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  • : Ecritures à la loupe
  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
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Mes romans

histoire

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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 08:14

 

 

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XIV

L'entrevue s'était superbement passée.


Bel immeuble proche d'un parking, locaux vastes et clairs, sobrement décorés, accueil irréprochable, café italien servi chaud, interlocuteur à l'écoute et galant : il devait y avoir un détail qui m'avait échappé.


J'avais beau remuer ce qui me restait de neurones après l'heure et demie consacrée à vendre mes prestations de graphologue, à discourir sur l'état du marché du travail et sur l'évolution des profils des candidats, rien dans les propos échangés, absolument rien ne permettait de déceler l'amorce d'un début de pré-soupçon d'une quelconque entourloupe.


Bruno avait eu parfaitement raison d'insister pour que je leur fasse une offre de services. Je m'attendais à voir des sourcils se soulever à l'énoncé de mes tarifs, un rictus se former à la liste de mes exigences, mais je n'eus à déplorer qu' un infime battement de cils lorsque j'émis mon refus de prendre en charge la rédaction de flashs graphologiques.

 
Ayant fermement précisé mes conditions d'intervention, le responsable du cabinet de recrutement, un sourire bienveillant aux lèvres me répondit qu'il trouvait celles-ci normales, voire basiques. Au maximum de mes capacités de concentration, je fus incapable de déceler une trace d'ironie dans ses propos.


Poussée par un vieux fond de masochisme j'insistai en lui faisant bien remarquer que c'était la première fois que l'on se rangeait aussi facilement à ma vision du métier. Il fit mine d'être surpris et légèrement navré. Il reprit mon analyse et mes arguments, abonda dans mon sens, déplora certaines attitudes de ses confrères sans bien évidemment les citer et conclut en m'informant que dans sa société, on communiquait les résultats des tests, des analyses graphologiques aux candidats et qu'on  les commentaient avec eux qu'ils soient retenus ou évincés.

 
Nonobstant les règles de savoir-vivre qui règnent dans ce genre d'entretien, je lui aurais sauté au cou pour l'embrasser. Ma mine ravie et le sourire de première communiante étalé sur ma figure durent suffisamment l'éclairer sur mon état d'esprit.

 
J'avais donc quitté le cabinet gonflée à bloc réconciliée avec une activité qui m'avait pourtant parfois déçue par le passé. Ce n'est qu'en récupérant ma voiture dans le parking que je me fis la réflexion que certes j'étais partie heureuse mais sans boulot, sans la moindre petite analyse à me mettre sous la dent, pas le plus minuscule chiffre d'affaires à l'horizon.


Mais bon, ce n'était sans doute qu'une question de temps et je n'allais pas bouder mon plaisir.


Avant de mettre le moteur en marche, je pris mon portable pour appeler ma cadette et m'informer sur la façon dont s'était déroulée son épreuve de Philo.


Elle décrocha au bout de deux sonneries et le son guilleret de sa voix me rassura pleinement.


- C'est toi man ! J'attendais ton coup de fil...


- Oui, ma puce, c'est maman. Alors cette épreuve de philo, ça s'est bien passé ? Tu as eu quoi comme sujet ?


- Le bol, man, je te dis pas le bol ! Un sujet que je kiffe méga. Allez devine...


- Comment veux-tu que je sache ? Je n'en ai aucune idée. Peut-être un sujet sur le respect…. Genre : Le respect aux parents est-il un devoir ou une nécessité ? plaisantai-je


- C'est malin, répondit-elle vexée. Même le jour du Bac, tu ne peux pas t'en empêcher !


- Désolée minette, je te présente mes excuses. C'est vrai , j'oubliais qu'avec ton seize de moyenne en Philo toute l'année, tu pouvais avoir des lacunes… Bon OK, j'arrête.  Allô ! Tu m'écoutes ?… Allô !… Clarisse !


Un silence vengeur fut la seule réponse que je reçus.


- Clarisse ? Tu es toujours là ma puce ? Allez... réponds à ta vieille crétine de mère. Tu ne vas pas bouder quand même ? Ecoute, je regrette… je regrette sincèrement. Allez, dis-moi quel était le sujet ?


Elle laissa quelques secondes supplémentaires s'écouler afin de bien marquer sa désapprobation puis d'une voix neutre m'annonça :


- Faut-il chercher à tout démontrer ?

 

 

 

                                                                                            à suivre......

 

 

*BLOG-NOTES est un manuscrit déposé, ayant reçu un numéro d'ISBN mais non encore corrigé et édité. Les amis blogeurs qui auront le courage et la ténacité de lire ce petit suspense jusqu'au bout seront nommément cités sur le livre en dédicace.

