Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
Toujours à la recherche de bons polars pour la période des vacances, j'ai lu le dernier Connelly paru en France "Le verdict du plomb".
Petite précision au passage: j'ai pratiquement tout lu de Connelly qui reste pour moi l'un des meilleurs écrivains anglo-saxons de thrillers. Cependant, depuis quelques temps, je commençais à trouver qu'il tournait un peu en rond et je l'avais délaissé au profit d'écrivains "frenchies" et d'auteurs peu connus comme Robin Cook, Ian Rankin, Jo Nesbo etc...
Alors retrouver dans le même roman deux de ses principaux personnages fétiches, à savoir, l’inspecteur Harry Bosch et l’avocat Mickey Haller, a déclenché ma curiosité.
Tous les deux, l'un enquête et l'autre défend ses clients, n'avaient jamais été confrontés dans un même roman. Je me demandais comment Connelly allait s'y prendre. Tout d'abord, sachez que le personnage principal est l'avocat et que l'inspecteur n'intervient qu'en background tout au long du récit et qu'une phrase reprise deux fois dans le roman donne le ton exact de tout le livre: " Tout le monde ment. Les flics. Les avocats. Les clients. Même les jurés."
L'intrigue au départ semble plutôt banale: l'avocat "hérite" des affaires d'un de ses collègues et ami, qui s'est fait tuer dans le parking de son cabinet. L'affaire majeure qu'il doit reprendre au pied levé concerne un producteur de cinéma, Walter Elliot, soupçonné d'avoir tué sa femme et son amant.
Rien que du classique me direz-vous... Pas de quoi se mettre en transes. Certes, mais c'est sans compter sur le talent de Conelly qui orchestre les mensonges des uns et des autres avec un talent époustouflant, si bien que l'on est entraîné dans un labyrinthe complexe où alternent scènes d'action halletantes et déroulement à rebondissements d'un procès à l'américaine.
Dans un blog intéressant, j'ai lu ceci concernant la fin du roman: la brutale accélération finale – avec sa cascade de mensonges, de manipulations et de jeu de dupes en miroir – est rondement menée par Connelly qui résout ainsi toutes les affaires en cours. Certains lecteurs pourront estimer artificielle cette fin surprenante et tortueuse à souhait, jugeant qu'elle arrive un peu tard, est insuffisante à sauver totalement un ensemble moyen et déséquilibré et où la médiocre présence de Bosch reste difficilement compréhensible.
Je m'inscris totalement en faux sur cette dernière phrase. Je ne fais donc pas partie de ces "pseudos lecteurs" qui en réalité reflètent sans doute l'opinion de l'auteur de l'article. Bien au contraire... Je trouve la fin originale et très créative. Il y a de fortes chances que ce livre soit adapté au cinéma (ce qui, je l'avoue, pour moi n'est pas forcément un critère de réussite), comme le fut "créances de sang" en son temps.
Depuis la sortie du Verdict du plomb, Connelly a écrit un autre roman " The Reversal" où Harry Bosch et Michael Haller enquêtent ensemble sur la piste d'un tueur d'enfant. J'attends avec impatience sa sortie en France.
Comment dire que le "classissisme" de Connelly, tant au niveau de l'intrigue que de l'écriture est une bouffée d'oxygène où dans un genre que j'affectionne, j'avais fini par ressentir une overdose de surenchères. Confrontée à la lecture de récits où la course à celui qui fera dans le plus glauque et le plus sordide semblait devenir l'essentiel critère de qualité, le livre de Connelly montre que les ressorts de la psychologie de base et des comportements humains les plus courants restent des mines suffisamment complexes pour être exploitées avec talent... Mais cela je vous le laisse découvrir par vous-même.
Bonne lecture! et merci monsieur Connelly:
Alaligne