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  • : Ecritures à la loupe
  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
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Mes romans

histoire

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30 novembre 2006 4 30 /11 /novembre /2006 23:00

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VI  

 

 

Il avait le sentiment de perdre la main.


Ses dernières tentatives avaient été des échecs cuisants.


Il essayait d'analyser les raisons pour lesquelles il n'arrivait plus à mener à bien sa mission.


" Je vais trop vite " se murmura-t-il. " Sois patient, entre dans leur jeu, fais leur croire à ton réel intérêt ".


Il prit un peu de talc et s'en saupoudra les mains. Cette transpiration habituelle devenait un véritable cauchemar. Longtemps il avait consenti au besoin de se laver les mains autant de fois qu'il le fallait pour garder une sensation tactile nette. Pourtant, quelques secondes après, la sueur perlait à nouveau au creux de ses  paumes.


Il feuilleta les dossiers qu'il tenait sur chacun de ses contacts.


Trois pseudos l'obsédaient. Tôt ou tard pensa-t-il l'un d'entre eux céderait.


" Tu dois y arriver, tu l'as déjà fait "


Cette pensée le détendit un peu. Il jeta un coup d'oeil à sa montre, se dit qu'il lui restait quelques heures avant de se remettre en chasse.


Il occuperait ce temps à peaufiner sa stratégie, préparer avec minutie ses interventions.


Il baissa le store de l'unique fenêtre de sa chambre de bonne. La chaleur sous les toits entretenait son malaise.


D'ailleurs le beau temps n'était-il pas son pire ennemi ? L'humeur des gens changeait en fonction de la quantité de rayons ultra violets qu'ils recevaient.

 

S'il n'avait tenu qu'à lui, le soleil n'existerait pas.

 

 Il relut ses notes. Il ne devait pas se disperser...


Son instinct lui disait de se concentrer sur le cas de Loneliness88.


C'était certainement le pseudo le plus difficile à convaincre, mais également le plus touchant et le plus sincère.


Une douce émotion l'étreignait chaque fois qu'il entrait en contact avec elle. Sa gentillesse et sa naïveté lui brisaient le coeur.


Leur dernier échange avait été si touchant qu'il en avait pleuré sans retenue.


Tant de pureté et tant de détresse...


Le monde ne méritait pas une telle bonté, une telle candeur.


Il prit un stylo, ouvrit un vieux cahier d'écolier et se mit à écrire les grandes lignes de son scénario.

 

                                                                           à suivre........

 

 

*BLOG-NOTES est un manuscrit déposé, ayant reçu un numéro d'ISBN mais non encore corrigé et édité. Les amis bloggeurs qui auront le courage et la ténacité de lire ce petit suspense jusqu'au bout seront nommément cités sur le livre en dédicace.

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28 novembre 2006 2 28 /11 /novembre /2006 23:00

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Nous nous mîmes à rire sans retenue, Bruno étant le seul de mes amis qui savait parfaitement s'y prendre pour me détendre.

-Bon, Ok, je les contacte... Curieux que leur ancienne graphologue n'ait pas cédé sa clientèle à une consoeur!

- Apparement, elle l'a fait. Romain Bizarra, le patron de la boite m'en a parlé, mais elle n'a pas eu le goût de lui plaire, donc tu as toutes tes chances. De plus, il cherche une GGCF, et la nana ne l'était pas, un autre bon point pour toi...

 
Il me communiqua ensuite les coordonnées du cabinet de recrutement, le nom et la ligne directe de sa relation, puis s'enquit de mes activités actuelles.


- Je viens de terminer une authentification pour Guedj. Tu sais le commissaire de l'affaire De Bradler. C'est à propos du suicide de la jeune Morgane. On en a parlé récemment dans les journaux, tu dois être au courant ?


- Ha non ! Tu ne vas pas recommencer ! C'est vraiment une manie chez toi ! Tu n'es pas expert en écriture que je sache ! Où vas-tu encore fourrer ton nez ?


- Mais Bruno, cela n'a rien à voir. Il s'agit d'une simple authentification. Les parents de Morgane ne reconnaissaient pas l'écriture de leur fille sur la lettre qu'elle leur a laissée avant de se suicider. D'ailleurs il n'y a aucun mystère, c'est bien elle qui en est l'auteur. Je l'ai d'ailleurs démontré très techniquement, poursuivis-je en insistant sur le mot.


- Tu sais très bien que je ne parle pas de tes capacités à authentifier une écriture insista Bruno avec un voile de lassitude dans la voix.


- Tu es une excellente graphologue de recrutement, tu gâches ton savoir-faire, tu ne sais pas capitaliser ton expérience...


- Ca-pi-ta-li-ser mon ex-pé-rien-ce ! ânonnai-je, en détachant distinctement chaque syllabe.


- Oui ! Tu m'as bien entendu ! Arrête de vagabonder du côté des faits divers, ce n'est pas sain ! Bon écoute, il faut que je te laisse. Promets-moi d'appeler le cabinet sans tarder et tiens-moi au courant. Ok ?


- Ok, Bruno, allez, à plus, je t'embrasse...


