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  • : Ecritures à la loupe
  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
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Mes romans

histoire

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23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 10:05

 

 

 

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XVIII

                

 




- Mais qu'est-ce qu'il fout ?

- Attends encore un peu, il va bien finir par répondre...

Clarisse s'étira et bailla bruyamment. Elle jeta un coup d'oeil à sa montre.

- Déjà minuit vingt ! Tu devrais rentrer chez toi maintenant. Je suis crevée, j'ai besoin de dormir. Tu pourras toujours continuer depuis ton ordi...

Alex secoua la tête en signe de dénégation. Il était nerveux et fixait l'écran du portable de Clarisse à l'affût du moindre changement. L'attente et la déception se lisaient sur son visage. Depuis le jour où dans son esprit les paroles de la chanson de Kurt Cobain et le mot " fée " s'étaient associées, il avait passé des journées entières à suivre des pistes, jusqu'à ce que la chance lui sourie. Fée, comme Morgane, Morgane, comme suicide, suicide comme Cobain... Poussant ses investigations jusque dans les pages " en cache " de Google, il avait fini par repérer un blog supprimé depuis quelques semaines, traqué les commentaires et trouvé l'historique d'une correspondance morbide entre deux pseudonymes, " Apocalypse666 " et " La Fée ".

 Leurs échanges avaient duré plusieurs mois.

 " La Fée " était une adolescente dépressive, marquée à vif par le divorce de ses parents. Mais, bien au-delà du ressentiment qu'elle éprouvait à leur égard, c'est le monde entier des adultes qu'elle jugeait avec cynisme et dégoût. Sur ce blog, elle avait confié à son correspondant ses années d'anorexie ainsi que l'enfer qu'elle avait fait subir à son corps, expliqué avec une abondance de détails la lutte impitoyable contre la faim qui tenaillait ses entrailles, l'amère victoire du vomi en cachette et le sentiment de puissance éprouvé face à l'incompréhension et la colère de ses géniteurs. Elle y narrait, dans de longs passages, ses visites chez les psychiatres, son hospitalisation forcée lorsqu'elle n'avait plus pesé que quarante-deux kilos, puis comment elle avait temporairement vaincu la maladie et comment elle avait rechuté. Elle y parlait de sentiment permanent de vide, de crises d'angoisse, d'accès de rage qui soudain la submergeaient en évoquant ses parents qui l'avaient abandonnée. La haine qu'elle éprouvait face à sa tante qui l'hébergeait, ne semblait, elle aussi, pas avoir de limites.
 
Dans les messages les plus récents, elle se décrivait mauvaise et méchante, se fustigeait avec violence et paraissait persuadée d'être vouée à la trahison de tous ceux qui lui accordaient une bribe d'attention. La défection de l'amitié d'une copine de classe, son brusque désintérêt, était le point d'orgue de cette auto-dépréciation.

Lorsqu'elle évoquait ses goûts musicaux, quatre noms revenaient en permanence : Marilyn Manson, Nine Inch Nails, Courtney Love et Kurt Cobain. Ses pensées, ses sentiments tournaient autour des textes de leurs chansons qu'elle connaissait à la perfection.

Alex avait remarqué le soin pris par Apocalypse666 pour entretenir l'angoisse de la jeune fille. Il la maintenait sans faillir dans son désarroi et sa dépression. Parlant peu de lui-même, il n'intervenait que pour souligner la noirceur d'une pensée, conforter " La Fée " dans ses idées morbides, envenimer sa haine, raviver ses blessures lorsque, à de rares occasions, elle se raccrochait à une idée positive. Au final, Alex avait compris avec effarement que tout le temps de cette correspondance, Apocalypse666 n'avait eu qu'un seul objectif : la pousser au bout de son raisonnement en renforçant son envie d'autodestruction.

Le blog avait été supprimé deux jours après l'annonce dans les journaux et à la télévision du suicide de Morgane.

   

            
                      

  

                                                                                            à suivre......

