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  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 09:46
Critique de Blog-not dans La Cause Littéraire

Blog-not, Catherine Dutigny

Ecrit par Martine L. Petauton 23.08.16 dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman

 

Blog-not, éd. Rroyzz, avril 2016, 210 pages, 16 €

Ecrivain(s): Catherine Dutigny

Blog-not, Catherine Dutigny

 

Un roman : des personnages, un cadre, un décliné d’histoire… il était une fois… Un roman policier : la même chose, plus d’inquiétants évènements, type meurtre, par exemple, des personnages suspects en attendant le coupable, et des enquêteurs aux agissements variés plus ou moins – vite – couronnés de succès : il était une fois des choses bizarres… Qui n’aime lire un policier et qui – qui ? – n’aurait pas voulu pouvoir en écrire, au moins une fois dans sa vie, a minima un bon chapitre ? Vous en rêviez, Catherine Dutigny l’a fait ! Comme dit la pub. La dame n’en est pas à son coup d’essai, c’est vrai, en matière de nouvelles et de romans, mais, là, c’est un beau coup double : écrire un roman galopant, et un policier digne de la loupe qui garnit le dos de son livre. Parce qu’en ce domaine – rebattu en littérature – encore faut-il que le lecteur lise en ne lâchant pas le bouquin (chaque page avancée donnant un peu plus de lumière sur la solution), qu’il s’intéresse au milieu, aux héros, au genre d’enquête menée, avec l’impression de voyager dans du nouveau, et non dans le énième série noiraude, que le rythme, les fausses pistes frustrantes à souhait relancent l’attention, qu’on visualise parfaitement celui-ci, ou celle-là, qu’on craigne, qu’on suppose, qu’on frissonne, bref, qu’on « y » soit. Professionnel, comme un bon produit littéraire, et comme une enquête à la hauteur… Réussi comme ce Blog-Not en main, cet été.

Le milieu est celui du monde internet, côté blog et réseaux sociaux, et de ses étranges modes de communication. Ces endroits où (nocturnement, souvent ; en marge de la vraie vie, notamment son métier, sa famille, etc.) il suffit de deux clics, une page, un avatar, et vous existez autrement. An other life. Si, en plus, vous êtes borderline psychologiquement, voire davantage, n’en doutez pas, c’est votre endroit idéal de mise en chantier de perversités, manipulations diverses, en des domaines quasi illimités (ici, le deal est de pousser au suicide – en les aidant, si besoin est – des gens fragiles et des adolescents en phase difficile). Remarquable immersion dans ce milieu plus que glauque, dont chaque rouage – versus réalité lisse, versus monstre de la nuit – est décortiqué à merveille : « La toile ne manquerait certainement pas de créatures malléables, aux frontières floues, à l’œdipe mal consommé, pour se faire piéger au miel empoisonné de ses propos sinistrement délectables ». Ce n’est plus le couteau dégoulinant dans les rues foggeuses de Londres de Jack l’éventreur, qui risque de hanter vos cauchemars post lecture, mais, le clic sec de votre ordinateur ! « Seul bruit, la ventilation de l’ordinateur ; seule lumière, l’écran de l’ordinateur. Des odeurs en pagaille avec en dominante celle du tabac froid, du renfermé, de la poussière… le rite immuable commençait ».

 

Pour lire la fin de l'article, cliquez ICI

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 11:35
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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 14:57
Sortie officielle de mon roman Blog-not!

Mon dernier roman Blog-not publié par les éditions "RroyzZ" est disponible depuis aujourd'hui 28 avril 2016:

 

sur le site de mon éditeur ICI

sur Amazon ICI

 

Quatrième de couverture:

Rien ne laissait présager une telle issue.

Le corps d'une jeune fille découvert dans la Seine par un vieux marinier, quelques vêtements et un mot trouvés sur la berge : le suicide d'une adolescente ne semble faire aucun doute. Par acquit de conscience, le commissaire Guedj, conseillé par une graphologue, analyse les maigres indices afin de ne rater aucune éventualité. Puis apparait un deuxième papier issu des affaires de la noyée. Cet extrait de Lithium va bouleverser l'enquête.