  

 

 

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6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 08:44

 

 

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XIII

 

Le crissement des roues des poubelles sur le sol en béton de la petite cour carrée de l'immeuble le fit grimacer de douleur. Il porta les doigts à ses tympans et jura intérieurement que tôt ou tard il ferait la peau à la gardienne.

Le seul intérêt à ce supplice bi-hebdomadaire, était le renseignement précis qu'il donnait sur l'heure. La vieille avait une horloge à la place du cerveau aussi bien réglée que celle du clocher de la cathédrale Saint-Patrick. Il en eut la confirmation immédiate en entendant six gongs résonner dans le lointain.


Il était las, épuisé, délicieusement exténué.


Sans doute devait-il cet état au rituel mensuel auquel il avait sacrifié la veille au soir, rituel de baise qu'il qualifiait d'hygiénique dans le quartier de Ballymun.


La fille qu'il avait choisie devait avoir à peine dix-huit ans et correspondait à ses critères de prédilection. Plutôt courtaude et bien en chair, elle dégageait une odeur particulière, mélange de parfum bon marché, de tabac froid et de sueur.


Le sexe ayant été rapidement expédié, il avait vainement essayé de la convaincre de l'état misérable dans lequel elle vivait.


La gamine avait éclaté d'un rire sarcastique et répliqué qu'entre son ancien boulot de serveuse dans un crad du vieux quartier et celui de pute en banlieue, il n'y avait pas photo.


Il l'avait quittée, ulcéré, une fois de plus dégoûté d'une telle bassesse d'âme et une fois rentré, il avait repris sa mission devant son écran avec rage.


De dix heures du soir à minuit son nouveau blog avait reçu dix-sept visites. Trois commentaires avaient été laissés, mais ne présentaient aucun intérêt.


De minuit à deux heures du matin, le compteur avait enregistré onze nouvelles visites et quatre commentaires. L'un d'eux était signé Loneliness88, un contact qu'il traînait depuis plusieurs semaines. Ayant depuis longtemps compris qu'il ne pouvait rien en tirer, il acceptait cependant d'échanger avec elle quelques banalités et la laissait se répandre en d'amères réflexions sur le monde pourri dans lequel elle vivait. Si au départ, le ton larmoyant de ses messages lui avait fait espérer une évolution rapide de leur relation, il avait ensuite déchanté en constatant qu'elle venait sur son blog décharger un peu de fiel et beaucoup d'amertume pour en repartir brutalement ragaillardie et pétant le feu.


De deux heures du matin à quatre heures, les passages s'étaient raréfiés mais bonifiés. Sonate, un nouveau pseudonyme, avait écrit quelques lignes en soulignant son sentiment de détresse et d'abandon. Une rapide visite sur son blog avait confirmé qu'il lui devait  une attention toute particulière : écran rose, poèmes à l'eau de rose, coeurs veinés de rose foncé dégoulinants de haut en bas de l'écran... Il y avait quelque chose à en espérer.


La dernière heure, il l'employa à rédiger un nouvel article, légèrement inspiré par l'odeur fétide de sa dernière compagne de bordel et totalement plagié de son écrivain préféré.


De brefs et vifs élancements dans la colonne vertébrale lui rappelèrent qu'il venait de passer huit heures d'affilée devant son ordinateur.

 
Il s'étira en baillant.


La couche de talc dont il saupoudrait régulièrement ses mains, finissait par former des croûtes peu esthétiques entre les jointures de ses doigts. Il était temps de prendre une douche et du repos. Il s'apprêtait à fermer sa connexion lorsque apparut un nouveau commentaire.

Il le lut et le trouva passionnant.

 

                                                                                            à suivre......

 

 

*BLOG-NOTES est un manuscrit déposé, ayant reçu un numéro d'ISBN mais non encore corrigé et édité. Les amis blogeurs qui auront le courage et la ténacité de lire ce petit suspense jusqu'au bout seront nommément cités sur le livre en dédicace.

   

 

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29 mars 2007 4 29 /03 /mars /2007 08:42

 

 

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XII

 

En fait " d'exister ", elle avait suivi en Normandie, un éleveur de chevaux de trot attelé dans son haras pour mener une vie de gentlewoman farmer entrecoupée de rapides passages à Paris, lorsque son faux noble et véritable maquignon de nouveau mari venait y mener grand train. Depuis, elle avait vu son fils à trois reprises et toujours en coup de vent comme si le simple fait de revoir le visage alors anguleux et boutonneux de son unique rejeton suffisait à lui faire regretter le déplacement et raviver sa haine contre son ex époux.