- Moi aussi je t'embrasse et transmets une cordiale poignée de main à ton mari ainsi que deux taloches à tes rejetons.

 

Cette conversation me laissa partagée entre des sentiments contradictoires: La reconnaissance d'une part pour cet ami psychologue avec lequel j'avais travaillé de nombreuses années et qui s'était toujours démené pour me remonter le moral, me conseiller, me protéger pendant l'enquête sur la disparition de De Bradler et de son frère et d'autre part la culpabilité de ne pas lui avoir précisément expliqué mon détachement récent par rapport à la graphologie de recrutement.

 


Mon attitude contenait une grande part de lâcheté. Il continuait à vouloir m'aider, alors qu'au fond de moi une page était tournée. Sans doute ne l'était-elle pas complètement et en acceptant son aide, je me ménageai, au moins intellectuellement, la possibilité de retravailler avec des cabinets de recrutement.

 Il fallait que je m'en explique de vive voix avec lui et qu'il arrête de perdre son temps et sa crédibilité en me plaçant auprès de ses clients et de ses confrères.

Forte de ces bonnes résolutions, je revins sur le net et transmis mon rapport en croisant les doigts pour que mon ADSL fit des miracles.

 

                                                                           à suivre........

 

 

*BLOG-NOTES est un manuscrit déposé, ayant reçu un numéro d'ISBN mais non encore corrigé et édité. Les amis bloggeurs qui auront le courage et la ténacité de lire ce petit suspense jusqu'au bout seront nommément cités sur le livre en dédicace.

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25 novembre 2006 6 25 /11 /novembre /2006 23:00

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Du technique, bon sang du technique me murmurai-je en tapant sous Word les dernières lignes de mon rapport. Alors là, si ce n'est pas du technique !


 Ayant scanné la forme de certaines lettres caractéristiques de l'écriture de Morgane, puis ayant agrandi cinq fois chaque échantillon, j'avais effectué un montage mettant en évidence les évidentes similitudes de forme, de liaison, de continuité, de proportions, d'appui, de gestion de l'espace et tous les autres critères de la comparaison d'écritures. J'avais commenté, fléché, inscrit en gras, souligné, opté pour le rouge pour les comparaisons et les explications techniques. Ce n'était plus un rapport d'authentification mais carrément les plans ultra secrets du dernier Airbus A380.


 Plutôt satisfaite du résultat, je m'apprêtai à envoyer mes méga-octets  sur la messagerie de Guedj, lorsque mon portable émis le son discret de la cinquième symphonie de Beethoven.


- Allô! Prononçai-je d'un ton sec, totalement exaspérée d'être dérangée juste à l'instant où je devais transmettre à Guedj  mon travail.


 Un sifflement réprobateur se fit l'écho de cette entrée en matière assez rustique pour ne pas dire franchement rustaude.


- Dis donc... Si je n'avais pas appelé sur ton portable, j'aurais pu penser m'être trompé de numéro et composé celui de mon inspectrice du travail. Madame est de mauvaise humeur peut-être ?


- Ah ! C'est toi Bruno ? Désolée mon vieux, je te présente mes plus humbles excuses. J'étais en train de terminer un rapport et franchement je ne pensais pas à toi. Tu me pardonnes ?


- Comment ne pas pardonner à la nouvelle égérie de la littérature de gare ? S'exclama ce monstrueux ami


-  Bruno, tes vannes je les connais sur le bout des doigts, alors si tu me disais le pourquoi de ton coup de téléphone.


- Attends, attends, je n'étais pas, enfin presque pas caustique ! Ton roman a fait le tour des cabinets de recrutement, enfin du moins ceux qui étaient inscrits dans mon carnet d'adresse. N'oublie pas que sans moi, ton immense talent d'écrivain serait resté inconnu du grand public.


- Heu! ... Bruno, je n'oublie rien. Ce serait d'ailleurs difficile car en quelques jours tu es la troisième personne à me reparler de l'affaire et de mon roman. Je sature un peu et aimerait sincèrement changer de sujet si tu vois ce que je veux dire.


- Ingrate que tu es ! Voilà bien les femmes... Enfin, je ne suis, je le sais, que le triste psy qui faillit perdre son gagne pain pour sauver la réputation d'une vieille graphologue en pleine crise de ménopause...


- Bruno ?


- Oui ma belle ?


- Tu me dis enfin la raison de ton appel ?


- Eh bien, comme si souvent, non rebuté par tes refus réitérés, je voulais te proposer un rendez-vous chez Job Performance. Je connais le Directeur adjoint et dans une conversation récente j'ai appris que leur graphologue était partie à la retraite et qu'ils souhaitaient la remplacer. J'ai sauté sur l'occasion et je lui ai parlé de toi. Il a l'air intéressé. Et tu ne sais pas le plus cocasse de l'histoire ?


- Non, mais je suppose que tu vas me le dire...


- Il ne m'a pas parlé de ton penchant pour les malfrats.


- Tu veux dire Bruno qu'il n'a pas eu connaissance de l'affaire ?


- Apparemment pas, j'ai cité ton nom et il n'a pas bronché, bien au contraire, il m'a donné le feu vert pour que tu le contactes au plus tôt. Alors heureuse ?


