Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
L'élégance du hérisson de Muriel Barbery
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Comme d'habitude pour ce genre d'article, vous trouverez un rapide résumé du roman, des critiques littéraires et mes impressions personnelles:
Donc commençons par... le commencement avec un petit résumé
Renée, 54 ans est concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Veuve, petite, laide, grassouillette, elle remplit à merveille sa condition de
prolétaire inculte auprès des riches habitants de cet immeuble. Obéissant point par point à l'image que ses "patrons" attendent d'une gardienne, nul ne se doute (ni d'ailleurs ne se pause la
question) que Madame Renée est une lettrée...
Durant 27 ans, elle a dissimulé sa culture, pour avoir la paix, jusqu’au jour où un nouveau propriétaire Monsieur Ozu - richissime Japonais la démasque et l'invite à dîner.
L' âme soeur inattendue de cette concierge hors normes, c’est Paloma, une petite fille de 12 ans, surdouée et malheureuse, qui voit l’absurdité de la vie, celle de ses proches : sa soeur
normalienne, sa mère sous antidépresseurs, son père un peu lâche. Paloma habite le 7 rue de Grenelle et a décidé de se suicider le jour anniversaire de ses treize ans.
Les critiques littéraires:
La revue de presse Anne Berthod - L'Express du 23 novembre 2006
La surprise est jolie et le succès mérité pour cette enseignante en philosophie qui croque de si réjouissante façon les personnages et les situations...
Les plaisirs minuscules de l'existence, ces instants parfaits où, parfois, tout bascule, Barbery les saisit avec la nostalgie atemporelle d'un Marcel Proust et la fraîcheur d'un Philippe Delerm.
Drôle, intelligent et servi par une langue mélodieuse, ce conte philosophique a quelque chose de japonais : gravement léger, aérien comme un haïku
La revue de presse Jacques Nerson - Le Nouvel Observateur du 23 novembre 2006
Dire que Muriel Barbery est douée serait rester en dessous de la vérité. Elle est comme l'orgue, un orchestre à elle seule. Capable de faire entendre les jeux les plus variés, l'érudit, le
bouffon, le moqueur, l'ému, le polémique, le truculent... Elle a un humour dévastateur. Plus rare encore, le sens de l'inattendu. On pleure de rire en la lisant. Et ce n'est que son deuxième
roman. Si elle est, à 37 ans, capable d'une telle virtuosité, que sera-ce demain ?
Mes impressions:
Passant après de tels éloges et n'oubliant pas que ce roman a reçu cette année le Prix des libraires, je me sens un poil embarrassée pour vous livrer quelques réflexions qui n'engagent bien entendu que moi...
Pourquoi, me direz-vous un tel embarras?
Je me lance:
J'ai quitté ce roman sur une étrange et double impression. D'une part, le sentiment d'avoir pris un plaisir, que je ne bouderai pas, à lire des lignes souvent cocasses, des traits bien ajustés en direction d'une cible toute trouvée et d'autre part, un voile d'ennui et de frustration.
J'ai essayé d'en analyser le pourquoi:
1/ L'aspect manichéen du roman: Aucun des personnages n'a de crédibilité. Tout n'est que caricature. OK, c'est un choix de l'auteur, parfaitement respectable, mais qui me semble oter de l'intérêt et de l'impact au récit.
2/ Les disgressions philosophiques: Si vous ne connaissez pas le phénoménologue Hurssel, c'est bon, vous pouvez vous attarder sur trois chapitres entiers du roman. OK, Muriel Barbery est, il me semble, agrégée de philo et a raison d'essayer de nous rendre plus cultivés, plus intelligents, mais dans le style, "Le Monde de Sophie" est nettement plus réussi.
3/ Les références culturelles: En gros, retenez Tolstoï pour la littérature et Ozu pour le cinéma. Point commun entre les deux: le thé... Bon OK, je
plaisante, mais à moitié seulement... Du chat de la concierge qui s'appelle Léon, non par référence à Luc Besson, aux multiples cérémonies de la tasse de thé dans la loge, on baigne dans un
univers impérial, devenu le nec plus ultra de cette harpie de concierge. Car, oui, je l'écris, cette Madame Renée a peut-être beaucoup lu, vu et revu un nombre impréssionnant de fois les
films d'Ozu, mais il lui manque quelque chose... quelque chose d'humain...
Au passage, si j'ai vraiment aimé la conclusion finale, pensant naïvement à une trouvaille d'auteur, quelle n'a pas été ma "frustration" de constater qu'il s'agissait en réalité d'un détournement
d'une très belle phrase de "Guerre et Paix".
4/ A force de dénoncer un monde de "bobos"... j'ai trouvé ce roman, la quintessence du "boboisme".
J'ai aimé la construction du roman, des passages entiers que je vous incite à découvrir... mais bon... à vous de vous faire votre propre opinion...
Et, tenez-moi au courant ;)