 

 

*BLOG-NOTES est un manuscrit déposé, ayant reçu un numéro d'ISBN mais non encore corrigé et édité. Les amis blogeurs qui auront le courage et la ténacité de lire ce petit suspense jusqu'au bout seront nommément cités sur le livre en dédicace.

  

 

 

 
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14 juillet 2007 6 14 /07 /juillet /2007 10:19

 

 

 

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XVII

                

 

  





Pour la première fois, sa main trembla en effleurant le clavier.
Il hésita, faillit abandonner. Son désir était violent, impérieux irraisonné.
Harassé par la lutte qu'il menait contre lui-même depuis plus d'une heure, il appuya presque machinalement sur la touche " Entrée ".

Dès que la messagerie instantanée apparut à l'écran, il repéra le pseudonyme en sur brillance. Il était donc là, à attendre sa venue. Les battements de son coeur s'accélérèrent lorsque la première phrase s'afficha :
" Bonsoir, ange des ténèbres "

Il souhaitait l'étreindre, le serrer contre son corps, en humer le parfum, le couvrir de baisers.

Rien de ce qu'il avait préparé, calculé, répété tout au long de nuits blanches ne s'était réalisé.

Le  falot Auguste Langlois qu'il avait tenté d'attirer dans les arcanes de son blog, s'était révélé au fil de leurs échanges, tendre séducteur, blasphémateur adoré, pervers en pensées, machiavélique à en jouir.

Il avait lutté pour prendre le dessus, l'asservir par des phrases assassines enrobées de miel frelaté, par des changements d'humeur inopinés, des revirements d'attitudes, des sentences ambiguës. Mais il avait perdu pied, laissé l'autre exercer sa puissance, le torturer avec délice, l'abaisser, l'enchaîner par écrans interposés.

Il l'avait haï et il le désirait. Il l'aimait.

Sacrifier à l'usage d'une messagerie instantanée, était une erreur. Il le savait.
Un indice supplémentaire de sa présence sur le net, des conversations qui pouvaient être espionnées. Encore, avait-il résisté à l'envie de brancher sa webcam, de découvrir le visage de celui qui le harcelait, de caresser son image.

Il pianota fébrilement :

" Je suis là, Adonis, je t'espérais... "

Le grondement du tonnerre et la lueur d'un éclair le firent sursauter. Le fracas de l'orage qui venait d'éclater sur Dublin, lui avait à peine masqué un autre bruit, plus familier.

Il tendit l'oreille, aux aguets.

Quatre coups brefs à la porte de sa mansarde résonnèrent plus distinctement.
Une vague de colère le submergea.

 " Il " ne pouvait pas lui faire cela. Pas venir, maintenant, là, à l'instant même où il atteignait une profonde jouissance. " Il " ne pouvait contrarier une fois de plus sa vie, le sermonner, lui parler sur le ton doucereux des psychiatres de son enfance. " Il " n'avait aucun droit sur lui, " Il " ne pouvait l'obliger à déménager encore et encore... " Il " ne devait même pas soupçonner ses activités sur le net. Et surtout pas là, pas maintenant.
 
Il entrouvrit le tiroir de la table. La lame d'un couteau de chasse brilla à la lueur de la lampe halogène.

Il se leva, s'approcha de la porte et attendit, la sueur lui coulant le long de l'échine que quatre nouveaux coups brefs retentissent.

Il ouvrit lentement la porte. " Il " avait un sourire figé sur les lèvres.

" Tu en as mis du temps pour ouvrir... Tu me laisses entrer ? ".

   

 


              
                      

  

                                                                                            à suivre......

 

 

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5 juillet 2007 4 05 /07 /juillet /2007 14:33

 

 

 

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XVI

                

 

- Djamila ! Vous gardez vos expressions kabylistiques pour une autre occasion. Quant à vous, père Matthieu, revenez un peu sur terre. Je n'ai pas de temps à perdre avec un vieux schnock qui bêtifie devant des gamines. Si vous avez quelque chose à dire, c'est maintenant ! Vous m'avez encore planqué quoi ?
     