Alex s'était pris à la haïr lors de ces brefs échanges et avait opté pour un mutisme qui lui permettait d'éviter de l'injurier.

 
L'odeur d'arabica s'échappant de la cafetière et le miaulement rauque de Valinor, son vieux chat ventripotent, le détournèrent de ses sombres pensées.


Il sortit d'un placard un sac de croquettes, remplit la gamelle en plastique bleu posée à même le carrelage, puis se versa une tasse pleine de café brûlant. Il posa la tasse sur le petit guéridon qui servait à prendre les repas depuis le départ de sa mère, s'assit et se mit à réfléchir.


Si Morgane avait possédé un CD de Kurt Cobain, elle avait pu elle-même traduire les paroles de la chanson. Pourtant les mots qu'elle avait écrit sur le document semblaient être exactement les mêmes que ceux que Clarisse avait chantés. Contrairement à ce qu'ils avaient fait croire à la graphologue, ces mots n'étaient pas le fruit d'une brillante traduction de Clarisse mais le résultat d'une recherche qu'ils avaient effectuée sur le portable de cette dernière. Le vocabulaire du groupe n'était pas facile à traduire et la flemme les avait poussés à piocher sur le net la version en français.


Par déduction, il pouvait donc envisager que morgane en avait fait de même, ou bien, seconde solution possible, une personne l'avait fait à sa place et lui avait communiqué le texte. Une copine de classe peut-être ? mais pourquoi avait-elle recopié ce texte pour l'abandonner ensuite dans ses affaires juste avant de se de se suicider ?


Elle aurait pu en choisir un autre, ou écrire elle-même un poème d'adieu plus explicite. Alors, pourquoi justement celui-là ?


Alex prit une gorgée de café et grimaça à la morsure brûlante du breuvage. Le chat sauta sur ses genoux et se mit à ronronner tout en lui pétrissant consciencieusement les cuisses. Il voulut le faire descendre en le repoussant gentiment du plat de la main mais les griffes se plantèrent plus avant dans l'épaisseur de son jean.


- Dégage Valinor, tu me fais mal ! dit-il en accompagnant son ordre d'une légère tape sur le fessier de l'animal.


 Le matou le fixa dans les yeux, accrut la pression sur ses cuisses ainsi que l'intensité de son ronronnement.


- Espèce de maso, se contenta de commenter Alex


Puis il lui caressa  la tête et entreprit de l'associer à sa réflexion.


- Tu vois valinor, si Morgane a choisi de laisser ce texte au moment de faire le grand saut, c'est qu'elle avait assurément une excellente raison. Quelle idée avait-elle en tête ? L'envie de nous faire partager un secret ? Qu'est-ce que tu en dis le chat ?


Valinor ayant entrepris une toilette méticuleuse des coussinets de sa patte gauche, semblait indifférent à la voix de son jeune maître.


- Bon, je vois, tu ne m'écoutes pas. Pourtant, je suis sûr d'avoir raison. Morgane nous désigne quelqu'un et ce quelqu'un ce n'est pas Kurt Cobain ajouta Alex en haussant le ton.


 Le claquement des consonnes du nom du chanteur fit sursauter le chat qui émit un long et guttural miaulement de mécontentement.


- Kurt Cobain est mort, Valinor ! ne me dis pas que tu n'es pas au courant ! Mort, paf, suicidé ! précisa-t-il le pouce levé et deux doigts pointés sur sa tempe.


- Parti, envolé au pays des fées !



-  Putain ! je crois que je tiens une piste...

Il se leva brusquement, faisant choir sur son postérieur le chat obèse, puis fila vers sa chambre en marmonnant : " J'la tiens cette piste, putain, j'la tiens… " 

 

                                                                                            à suivre......

 

 

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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 10:36

 

 

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XII

 

Cette enquête passionnait Alex. Des indices, il en avait trouvés de multiples  qu'il avait soigneusement reportés via un copier-coller dans le bloc-notes de son ordinateur. Sa première tentative avait pourtant failli lui faire abandonner la partie. A peine avait-il tapé le nom de Kurt Cobain sur son moteur de recherches que celui-ci avait affiché le nombre astronomique de 2 820 000 pages disponibles sur le net.

Une deuxième tentative restreinte aux seules sites francophones lui donna un résultat de 434 000 pages. Concentrant sa recherche sur des sites français, le compteur afficha 332 000. Autant chercher une aiguille dans une meule de foin.


Il avait alors décidé de ne prêter attention qu'aux sites les plus régulièrement mis à jour et les plus visités en sélectionnant les cinq premières pages des résultats francophones, soit cinquante et un sites à décortiquer dans le détail.


