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  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 11:30


Jean Giraudoux




 

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Pour mieux comprendre l’homme, l’écrivain et le politique, j’ai emprunté à Wikipédia en coupant quelques passages (!) cette très intéressante biographie :

 

Hippolyte Jean Giraudoux nait le 28 octobre 1882 à Bellac Haute Vienne dans une famille  de fonctionnaires.

Il se fait remarquer très tôt par ses résultats scolaires. Reçu premier du canton au certificat d'études en 1892, il entre en octobre 1893 comme boursier au lycée de Châteauroux, qui porte aujourd'hui son nom, où il fait sa première communion en juin 1894 et est interne jusqu'à son baccalauréat en 1900.


Bachelier de philosophie, il poursuit ses brillantes études en classes préparatoires au lycée Lakanal de Sceaux pour tenter le concours littéraire de l'École normale supérieure; il termine sa seconde année de khâgne avec le prix d'excellence et obtient le premier prix de version grecque au concours général en 1902. Reçu 13e sur 21 à l'École normale supérieure de Paris, il accomplit son service militaire puis entré ensuite à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, dans la section lettres où il se passionne pour la culture allemande. Après l'obtention, avec la mention « bien », de sa licence de lettres à la Sorbonne en juillet 1904, avec un mémoire sur les Odes pindariques de Ronsard, il passe, sur les conseils de son maître Charles Andler, dans la section d'allemand en novembre.

 

Ayant obtenu une bourse d'études, il s'inscrit alors à l'université de Munich. Durant l'été 1905, il est le répétiteur du fils du prince de Saxe et de Paul Morand à Munich. Il voyage en Serbie, en Autriche-Hongrie et à Venise en Italie. En 1906, il obtient sa maîtrise et fait, durant l'été, un séjour linguistique en Allemagne. Après un échec à l'agrégation d'allemand, il se rend aux États-Unis, de septembre 1907 à mars 1908, avec une bourse pour l'Université Harvard. À son retour, il entre à la rédaction du journal Matin et prépare le concours des Affaires étrangères, auquel il échoue en 1909. La même année, il publie son premier livre, Provinciales, remarqué par André Gide. En juin 1910, reçu premier au concours des chancelleries, il devient élève vice-consul à la direction politique et commerciale du ministère des Affaires étrangères ; il assure le convoiement de la valise diplomatique à Constantinople, Moscou, puis Vienne. Par ailleurs, il fait la connaissance de Rosalia Abreu , une jeune héritière cubaine dont le frère Pierre est un ami de Giraudoux, et pour laquelle il éprouve une passion non partagée.

 

Promu attaché au bureau d'étude de la presse étrangère en septembre 1912, il devient vice-consul de 3e classe en 1913. La même année, il fait paraître chez Grasset L'École des indifférents et entame une liaison avec Suzanne Boland, mariée au commandant Paul Pineau, mais séparée de son mari.

 

Mobilisé en 1914, il est blessé à deux reprises, à la bataille de la Marne en 1914, aux Dardanelles en 1915, et fait chevalier de la Légion d'honneur. Convalescent, il entre au bureau de la propagande du ministère des Affaires étrangères grâce à Philippe Berthelot, avant de participer à une mission militaire et diplomatique à Lisbonne en août-novembre 1916. Puis il prend part à la « mission Harvard », qui le conduit aux États-Unis en avril-août 1917.

 

Cependant, il continue d'écrire, faisant paraître Retour d'Alsace, Août 1914 en 1916, Lectures pour une ombre en 1917, Amica America et Simon le pathétique en 1918.

   

Après la guerre, il s'éloigne de l'Allemagne. Démobilisé en 1919, il devient secrétaire d'ambassade et dirige le service des œuvres françaises à l'étranger (1920) puis le service d'information et de presse au Quai d'Orsay (fin octobre 1924).

 

Suzanne Boland lui donne un fils, Jean-Pierre, le 29 décembre 1919. Ils se marieront en 1921, Suzanne ayant divorcé l'année précédente. La même année paraît Suzanne et le Pacifique, roman suivi en 1922 par Siegfried et le Limousin, qui se voit décerner le prix Balzac, et en 1924 par Juliette au pays des hommes. En 1926, il est fait officier de la Légion d'honneur.