- Leur cabinet est bien dans le 9ème ?


-    Tout juste, place Saint Georges, quartier sympa, des théâtres tout autour et Pigalle pas très loin. Comme cela entre deux graphos tu pourras aller t'acheter des dessous sympas pour réveiller la libido de ton époux.


- Merci d'y avoir pensé Bruno, répondis-je


- A quoi ? Au boulot ou à des dessous sexys ?


- Aux deux, triple buse !

                                                                           à suivre........

 

 

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22 novembre 2006 3 22 /11 /novembre /2006 23:00

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IV (suite)

 

- Tout se passe comme vous le souhaitez ? Vous n'avez besoin de rien ? Me demanda-t-il.


- Non, non, merci, je viens de terminer le rapport que je dois vous laisser. J'ai pratiquement fini, juste le temps de me relire et de vérifier que je n'ai rien oublié.


- Votre conclusion ?


- Bien... Il ne fait aucun doute, graphologiquement parlant, que la lettre qui a été retrouvée a bien été écrite de la main de la jeune Morgan.


Guedj opina de la tête, visiblement soulagé par cette phrase.


- Néanmoins... ajoutai-je


Je vis sa mine se rembrunir immédiatement et ses sourcils se froncer en attendant la suite.


- Néanmoins repris-je, je comprends la réaction des parents. L'écriture de Morgan a beaucoup changé en un an. Si j'ai retrouvé suffisamment de similitudes pour pouvoir lui attribuer cette lettre, j'ai noté une lente et constante dégradation au fil de ces derniers mois. Tout se passe au niveau de l'écriture comme si elle avait régressé peu à peu vers un modèle très enfantin. D'un modèle assez conventionnel actuel chez les adolescentes de sa génération - vous verrez dans le rapport que j'y fais allusion- elle semble être retournée au temps de son enfance. Cette lettre, précisai-je en lui tendant le document, elle aurait pu l'écrire à l'âge de neuf, dix ans, au mieux à son entrée en sixième.


Il resta silencieux quelques instants, soupira et vint s'asseoir en face de moi.


- Vous savez, le nombre de suicides d'adolescents, en particulier celui des jeunes filles dans la tranche d'âge 15-16 ans dont les parents sont séparés est assez important. Les ruptures, la pression souvent ressentie dans le cadre scolaire, la consommation de cannabis, enfin toutes sortes de facteurs interviennent et peuvent entraîner un jeune dans une sorte de spirale, de glissade dans des comportements suicidaires. Morgan semble le parfait exemple de ce mal vivre d'une certaine jeunesse. Heureusement beaucoup résistent, se trouvent quelqu'un à qui parler avant de passer à l'acte, ou bien font des simulacres de suicide qui attirent l'attention de leur entourage et changent parfois les comportements autour d'eux. J'ai en tête l'exemple récent d'un jeune garçon, ancien de la DDASS, qui après s'être tranché les veines du poignet a trouvé la force d'appeler sur son portable une assistante sociale pour laquelle il avait de l'affection et qu'il considérait comme une mère de substitution. Ce coup de fil lui a sauvé la vie.


- Bel exemple de résilience, commentai-je à mi-voix


- Ho là! Vos théories de psy, vous savez ce que j'en pense... Bon, revenons à votre travail. Pouvez-vous le mettre au propre et par écrit rapidement ? Vous me le ferez parvenir par mail. Soyez très technique dans la rédaction. J'en ferai sans doute une copie pour les parents de la jeune fille. Alors du technique, rien que du technique !


Evidemment pensai-je, il s'attend à quoi d'autre ? Encore un qui est persuadé que les graphologues sont des littéraires qui passent leur temps à romancer la personnalité des gens. Il faisait référence à quoi, là ?


Bien sûr, il avait lu le bouquin que j'avais écrit après la fuite de De Bradler, puisque c'était suite à sa parution qu'il avait repris contact avec moi, d'une part pour me dire que j'aurais pu y relater son accueil de façon plus chaleureuse lorsqu'il avait pris ma première déposition, d'autre part lui donner un rôle plus important et qu'enfin il l'avait trouvé charmant, ce qui ne m'avait pas paru à l'époque et ne me paraissait toujours pas, être un véritable compliment. Transformé en critique littéraire, il en avait analysé la forme, soulignant avec une désespérante précision les quelques coquilles émaillant le récit. J'avais eu beau lui expliquer l'absence de correcteurs professionnels chez mon éditeur et les conditions nullardes dans lesquelles j'avais signé le bon à tirer, il insista lourdement et prit un malin plaisir à me mettre face à ma responsabilité " d'auteur ".


Pourtant peu de temps après cette prise de contact téléphonique, il avait fait appel à mes services dans une affaire de faux en écriture. Grâce à lui, j'avais pris goût aux authentifications, m'étais formée à la méthode Standard Handwriting Objective Examination de certains experts et développé ce service auprès de ma clientèle privée. Le manque à gagner, lié à la perte de mon principal client en recrutement, s'était peu à peu comblé par l'afflux d'une clientèle en proie à toutes sortes de problèmes mais dont l'avantage indéniable était de payer rubis sur l'ongle, voire souvent à l'avance, mes prestations. Sans s'en douter, il était devenu l'artisan de la reprise de mon chiffre d'affaires.