Après avoir éliminé ceux qui se contentaient de faire la biographie de leur idole, il avait gardé dans ses favoris ceux qui mettaient à disposition des internautes les paroles des chansons du groupe en anglais et en français et qui leur  offraient un forum de discussion.


Puis, il avait lu l'un après l'autre les messages laissés dans ces forums, en ciblant toutes les recherches d'informations concernant la chanson Lithium. Les investigations qu'il avait menées n'avaient pour l'instant rien donné de concret, juste quelques messages sans grand intérêt ainsi que l'adresse de plusieurs blogs chaudement recommandés pour écouter des morceaux du groupe ou se gaver de détails croustillants sur la vie sentimentale tumultueuse du chanteur.


Les noms de dix blogs, dont l'un entièrement bilingue, revenaient de façon récurrente dans ces messages. Alex les avaient visités, remonté le fil de leurs publications d'articles sur plusieurs mois, zappé d'un blog à l'autre une bonne centaine de fois. Chaque visite était archivée dans " ses favoris " et regroupée par thèmes dans son ordinateur.


La prochaine étape consisterait à mettre toutes ces informations dans une base de données de manière à pouvoir effectuer des comparaisons, des tris, des recoupements.


 Ce qu'il cherchait au juste, il n'en avait guère une idée très précise, et s'était contenter de fonctionner au feeling. Maintenant il devait réfléchir au contenu des données collectées afin de bâtir une base facilement exploitable et pertinente.


La réaction de la mère de Clarisse ne lui avait laissé aucun doute. Elle, qui à d'ordinaire gardait son calme et faisait preuve de sang-froid, avait  montré une telle agitation en entendant des paroles de Lithium qu'il avait fait immédiatement le lien entre cette chanson et le dossier sur lequel elle était en train de travailler et ceci avant même qu'elle n'en parle. La questionner plus avant n'aurait servi à rien, elle se serait retranchée dans le mutisme le plus complet. Il lui fallait donc agir seul, trouver des pistes, des éléments vérifiés, étayés, avant de lui avouer que ce fait divers le passionnait et qu'il était décidé à trouver les raisons du suicide de Morgane. Il allait faire traîner en longueur les entretiens qu'elle lui accordait gratuitement, prétexterait quelques reports de rendez-vous pour disposer de temps et pouvait compter sur l'aide de Clarisse pour la faire patienter.

 
C'était un bon début pensait-il pour entamer un travail de journaliste d'investigation.  L'étau se resserrait peu à peu autour d'une certitude acquise au fil des longues heures passées sur son ordinateur : la réponse était là, sous ses yeux, au détour d'une phrase, d'un pseudonyme, d'un échange régulier de commentaires entre blogeurs.


Alex s'étira et sentit une irrésistible envie de bailler. Il jeta un rapide coup d'oeil à sa montre et constata stupéfait qu'il était déjà six heures du matin. Il venait de passer dix heures d'affilée devant son écran sans prendre la moindre pause. Un pale rayon de soleil filtrait des doubles rideaux légèrement écartés. Il se sentait dans un état second, à la fois cotonneux et boosté par une envie de ne pas céder à un coup de fatigue. Il lâcha la souris, fit craquer ses doigts et décida de se préparer un grand bol de café.

La maison était calme. Son père était rentré tard et dormait d'un sommeil de plomb. En passant devant la porte close de la chambre de ses parents, un petit pincement au coeur éveilla une sourde et lointaine douleur. Dans un mois exactement, cela ferait cinq ans que sa mère avait quitté la maison en lui lançant avec agressivité : "  Tu comprends, je veux enfin exister ! ".

 

 

                                                                                            à suivre......

 

 

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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 16:39

 

 

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XI

 

Il essuya ses mains au torchon à carreaux suspendu à côté de l'évier, prit un cigarillo, l'alluma et tira une longue bouffée.

 

" Ma pauvre Germaine, si tu me voyais en ce moment, tu penserais que je suis complètement siphonné du ciboulot. C'est la faute à cette p'tiote. La jeunesse, ça m'a toujours chamboulé. Et une jeunesse qui se suicide à deux pas de ma péniche, je te dis pas Germaine, mais ça me donne des envies d'appareiller, d'laisser le courant faire son ouvrage, me coucher, plus manger et attendre le bon vouloir de la grande faucheuse."