Delage en rajoutait dans l'attitude menaçante; ponctuant ses paroles de coups de poing sur la barre métallique du pied de lit du père Matthieu.
 

Djamila lui lança des regards furibonds, mais s'abstint d'intervenir.
 

De longues secondes s'écoulèrent dans un silence plombant. Chacun s'observait. L'inspecteur crut déceler chez le père Matthieu un changement d'attitude. Il décida de lui accorder en guise de sursis quelques secondes supplémentaires. Le vieux tourna lentement la tête vers la fenêtre et resta silencieux.
 

- Bon, allez, je me tire, assez rigolé pour aujourd'hui...
 

Delage quitta la chambre d'hôpital écumant de colère et gratifia la porte d'un violent coup de pied qui résonna dans tout le service de réanimation.
 

- Bien, je crois que je vais devoir vous laisser, entama Djamila. Je suis désolée pour cet incident. L'inspecteur n'est pas comme cela d'habitude. Depuis quelques jours il pète les plombs. Je dis quelques jours, mais en réalité il est comme cela depuis l'arrivée du commissaire principal.
 
 
 
- Depuis l'arrivée de Guedj ?
 

- Oui, c'est exact. Vous le connaissez également ?
 

- C'est lui qui a pris ma déposition dans l'affaire de la petite Morgane. Un type plutôt sympa, bien élevé, très pro.
 

- Oui, soupira Djamila. Dommage que ces deux là, ne s'entendent pas. Je ne vous dis pas l'ambiance au commissariat ! Normalement, Delage aurait dû être nommé Principal à la place de Guedj, mais avec ses méthodes et ses activités syndicales, il s'est fait barrer par la hiérarchie. Ceux qui ont bossé avec lui, l'apprécient pourtant beaucoup. Alors, on supporte ses coups de gueule et sa misogynie. C'est le genre de gars qui peut être charmant et parfaitement odieux quelques instants plus tard. Bon, il faut que je file avant qu'il ne bloque le klaxon de la police de patrouille pour m'inviter à le rejoindre.
 

- Non, attendez ! juste un instant...
 

Le père Matthieu tenta de s'extirper des draps bordés avec soin par son infirmière réunionnaise.
 

- Où allez-vous comme cela ? S'exclama Djamila avec inquiétude.
 

- Rendez-moi un petit service murmura le bonhomme que l'effort avait essoufflé.
 

- Là, dans la garde-robe, il y a ma veste. Dans la poche gauche intérieure, vous trouverez un papier plié. Prenez-le et donnez-le à Delage. C'est pour cela que je lui ai demandé de venir. Je ne voulais pas quitter ce bas monde la conscience pas nette.
 

Djamila  trouva sans difficulté le document rangé à l'endroit qu'il venait de lui indiquer.
 

- Je peux ? Demanda-t-elle au bonhomme en agitant la feuille encore pliée.
 

- Oui, jeune fille, vous pouvez le lire. Je serais même très content de connaître votre sentiment.
 

Elle lut le poème de Beaudelaire, détailla les gravures en noir et blanc qui encadraient le texte. Elle fronça les sourcils, puis son visage s'éclaira d'un sourire légèrement moqueur.
 

- C'est marrant à votre âge de vous lancer dans un blog.
 

- Dans un quoi ? Demanda le père Matthieu interloqué
 

- Ben, oui, dans un blog... J'en ai un moi aussi, mais je n'ai pas de temps à y consacrer.
 

- Un clob, je n'ai pas de clob ! Qu'est-ce que vous me chantez là ! De plus, ce papier n'est pas à moi. Voilà... en fait, je l'ai trouvé dans les affaires de la petite Morgane. Je l'ai gardé pour le poème, ajouta le père Matthieu, un voile de gêne dans la voix.
 

- Il s'agit d'une page d'un blog, j'en suis sûre ! D'ailleurs regardez là... Il y a le nom de la plate-forme. C'est pas croyable, je suis sur la même ! A mon avis, il s'agit d'une capture d'écran.
 

- Après le créole et le kabyle, voilà que vous me parlez chinois. C'est quoi, une capture d'écran ?
 

