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  • : Ecritures à la loupe
  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 14:03

 

 

Jean DUTOURD
   

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Jean Dutourd est né à Paris, le 14 janvier 1920. Sa mère meurt quand il avait sept ans. Il se marie en 1942 avec Camille Lemercier, le philosophe Gaston Bachelard étant son témoin. Fait prisonnier au début de 1944, il réussit à s'évader et rentre à Paris suivre ses études de philosophie. Licence  qui restera incomplète, car il ne parvint jamais à décrocher son certificat de psychologie...
 

Son premier ouvrage, "Le Complexe de César", paraît en 1946 et obtient le prix Stendhal. En 1950, il reçoit le prix Courteline pour « Une tête de chien » et, en 1952, le prix Interallié pour « Au bon beurre », scènes de la vie sous l'Occupation. Le prix Prince Pierre de Monaco lui est décerné, en 1961, pour l'ensemble de son œuvre.
     

Le 14 juillet 1978, une bombe fait sauter son appartement, déposée par des gens qui « n'aimaient pas son style ». Est-ce cet incident qui lui vaut d'être élu à L'Académie française après deux refus ? Toujours est-il qu'il revêt l'habit vert et prend possession du fauteuil  de Jacques Rueff, le 30 novembre de la même année.
         

En 2001, alors qu'il pense avoir de beaucoup passé l'âge des récompenses, c'est le prix Saint-Simon pour "Jeannot, mémoires d'un enfant" qui  lui est attribué.
        

Dans ses articles et les quelque 60 romans, essais ou autobiographies qu'il a écrits, cet écrivain à contre courant des modes littéraires, politiques et intellectuelles de son époque n'a cessé de déployer son énergie à fustiger «ce siècle industriel» qui le dégoûte, et à soupirer après «ce temps béni» où, sous Louis XV, l'agriculture et la littérature faisaient tourner le monde. Critique virulent d'un  XXe siècle dont il ne retient que trois choses positives: le chemin de fer, l'électricité et le stylo-feutre, il considère tout le reste comme bon à jeter. Membre éminent du club des ronchons, son slogan officiel «En arrière toute!» lui va comme un gant ainsi que son objectif qui est d' « étudier l'horreur du bonheur ». Il ne peut que se réjouir que les réunions du Club soit interdites « aux femmes, aux enfants, aux animaux et aux plantes vertes ».


 
        




     
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Lorsque l'académicien participe à l'émission sur RTL de Philippe Bouvard  « les grosses têtes », cet anticonformiste à l'ironie souvent mordante se montre parfois très conservateur et il déclare pour s'en expliquer et non s'en défendre :«Je ne suis pas réac, je suis conservateur!».

          

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Pourtant, c'est lui, qui en 1980 se bat pied à pied contre l'entrée sous la Coupole des femmes en général et de Marguerite Yourcenar en particulier et de s'écrier : «Nous sommes d'une tribu de vieux mâles coiffés de plumes qui campent sur la Seine depuis trois cent cinquante ans. N'y touchez pas!».

 

Farouchement opposé à la féminisation des noms de métiers, Jean Dutourd n'hésite pas à monter au créneau : « Cette histoire est un gadget, ce sont les effets de la polygamie de Jospin, qui est entouré de sultanes et qui, pour faire plaisir à son harem, relance une vieille idée. » et de vitupérer contre Le premier Ministre qui accepte que des femmes se fassent appeler « Madame la Ministre ».

Ses prises de position à l'Académie en faveur de la Serbie, sa défense d'un Papon pourfendu par la presse donnent de lui l' image d'un vieil anar de droite.

Mais c'est sans doute oublier un peu rapidement qu'il est avant tout un grand écrivain, amoureux fou des mots, un bougon talentueux, un râleur ironique.