" Quoi ? Qu'est-ce que tu dis ? Que j'ai bu ? Elle est bien bonne celle-là ! Juste un verre de Côtes du Rhône pour faire passer les raviolis. Enfin, deux, j'avais oublié celui de l'apéro. Mais c'était pour boire à ta santé, enfin, j'veux dire à ton repos. Tiens, t'as raison, je sais plus ce que je raconte. Hein, quoi ? Le poème ? Ben oui, le poème, je l'ai gardé. Fallait pas ! Ecoute Germaine, mêle-toi de tes affaires. J'allais pas le donner à un flic qui confond une échelle de coupée avec un pont d'écurie. Faut savoir garder sa dignité. Et puis, il aurait posé des questions : et où, et quand, et pourquoi ? Les flics, ça ne sait pas discuter, juste poser des questions pour bien t'emmerder. La p'tiote, puisqu'elle s'est suicidée, ça change rien un papier de plus ou de moins dans leur dossier. Tiens justement, le papier, Germaine! A toi non plus, j'ai pas tout dit."

"Figure-toi que sur la page en dehors du poème et des gravures, y'avait un truc écrit. Ha ! tu vois, ça commence à t'intéresser… Bon, j'ai pas tout compris, mais il y a une chose qui m'a fait un drôle d'effet. Y'avait marqué en lettres d'imprimerie " Pseudo ", puis deux points et ensuite en gros caractère gras " Apocalypse666 ". Enfin, je te le dis à toi, mais ne le répète à personne, surtout pas au Grand Barbu, là-haut. Oui, t'as bien entendu, " Apocalypse666 ". " 666 ", le nombre de la Bête, du monstre qui viendra semer la terreur parmi les hommes, le nombre maudit. C'est quand même pas une gentille gamine de seize ans qui a pu écrire ça ! Je me demande où elle a pu dégoter cette page ? Ca sent le souffre ce truc là ".

 

La cendre du cigarillo tomba sur la chemise à rayures bleues du père Matthieu. Il voulut la chasser d'un revers de la main, mais son geste maladroit ne fit qu'étaler la cendre et l'incruster plus profondément dans les fibres du tissu. Il soupira en constatant les dégâts, se laissa tomber lourdement dans le fauteuil en osier, prit une revue et murmura "Anurädhapura ".

 


La magie du mot ne vint pas pour autant atténuer la fulgurante douleur qui lui traversa la poitrine.

 

 

                                                                                            à suivre......

 

 

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11 mars 2007 7 11 /03 /mars /2007 11:15

 

 

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XI

Cet engouement s'était vite doublé d'une manie de tout noter et il noircissait  depuis vingt ans des cahiers entiers d'écolier, d'une écriture qui jouait encore les pleins et les déliés. Tous ces mots et toutes ces définitions constituaient un véritable dictionnaire fluvial et batelier.


Il n'avait jamais pensé que cela puisse intéresser quelqu'un d'autre que lui et encore moins le faire éditer. Privé d'enfant à qui léguer ce patrimoine linguistique, il avait décidé que son lexique partirait avec lui en fumée selon ses dernières volontés. Certes, il y avait parfois des personnes comme Delage qui lui posaient des questions, l'interrogeaient.

 

Mais son instinct lui suggérait que leur intérêt n'était guidé que par une curiosité bon marché, une envie peut-être de caser un joli mot inconnu pour briller lors d'un dîner.

 

Cette engeance ne méritait pas qu'il ouvre les pages de ses cahiers et encore moins qu'il se donne la peine de frapper à la porte des maisons d'édition, qu'il passe des mois à attendre leur verdict.

 

Sans doute laisserait-il au commissaire la possibilité de déguster au compte-gouttes quelques termes comme " garabotte ", " gousselis ", " soubriquet ", juste histoire de le faire saliver.

 

Sans doute n'irait-il pas jusqu'à lui en expliquer l'origine étymologique, sans doute garderait-il pour lui les anecdotes, les hasards de ses découvertes comme il avait gardé pour lui le poème de Baudelaire qu'il avait trouvé dans les affaires de la petite Morgane.

 

Hé oui ! cette gamine l'avait transformé en cleptomane. Pour une raison qu'il n'arrivait toujours pas à comprendre, il avait cédé au besoin irrésistible de soustraire à la police deux documents. Le premier qu'il venait au final de rendre à Delage était sans doute trop chargé d'émotions parce qu'écrit de la main de l'adolescente. Le second en revanche, imprimé sur une feuille de papier ornée de gravures de Jérome Bosch, contenait un poème de Baudelaire qu'il connaissait depuis des lustres et qu'il comptait bien conserver.

 

Poème que souvent il récitait.

 

Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux,

Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux coeurs seront, deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

Un soir fait de rose et de bleu mystique
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ;

Et plus tard un ange, entr'ouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.

Le fait de prononcer ces quatre strophes était sa manière à lui de garder en vie la jeune fille, lui rendre hommage et lui demander pardon de ne pas avoir été là au bon moment pour la sauver.


