Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
Blog-notes*
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XX
Delage se leva, ramassa sur le dossier d'une chaise son boxer-short à carreaux et l'enfila en se donnant un mal de chien pour prendre une pause sexy.
La jeune femme pouffa de rire en l'observant s'empêtrer dans son exercice de Chippendale à rebours. Il en rajouta dans la pantomime, bomba le torse, fit saillir ses biceps, rentra le ventre et
singeant la démarche d'Aldo Maccione se dirigea vers la cuisine en proférant crânement :
- Ridicule ? Peut-être, mais au moins j'aurais essayé !
Restée seule, Djamila remit un peu d'ordre dans ses cheveux emmêlés, récupéra la chemise du commissaire pour s'en couvrir et profita de ce moment de solitude
pour détailler un peu mieux l'antre du célibataire. L'impression rapide de confort sévère ressentie la veille, se confirma par la découverte d'un mobilier simple, aux lignes épurées. L'absence de
bibelots, de photos, le caractère fonctionnel de l'ameublement, les livres soigneusement classés par auteur dans une bibliothèque faite de simples étagères, l'ordre méticuleux à peine troublé par
leurs ébats amoureux signaient la personnalité d'un être solitaire, doté d'un solide esprit pratique, sans doute un peu maniaque, laissant peu de place à l'improvisation et peut-être
pensa-t-elle, au sentiment. Un seul détail clochait dans ce décor aseptisé : Un hideux réveil-matin trônant sur la table de nuit. " Il y a peut-être un espoir ? " Rectifia-t-elle en son for
intérieur.
Delage réapparut, tenant dans ses mains un grand plateau chromé sur lequel en dehors de deux grands bols de café fumant, une panetière débordant de croissants, de diverses viennoiseries et de
tranches de pain grillé disputait la place à trois raviers de confiture, un carré de beurre et deux verres de jus d'orange.
- Madame est servie ! Désire-t-elle manger à table où préfère-t-elle que je dépose ce frugal en-cas sur le lit ?
- Sur le lit, répondit Djamila en souriant. Je suppose que la femme de ménage fera disparaître les miettes ?
- Si madame, m'autorise une remarque... Je me dois de préciser à Madame, qu'ici les miettes n'existent pas. On mange tout, devrait-on en crever ! Plaisanta Delage.
- Ce somptueux petit-déjeuner ne me semble guère improvisé, insinua la jeune femme. Tu étais donc bien sûr de toi, hier soir, lorsque après dîner, tu m'as invitée chez toi...
- Sûr ? Non, jamais. Décidé ? Oui, tout à fait. Et puis rassure-toi, j'ai suffisamment d'appétit pour avaler le double de cela.
- Cela se voit, dit-elle avec malice, en lui pinçant un début de bedaine au-dessus du nombril.
Ils mangèrent, burent, parlant et riant de tout et de rien, dans une complicité et une franchise qui ne cessaient de les surprendre tant leur relation avait
évolué en peu de temps.
Soudain, Djamila reprit son sérieux, s'assit en tailleur devant Delage et le dévisagea d'une mine embarrassée.
- Hervé, excuse-moi, mais hier tout est allé très vite et...
- Et ? Questionna Delage, inquiet.
- Et... J'ai oublié de te parler d'une chose importante.
Le commissaire bloqua instinctivement sa respiration, un petit clignotant dans la tête affichant en lettres phosphorescentes : Danger.
- Voilà Hervé. En quittant l'hôpital, tu étais tellement en colère que je n'ai pas osé te parler. Et puis après, il s'est passé beaucoup de choses... Le
retour au commissariat, le boulot, tes excuses, ton invitation surprise à dîner... et puis le reste... Enfin, je veux dire cette nuit. Mince, je suis nase... Je n'arrive pas à m'exprimer.
- Si, si... Pour l'instant, je te suis... Tu regrettes, c'est cela ? Tu penses que tu n'aurais pas dû accepter aussi vite ? Que je suis trop vieux pour toi ?
- Mais, où vas-tu chercher cela ? Répliqua-t-elle sincèrement étonnée. Ca n'a strictement rien à voir. Je suis assez grande pour assumer mes choix. Tu ne m'as pas forcée...
- Bon, alors c'est quoi ?
- Je voulais, enfin, j'aurais dû te parler du père Matthieu..
- Ha, non ! Vociféra Delage. Pas le père Matthieu !
Il s'était levé et arpentait la pièce à grandes enjambées.
- Pas le père Matthieu ! Je viens de passer une nuit merveilleuse avec une femme adorable et tout ce qu'elle trouve à me dire ce matin, c'est : J'aurais
dû te parler du père Matthieu...
à suivre......
*BLOG-NOTES est un manuscrit déposé, ayant reçu un numéro d'ISBN mais non encore corrigé et édité. Les amis blogeurs qui auront le courage et la ténacité de lire ce petit suspense jusqu'au bout seront nommément cités sur le livre en dédicace.