CQFD, je pouvais supporter qu'il soit de temps en temps un peu agaçant.


J'ajustai mes lunettes et pris mon ton le plus professionnel pour lui promettre donc d'être un modèle de technicité et cela parut le rassurer.


- Vous savez très bien que normalement, j'aurais dû faire appel à un expert, ajouta-t-il en guise d'excuse.


- Depuis le temps que je travaille pour vous, je n'ai plus besoin de faire mes preuves, il me semble, bougonnai-je, sincèrement vexée. De plus, demander l'agrément des tribunaux  est une démarche que je répugne à faire depuis cette ancienne histoire. J'ai quand même fait l'objet d'une mise en examen à l'époque des faits, vous ne l'avez pas oublié ?


- Justement non, je ne l'ai pas oublié et excusez-moi d'insister mais votre travail que j'apprécie, croyez le au plus haut point, doit également être irréprochable aux yeux de ma hiérarchie. Je prends des risques avec vous ! Et allez donc savoir si vous n'allez pas recommencer à faire de la prose avec les affaires que je vous confie, ajouta-t-il avec un sourire ironique.


Là, il commençait sérieusement à me gonfler. Sa nouvelle promotion l'aurait-elle rendu à ce point sourcilleux et à cheval sur les principes qu'il en vienne à douter de ma crédibilité ? J'avais une pressante envie de lui conseiller désormais de faire appel à la crème de l'expertise mais " un tien vaut mieux que deux tu l'auras " m'avait appris ma chère maman et puis au fond de moi, je l'aimais bien ce commissaire Principal.


- Je vous envoie le rapport dès demain, vous jugerez par vous-même conclus-je, un sourire à faire fondre les plus récalcitrants au bord des lèvres.


- J'y compte bien, répondit-il en clignant de l'oeil


- Je vous raccompagne... Tiens! Vous n'avez rien noté de particulier ?


Je le regardai sans vraiment comprendre le sens de sa dernière question


- Heu! ... Non, rien, j'aurais dû ?


- Oui ! On s'entend enfin parler... Normal, reprit-il en jetant un rapide coup d'oeil à sa montre, c'est l'heure de l'apéritif  et l'annexe du commissariat est à deux pas! Vous m'excuserez, mais le devoir m'appelle, fit-il en mimant le geste de trinquer.

     à suivre........

 

 

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21 novembre 2006 2 21 /11 /novembre /2006 23:00

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IV

 

Je m'y étais prise à l'avance. J'avais même préparé la veille grâce à Mappy, l'itinéraire le plus pratique pour rejoindre la Seine et Oise depuis mon domicile et fait le plein d'essence sans plomb 95.

J'avais résisté à l'envie de m'arrêter à mon café favori pour prendre un petit noir serré au comptoir et griller une clope.

J'avais flirté en permanence avec les cinq kilomètres heure au-dessus des limitations de vitesse sans me faire flasher.

J'avais réussi à me garer à deux pas du commissariat sur un emplacement qui venait miraculeusement de se libérer et pourtant... J'avais un quart d'heure de retard, j'avais oublié ma loupe dans mon bureau et j'avais curieusement très faim.


 Magnanime et efficace, Guedj se mit en chasse et finit par ramener à la surface de je ne sais quel bureau une loupe au manche de bois poli et déverni par de nombreuses manipulations. Il m'avait remis la lettre de Morgan et prêté son bureau pour que je puisse y travailler dans de bonnes conditions. La triste réalité était que le volume sonore dépassait l'entendement au sens littéral du terme. Comment pouvait-on bosser dans un tel vacarme ? Pensai-je, en me promettant d'ajouter à la liste de mes achats futurs des boules Kiès.


 Je ne m'attendais pas à grand chose de particulier en entreprenant mon observation, l'expérience m'ayant appris à garder de la distance par rapport aux écritures et à me laisser interpeller par elles sans l'ombre d'un a priori. Mais là, j'eus quand même un choc.

  

 

 La maladresse, la surabondance de signes enfantins donnaient à cette écriture le faciès d'un écrit d'une gamine de CM2 et encore d'une gamine de CM2 à problèmes...


 Dans le dossier fourni par les parents et complété par quelques documents scolaires confiés par la tante, je pris quelques cartes postales écrites par Morgan pendant ses vacances un an plus tôt et des cahiers de classes assez récents. Mon travail de comparaison pouvait commencer.


  S'il était graphologiquement facile de comprendre pourquoi les parents de Morgan s'étaient refusés à reconnaître dans cette lettre l'écriture de leur fille, je mis beaucoup de temps à démontrer preuves à l'appui que cette écriture était pourtant bien la sienne. Ils avaient le droit de comprendre dans les détails les plus infimes que le doute n'existait pas. Je venais de rédiger ma conclusion, lorsque Guedj entra dans son bureau.

     à suivre........