Quatre strophes qu'elle avait aimées et qui contenaient un message d'espoir.
A quel ange pensait-elle en lisant ces vers ?
Se pourrait-il que cet ange ce fut lui ?

 

" Je déraille complètement, voilà que je me prends pour un ange maintenant " pensa le père Matthieu.

 

 

 

                                                                                            à suivre......

 

 

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7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 10:04

 

 

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XI

 

Le père Matthieu trouvait à ses repas un goût frelaté d'aluminium. Un ouvre-boîte papillon encore tâché de sauce tomate bolognaise traînait dans l'évier aux côtés d'une casserole à demi remplie d'eau tiède dont le fond mettrait de longues heures à retrouver un aspect vaguement lisse et propre.
 
En plein été s'alimenter de raviolis, de saucisses au lentilles, de bourguignon à la consistance aussi caoutchouteuse que celle des calamars à la provençale qui faisaient son ordinaire, était une réelle provocation à son taux de mauvais cholestérol.
 Son médecin l'avait prévenu ; son hypercholestérolémie liée à plus de deux grammes par litre de lipoprotéines de petite densité finirait par lui jouer de méchants tours. " Mangez sain et arrêtez de fumer " lui avait prescrit sans trop y croire, le jeune toubib en même temps que trois mois de traitement au  Zocor.

 Il en avait de bonnes celui-là. " Manger sain " lorsque  l'on peut à grand peine tenir entre ses doigts déformés par un début d'arthrose un économe et quand une vieille carcasse fourbue renâcle à se tenir en station verticale plus d'un quart d'heure, autant demander à un vieux cheval de trait de gagner le Prix de Diane. Alors, aller fureter sur les étals des marchés pour trouver des produits frais, c'était tout comme. Bien sûr, si les légumes et les salades se mettaient à pleuvoir du ciel, si Germaine n'avait pas déserté la péniche avant l'heure et sans son autorisation avec ce satané crabe qui l'avait rongée jusqu'à la trogne, alors oui, il mangerait sain !

S'il n'avait pas un foutu caractère qui le poussait contre toute logique à faire le contraire de ce que le corps médical conseillait, il serait depuis longtemps devenu le recordman du rapport équilibré entre LPD et LHD.

Mais voilà, vieux, veuf et partant à vau l'eau, telle était sa triste réalité. Il se plût à ajouter aux trois premiers  " v ", l'adjectif variqueux en pensant au réseau de veines dilatées qui ornait ses jambes depuis plusieurs années.

Curieusement, au fur et à mesure que son corps donnait des signes de faiblesses, il sentait son cerveau fonctionner de mieux en mieux. Un principe de vases communicants difficile à expliquer. Mais le fait était là, sa mémoire fonctionnait à plein rendement, sa curiosité intellectuelle s'étendait à des domaines qu'il n'avait jusqu'alors jamais explorés.
Il passait l'essentiel de ses journées à lire  des romans, des essais, des biographies et s'était abonné à des revues scientifiques. En ce moment, c'était surtout la lecture du National Geographic qui peuplait ses longues heures d'insomnie. Il y relevait méthodiquement sur un carnet de notes des noms de lieux, de villes, de montagnes, de fleuves où sa péniche n'irait jamais s'amarrer. Sa dernière trouvaille concernait le site d'Anurädhapura au Sri Lanka et lorsque la solitude lui pesait trop, il lui suffisait de murmurer ces quelques syllabes pour retrouver avec une forme d'hébétement et de naïveté juvénile, l'envie de vivre et le goût du plaisir.

Son amour des mots, s'était forgé peu à peu par la pratique du langage de la batellerie. Ayant appris au fil de ses rencontres avec de vieux mariniers des termes dont la joliesse, la rudesse ou le moelleux des consonnes et des voyelles, la déclinaison des synonymes régionaux semblaient infinis, il avait poussé lui-même ses recherches, enquêté pour trouver toujours le mot juste et approprié à un métier qui excluait l'à peu près.


 

 

                                                                                            à suivre......

 

 

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26 février 2007 1 26 /02 /février /2007 15:04

 

 

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X

 

 
Cette canicule précoce mettait ses nerfs à vif.
Il avait attendu dix heures du soir, volets fermés, fenêtre entrebaillée, que l’accablante chaleur s’estompa pour se mettre au travail.
Il contemplait sa page d’accueil avec la moue satisfaite d’une personne convaincue d’avoir atteint le sommet de son art.
 