 

Dans un excellent portrait brossé par Olivier Le Naire dans l'Express Livres et auquel j'ai emprunté quelques passages pour cet article, on peut lire:

 

« Ses souvenirs d'enfance éclairent aussi le personnage, son ambition têtue d'artiste et cette maladive nostalgie d'un monde qui n'était déjà plus au jour de sa naissance. Il faut lire ces pages où il décrit la fin prématurée de sa mère, le voyage dans le Midi en De Dion-Bouton, le capharnaüm d'un Louvre désert et envoûtant, avec son odeur d'encaustique, où il traînait étant petit. «Regardez ce qu'on en a fait, du Louvre! Aujourd'hui, il est encombré de visiteurs qui se croient obligés d'y aller parce que des profs ignorants les y ont poussés. Qu'on foute la paix à ces gens et qu'on laisse la peinture à ceux qui en ont vraiment besoin!»...

... Après avoir, ces dernières décennies, beaucoup jargonné, théorisé, exclu, la littérature française saura-t-elle remettre à sa vraie place la petite musique de Dutourd? «J'ai toujours pensé que les gens qui écrivaient tristement écrivaient mal», explique l'académicien. Où sont d'ailleurs les Dutourd de l'an 2000? Quel jeune romancier français sait encore croquer son temps avec ce regard amusé et aiguisé? Qui ressuscitera ce personnage de l'idiot, de l'imbécile, qui disparaît du roman actuel? «Ce Beigbeder, avec son 99 Francs, a essayé», remarque Dutourd. Pas avare de compliments sur la relève, il distingue - outre Patrick Besson - «la petite Nothomb», dont il aime «cette manière de faire le clown, avec son air de bal masqué romanesque», François Taillandier, Eric-Emmanuel Schmitt... »

 

Jean Dutourd garde toujours un ton corrosif pour évoquer sa vieille ennemie, la bêtise humaine, clamer haut et fort son amour des mots et ... de l'Académie Française qui, selon lui-même et Voltaire qu'il cite « est toujours une espèce de rempart contre les fanatiques et les fripons ».

 

Son écriture :




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Celui qui en dehors des chemins de fer, de l'électricité et du feutre ne trouve rien de bon au XXème siècle, nous prouve par l'emploi d'un feutre noir assez épais pour la dimension de son écriture, qu'il est cohérent dans ses choix.

Peu de pression dans ce graphisme "lesté" qui se dégage de la relative impression de lourdeur du trait par des enchaînements de lettres parfois étalées et parfois étrécies à l'intérieur d'un même mot (cf les mots "meilleures" et pensées"). Cet étalement en "accordéon" sur la ligne de base  signe l'alternance de motivations à étendre le champ d'investigation, à chercher le contact avec l'autre, à participer et à réduire le besoin d'expansion, à rester maître de ses convictions et restreindre les contacts.

La "sensorialité " du trait nous renseigne sur une attitude qui sollicite plus l'émotion que la raison pour appréhender la vie. La subjectivité qui en découle éloigne de toute neutralité, et l'originalité des impressions et des idées n'a dégale que la tendance à transformer la réalité. D'où, un besoin de s'accrocher à des valeurs sûres, des repères tangibles qui peuvent expliquer ses choix,  ses préférences intellectuelles et personnelles.

Il n'en demeure pas moins que l'écriture  ici tracée vers 1988 alors qu'il avait 68 ans reste marquée par de l'élan, une dynamique, une soif de découvertes et montre encore tout le tempérament entier, ardent et absolu de son scripteur. 





 
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commentaires

wil 15/04/2008 18:34

joli clin d'oeil à l'auteur du "Bon beurre" qui marque encore le liseur "occupé" d'écritures ombrageuses...t'embrasse et félicitations pour ton virage cathodique...lali-on-tivi...ça rime...faut encore qu'on s'cale le casse-crôute...foi de wil..sans "e" parce que l'autre n'est pas très fiable....CM

Alaligne 19/04/2008 13:36



yes... Mais là, suis clouée par une grippe intestinale..; j'espère aller mieux la semaine prochaine...;;;



chriscraft_ 28/03/2008 22:31

Eh eh si tu faisais aussi parfois l'écriture des blogueurs ? ??