Il y a d'abord Alex, l'agaçant petit ami de Clarisse, la fille de l'experte, qui rêve de devenir journaliste. Et puis cette maison de retraite où une infirmière se consume d'amour pour un étrange collègue. Ou encore ce blog, qui attire comme un aimant des jeunes internautes en mal de vivre. Une seule certitude, certains vont amèrement regretter de jouer au détective.

Catherine Dutigny se plaît à faire monter doucement la tension, tout en brossant avec humour les portraits des attachants acteurs de cette affaire. Elle a déjà publié plusieurs romans, contes et nouvelles. Elle est également rédactrice de chroniques et membre du comité de lecture de La Cause Littéraire.

 

Je dispose de quelques exemplaires que je peux envoyer et dédicacer à la demande. Me contacter par mail. :-) ,

Bonne lecture!

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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 12:40

  


Enfin disponible chez Le Manuscrit!


   

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Je n'y croyais plus, mais à force de coups de téléphone, de mails, ce conte de Noël est enfin disponible avant décembre.


En voici la couverture.


Pour l'instant, on ne peut le commander qu'en allant directement sur le site des éditions Le Manuscrit: www.Manuscrit.com. Dans quelques mois, il sera disponible chez alapage, chapitre.com,  abebooks, etc.


Son prix hors frais d'envoi est de 17,90 euros.


Pour le trouver sur le site du Manuscrit, il faut aller dans la fonction "recherche" à gauche de la page d'accueil et taper mon nom "Dutigny".  le Comité de lecture semble l'avoir apprécié et m'a téléphoné pour me dire qu'il ferait l'objet d'une mise en avant sur leur site courant décembre. J'attends de le voir pour le croire ;))).

Ceux et celles qui le souhaitent seront tenus au courant.


Bonne journée à tous et toutes...


 

 

  Alaligne


Oups!! j'étais mauvaise langue, je viens de vérifier et le livre est en effet en page d'accueil du site "Le Manuscrit" sous "nouveauté"...Sorry



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13 septembre 2007 4 13 /09 /septembre /2007 10:19

 

 

 

Blog-notes*

 

 

 

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XX

                

 




Djamila n'avait ni l'envie ni le courage de l'affronter. Elle décida de laisser Delage user jusqu'à la corde la moquette, vida le fond refroidi de son bol de café et entreprit de ramasser une à une les miettes de croissants éparpillées sur le drap de lit. A ce compte, la tactique s'avéra payante. Fatigué de tourner en rond et en l'absence de nouveau sujet pouvant justifier sa colère, le commissaire vint la rejoindre sur le lit, l'air contrit.
                

- Je te demande de m'excuser. Je ne vais pas gâcher cette matinée. Mais avoue quand même ! Alors quoi ? Qu'est-ce qu'il me veut ce bon père Matthieu ?
 
 

Djamila lui répondit par un regard interrogateur afin de s'assurer qu'il ne bluffait pas et était disposé à l'écouter. Il comprit le message. 
 

- Vas-y, dis-moi... Je te promets de ne plus m'emporter. Enfin d'essayer.. Ajouta-t-il un vague sourire aux lèvres. 
 

- Quand tu as quitté sa chambre d'hôpital, hier, nous avons un peu discuté et à un moment, il m'a demandé de récupérer un papier dans sa veste. Tu avais raison Hervé... Il avait bien gardé un autre document appartenant à Morgane. 
                

Le commissaire leva les yeux au ciel avec un soupir d'agacement.   
                             

- Tu as promis Hervé ! Je peux continuer ?

 

Delage acquiesça en silence.
                      
  

- Je disais donc qu'il avait gardé un texte imprimé avec un poème, à la fois en souvenir de l'adolescente et par amour du poète. C'est du moins ce qu'il prétend. Mais voilà, j'ai vite découvert que ce document est une impression d'écran d'un blog et cela le père Matthieu ne pouvait le savoir. Hier soir, avant de te rejoindre pour dîner, je me suis connectée à la plate-forme depuis chez moi, pour en savoir un peu plus.  J'avais le nom en clair du pseudo sur le document. Première surprise, ce blog est supprimé depuis déjà trois semaines. J'ai alors fait une recherche en " cache " sous Google et là j'ai retrouvé la dernière mise à jour. Elle date du 5 juin exactement, soit deux jours après l'annonce dans la presse du suicide de Morgane. Tu ne trouves pas cela curieux ?   
                 