De la lithographie « La comédie de la mort » de Bresdin, il avait composé sa carte de visite, son logo personnel. Le message était clair pour qui venait s’aventurer dans les entrelacs d’arbres, de taillis aux formes de démons ou de fantômes, se perdre au milieu des crânes, des membres squelettiques, s’envoler aux côtés d’oiseaux à tête de rats.
Ici, on trouvait ce que l’on venait y chercher.
Son nouveau pseudo, Des Esseintes, complétait à merveille la lugubre teneur de son piège à déprimés et le ravissait.
 
S’il ne comptait guère sur la culture de ses futures proies pour faire le lien avec le personnage du roman de Huysmans, il avait succombé à la tentation de laisser une piste aux meilleurs d’entre eux.
Les récents messages et commentaires laissés sur son ancien blog, traduisaient en style texto l’un la commisération d’une jeune fille pré pubère qui « comprenait son désarroi », l’autre, les remontrances d’une pimbêche, venue lui expliquer combien la vie était belle et méritait d’être vécue, les deux derniers l’adresse d’un psy.
Il en avait eu la nausée.
En virilisant les pages de son site, il tendait ses rets dans une autre direction.
La toile ne manquerait certainement pas de créatures malléables, aux frontières floues, à l’œdipe mal consommé pour se faire piéger au miel empoisonné de ses propos sinistrement délectables.
Qu’un jeune garçon vienne y chercher sa substance et il en ferait son Auguste Langlois.
 
Le pervertir, l’entraîner dans ses propres méandres mentaux méritait qu’il peaufine, qu’il cisèle le moindre détail de l’écran qu’il venait de créer.
Le résultat était assurément parfait.
« Je suis Des Esseintes et tout n’est que syphilis !» clama-t-il en s’adressant à l’ ordinateur 

 

 

                                                                                            à suivre......

 

 

*BLOG-NOTES est un manuscrit déposé, ayant reçu un numéro d'ISBN mais non encore corrigé et édité. Les amis blogeurs qui auront le courage et la ténacité de lire ce petit suspense jusqu'au bout seront nommément cités sur le livre en dédicace.

  

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17 février 2007 6 17 /02 /février /2007 11:50

 

 

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 IX

Suite à un coup de téléphone de l'inspecteur Delage, l'adjoint du commissaire Guedj, j'avais reçu deux jours auparavant un fax reproduisant un texte manuscrit. Il s'agissait une nouvelle fois de comparer ce document aux exemplaires de l'écriture de Morgane. J'avais d'abord pesté en constatant la mauvaise qualité du fax et le montage imbécile, fait par je ne sais quel fonctionnaire zélé, qui avait dû découper le texte et l'avait collé sur un formulaire de la gendarmerie nationale, me privant ainsi de l'observation de la gestion de l'espace et de l'ordonnancement.

En dépit de cette absurdité, le reste du travail fut aisé à réaliser.


L'écriture appliquée et conventionnelle, correspondait en tous points aux caractéristiques relevées sur les cahiers de classe de Morgane.

 


J'avais noté, comme seule différence, un léger ralentissement de l'écriture, plus posée et plus dessinée qui m'avait fait penser que ce texte n'avait pas été écrit spontanément et qu'il s'agissait d'une recopie.


Conformément aux instructions laissées par Delage, j'avais joint le Lieutenant Gerbaut qui s'était avérée être une femme, un poil pète-sec, très formatée gendarmerie nationale.


Elle s'était abstenue de tout commentaire sur mes conclusions, s'était bornée à les répéter tel un automate et avait clôt l'entretien par une curieuse remarque sur le fait que les graphologues étaient toujours des femmes, sans me laisser le temps de nuancer ses propos et sans que je sache s'il s'agissait d'une critique, d'une question ou d'une simple constatation.

- Si ce texte en français vous intéresse, je peux vous en faire une copie, suggéra poliment Alex

 
- Je ne vois pas en quoi il intéresse ma mère? intervint Clarisse. Tu dois partir dans un quart d'heure et j'ai encore un exo de maths à te montrer. A moins que ce texte, man tu en ais vraiment besoin ?


- Il ressemble mot pour mot à un document trouvé dans les affaires de la jeune Morgane, mais Clarisse a raison enchaînai-je. Je peux sans problème trouver la traduction sur Google. Terminez ce que vous avez à faire...

Je les quittai, délivrée de ne pas avoir à fournir de plus amples explications mais en même temps persuadée qu'Alex n'en resterait pas là. Le regard qu'il me jeta, au moment où je me retournai pour fermer la porte, était sans équivoque sur ce point précis et je regrettai déjà d'avoir mentionné la possible relation entre cette chanson et le décès de la jeune fille.