- C'est juste un logiciel qui vous permet de prendre une copie de l'écran de votre ordinateur, comme une photo, si vous préférez, et ensuite, vous pouvez l'imprimer. Et là, c'est le cas. Vous voyez la marge blanche tout autour de la feuille ?
 

- J'vois rien, j'ai pas mes lunettes. Elles sont dans le tiroir de la table de nuit, mais bougez pas, c'est pas la peine, je vous crois sur parole. Vous, les jeunes, vous vous y connaissez en informatique. Moi, rien que le mot, ça me donne des boutons. Vous pensez que c'est important que cela provienne d'un clob ?
 

- Oui, plutôt, sourit Djamila. Avec cela, on peut remonter à l'auteur. Surtout que le pseudo apparaît en clair : Apocalypse666. Brrrrrrrr, pas cool, le pseudo ! Remarquez, les dessins non plus ne sont pas cools, et le poème, je ne vous dis pas...
 

- C'est du Beaudelaire ! Un immense poète ! S'offusqua le vieux.
 

- Ben, votre Beaudelaire, il n'avait pas franchement le moral, lorsqu'il a écrit cela. Bon, je ne sais pas ce que l'inspecteur Delage va pouvoir tirer de ce papier, mais sûr qu'il ne va pas l'enterrer. Peut-être bien que ça va même lui redonner le sourire?
 

- Ça m'étonnerait, grogna le bonhomme
 

- Et pourquoi ?
 

- Parce que, jeune fille, c'est le deuxième document de la petite Morgan que j'oublie de lui donner... Rien d'intentionnel, juste un problème d'attention. Je me demande si je ne perds pas un peu la mémoire ? Insista le père Matthieu, décidé à mentir sur toute la ligne.
 

- Bah ! J'en fais mon affaire. Ne vous inquiétez pas. Je sais parler aux hommes. Il y en a cinq dans ma famille. Je suis la seule fille, mais l'aînée ! Précisa-t-elle une lueur de défi dans les yeux.
 

- Cette fois-ci, je vous laisse. Prenez soin de vous. Heu ! Juste une petite question... D'après vous, pourquoi l'inspecteur m'appelle-t-il Kate ?
 


Le père Matthieu hésita, cligna des yeux pour ajuster sa vison de myope, observa les boucles rousses qui refusaient de se soumettre au diktat d'épingles à cheveux, s'attarda sur le menton volontaire, le regard décidé, évalua derechef la stature à la fois ferme et élancée, pour décréter sur un ton qu'il enroba de solennité :
 

- Vous ressemblez beaucoup à une actrice américaine qui joua dans un film de John Ford. Elle se nommait Maureen O'Hara.
 

- Ha bon ? Oui, mais Kate ?
 

- C'était le prénom de l'héroïne du film.
 

- Et, elle était belle ?
 

- Plus que cela, jeune fille, superbe...
 

Djamila se sentit rougir. Elle bredouilla un petit merci et rangea le document dans la poche de sa veste.
 

- Ce n'est pas moi qu'il faut remercier. C'est votre Delage, conclut le père Matthieu avec un clin d'oeil appuyé.
   


              
                      

  

                                                                                            à suivre......

 

 

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27 juin 2007 3 27 /06 /juin /2007 10:32

 

 

 

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XVI

                

 

   Le commissaire visiblement décontenancé poussa l'hypocrisie en la gratifiant d'un sourire crispé et entra dans la chambre, Djamila dans son sillage.
  

- Hé bien ! Père Matthieu, je vous croyais à l'article de la mort. Je constate, satisfait, qu'il n'en est rien. On entend des rires du bout du couloir !
 

   Le père Matthieu prit une mine de chien battu et maugréa des paroles inintelligibles. Le visage fermé et l'expression hostile qu'il venait d'arborer, céda progressivement la place à une attention mâtinée de concupiscence. Il s'intéressait plus à la jeune femme coulée dans l'ombre de Delage qu'à celui-ci. Il se mit à scruter sa silhouette sans vergogne, branla du chef, esquissa une moue approbatrice et laissa échapper un léger sifflement d'esthète.
 

