Régine Deforges est née le 15 août 1935 à Montmorillon dans la Vienne. Est-ce l’héritage des années passées en pensionnat de jeunes filles tenue par des
sœurs qui la conduira vers la littérature érotique ?
Toujours est-il que d’abord libraire, elle fonde rapidement sa propre maison d’édition et publie en 1968 « Le Con d’Irène » de Louis Aragon qui lui vaut les foudres de la censure de
l’époque. Le livre est saisi le 22 mars 1968, soit 48 heures après son édition. Condamnée par la suite pour « outrages aux bonnes mœurs » et privée de ses droits civiques, elle
persiste et signe en publiant un catalogue de livres écrits par des femmes (Les femmes avant 1960).
Elle-même femme de lettres, elle touche rapidement à tous les genres, et bâtit une œuvre variée et prolifique ainsi que je vous laisse en
juger :
Elle écrit des romans :
« Blanche et Lucie » en 1976, « La révolte des nonnes » en
1981, « Le Cahier volé » en 1978, « Les enfants de Blanche » en 1982 ; « L’orage en 1996 », « Pour l’amour de Marie Salat » en 1987, « Sur
les bords de la Gartempe en 1985 », « Sous le ciel de Novgorod en 1989 » etc, principalement chez Fayard et Albin Michel.
des nouvelles :
« Contes pervers » en 1980, « Lola et quelques autres » en 1983, » Rencontres ferroviaires » en 1999, « Troubles de
femmes » en 1994, « La petite fille au manteau rose » en 2001.
des contes pour enfants :
« L’apocalypse de Saint Jean » en 1985, « L’arche de Noé de grand-mère » en 1995, etc…
des essais, des entretiens, des chroniques, des scénarios et chansons également.
Mais c’est en 1983, avec la publication de « La bicyclette bleue » qu’elle rencontre un fulgurant succès populaire et se lance dans le
cycle romanesque de dix ouvrages dont le dernier a été publié en 2007 chez Fayard.
Son roman, La bicyclette bleue, lui valut un nouveau procès puisque les héritiers de Margaret Mitchell, l’accusaient d’avoir emprunté des passages au
livre « Autant en emporte le vent ». Réfutant le plagiat, le procès eut lieu et la justice lui donna raison.
Adapté pour la télévision en 2000, je garde un souvenir ému de ce téléfilm, puisque mon fils y apparaît dans une courte scène aux côtés de
Laetitia Casta et de Jean-Claude Brialy.