 

En 1927, il se fait placer hors cadre à la disposition de la Commission d'évaluation des dommages alliés en Turquie, où il reste pendant sept ans. Ce poste lui laissant beaucoup de temps libre, il en profite pour écrire ses premières pièces de théâtre. La connaissance de Louis Jouvet en 1928 stimule en effet sa création théâtrale avec le succès de Siegfried (1928), adaptation théâtrale de son roman Siegfried et le Limousin, d'Amphitryon 38 (1929) et d'Intermezzo (1933).

 

À la fin de 1931, il entame avec Anita de Madero une liaison qui s'achève en 1936 par le départ et le mariage en Amérique du Sud de la jeune héritière Argentine.

 

En juin 1932, il est chargé de mission au cabinet d'Édouard Herriot, président du Conseil, qu'il accompagne lors de la conférence de Lausanne.


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En 1934, il est nommé inspecteur général des postes diplomatiques et consulaires. Devant la montée des périls en Europe, il écrit La Guerre de Troie n'aura pas lieu, ayant pour thème le cynisme des politiciens et la différence entre l'histoire telle que les dirigeants la montrent au peuple et telle qu'elle se passe réellement. En 1936, Jean Zay lui propose la direction de la Comédie-Française, mais il la refuse. La même année, il devient commandeur de la Légion d'honneur.


 

Le 28 avril 1939, il rencontre dans un studio de la radio, lors d'un entretien sur Ondine, Isabelle Montérou, jeune journaliste avec laquelle il entame une liaison qui dure jusqu'en novembre 1943.

 

Devant la montée des périls, Giraudoux s'engage en politique. Lors du remaniement ministériel du 29 juillet 1939, il est nommé par Édouard Daladier « commissaire général à l'information » et prononce ses Messages du Continental, contre la guerre hitlérienne. Le 21 mars 1940, lors de la formation de son gouvernement, Paul Reynaud le remplace par Ludovic-Oscar Frossard, nommé ministre de l'Information, et il devient président d'un « conseil supérieur de l'information ».


 

Il publie, à la veille de la guerre, un important essai politique, recueil d'articles et de conférences : Pleins pouvoirs (Gallimard, 1939), dans lequel, notamment, prenant modèle sur les États-Unis, il demande l'adoption d'une politique d'immigration, afin, non « d’obtenir dans son intégrité, par l’épuration, un type physique primitif, mais de constituer, au besoin avec des apports étrangers, un type moral et culturel ».

 

Devant la débâcle de juin 1940, il suit le gouvernement à Bordeaux, avant de s'installer auprès de sa mère à Vichy. Nommé directeur des Monuments historiques à l'automne 1940, il fait valoir ses droits à la retraite en janvier 1941et commence deux écrits inspirés par la défaite, qui ne paraîtront qu'après sa mort, le second étant resté inachevé : Armistice à Bordeaux 1945, et Sans Pouvoirs 1946, édités l'un et l'autre à Monaco.


 

Commissaire général à l'information sous Daladier, sa situation pendant l'Occupation est complexe et son rôle contrasté :

 

    * Sa passion pour la culture allemande existe de longue date : « Tous ceux qui aiment le travail, la musique, l'étude sont exilés d'Allemagne. Nous qui aimons Dürer, Goethe, nous sommes exilés d’Allemagne »; mais il l'a délaissée depuis quelques années, à l'époque, et Ondine (1939) constitue un « adieu » à l'« âme franco-allemande ».

    * Dans Armistice à Bordeaux, il s’oppose, phrase par phrase, au second discours de Pétain, refusant l'expiation nationale.

    * Il a refusé le poste de ministre de France à Athènes proposé par Vichy après l'armistice du 22 juin 1940 mais entretient des relations personnelles avec plusieurs membres du nouveau gouvernement.

    * Son fils Jean-Pierre a rejoint Londres dès juillet 1940 et s'est engagé dans les Forces navales françaises libres.

    * D'après le témoignage de Gérard Heller, qui l'a rencontré en juillet 1941, « Giraudoux perdit vite confiance dans les bonnes intentions du maréchal Pétain » et « avait très tôt communiqué à Londres des informations sur l'activité intellectuelle clandestine en France ».

    * En 1942, alors qu'il loge à Paris, il affirme « l'impossibilité d'une véritable rencontre entre les deux cultures tant que durerait la guerre ».

    * La même année, un journaliste collaborationniste lui reproche d'avoir, dans ses fonctions de commissaire général à l'information, accepté de « seconder les Juifs dans "leur" guerre ».