  Delage, loin de s'en offusquer, trouva la scène plaisante et décida de charrier le bonhomme :
 

- C'est bien ce que je disais. Non seulement vous vous portez comme un charme, mais la présence de femmes aussi différentes soient-elles, réveille une libido que je croyais pour le moins endormie. Je ne suis pas sûr que votre coeur tiendra le choc bien longtemps sous de telles poussées de testostérone.
 

- Désolé fiston de ne pas correspondre à l'image que vous vous faisiez d'un père Matthieu à l'agonie, mais ce n'est quand même pas un petit infarctus à trois balles qui va m'empêcher de trouver du charme à la gente féminine et si je dois crever au spectacle des grâces de cette jeune femme, croyez bien, jeune freluquet, que cela se fera sans regret.
 

   Plutôt satisfait de sa tirade, le vieux fit signe à la jeune flic de s'approcher du lit.
 

- Comment vous nommez-vous belle demoiselle ?
 

  Djamila se pencha vers son oreille :
 

- Normalement, je m'appelle Djamila, mais pour une raison que j'ignore, le commissaire m'appelle Kate depuis aujourd'hui. Impossible de l'en faire démordre. Mais comme dit mon père :  "  Ayna gh is br yan i fulky gis ", ce qui en kabyle signifie - ce que l'on supporte avec patience est profitable -.
 

   Le père Matthieu en resta bouche bée, trop heureux pour la seconde fois de la journée de voyager par le langage.
 

  Delage, lui, commençait à s'impatienter. Il se racla bruyamment la gorge pour attirer l'attention du vieux qui semblait sous hypnose. Il se sentait en totale faillite d'autorité et de crédibilité. La prise de déposition du professeur d'anglais avait été des plus pénibles. L'enseignante, encore en état de choc, avait eu des propos méprisants à l'égard de la police. Elle avait stigmatisé son manque de fermeté face à la délinquance des adolescents et au travers de tirades de plus en plus hystériques avait conclu en larmes que dealers et policiers oeuvraient de concert et conspiraient contre les honnêtes travailleurs de l'éducation nationale.
 

  Un ras-le-bol incommensurable s'était abattu sur lui et il s'était pris à rêver de retraite anticipée. Tout cela ne lui ressemblait guère. 
 

  Et là, Djamila et le père Matthieu en remettaient une couche. S'il existait bien une conspiration, elle était dirigée contre lui sans l'ombre d'un doute. Une violente colère salvatrice lui monta du fin fond des tripes.  

 


              
                      

  

                                                                                            à suivre......

 

 

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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 12:18

 

 

 

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XVI

                

 

  

 

-    Ayo ! Parlez pas de malheur ! Allons, bon, 37,7… C’est une température de gamin… Et même s’il fait pas la boue avant la pluie, 37,7, c’est encourageant doudou. 

        

     Le père Matthieu considéra avec perplexité son sosie en quintal qui notait au bic noir la température sur la feuille de soins au pied du lit.
       

            

-    Vous savez que si je suis cloué dans ce lit, c’est pour réparer un vieux cœur et pas pour soigner une maladie infectieuse. Il ne manquerait plus que je fasse de la fièvre.
        
       
-    Oh doudou, on n'est jamais trop prudent ! Et puis la température à l’hôpital c’est plus qu’une habitude, un vrai rituel. Une infirmière sans thermomètre, c’est comme un plat sans piment : aucun intérêt. Mais arrêtez de sacouyer votre perfusion comme un jacquot ! Ajouta-t-elle en le voyant tenter de faire passer le tuyau du bon côté de la desserte.
       
 
    Elle l’aida à trouver une position plus confortable, vérifia le goutte à goutte qui à force d’être coudé et manipulé par le malade commençait à donner des signes de faiblesse.
    