Le commissaire fit mine de s'intéresser, hocha la tête en signe d'encouragement avec une conviction pleine de retenue.
 

- Je n'ai pas pu remonter plus avant dans ma recherche, mais je pense que ce mec était en contact avec Morgane et tout ce que j'ai réussi à lire sur l'écran, n'est qu'une pure et simple incitation au suicide. On a un dingue qui passe son temps à piéger des ados pour les pousser à passer à l'acte. Il faut faire quelque chose Hervé ! 
                      

Djamila se tut, guettant un signe d'approbation de Delage.   
                          

- Oui et combien même, finit-il par répondre. S'il n'y a pas incitation au meurtre, de propos racistes ou un réseau pédophile derrière tout cela, que veux-tu que je fasse ? Tu as le droit de mettre quasiment n'importe quoi sur Internet, tu n'iras pas en taule pour autant.

 
- Mais Hervé, je n'ai eu accès qu'à un tout petit bout de ce blog. Il faudrait pouvoir remonter tout l'historique. Qui sait si ce type n'a pas plusieurs blogs sous des pseudos différents et des activités encore plus illicites ?
                       

- Pour le savoir, il faudrait que les parents déposent une plainte, ce qui veut dire leur en parler, raviver leur peine et peut-être leur donner de faux espoirs. Par ailleurs, Guedj devra être mis au courant et là cela risque d'être coton. Le dossier pour lui est clos, et je ne peux que lui donner raison. J'ai bien un ami qui travaille au Service d'investigations et de recherches de Versailles, mais de là à lui demander d'intervenir de son propre chef et sans soutien de la hiérarchie... 
                       

- Heu! Il me semble que Gerbault a un petit ami qui bosse lui au SRTJ de Rosny, la gendarmerie ce n'est pas mal non plus, on pourrait peut-être lui demander de faire une recherche ?  
                    

- La police plus la gendarmerie, tu n'y vas pas de main morte, s'esclaffa Delage... Sur une simple feuille de papier et tout cela pour les beaux yeux d'une fliquette qui est tombée amoureuse d'un vieux radoteur de marinier. Gerbault a un petit ami ? Putain, je ne peux pas le croire... Je l'aurais bien vue gouine celle-là!
                         

- Hervé, t'es parfois très con, tu sais ? 
                              

La jeune femme n'attendit pas la réponse de Delage, le renversa sur le lit et l'embrassa avec passion. Elle lui cloua les bras derrière la tête, l'enfourcha et écarta les jambes d'un geste brusque qui fit valser le plateau du petit déjeuner sur la moquette, briser une tasse dans la chute, renverser sur la pure laine le contenu du beurrier.
 

- Tu feras quelque chose pour coincer ce type ? Lui souffla-t-elle dans l'oreille entre deux baisers.
 

- Il va me falloir des arguments très convaincants, très, très convaincants, répondit-il en lui saisissant les hanches
  

            
                      

  

                                                                                            à suivre......

 

 

*BLOG-NOTES est un manuscrit déposé, ayant reçu un numéro d'ISBN mais non encore corrigé et édité. Les amis blogeurs qui auront le courage et la ténacité de lire ce petit suspense jusqu'au bout seront nommément cités sur le livre en dédicace.

  

 

 

 
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28 août 2007 2 28 /08 /août /2007 11:02

 

 

 

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XX

                

 




 Delage se leva, ramassa sur le dossier d'une chaise son boxer-short à carreaux et l'enfila en se donnant un mal de chien pour prendre une pause sexy. La jeune femme pouffa de rire en l'observant s'empêtrer dans son exercice de Chippendale à rebours. Il en rajouta dans la pantomime, bomba le torse, fit saillir ses biceps, rentra le ventre et singeant la démarche d'Aldo Maccione se dirigea vers la cuisine en proférant crânement :
- Ridicule ? Peut-être, mais au moins j'aurais essayé !