    * On lui propose de quitter la France. Il refuse, arguant de la nécessité de livrer en France une « lutte d’influence avec l’Allemagne »;

 

Sa participation à la lutte contre l'occupation allemande au sein de la Résistance reste encore débattue. En décembre 1943, il aurait projeté de « participer à sa façon à la Résistance ».

 

Il poursuit ses travaux littéraires avec L'Apollon de Bellac, Sodome et Gomorrhe ou La Folle de Chaillot dont le rôle d'Aurélie est écrit pour Marguerite Moreno, et, devenu directeur littéraire chez Gaumont, participe à des adaptations cinématographiques, qu'il s'agisse de La Duchesse de Langeais de Balzac pour Jacques de Baroncelli ou des Anges du péché pour Robert Bresson.


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Après la mort de sa mère en 1943, sa santé se dégrade. Jean Giraudoux meurt le 31 janvier 1944, à l'âge de soixante et un ans, selon la version officielle, à la suite d'un empoisonnement alimentaire, mais, plus probablement, d'une pancréatite.

 

Quelques jours après son inhumation, qui a lieu le 3 février dans un caveau provisoire du cimetière de Montmartre, Claude Roy fait courir le bruit, au café de Flore, qu'il a été empoisonné par la Gestapo. Louis Aragon le reprend à son compte dans « Ce soir » le 20 septembre 1944 : « Pourquoi ? Pas seulement parce que c’est le plus français de nos écrivains, mais certainement aussi pour son activité résistante gardée très secrète et que, pour ma part, j’avais devinée durant le dernier entretien que je devais avoir avec lui cinq jours avant sa mort ». Une biographie explorant la question lui est consacrée par Jacques Body en 2004.

 

Il est enterré au cimetière de Passy à Paris.

 

Giraudoux antisémite?

 

Se fondant sur plusieurs citations tirées du chapitre « La France peuplée » de Pleins pouvoirs, voire, dans certains cas, sur des extraits de répliques d'Holopherne dans Judith, plusieurs auteurs considèrent que Giraudoux était antisémite.

 

Pour son biographe Jacques Body, en revanche, « Giraudoux antisémite, Giraudoux vichyste, c’est devenu l’antienne des ignorants. » Selon lui, de Pleins pouvoirs, « son plaidoyer pour une politique d’immigration et pour le droit d’asile », on a fait, « cinquante ans plus tard, un bréviaire xénophobe et raciste, à coup de citations tronquées. ». Il considère que, chez Giraudoux, « l'appartenance à une patrie marque un homme, mais par la culture, non par des contraintes naturelles ou sociologiques. Giraudoux croit à la patrie, pas à la race. »

 

Pierre Charreton, de son côté, relève que, si Giraudoux défend l'avènement d'une « politique raciale » et d'un « ministère de la race », pour lui, le terme de « race », « aujourd'hui empoisonné, voire tabou », mais « employé sans précaution jusqu'au milieu du siècle, parfois certes dans un sens proprement raciste, mais aussi dans une acception proche du terme "peuple" », renvoie à un « habitus », un ensemble de valeurs et de comportements partagés sur un territoire, et non à une référence ethnique. Giraudoux, rappelle-t-il, défend l'idée que « la race française est une race composée. (...) Il n'y a pas que le Français qui naît. Il y a le Français qu'on fait ». Le but d'une « politique raciale », selon lui, n'est pas de retrouver un « type physique primitif », mais de « constituer, au besoin avec des apports étrangers, un type moral et culturel ». De même, il relève que l'auteur éprouve un « choc désagréable » en découvrant sur une pancarte ou une affiche l'inscription : « La France aux Français », jugeant que cette phrase, au lieu de « l'enrichir le dépossède ».


Son écriture:


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Elégante, fine, au trait léger, l'écriture de Jean Giraudoux s'exprime dans la courbe, les arabesques, les traits lancés. L'imagination s'y dévoile tout autant que la prise de conscience d'une destinée qui se veut hors du commun, d'une distinction naturelle et d'un comportement élitiste.


L'aspiration à l'excellence se traduit dans l'élévation vers le haut de certaines lettres, le prolongement des "p", l'inclinaison légère et régulière.


La forme soignée en particulier dans l'en-tête "A Daniel Rops", signe l'attachement aux valeurs traditionnelles, le sens des usages, une civilité ultra rodée.