 

 

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20 novembre 2006 1 20 /11 /novembre /2006 23:00

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III

 

Sans bien se rendre compte de ce qu'il faisait, il ramassa à la hâte les vêtements et se précipita vers sa péniche à la recherche de ses lunettes, nourrissant secrètement l'espoir de s'être trompé.

Quelques instants plus tard, il comprit que ses yeux usés par des années de bons et loyaux services à la batellerie ne l'avaient point trahi. Parfaitement secoué, son premier réflexe fut de parcourir les quais à la quête d'une silhouette d'adolescente, décidé à la raisonner, la faire renoncer, voire utiliser la force pour la sauver.

 Après avoir arpenté une bonne demi-heure de long en large la berge, il se résolut à jeter de brefs coups d'oeil dans l'eau verdâtre de la Seine en souhaitant de tout son coeur n'y voir flotter aucun corps.


 Tous ses efforts furent vains et c'est transpirant, à bout de souffle et terriblement inquiet, qu'il avait regagné sa péniche et appelé la gendarmerie.


 Les gendarmes alertés s'étaient alors rendus sur les lieux et l'avaient longuement interrogé. Quelques heures plus tard une équipe de plongeurs spécialisés appelée en renfort avait fini par découvrir un corps flottant entre deux eaux à quelques encablures de l'endroit qu'il avait lui-même exploré.


 Parmi les vêtements que le père Matthieu leur remit, ils trouvèrent dans la poche intérieure d'une veste en jean une carte d'identité et l'enquête confirma rapidement et  sans l'ombre d'un doute que le corps était celui d'une jeune fille de seize ans, prénommée Morgane, élève de seconde au lycée professionnel Simone Weil, hébergée par une tante domiciliée à Conflans, le père et la mère de Morgane perdus dans les méandres d'un divorce et en perpétuel changement d'adresses ayant préféré confier momentanément leur fille à cette parente pour " calmer le jeu ".


 Aucune trace de violence n'ayant été relevée, l'autopsie effectuée quelques jours plus tard conclut à une mort par noyade suite à l'absorption d'une forte dose de barbituriques.

 Si le commissaire Guedj, ne doutait nullement de l'origine du décès et de son caractère non criminel, il n'avait pu dans un premier temps clore le dossier, les deux parents s'étant pour une fois exprimés en accord parfait pour contester l'authenticité de la lettre retrouvée par le père Matthieu.


 Ce contretemps exaspérait le commissaire Guedj.

 

Tant d'affaires non résolues et hautement plus délicates réclamaient son attention. Mais les parents avaient été formels et Guedj ne pouvait mettre sur le compte du chagrin leur comportement. Après avoir hésité à demander l'avis d'un expert, il s'était résolu, plus par sympathie pour le couple que par conviction profonde à faire appel à la graphologue rencontrée lors de son enquête sur la disparition des frères de Bradler, afin d'authentifier le document. Un rendez-vous était fixé en début d'après-midi. Dès ce soir, au plus tard demain matin, l'affaire si tant est que ce terme pouvait s'appliquer à un suicide, serait définitivement classée.


 Il regarda une dernière fois la silhouette massive de la péniche, " un ancien porteur de canal " lui avait précisé non sans fierté le père Matthieu  et décida qu'il était temps d'aller manger un sandwich dans l'un des nombreux cafés en bord de Seine, sur le chemin de son commissariat.

     à suivre........

 

 

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18 novembre 2006 6 18 /11 /novembre /2006 23:00

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III

 

 Le commissaire Jules Guedj souffrait plus pour l'instant des nouvelles dispositions prises dans sa circonscription pour développer la police de proximité qu'il ne s'en réjouissait. Un manque de coordination, mais essentiellement le manque de formation des nouveaux adjoints de sécurité provoquaient de multiples petits problèmes.

 

 Son collègue de Mantes en faisait chaque jour l'expérience avec la population du Val Fourré. Ce quartier désigné haut et fort comme zone de non-droit et comme l'un des vingt quartiers les plus criminogènes de France par Nicolas Sarkozy quelques jours auparavant donnait certes du fil à retordre mais peut-être pas autant que cette nouvelle publicité le laissait supposer.


 Il avait accueilli sa récente nomination en tant que Commissaire principal à Conflans Sainte Honorine avec sérénité et même une certaine satisfaction.  Titulaire d'une maîtrise de Droit et diplômé de l'Ecole Nationale Supérieure de Police, Jules Guedj était un homme  de 38 ans, brillant, motivé et discret à la fois. Ses origines juives, son visage d'ascète, sa capacité à créer de l'empathie dans ses rapports avec les autres lui avaient valu dans son précédent poste le sobriquet de " Le Grand Pardon ". Ici on l'appelait "Principal", ce qui lui seyait beaucoup mieux.


 Sa ballade quotidienne le long des rives de la Seine lui permettait d'échapper au brouhaha incessant de son commissariat. Les péniches bichonnées avec amour par quelques mariniers à la retraite éclataient de couleurs en ce jeudi du mois de mai. Toute la nature s'était accordée à ce festival de tons crus et complémentaires. L'arc-en-ciel du printemps avait élu domicile à Conflans.