Restée seule, Djamila remit un peu d'ordre dans ses cheveux emmêlés, récupéra la chemise du commissaire pour s'en couvrir et profita de ce moment de solitude pour détailler un peu mieux l'antre du célibataire. L'impression rapide de confort sévère ressentie la veille, se confirma par la découverte d'un mobilier simple, aux lignes épurées. L'absence de bibelots, de photos, le caractère fonctionnel de l'ameublement, les livres soigneusement classés par auteur dans une bibliothèque faite de simples étagères, l'ordre méticuleux à peine troublé par leurs ébats amoureux signaient la personnalité d'un être solitaire, doté d'un solide esprit pratique, sans doute un peu maniaque, laissant peu de place à l'improvisation et peut-être pensa-t-elle, au sentiment. Un seul détail clochait dans ce décor aseptisé : Un hideux réveil-matin trônant sur la table de nuit. " Il y a peut-être un espoir ? " Rectifia-t-elle en son for intérieur. 

Delage réapparut, tenant dans ses mains un grand plateau chromé sur lequel en dehors de deux grands bols de café fumant, une panetière débordant de croissants, de diverses viennoiseries et de tranches de pain grillé disputait la place à trois raviers de confiture, un carré de beurre et deux verres de jus d'orange.

- Madame est servie ! Désire-t-elle manger à table où préfère-t-elle que je dépose ce frugal en-cas sur le lit ?

- Sur le lit, répondit Djamila en souriant. Je suppose que la femme de ménage fera disparaître les miettes ?

- Si madame, m'autorise une remarque... Je me dois de préciser à Madame, qu'ici les miettes n'existent pas. On mange tout, devrait-on en crever ! Plaisanta Delage.

- Ce somptueux petit-déjeuner ne me semble guère improvisé, insinua la jeune femme. Tu étais donc bien sûr de toi, hier soir, lorsque après dîner, tu m'as invitée chez toi...

- Sûr ? Non, jamais. Décidé ? Oui, tout à fait. Et puis rassure-toi, j'ai suffisamment d'appétit pour avaler le double de cela.

- Cela se voit, dit-elle avec malice, en lui pinçant un début de bedaine au-dessus du nombril.

Ils mangèrent, burent, parlant et riant de tout et de rien, dans une complicité et une franchise qui ne cessaient de les surprendre tant leur relation avait évolué en peu de temps.
Soudain, Djamila reprit son sérieux, s'assit en tailleur devant Delage et le dévisagea d'une mine embarrassée.

- Hervé, excuse-moi, mais hier tout est allé très vite et...

- Et ? Questionna Delage, inquiet.

- Et... J'ai oublié de te parler d'une chose importante.

Le commissaire bloqua instinctivement sa respiration, un petit clignotant dans la tête affichant en lettres phosphorescentes : Danger.

- Voilà Hervé. En quittant l'hôpital, tu étais tellement en colère que je n'ai pas osé te parler. Et puis après, il s'est passé beaucoup de choses... Le retour au commissariat, le boulot, tes excuses, ton invitation surprise à dîner... et puis le reste... Enfin, je veux dire cette nuit. Mince, je suis nase... Je n'arrive pas à m'exprimer.

- Si, si... Pour l'instant, je te suis... Tu regrettes, c'est cela ? Tu penses que tu n'aurais pas dû accepter aussi vite ? Que je suis trop vieux pour toi ?

- Mais, où vas-tu chercher cela ? Répliqua-t-elle sincèrement étonnée. Ca n'a strictement rien à voir. Je suis assez grande pour assumer mes choix. Tu ne m'as pas forcée...

- Bon, alors c'est quoi ?

- Je voulais, enfin, j'aurais dû te parler du père Matthieu..

- Ha, non ! Vociféra Delage. Pas le père Matthieu ! 

Il s'était levé et arpentait la pièce à grandes enjambées.

- Pas le père Matthieu ! Je viens de passer une nuit merveilleuse avec une femme adorable et tout ce qu'elle trouve à me dire ce matin, c'est : J'aurais dû te parler du père Matthieu...
  

            
                      

  

                                                                                            à suivre......

 

 

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23 août 2007 4 23 /08 /août /2007 13:34

 

 

 

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XX

                

 




Une odeur inhabituelle de jasmin flottait sur la taie d'oreiller. Delage ouvrit péniblement un oeil qui par réflexe scruta les aiguilles du réveil-matin années soixante qu'il avait déniché un jour de déprime au marché aux puces de saint Ouen. L'engin hideux le narguait en affichant dix heures. Son pouls s'accéléra et son estomac se noua. Il faillit jaillir du lit comme un pantin de sa boite lorsqu'une évidence lui traversa l'esprit. On était dimanche et il ne travaillait pas. 