Alaligne 29/03/2008 11:03



Il me manquerait la partie bio........ ;)))))))))



Delphine Alpin-Ricaud 26/03/2008 16:01

Je lirai Blondin et je ferai un petit commentaire. Ma mère n'a jamais exercé la graphologie mais dison que ça lui sert au quotidien...dans le boulot...Par condre je me suis rapellée d'une cousine à moi qui, oui, avait profité de son long congé de maternité pour étudier la graphologie pour enuiste monter un cabinet sur Toulouse. Bisous Alaligne! A plus tard! Si j'arrive à avoir des écritures manuscrites d'écrivains, je penserai à toi, promis.

Alaligne 27/03/2008 19:01


J'attends avec plaisir tes dédicaces Delphine. Je vois qu'effectivement tu es entourée de personnes qui s'y connaissent. Ce n'est pas rare mais sur OB... un
peu ;))))))) T'embrasse


LUCQUIAUD 26/03/2008 11:20

Certes, je devrais trouver bien du contentement à travers ce
Dutourd amoureux de "l'ancien temps"... moi le farfadet rétro … Un humour caustique et sans concession  pour le XX°… siècle des 
artifices et des superficiels ...   Lui se sert et choisit les mots
pour en faire la truculente caricature ... ... Hier soir j'ai regardé un film d'un homme qui, avec beaucoup moins de mots,
montre l'hérésie de ce siècle ..."Mon oncle" de jacques Tati ...
désopilant, drôle et au final, une excellente réflexion  sur notre temps
et notre condition de « con...temporain » temporisons donc …
Je m’en vais à pointes feutrées, suivre mon train train et effectuer mes mises aux courants d’un savoir bien
plus éclectique qu’électrique …
Merci Catherine, pour cette présentation magnifiquement
commentée et analysée …
Bises des farfadets   

Alaligne 27/03/2008 18:58


Alors là Patrice, si tu me parles de mon réalisateur favori... les vacances de Monsieur Hulot..; j'ai sans doute vu une bonne dizaine de fois et Mon oncle
itou...
Pour revenir à Dutourd... je ne suis pas étonnée qu'il ait tes faveurs....... ;)))))))) Gros bisous


Aux éclats ! 26/03/2008 08:26

Est-ce vraiment Léon Bloy qui cotise au club des ronchons ou un autre Bloy ?

Alaligne 26/03/2008 10:42



Léon Bloy étant décédé en 1917, je suppos qu'il s'agit d'un homonyme ou d'un descendant... ;)))



Delphine Alpin-Ricaud 25/03/2008 19:56

J'aime beaucoup ton analyse de Jean Dutourd, si tu me permets je la montrerai à cet ami écrivain qui me conseille beaucoup sur l'art d'écrire, lui aussi est un espèce d'anar de droite inclassable, provocateur mais qui un vrai génie des mots et du style. hier, il m'a donné à lire Blondin et Vialatte, en me disant qu'il avait appris à écrire avec Blondin. Il m'a promis qu'il me présenterait à Jean Raspail (dont je suis en train de lire "adios tierra del fuego",j'y ai vécu), si ça se fait, je le raconterai sur mon blog et si j'arrive à avoir une dédicace, je te la transmets. A propos de graphologie, je voulais te dire que ma mère l'avait étudié, donc quand j'étais gamine je lui piquais ses bouquins et m'amusait à étudier les écritures à l'école. je trouve ça fascinant. Vive le monde des écrivains! Grosses bises et à bientôt

Alaligne 26/03/2008 10:41



Bien entendu, je te l'autorise... ;)))))))) Pour Blondin, pas photo... c'est vrai que le style y est. Je suis bien sûr preneuse de nouvelles
dédicaces, mon stock n'étant pas très important. Je n'ai pas lu Jean Raspail, mais ce sera une occasion de le découvrir.Je suis heureuse que la graphologie t'intéresse. Ta mère l'a t-elle utilisé
professionnellement? Je t'embrasse Delphine. Bonne journée ma belle