 
-   Je peux vous demander une faveur ? demanda le père Matthieu
 
 
-   Pas de problème doudou, répondit l’infirmière
  
 
-  Apprenez-moi un peu de créole et je vous apprendrai des termes de marinier
  
 
-   Ha ! Les mots doudou, c’est pas le problème, c’est l’accent qui va avec qui est le plus compliqué. 
         

-  J’apprendrai aussi, rétorqua le père Matthieu
     
 
-  Têtu avec cela, s’esclaffa la matrone. Comme disait ma grand-mère :  « Avec p’tit hache y coupe gros bois, mais faut pas espérer trouver boudin cuit dans l’ vent » ajouta-telle en levant l’index vers le plafond.
       
 
-  Alice, vous vous appelez bien Alice, n’est-ce pas ? déclara le père Matthieu en fixant le badge de l’infirmière de son regard de myope. Alice encore quelques mots et vous faites de moi un amoureux transi.
     
 
-  Hou là, doudou ! Faut se calmer si non la température va grimper et j’aurai gros cœur. Vous me faites bien rigoler, mais j’ai d’autres malades à voir. Prenez vos médicaments et on continuera à papoter demain. Je suis de garde, on aura tout le temps de jouer au professeur, dit-elle en éclatant de rire.
        
 
    Deux coups secs frappés à la porte retentirent. L’infirmière jeta un coup d’œil interrogatif au père Matthieu.
       
 
-  Vous attendez de la visite ?
        
 
-   Ça se pourrait bien. J’ai demandé à un inspecteur de police de passer me voir. C’est sans doute lui.
 
 
-   Ayo ! La loi dans l’hôpital ! Vous ne seriez pas un marron en cavale ? Puis pivotant sur son axe d’un seul bloc, elle apostropha la porte.
    
 
-   Allez, entrez, personne ne va vous croquer, le baya est tout beau et tout frais !
       
 
    Puis se tournant à nouveau vers le père Matthieu, elle conclut :
                
 
-   Bon, je vous laisse. J’aime pas trop les gens qui pèsent sur la tête pour voir si la queue y bouge… A demain, doudou.
         
             
    La porte s’ouvrit laissant apparaître un Delage songeur. Il dut se ranger de côté pour laisser passer l’infirmière qui avait pris avec un malin plaisir la démarche chaloupante de son île natale en arrivant à sa hauteur. Il ne s’en fallut que de quelques centimètres pour que les pieds de l’inspecteur ne soient transformés en crêpes réunionnaises. 

              
                      

  

                                                                                            à suivre......

 

 

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30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 10:08

 

 

 

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XVI

                

 

  
   - Alors mon doudou ! Comment y lé le gramoune zordi ?

  Sans attendre de réponse du perfusé, la plantureuse infirmière réunionnaise saisit à bras le corps le père Matthieu, lui enfonçant la tête dans sa vertigineuse poitrine, puis s'empara de l'oreiller qui s'était affaissé pour le remettre en place. Elle en tira les coins d'un coup sec pour leur donner l'aspect d'ailes de papillon, remonta le drap froissé à hauteur de poitrine et l'aplatit d'une large main au profil de battoir, déclenchant un grognement de mécontentement du malade.
 

   Un sourire éclatant aux lèvres, elle recula d'un mètre, considéra avec satisfaction le tableau, repartit à l'assaut en  brandissant un thermomètre qu'elle vint agiter sous le nez du vieux.

    
  - C'est l'heure de prendre la température ! Allez, on se débrouille tout seul ou faut l'aider ?
    

   Le père Matthieu ouvrit un oeil, prit un air bougon, marmonna quelques mots inintelligibles et fit mine de se rendormir.
 

  - Arrêtez de faire z'oreilles cochon ! clama-t-elle d'une voix stridente. On est plus un baba ! Allez, faut soulever son derrière, sinon tortue y trouve pas son qué !

       
   Joignant le geste à la parole, elle empoigna d'une main le gras de la hanche gauche du bonhomme, le bascula sur le côté, entreprit de relever la chemise de nuit aux armes de l'Assistance publique pour enfoncer l'appareil entre les fesses du père Matthieu.
 