La tenue de ligne, en particulier sur la signature hyperliée et la barre du "t" de sympathique exécutée en un tracé convexe, la forme du"s" de "souvenir"  montrent deux choses sur deux plans différents: d'une part, le rôle stimulant des idées  qui se coulent sans problème ensuite dans l'action, d'autre part un goût  et une tendance spontanée à prendre sous sa coupe, dominer certes les situations mais également les gens.


Le texte centré, bien mis en valeur renforce cette dernière interprétation.



Pour en savoir plus sur Jean Giraudoux, je vous recommande de lire le livre de Jacques Body couronné par le prix 2005 de l'Académie française et publié chez Gallimard... que vous pouvez commander en ligne ICI


Jacques Body est également l'auteur de l'excellent article Wikipedia que vous venez de lire (à quelques modifications près, apportées par mes soins).




 




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commentaires

Marcovaldo 08/12/2008 13:24

Bonjour Cathie, si tu n'arrives pas à modifier le lecteur Deezer, tu peux m'envoyer le code HTML de ton lecteur, je les ferai à ta place, sans problème. Bises :0010:

matthieu* 01/12/2008 19:29

j'adore cet ecrivain politicien! merci de ta visite sur mon blog :) ca va devenir un blog connu si tout le monde fait comme toi :)
 
:0010:

Aux éclats ! 28/11/2008 18:47

Je trouve génial que tu nous livres ces articles sur des auteurs que je connais de nom sans avoir pris le temps de les découvrir vraiment ...

delphine alpin ricaud 25/11/2008 22:23

 Giraudoux, un nom qui sonne souvent dans le lointain, mais c'est un nom important de la littérature française. Merci Cathy et bises!

jean 25/11/2008 18:20

Encore un voile qui se léve sur un homme brillant et énigmatique !   «Il n'y a pas deux façons de se rendre immortel ici-bas, c'est d'oublier qu'on est mortel.»[ Jean Giraudoux ] - La guerre de Troie n'aura pas lieu 
Bizzzzzzzz

Dalach 25/11/2008 15:27

merci alaligne.
Dalach

Béatrice 25/11/2008 15:23

Je te souhaite une BONNE FETE CATHERINE.
Passe une bonne journée, à bientôt de tes nouvelles,
Bises, amicalement, Béa

marc 25/11/2008 08:00

un petit coucou en passant Caty.
Je te souhaite une bonne fête.
:0010:
jaguar placide

Marcovaldo 25/11/2008 07:32

Bonne fête, Cathie ! Bises !

LUCQUIAUD 23/11/2008 18:33

Tel que rapporté là, ce résumé biographique nous présente le modèle idéal de pondération et de réflexion à la française ...Oui on devrait pouvoir parler de races sans que ce terme comporte la connotation de raciste si exécrée de nos jours ...Su terre vivent des peuples de races différentes, rattachées  à des zones géographiques différentes  et donc à des modes de vie et de culture différents ...Revenant à notre époque où, déjà, on s'en rend bien compte, le brassage de ces peuples, des ethnies et les immigrations sont tout a fait d'actualité et vont aller en s'accroissant, nier la réalité de races (au sens de diversité des êtres se regroupant sous le terme d'espèces humaines ou genres humains diversifiés) on en pourra pas régler sainement les difficultés de rapprochement entre tous ces peuples différents ...Notre fin de XX siècle, avec son intellectualisme à « la hussard », repoussant les principes et conventions d'un autre âge, on a aussi bousculé le sens même des mots et forcément induis la compréhension des idées qu'ils colportent ... Ceci ne veut pas nier le fait qu'un racisme aveugle était à combattre et doit toujours l'être là ou ailleurs ...Noir, blanc, jaune, cuivré  sont des couleurs  de peau  s'ajoutant a des différences morphologiques, toutes, se rapportant à l'homme qui, homme, ne l'est ni plus ni moins, étant affublé de l'une ou l'autre de ces caractéristiques du "type" lié à la race…
« Giraudoux, rappelle-t-il, défend l'idée que « la race française est une race composée. (...) Il n'y a pas que le Français qui naît. Il y a le Français qu'on fait ». Le but d'une « politique raciale », selon lui, n'est pas de retrouver un « type physique primitif », mais de « constituer, au besoin avec des apports étrangers, un type moral et culturel ».J'aime bien cette idée de Gireaudoux qui parle d'une identité culturelle associée à l'identité nationale ...Merci Catherine pour cette présentation précise et  concise  d'un grand personnage de notre culture française ….Bises des Farfadets