Rasséréné, il bailla, s'étira avec volupté et son bras gauche rencontra un obstacle inattendu plutôt chaud et doux dans son lit. Djamila, nue et lovée sur elle-même, lui offrant le spectacle de son corps gracile reposant sans couverture sur le drap, dormait à ses côtés. Un sourire creusa deux rides profondes dans le visage du commissaire. Il se tourna et entreprit de détailler le dos menu, la courbure marquée des hanches, la courbe pleine des fesses, l'arc d'un mollet fraîchement épilé. Il se pencha en prenant des précautions pour ne pas la réveiller, huma les senteurs sucrées de son abondante chevelure tandis que sa main se posait sur une épaule zébrée par les rayons du jour filtrant des persiennes. 


" Ma main est faite pour toi, ma belle, sens-tu comme elle épouse tes formes à la perfection ? " Pensa-t-il à cet instant. Le verbe " épouser " qu'il venait de formuler mentalement lui gâcha une partie de son plaisir. C'était un terme qu'il avait depuis fort longtemps rayé de son vocabulaire. Pourquoi fallait-il donc qu'à chacune de ses rencontres féminines, ce verbe maudit affleure son esprit et vienne briser son sentiment de plénitude. Certes, il avait épousé, oui, une fois, très jeune, plus pour braver les recommandations du couple en rupture de bans de ses parents que par envie sincère d'une union durable. Ce mariage n'avait duré qu'un an. Un an d'engueulades et de brèves réconciliations lors d'étreintes sexuelles débridées et épuisantes. Le sexe avait permis le port d'un anneau au doigt pendant douze mois et le sexe avait relégué au rang de papier toilette un contrat de mariage signé sans conviction. Le divorce avait été rapide et facilité par l'absence de biens matériels à partager. 


Depuis, Delage évitait soigneusement de reprendre le chemin d'une mairie et s'accommodait de rencontres de plus en plus éphémères. Son travail, son mauvais caractère légendaire, ses horaires fantaisistes l'avaient jusqu'à présent aidé à tenir à l'écart d'un éventuel foyer les femmes qui parsemaient sa vie et partageaient son lit. Et lorsque le mot mariage était prononcé, il l'était unilatéralement et jamais par lui. Mais le fait était là, inexplicable et perturbant, dès qu'il venait de faire l'amour avec une femme qui lui plaisait vraiment, le verbe épouser traversait d'une façon ou d'une autre ses pensées. Il s'en voulut, referma la paume de sa main sur l'épaule de Djamila, embrassa doucement son omoplate et s'abîma dans la contemplation d'un grain de beauté niché au bas du dos. Est-ce le baiser ou la pression de sa main sur l'épaule ? Il la sentit bouger et sortir de son sommeil.


- Tu veux un café ? murmura-t-il à son oreille


La jeune femme remua les cils, s'étira à son tour et vint caresser la cheville de Delage du bout d'un pied. Puis elle se redressa sur ses coudes et bascula son corps contre le sien, un sourire épanoui aux lèvres.


- Tu veux un café ? Répéta-t-il après l'avoir embrassée sur le nez. Noir ou avec du lait ?


- Noir et fort, s'teuplait, avec des tartines beurrées, des croissants et... de la confiture de fraise... et... un jus d'orange... et...
     

- Holà ! S'esclaffa Delage, j'ai proposé un café, pas un brunch ! Pour les tartines, ça doit pouvoir se faire, mais pour le jus d'orange, il faut d'abord que je vérifie la date de péremption.
   

            
                      

  

                                                                                            à suivre......

 

 

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20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 10:18

 

 

 

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XIX

                

 




L'éclat brutal d'un nouvel éclair éclaira d'une lueur d'acier les yeux révulsés de son frère.

Une envie de vomir, une nécessité impérieuse de hurler sa colère et son désespoir, les battements d'un coeur prêt à jaillir hors de lui, se mêlaient et le menaient au bord de l'évanouissement.