" Plus question de larguer les amarres pour ces amoureux de la liberté " pensait Guedj en laissant son regard flotter sur le pont des péniches immobiles. Depuis une vingtaine d'années, la batellerie était réduite à une inactivité quasi forcée. Les canaux mal entretenus et la concurrence féroce du transport par la route avaient réduit la plupart de ces anciens paysans du Nord de la France à contempler toujours et toujours la même rive. Il lui paraissait que dans un siècle où on ne parlait que d'écologie, la lente disparition de ce métier était un anachronisme lamentable.


 Il s'approcha de la péniche du père Matthieu qui semblait momentanément déserte et se souvint de sa première entrevue avec cet homme qui était entré quelques jours plus tôt dans son bureau, la mine bouleversée, vêtu d'une salopette bleue, un brin trop étroite pour contenir son quintal.

 

 L'homme lui avait relaté, l'émotion faisant encore trembler sa voix, comment au petit jour, alors qu'il quittait les gravellènes pour sa promenade quotidienne sur le plat-bord de son bateau, il avait remarqué sur la berge  en aval un petit tas de linge posé à même le sol. Après avoir mis à l'abri la tasse de café noir brûlant qu'il tenait à la main dans la cambuse, il avait alors emprunté l'échelle de bardaille pour  " aller y voir de plus près ".


 Il avait trouvé des vêtements féminins soigneusement pliés, simplement soustraits à un éventuel coup de vent par une pierre semblable à celles qui jonchent par endroits l'ancien chemin de halage. " Sans doute, une femme de marinier qui aura oublié son linge séché, la veille à cet endroit " avait-il pensé naïvement. Mais le père Matthieu, homme curieux et précis, ne pouvait se satisfaire de cette banale constatation. Il voulut en savoir plus, défit la pile de vêtements et découvrit entre un petit pull-over rose et un jean, une enveloppe non cachetée.


N'ayant pas pensé à emporter sur lui ses lunettes, il peina quelques instants à lire ce qui était pourtant une grande écriture. Au fur et à mesure que ses yeux de presbyte accommodaient tant bien que mal le graphisme des lettres, il sentit son sang se glacer et sa gorge se nouer. Le contenu brutal de la missive révélait l'intention d'une jeune fille d'en finir avec l'existence.

                                                                                            à suivre........

 

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15 novembre 2006 3 15 /11 /novembre /2006 23:00

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II

 

Seul bruit, celui  de la soufflerie de l'ordinateur.
Seule lumière, celle de l'écran de l'ordinateur.


Mais des odeurs en pagaille avec en dominante celle du tabac froid, du renfermé, de la poussière, des relents d'urine de chat.


Le rite immuable commençait.


Il se dirigea vers le réfrigérateur et y préleva une canette de bière à la Tequila.


De retour dans l'unique pièce à vivre de son meublé, il posa la canette à droite du tapis de la souris, juste à l'endroit où un rond d'humidité marquait l'usage répétitif de cette boisson.


Il ouvrit ensuite une boite en fer blanc posée près du futon, en examina attentivement le contenu, le huma à plusieurs reprises, puis choisit délicatement quelques feuilles parmi les mieux conservées.
 

 Il les émietta avec soin au-dessus d'un papier blanc.

 


Un paquet de tabac à moitié vide et des feuilles à rouler reposaient sur une petite commode Ikéa.


Il prépara son joint avec minutie de manière à obtenir un cône parfait.


Après l'avoir contemplé un instant, en avoir apprécié la perfection géométrique, il le porta à ses lèvres et l'alluma.


Inhalant les yeux fermés la première bouffée, il se sentit comme d'habitude envahi par un étrange sentiment de sérénité et de puissance mêlées.


C'était le moment qu'il préférait, celui où tout était encore possible, où l'aventure n'avait pas encore débuté. Un moment à savourer.


Dans quelques minutes, il serait redevenu le chasseur et l'adrénaline le submergerait comme toutes les nuits depuis si longtemps.


Il arrivait de moins en moins à garder la tête froide et ses récents succès renforçaient chaque soir d'avantage sa détermination et son excitation.


Il savait pourtant que la prudence, la minutie, l'organisation, étaient essentiels à la bonne marche de ses projets.

 

 


Il avala profondément le mélange de tabac et de haschich, empoigna la souris et cliqua sur le lien. 

                                                                                                  à suivre... 

 

*BLOG-NOTES est un manuscrit déposé, ayant reçu un numéro d'ISBN mais non encore corrigé et édité. Les amis bloggeurs qui auront le courage et la ténacité de lire ce petit suspense jusqu'au bout seront nommément cités sur le livre en dédicace.

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14 novembre 2006 2 14 /11 /novembre /2006 23:00

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Tendances hystériques et tendances paranoïaques se mêlaient chez Alex  en doses variées selon qu'il évoquait ses liens familiaux, ses projets professionnels ou sa difficulté à se trouver des points de similitude et de connivence avec des gens de sa génération. Il n'était certes ni le  premier ni le dernier jeune homme à présenter ce type de profil. En pratique, les " Alex " commençaient à proliférer dans les antichambres des entreprises que sont les cabinets de recrutement.