   Cela suffit pour sortir de sa torpeur le patient qui abatit une main de fer sur le poignet de l'infirmière.
 

  - Mais, vous allez me foutre la paix ! éructa-t-il en se dressant avec une vigueur inattendue sur son céans, faisant dangereusement valser la sonde le reliant à la perfusion.
 

  - Si vous voulez pas que je vous traite comme un baba, faut le dire doudou ! Mais allez pas ravager votre perfusion pour si peu... Il me donne pas la tremblade le vieux père, mais ou il prend sa température ou je vais l'amarrer bien costaud et prévenir le docteur.


   - Je comprends rien à ce que vous me dites, gronda le père Matthieu. A-t-on idée de parler un tel jargon ? M'amarrer, ça encore je peux comprendre, mais je suis pas une péniche, nom de Dieu et tant que le père Matthieu sera vivant, ce n'est pas une...
 

  Il s'interrompit à la recherche d'un mot approprié, hésita et abandonna une phrase risquée pour s'emparer du thermomètre qu'il cala ostensiblement sous son aisselle.
 

  Rendu à de meilleurs sentiments, il lorgna du coin de l'oeil l'infirmière qui disposait sur sa table de chevet les médicaments, guettant un signe de contrariété sur son visage.
 

  - Vous venez d'où ? Improvisa le vieux sur un ton plus badin.
 

  - De Saint-Pierre, je suis réunionnaise répondit-elle sans daigner le regarder.
 

  - C'est du créole ?
 

  Elle ne répondit pas.
   

  - C'est joli comme dialecte...
 

   A ces mots, elle se tourna franchement vers lui, posa ses mains sur ses hanches et éclata de rire.
 

  -  Jargon, dialecte... ! Ayo ! Si ma mère vous entendait, elle vous couperait les oreilles. Le créole, c'est le parler de mes ancêtres et cela m'amuse d'y revenir de temps en temps. Ca met un peu de soleil dans cet hôpital, pas vrai doudou ?
 

  Le père Matthieu opina du chef et sourit à sa tortionnaire.
 

  - Mais si vous voulez que je parle normalement, je peux le faire aussi ajouta-t-elle en clignant de l'oeil et en abandonnant son accent chantant. Après tout, cela ne fait que trente ans que je vis en Métropole.
 

  - Non, pas du tout, se récria le père Matthieu. Vous savez, moi aussi je suis un amoureux de la langue, enfin de celle de mon métier. Je suis, enfin, j'étais marinier...
 

  - Un vrai marinier à Conflans Sainte Honorine ? Je peux pas le croire ! Un vrai marinier sur une vraie péniche ?
 

  - Que je meure sur-le-champ si je mens ! répondit le vieux, une main sur le coeur et l'autre lui tendant le thermomètre.
 

 

 

  

                                                                                            à suivre......

 

 

*BLOG-NOTES est un manuscrit déposé, ayant reçu un numéro d'ISBN mais non encore corrigé et édité. Les amis blogeurs qui auront le courage et la ténacité de lire ce petit suspense jusqu'au bout seront nommément cités sur le livre en dédicace.

  

 

 

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22 mai 2007 2 22 /05 /mai /2007 08:31

 

 

 

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XV

                

 

 Delage sourit en prenant l'attitude satisfaite d'une personne ayant gagné une victoire personnelle.
     
- Juste une petite question, ajouta-t-il l'air bravache. On se tutoie ou l'on se vouvoie ?
 
      

Le principal haussa les sourcils et répondit d'un ton glacial : 
            

- Moi, je fais ce que je veux Hervé. Merci de continuer à me vouvoyer. 
       

Delage leva les yeux au ciel et quitta le bureau de son supérieur sur un tonitruant : " Comme vous voulez ! " suivi mentalement d'un " Fais chier ce con..." 
          

Ayant cherché vainement Djamila dans les bureaux et les couloirs du commissariat, il allait se résigner à partir seul lorsqu'il l'entraperçut en vive discussion avec le jeune planton  à la réception. D'un rapide coup d'œil à l'extérieur il repéra également deux journalistes aux aguets sur le trottoir d'en face. 
           