Le couteau de chasse tomba sans bruit sur la moquette. Il porta la main à son font mais ne rencontra qu'une peau humide et glacée qui lui parut étrangère. Une flaque d'un sang épais et déjà visqueux dessinait une étrange forme géométrique au côté gauche de la poitrine. Il l'observa s'étendre, se déformer, s'insinuer dans les fibres molles de la chemise.

Le tonnerre retentit à nouveau, proche, chargé de menaces, de reproches tonitruants.
Il resta là, figé, immobile, hypnotisé par la liqueur brunâtre qui n'en finissait pas de se répandre et déjà mouillait la moquette.

C'est à peine s'il sentit le frôlement contre sa jambe et il ne réagit que lorsque l'animal entra dans son champ de vision pour venir flairer le sang.

Il décocha un coup de pied sec dans les côtes du chat qui détala aussitôt, sauta sur le bureau, renversa une boite de talc et lui fit enfin face en crachant.

Alors seulement, il remarqua l'écran allumé de l'ordinateur, s'en approcha et lut les premières phrases d'un échange sur une messagerie instantanée.

Le visage livide et le corps figé dans une raideur catatonique, il ne voyait plus autre chose que ses courtes lignes, les dernières d'un être encore vivant. Les larmes alors débordèrent et inondèrent sa face ramenant un peu de tiédeur et de sens de la réalité dans son esprit. Il s'assit et commença à décortiquer le contenu des quelques fichiers mémorisés, navigua sur les rares liens archivés.


" C'est donc à cela que tu passais ton temps... Il faut que je fasse disparaître tout ce bordel " pensa-t-il à la fois consterné et dégoûté.

Il supprima un blog compromettant, effaça le contenu du disque dur et éteignit l'ordinateur.

La violence de l'orage avait encore décuplé et une rafale de vent s'engouffra dans la pièce ajoutant au paysage chamboulé par la lutte fratricide, des feuilles et des morceaux de branches arrachés aux arbres avoisinants.

 Il devait faire vite.

Il jeta un dernier regard sur le corps inerte, ramassa le couteau qu'il emmaillota rustiquement dans les pages d'un journal qui traînait sur le futon.
 
Tout devait disparaître et pour cela, il n'y avait qu'une solution : tout devait brûler.
Il récupéra sur le bureau un trousseau de clés, s'approcha de la porte et tendit l'oreille pour tenter de déceler en dépit du fracas de l'orage une éventuelle présence humaine. Lorsqu'il se décida à ouvrir, le chat en profita pour s'échapper et s'enfuir dans le couloir plongé dans la pénombre.

Il lui fallait de l'essence, beaucoup d'essence, et il savait exactement où en trouver.
   

            
                      

  

                                                                                            à suivre......

 

 

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5 août 2007 7 05 /08 /août /2007 09:48

 

 

 

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XVIII

                

 




Il figea sa main sur la poignée de la porte, parut hésiter, puis tourna lentement son visage vers celui de la jeune fille. Leurs regards se croisèrent, ils cillèrent en même temps. Il soupira, lâcha la poignée et lui fit résolument face. Les corps tendus, ils étaient là, s'observant, s'épiant dans la lueur falote et blafarde de la lampe de chevet. Le petit espace qui les séparait prit les proportions d'un gouffre infranchissable. Il se prit à espérer un mouvement d'elle, une simple inclinaison de son corps vers lui, l'esquisse d'un sourire pour trouver la force de la prendre dans ses bras. Mais la gêne et l'embarras le maintenaient sur place, la tension du désir marquait ses traits d'un masque rigide. Ce fut elle qui au final mit un terme à ce douloureux et délicieux supplice en s'approchant de lui et en passant ses bras frêles autour de son cou.
Libéré par cette invitation muette, il l'enlaça par la taille et d'une main tremblante ôta le bic qui entravait la lourde chevelure. Il la repoussa d'une douce impulsion de quelques centimètres.

- Je te préfère les cheveux défaits, finit-il par murmurer d'une voix à peine audible.