Rappeler immédiatement le commissariat pour leur faire part de mon étrange découverte me parut une tâche dénuée de tout intérêt. Cela pouvait attendre jusqu'à demain. Il faisait vraiment trop beau et trop chaud pour affronter l'incrédulité de policiers qui manifestement ne s'intéressaient plus à l'affaire. Et puis, qui appeler ? J'avais maintenant trois interlocuteurs, Guedj, Delage et cette dénommée Gerbaut.

Si naturellement je me sentais plus à l'aise avec le premier, je répugnai à le déranger pour une information qui ne s'apparentait pas à un scoop. Quant à Delage et à la gendarmette, je n'avais aucune envie d'entendre leurs voix m'expédier en trente secondes  réglementaires.


Le soleil, ça ne colle pas avec les flics, les soucis, les suicides, le Lithium et Kurt Cobain. Le soleil, c'est fait pour recharger les batteries, rêvasser, fantasmer, glander, au pire, mener-mener son chien dans la forêt le long de sentiers embaumant le fenouil sauvage, l'ancolie violacée et la blanche anémone des bois.


Oui, il n'y avait pas urgence... J'attendrai un nuage, voire même une menace d'ondée. 

 

 

                                                                                            à suivre......

 

 

*BLOG-NOTES est un manuscrit déposé, ayant reçu un numéro d'ISBN mais non encore corrigé et édité. Les amis blogeurs qui auront le courage et la ténacité de lire ce petit suspense jusqu'au bout seront nommément cités sur le livre en dédicace.

  

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10 février 2007 6 10 /02 /février /2007 09:26

 

 

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 IX

 

- Oui, tu veux quoi, man ?


- Je me demandais si vous souhaitiez boire quelque chose de frais. Ca avance tes révisions de maths? 

 
-  Non, là, on fait un break. Alex me fait réviser mon anglais.


- Ton anglais ? C'est parfait ma chérie. Tes notes sont excellentes en anglais, mais un peu de révisions, ce n'est jamais de trop. Tu revois quel texte ?


Devant mon insistance, Clarisse ouvrit plus largement la porte pour me laisser entrer.


- En réalité, je ne revois pas un texte, je m'entraîne pour l'oral et Alex a pensé que ce serait sympa de travailler sur des textes de chansons de groupes anglais.


- Original, concédai-je. Vous avez choisi quelles chansons ?


- Clarisse connaît toutes les paroles d'Eminem, le rap c'est génial pour le vocabulaire. Là, on écoutait des CD de Nirvana. Le grunge, c'est pas mal non plus. Je dois avouer que votre fille est tout sauf une quiche en anglais.


La remarque d'Alex provoqua une vague de confusion sur les joues de ma fille.


- De plus, cela semble vous rendre joyeux. Je vous entendais rire tous les deux, hasardai-je.


- C'est la traduction en français, man, qui est marrante. On essayait de chanter avec les mots en français et c'était complètement nul. Tiens par exemple sur le CD Nevermind, les paroles sont hyper trash, mais traduites en français, ça fait plutôt rigoler. Tu veux que je te donne un exemple ?


Clarisse chercha une plage sur son lecteur de CD et mit le son en sourdine pour entamer un Karaoké. Une fois traduits, les textes de Kurt Cobain perdaient effectivement beaucoup d'impact. Alex couvait des yeux son élève et éclatait de rire tant sur les rimes imparfaites de la traduction que sur la voix de fausset de l'interprète.


Au bout de trois chansons, je commençai à me lasser et à vouloir rejoindre Washington qui avait déserté le lieu dès les premières notes du récital, son âme sensible et son ouie d'esthète ne lui permettant pas de rester de glace devant un tel massacre. C'est alors que j'entendis Clarisse entonner :

Je suis si heureux car aujourd'hui
J'ai trouvé mes amis
Ils sont dans ma tête
Je suis si laid

Mon sang se figea et mon visage dut refléter une telle stupéfaction que ma fille arrêta brutalement sa prestation.

- Ca ne va pas, maman ? Tu fais une drôle de tête.


- Tu peux me répéter les paroles ? Répondis-je la gorge serrée.


Clarisse s'exécuta et traduisit la chanson en entier.


Je n'avais plus aucun doute. Le texte que j'avais reçu quelques jours plus tôt par fax était la traduction littérale du premier couplet de la chanson de Kurt Cobain.


- Comment se nomme cette chanson ?


- Lithium, répondirent en choeur les deux jeunes gens.


- Elle raconte l'histoire d'une dépression sur fond de critique religieuse, précisa Alex.


Je savais à quel point il brûlait de fourrer son nez dans mes affaires lorsque celles-ci s'égaraient du côté des faits divers. Il avait flairé quelque chose d'intéressant dès ma première réaction et ne cessait depuis de me dévisager avec insistance.

 

                                                                                            à suivre......

 

 

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