Il y a des livres que l'on aimerait n'avoir jamais lus surtout dans un genre littéraire que l'on
apprécie.
J'aime en effet les polars, les thrillers, les romans noirs.
Tout commence ainsi:
Un récent encadré dans le journal le Parisien m'informe qu'une dédicace d'un auteur de thrillers se tiendra dans
quelques jours à deux pas de chez moi.
Le nom de l'écrivain ne me dit rien, mais je passe à la bibliothèque de ma petite commune pour vérifier si l'un de
ses livres est disponible. La charmante bibliothécaire me rassure aussitôt: "Oui!"
Un seul livre, le premier, noté 5/5 par de précédents lecteurs et ajoute-t-elle "Un livre qui a reçu le prix du
roman policier du Livre de poche en 2008!".
Comment ai-je pu passer à côté d'une telle merveille? J'emprunte aussitôt le bouquin et informe ma bibliothécaire
de la sortie d'un second ainsi que de la séance de dédicaces, puis je reviens chez moi, bichonnant le pavé d'Albin Michel et salivant d'avance.
C'est là, malheureusement que tout se corse...
485 pages ne me font pas frémir, mais 485 pages d'une histoire racoleuse, bourrée d'invraisemblances, de clichés,
de personnages caricaturaux, écrite dans un style désespérement pauvre sans l'excuse d'une mauvaise traduction, c'est beaucoup demander à mes neurones.
Pour faire simple et résumé, prenez tous les ingrédients à la mode: reality show où dix personnes acceptent de
dévoiler leurs secrets les plus intimes, psychopathe, sur fond vaguement mystique, puis situez votre intrigue aux Etats-Unis pour faire exotique, agitez en tous sens et livrez une fin
improbable.
Résultat: ça marche...
Editeur séduit (qui ne corrige même pas les coquilles dans le texte)
Lecteurs au rendez-vous et prix au final.
Les larmes me montent aux yeux car si le livre est effectivement truffé de faux suspenses, de rebondissements
hautement prévisibles, de références à des séries télévisées et des jeux vidéos, comment ne pas penser que c'est justement cela qui a tant plu aux lecteurs?
Tout continue ainsi:
Effondrée, je me demande si je vais quand même aller à la séance de dédicaces qui se déroule le samedi suivant.
J'hésite, puis me décide à rencontrer l'auteur afin de compléter ma collection d'écritures.
Pile à l'heure, un bel homme au sourire charmeur entre dans la librairie où déjà dix femmes l'attendent. Grand,
décontracté, il paraît au mieux de sa forme. Une commerciale d'Albin Michel est présente et le salue chaleureusement. Pas à dire, il assume avec talent mais aussi simplicité son rôle
d'auteur de best seller, se plie avec grâce aux demandes de ses lectrices, y compris aux miennes.
Je repars donc sur une excellente impression et mets tous mes espoirs dans cette seconde
lecture.
Tout finit ainsi:
Navrant! Si les phrases ne sont plus parfois réduites à un sujet, un verbe et un complément, il n'en reste pas
moins un "style" toujours aussi pauvre. Côté racoleur, cette fois-ci nous naviguons dans les eaux troubles de la pédophilie et ce dans une Amérique nettement moins bien décrite que dans le guide
du routard. L'auteur persiste et signe en accumulant les rebondissements rocambolesques, les détails inutiles, les invraisemblances et termine comme dans son premier livre sur une "chute" qui
tombe (principe même d'une chute) dans le grand n'importe quoi. A fuir, même sur une plage...
Tout se poursuivra ainsi:
Le prochain livre sortira en 2010.
Ai-je oublié quelque chose?
Sans doute le nom de l'auteur et le titre des livres... Pseudo: Patrick Bauwen... L'oeil de Caine et
Monster
Voili, voilà, c'est dit.