Dans un geste de coquetterie, elle pencha la tête tout autant pour mettre en valeur les vagues légères de ses cheveux que pour lui signifier qu'elle acceptait le compliment. Leurs lèvres se scellèrent avec une fougue exacerbée par l'attente, les interminables moments de complicité ambiguë passés à traquer leur proie. Il la plaqua brusquement contre le mur et entreprit d'abord maladroitement puis avec de plus en plus de douceur de baiser chaque parcelle de peau tendre et parfumée qui s'offrait à sa bouche. Il glissa ses mains le long du corps de Clarisse, en épousa chaque contour, s'agenouilla, releva avec précaution le pan de coton de la robe et caressa du bout des doigts les jambes longilignes qui s'écartèrent sous la caresse. Il parcourut millimètre par millimètre cette peau qui se couvrait de frissons, se raidissait ou s'émolliait au gré des allers et retours de ses phalanges. Pourtant, au moment où ses lèvres et sa langue remontaient l'intérieur d'une cuisse délibérément offerte, Clarisse le saisit par les épaules et le repoussa fermement.

- Arrête !

Elle le toisa avec méchanceté, serra les poings dans une attitude qui ne reflétait plus la moindre trace d'abandon. Alex se releva, le visage exprimant le doute et une incompréhension qui se mua peu à peu en un rictus de colère. Il la plaqua derechef et sans ménagement contre le mur.

- Tu joues à quoi maintenant ? gronda-t-il en serrant les mâchoires
- Je veux seulement que tu arrêtes ! répondit-elle d'un ton sec
- Que j'arrête ! Mais c'est toi qui es venue me chercher. Tu m'allumes et puis tu me jettes. Tu crois pouvoir jouer avec moi comme avec ce taré sur le net ? On n'est pas dans le virtuel ici. J'ai envie de toi, merde, et toi aussi ! Ne me dis pas le contraire... Tu te prends pour qui ? Tiens, t'es trop conne, je me barre...

Alex libéra Clarisse de l'étau de ses mains, ramassa le livre tombé sur la moquette de la chambre et quitta la pièce en faisant claquer la porte derrière lui.

Restée seule, toujours adossée au mur, Clarisse se laissa lentement glisser contre la paroi. Accroupie le long de la plinthe, elle donna enfin libre cours, au fil de petits hoquets mouillés, à son dépit et à son chagrin.

 Une voix inquiète s'éleva dans le couloir :
- Tu as un problème, ma minette ?    

            
                      

  

                                                                                            à suivre......

 

 

*BLOG-NOTES est un manuscrit déposé, ayant reçu un numéro d'ISBN mais non encore corrigé et édité. Les amis blogeurs qui auront le courage et la ténacité de lire ce petit suspense jusqu'au bout seront nommément cités sur le livre en dédicace.

  

 

 

 
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28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 12:04

 

 

 

Blog-notes*

 

 

 

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Crédit photo Bettina

 

 

 PS: Il suffit de cliquer en tête de la page d'accueil sur "Romans" pour accéder aux précédents chapitres

 

 

           

 
 
 
 
 

XVIII

                

 




Dès lors, Alex avait acquis une certitude.

Ayant décidé de créer son propre blog, il s'était ouvert de son projet à Clarisse et l'avait convaincue de l'aider à pister Apocalypse666 sur la toile.

Elle ferait le design et lui rédigerait les textes. De fait, Clarisse s'était rapidement révélée une collaboratrice zélée et complète. Là, où les articles pêchaient par excès de virilité, d'optimisme ou a contrario de mièvrerie, elle reprenait une phrase, modifiait une tournure, ajoutait une pointe de féminité. Le mélange de leurs styles respectifs produisait au final, une prose ambiguë, juvénile et confon-dante de perversité. L'appât virtuel mis en ligne, ils avaient attendu et surveillé de près les visites en espérant un éventuel miracle. C'est une nuit, en épluchant les statistiques du blog qu'Alex avait remarqué la récurrente visite d'un blogeur.  Un certain " Des Esseintes " ne manquait aucun rendez-vous, sa fidélité semblait manifeste en dépit d'une absence totale de manifestation écrite de son intérêt. A l'instant même où Alex avait cliqué sur le lien informatique, son estomac s'était noué et ses battements du coeur accélérés. En dehors de la différence de pseudonymes, tout convergeait vers une seule et même identité. Certes, la bannière était différente, des gravures anciennes remplaçaient les masques mortuaires africains, la police de caractères plus sophistiquée n'était pas identique, mais comme précédemment elle divergeait sensiblement de celles utilisées par la majorité des internautes. Lorsque enfin les baffles de l'ordinateur émirent les premiers accords à la guitare de " Suicide is painless ", Alex avait laissé sa joie éclater. 