Le plus souvent bardés de diplômes, ils multipliaient les candidatures spontanées, les stages de courte durée, affichaient une forte confiance en eux en entretiens d'embauche, alors qu'ils n'avaient pourtant de cesse que de chercher auprès d'un " expert " les conseils et les " trucs " qui leur permettraient de décrocher la lune, c'est-à-dire au mieux un emploi en CDD dans une boite en voie de mondialisation, mais souvent également en voie d'externalisation.


Si la plupart d'entre eux ne manquait pas d'ambition, ils étaient fort peu à chercher du travail au delà des limites de l'hexagone et je soupçonnai même certains de rêver secrètement à une vie articulée autour, au pire du petit Bobo, au mieux du parfait Furita.


Gavés toute leur jeunesse de mangas nippons, il leur devenait naturel d'enfourcher l'idéologie contre productiviste de leurs alter ego japonais,  de considérer le travail comme un simple gagne pain et non comme une fin en soi, d'accumuler les jobs précaires, de chercher à vivre en harmonie avec leurs désirs, leurs envies quitte à se serrer la ceinture s'il le fallait.


A la décharge d'Alex, je devais reconnaître que ses parents ne l'avaient guère préparé à se autre chose. Elevé par une mère tantôt absente tantôt sur protectrice, par un père tantôt dominateur tantôt dépressif, il avait dû naviguer à vue toute sa jeunesse et son adolescence et sans doute trouver ses modèles sur les écrans de télé et sur les consoles de jeux.


Quel gâchis, pensai-je ! Avec un parcours scolaire brillant, une réussite parfaite dans une école de commerce réputée et deux années d'avance sur ces congénères, le voilà remettant tout en cause, rêvant de je ne sais quel boulot de paillettes et de lumière...


- Tu nous fais quoi ce soir ?


Je sursautai, n'ayant pas entendu ma fille entrer dans la cuisine pendant ma séance d'épluchage manuel et intellectuel.


- Une raclette ma chérie, ça te va ?


- Hein! Une raclette ? Pffff, maaan, je croyais t'avoir dit que je commençais un régime fit-elle d'un air exaspéré la main posée sur un ventre aussi plat qu'une limande.


- Mais voyons ma puce, tu es aussi fine qu'un top model !


- Tu rigoles, Tiens regarde ça...


 Elle arriva par je ne sais quel miracle à saisir un demi centimètre de peau au- dessus de son jean taille basse pour me montrer l'ampleur des dégâts. Le petit bout de chair se mit à virer au blanc de céruse étant donné l'effort qu'elle exerçait pour le maintenir entre ses doigts.


- Qu'est-ce qu'il te voulait Alex ? demanda t-elle d'une petite voix coquine.


- Je l'aide en ce moment à faire le point. Il est un peu paumé et ne sait pas trop dans quelle voie orienter sa recherche d'emploi.


- Il est devenu super mignon, ajouta t-elle en me donnant l'impression d'avoir zappé ma réponse.


- Alors là, c'est vraiment une question de goût, chérie, bon alors je la fais cette raclette ?


- S'il n'y a rien d'autre... Si non, t'inquiète pas, je me ferai décongeler une pizza...


- Tes notions de diététique m'étonneront toujours, minette


- Man, j'ai une faveur à te demander, répondit-elle en me fixant au fond des yeux


- Oui, poussin ?


- Man ! Je viens d'avoir dix sept ans, tu le sais cela, non ?


- Bien sûr, mon coeur, où veux-tu en venir chérie ?


- Juste à cela très chère mère... Les " puce ", les " minette ", les " poussin ", tu vois man, ça me gave sévère. Je te rappelle au cas où tu l'aurais oublié que j'ai un prénom et que c'est toi-même qui l'as choisi. Alors par pitié, surtout devant mes copains, tu pourrais éviter ?


- S'il n'y a que cela pour te faire plaisir, pas de problème ma minouchette...


Je n'eus que le temps de rentrer la tête dans les épaules pour éviter de recevoir une poignée d'épluchures de pommes de terre dans les cheveux.

                                                                                                                       à suivre... 

 

 

*BLOG-NOTES est un manuscrit déposé, ayant reçu un numéro d'ISBN mais non encore corrigé et édité. Les amis bloggeurs qui auront le courage et la ténacité de lire ce petit suspense jusqu'au bout seront nommément cités sur le livre en dédicace.

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7 novembre 2006 2 07 /11 /novembre /2006 23:00

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Ca y est pensai-je, j'aurais dû m'en douter. En réalité, je m'en doutais, j'avais seulement espéré qu'il aurait justement la délicatesse de ne pas aborder ce sujet.


- Savez vous ce qui est arrivé à De Bradler et à son frère, le tueur psychopathe ? Cela fait bientôt quatre ans qu'ils ont disparu...


Alex faisait référence à une sombre histoire remontant à la fin de l'année 1999, où j'avais été mêlée (voire plutôt emmêlée) plus ou moins malgré moi à la fuite de ces deux personnages hors de France. J'y avais mis mon couple en péril, perdu mon travail de graphologue dans l'un des plus gros cabinets de recrutement  parisien, gagné une notoriété douteuse auprès de mon voisinage, échappé de peu à une condamnation judiciaire mais obtenu curieusement l'estime d'un commissaire qui depuis cette époque faisait appel à mes services de temps à autre. Si j'ajoute à cette énumération la défection d'un certain nombre d'amis, la désapprobation unanime de mes collègues graphologues, je pense avoir fait le tour des retombées à court terme de mon équipée furtive dans le monde de la criminalité.


