Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
Blog-notes*
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VII
*BLOG-NOTES est un manuscrit déposé, ayant reçu un numéro d'ISBN mais non encore corrigé et édité. Les amis blogeurs qui auront le courage et la ténacité de lire ce petit suspense jusqu'au bout seront nommément cités sur le livre en dédicace.
L'inspecteur vit une petite chaise pliante adossée à une table, la prit, l'ouvrit et la posa face au marinier. Une fois assis, il planta son regard dans l'iris bleu nuagé de presbytie du vieil homme, esquissa un léger sourire et d'une voix qui se rapprochait du murmure, réitéra sa question.
- Vous vouliez me montrer quelque chose ? Je suis là pour cela, Vous voulez me montrer quoi, père Mathieu ?
Le vieux dodelina de la tête, sembla hésiter, chercha du regard son paquet de cigarillos resté sur la table, re dodelina de la tête, puis marmonna :
- J'aurais préférer en parler au commissaire...
Delage, qui n'avait pas entièrement digéré l'hilarité passée du vieux, sentit une bouffée d'adrénaline lui parcourir le corps. La poussée de colère venait de balayer toute la sympathie que le père Matthieu lui inspirait.
- Bon, ça suffit maintenant ! Vous me dites immédiatement de quoi il s'agit. Je n'ai vraiment pas que cela à foutre. Vous parlez ou je me casse. A vous de choisir!
La mise en garde et le ton sec de l'inspecteur eurent l'effet d'un électro-choc sur le père Matthieu qui mit fin à ses atermoiements, redressa le torse, affronta le regard glacial de Delage et tenta de se lever. Une grimace de douleur apparut sur son visage.
- Aidez-moi à me mettre debout et je vais vous montrer...
L'inspecteur quitta sa chaise, la replia et la rangea consciencieusement à l'endroit où il l'avait prise. Il revint vers le père Matthieu, glissa son bras gauche sous l'aisselle droite de celui-ci et d'une brusque traction arriva à le faire se redresser.
- Aïe, putain, vous n'y allez pas de main morte, gémit le marinier
- Vous vouliez vous lever, voilà c'est fait, décréta Delage en desserrant son étreinte
- Ouais, mais quand même fiston, faudrait apprendre à prendre soin des vieillards, j'pourrais être votre père et un père, ça se ménage.
Delage remercia mentalement le ciel de l'avoir pourvu d'un père encore vert et actif pour ses soixante dix printemps, un père qui consolait son récent veuvage en parcourant les quatre continents aux côtés d'une jeunette de quarante trois ans.
- Bon, on va où maintenant ?
- Dans mon logement, là derrière la porte. Y'a quelques marches à descendre. Va falloir que vous m'aidiez. J'ai dit m'aider, pas briser ce qui reste de ma vieille carcasse. Compris fiston ?
L'inspecteur serra les mâchoires afin de contenir la réplique cinglante qui venait de lui traverser l'esprit. Il souhaitait accélérer le mouvement et éviter de se coltiner les états d'âme et les humeurs du marinier. Il ouvrit la porte qui conduisait au logement, puis avec douceur mais fermeté guida le père Matthieu vers les marches, le tenant par le bras de peur qu'il ne fasse un faux pas.
Une odeur de cire d'abeille pénétra ses narines, tandis que ses yeux tentaient de s'habituer à l'obscurité du lieu. La pièce paraissait vaste. Il en embrasa rapidement les principaux contours, mémorisa l'ameublement succinct mais de bon goût et les battements de son coeur s'accélérèrent lorsqu'il repéra le long de la cloison qui lui faisait face, un long alignement de rangements en bois, sorte de bibliothèque bricolée présentant ostensiblement le dos parfaitement conservé d'une collection qu'il connaissait bien.