Son frappadingue, il le tenait. 

S'en étaient suivis de longs conciliabules avec Clarisse pour déterminer le moyen le plus efficace pour attirer la confiance de " Des Esseintes " et l'amener à se dévoiler. Ils étaient tombés d'accord sur une stratégie : ils devaient le séduire.
Le résultat avait été concluant car " Des Esseintes " s'étaient empressé de répondre à leurs messages de plus en plus osés. Le point crucial de ce face à face virtuel avait été atteint lorsque celui-ci avait fini par accepter des rendez-vous nocturnes sur une messagerie instantanée dont Alex consignait les propos sur le blog-notes du portable de Clarisse par de fréquents copié-collés.  La complicité qui s'était alors développée entre les deux jeunes gens avait eu une contrepartie et un prix à payer. Leurs relations amicales avaient atteint un point de non-retour. L'un et l'autre, plusieurs heures par nuit, ne formaient plus qu'un seul et même avatar, mi-masculin, mi-féminin, mi-ange, mi-démon. Chacun endossait à tour de rôle et au gré des événements l'un des versants janusien de leur commune identité virtuelle. Ils en sortaient déstabilisés, troublés, épuisés. C'est à peine s'ils osaient se regarder et s'adresser la parole au sortir de leurs délires nocturnes.

- Il s'est endormi devant son écran ?

La question de Clarisse sortit Alex de sa réflexion.

- Non, ce n'est pas possible. Il est là, j'en suis sûr. J'essaye encore une fois. Tiens, tu peux me passer l'Arétin ?
- Tu ne vas pas encore lui servir de cette soupe moyenâgeuse !
- Primo, l'Arétin, ce n'est pas le moyen-âge, secundo, il adore cela. Je ne vais pas me gêner...
- Il en a combien de bouquins comme celui-ci ton père dans sa bibliothèque ?
- Je ne sais pas, je ne les ai pas comptés. A vue de nez, je dirais une petite centaine.
- Mince, une véritable biblio d'obsédé ! Je comprends que ta mère se soit tirée...
- Ma mère ne s'est pas tirée, comme tu dis, pour cela. Ma mère est partie parce que mon père fréquentait des clubs échangistes.
- Wouah, mortel ! Et ça ne lui plaisait pas ?
- Ce qui ne lui a pas plu, c'est qu'il n'y allait pas avec elle, mais avec sa secrétaire de vingt ans, précisa Alex en fixant Clarisse, droit dans les yeux.
- Manque total de savoir-vivre, ponctua celle-ci en détournant le visage.
- Manque total de savoir-vivre de ma mère surtout, puisque c'est par elle que je suis au courant. Bon, basta ! Je vais sur son blog, lui laisser un message.

Clarisse parut soulagée, approuva d'un hochement de la tête, ramena ses longs cheveux défaits en un chignon improvisé qu'elle fixa à l'aide d'un bic capuchonné. Elle s'approcha du portable et se lova dans le dos d'Alex alors que celui-ci cliquait dans " ses favoris ".

- Merde, regarde ! Son blog est supprimé. Impossible d'y accéder. On fait quoi ?
- Tu es sûr ?
- Vas-y toi... Si tu ne me crois pas...
- Non, tu as raison... Je te crois. C'est curieux qu'il nous claque comme cela, subitement entre les doigts.
- Ouais! Curieux. Bon, Clarisse, je vais rentrer chez moi. Je laisserai MSN branché toute la nuit. Il finira bien par se manifester.

Alex ferma l'ordinateur, dégagea son corps avec une brutalité maladroite du léger fardeau de celui de la jeune fille, prit l'exemplaire des " Ragionamenti " de l'Arétin qui traînait sur le bureau et se dirigea vers la porte de la chambre, l'air soucieux, le front buté.

- Ben, tu ne me dis pas au revoir ?    

            
                      

  

                                                                                            à suivre......

 

 

*BLOG-NOTES est un manuscrit déposé, ayant reçu un numéro d'ISBN mais non encore corrigé et édité. Les amis blogeurs qui auront le courage et la ténacité de lire ce petit suspense jusqu'au bout seront nommément cités sur le livre en dédicace.

  

 

 

 
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