Le hasard avait voulu qu'à l'époque Alex m'ait rendu service en contactant via le net un de ses amis étudiant journaliste aux Etats-Unis pour trouver des articles de presse. Il avait dû suivre dans les journaux de l'époque l'enquête sur la disparition de De Bradler, de son frère et se délecter des entrefilets sarcastiques à mon endroit. Mon métier de graphologue avait excité la plume de certains chroniqueurs qui s'en étaient donné courageusement à coeur joie pour tirer leurs boulets rouges en direction de la profession.


L'ayant bien cherché, j'avais par voie de conséquence adopté un profil si bas qu'un bébé basset à poil ras eut pu me prendre pour sa mère. Entendre Alex remonter ces vieux souvenirs à la surface raviva un court instant un sentiment d'amertume et de rancoeur.


- J'ai tourné la page, Alex, je ne veux plus entendre parler de cette affaire et je n'en sais pas plus que vous sur le sujet.


- D'accord, je voulais simplement vous dire que... Heu! ... C'est difficile à dire. Enfin si vous avez à nouveau besoin de moi, n'hésitez pas... J'ai lu dans le journal que vous travaillez en ce moment sur une nouvelle enquête. La fille qui s'est suicidée en se jetant dans la Seine. Alors, si je peux vous aider à nouveau ? En ce moment j'ai du temps libre et j'ai vraiment envie de faire quelque chose pour vous d'autant que...


Je le coupai sachant d'avance ce qu'il allait dire. Si j'avais accepté de l'aider gratuitement c'était parce que je connaissais sa situation personnelle  et financière depuis le divorce de ses parents.


- Alex, je suis très touchée par votre proposition, mais vous commettez une erreur. D'une part, arrêtez de croire tout ce qu'écrivent les journalistes et d'autre part, je ne " travaille " pas sur une nouvelle enquête, je dois simplement vérifier que la lettre laissée par Morgan à ses parents est bien écrite de sa main. Désolée de vous décevoir mais mon rôle s'arrête là. Le commissaire Guedj est en charge de l'affaire et mon intervention sera très brève.


- Vous voulez dire que vous n'avez pas encore expertisé cette lettre ?


- Alex... soupirai-je, cela vous ennuierait-il de changer de sujet ? Tout d'abord je n'expertise pas, j'authentifie, nuance... Ensuite, je n'ai aucune confidence à vous faire et nous sommes très éloignés de la raison pour laquelle vous êtes venu me voir. D'accord ?


- C'est vrai, je suis désolé, j'espère ne pas vous avoir embêtée. Nous nous revoyons dans huit jours, c'est noté.


Il se leva enfin pour prendre congé. Je le raccompagnai jusqu'à la porte d'entrée, lui fit au revoir d'un signe de la main, mais au lieu de partir comme tout être bien élevé l'aurait fait, il approcha ses lèvres de mon oreille pour murmurer:


- J'ai une petite idée sur ce suicide. Je vous en parlerai la semaine prochaine...


Une telle obstination et un tel manque de courtoisie méritaient un grand coup de gueule, mais lassée et néanmoins décidée à couper net, je le repoussai fermement d'une main, empoignai de l'autre la porte qui lui claqua au nez avec fracas.

Dire que le matin même en lisant mon horoscope dans le journal au café, j'avais lu sous la rubrique réussite : Journée sous le signe de l'écoute et de la communication. Restez vigilant, certaines personnes pouvant profiter de disponibilité pour vous inciter à des confidences.


Je faisais partie de ces innombrables personnes qui n'accordant officiellement aucun crédit aux horoscopes ne s'interdisaient jamais de les feuilleter dès qu'elles en trouvaient un à leur portée. La mise en garde de l'astrologue prenait soudain du sens au vu de la remarque d'Alex.
Côté coeur si je me souvenais bien les prédictions du jour avaient été du type : Vos proches sauront apprécier les attentions que vous aurez à leur égard.


Normal non ? Il n'aurait plus manqué qu'ils me passent un savon le soir où j'avais prévu une copieuse raclette au dîner...Il était d'ailleurs temps que je fasse cuire des pommes de terre et prépare une salade.

 
Je partis en direction de la cuisine, sortis du dessous de l'évier un filet de Belles de Fontenay non entamé et en choisis une dizaine, bien lisses et brillantes. Tout en  maniant l'économe avec soin, je me livrai mentalement à un petit bilan de l'entretien qui venait de prendre fin.

                                                                                                                                             à suivre....

 

 

*BLOG-NOTES est un manuscrit déposé, ayant reçu un numéro d'ISBN mais non encore corrigé et édité. Les amis bloggeurs qui auront le courage et la ténacité de lire ce petit suspense jusqu'au bout seront nommément cités sur le livre en dédicace.

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