le long de la barrière de corail. Alors, qui sait s’il aura vraiment envie de respecter les règles… ne pas oublier un dernier palier de décompression ? Demain, oui… basta…

Demain... basta....