La jeune femme riait nerveusement  en parlant, secouait la tête tout en jouant avec les boucles de ses cheveux. Si Delage la trouva irrésistiblement attirante, il dut se rendre à l'évidence qu'il n'était pas le seul. Le visage empourpré du jeune flic, la manière gauche dont il agitait les mains tout en parlant, en disaient long sur ses sentiments. Cela déplut à Delage. Il se sentit vieux, moche, jaloux, hors compétition. Une sourde colère monta en lui, ses mâchoires se serrèrent. " Je te mets au défi de la sauter " pensa t-il avant de se diriger vers eux, d'un pas assuré, les épaules en avant.  
        

Arrivé à leur hauteur, il empoigna la jeune femme par le bras un peu trop fermement à son gré.
           
 
- Désolé de vous interrompre, mais vous m'accompagnez à l'hôpital. On va prendre la déposition du prof d'anglais qui vient d'être agressé, puis une petite visite de courtoisie à un témoin dans une autre affaire. Du travail de terrain ma petite, cela vous fera le plus grand bien.
 
          

Puis se tournant négligemment, il ajouta à l'intention du jeune planton : 
          

- Quant à vous, si les deux baveux, là sur le trottoir d'en face arrivent à  moins de cinq mètres de l'entrée de ce commissariat, c'est direct une mutation en Seine Saint Denis ! Compris ? 
          

Sans attendre de réponse de l'un ou de l'autre, il se dirigea vers la voiture de service tirant toujours par le bras une Djamila à la fois effarée et rétive. Elle réussit enfin à se libérer, se campa sur la chaussée prête à l'affrontement. Surpris, Delage s'arrêta également et les deux se toisèrent du regard.
         

- Mary Kate, finit-il par déclarer un sourire amusé aux lèvres, je vous attends deux secondes, deux secondes, pas plus, après… cela sera trop tard ! 
           

La jeune femme fronça les sourcils en signe de totale incompréhension. 
           

- Mais, je ne m'appelle pas Mary Kate !
          

- C'est bien ce que je pensais, soupira Delage... En plus de vous apprendre le métier, il va falloir que je fasse votre éducation cinématographique. Allez, venez, il y a en a deux que notre petit manège amuse... Ce n'est guère le moment de se donner en spectacle. 
        

Le commissaire s'éloigna vers la voiture avec cette fois-ci la certitude d'avoir gagné une petite bataille. Djamila, certes, ce n'était pas Guedj, mais l'enjeu était très différent.

 

 

            

 

 

  

                                                                                            à suivre......

 

 

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13 mai 2007 7 13 /05 /mai /2007 10:26

 

 

 

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XV

                

 

 Jusqu'à présent, il n'avait eu à déplorer aucun incident grave dans les établissements scolaires de sa circonscription. Un coup de canif porté par un élève de quatrième à un professeur d'anglais venait de mettre un terme à ce bilan positif. Heureusement, la jeune enseignante s'en était tirée avec une entaille dans le bras, peu dangereuse mais suffisamment profonde pour justifier la pause de points de suture aux urgences de l'hôpital départemental. Le choc psychologique avait été rude et les médecins la gardaient quelques temps en observation. Elle portait plainte et le gamin qui selon les dires du chef d'établissement n'avait jamais posé de problèmes, était entendu par Gerbault dans le commissariat. Guedj avait fait passer des consignes strictes : quoique mineur, le gosse devait être traité sans indulgence et l'on attendait l'arrivée des parents, un couple de commerçants respectables de la ville pour essayer de comprendre ce qui avait pu déclencher un tel gâchis.

                       
Les journalistes faisaient déjà le siège de l'hôpital et une équipe de télévision s'employait à interviewer les copains de classe du jeune agresseur ainsi que des collègues du professeur.

           
Il fallait faire vite et face à la presse, Guedj avait besoin d'un flic aguerri. Delage était le seul dans son équipe capable de s'exposer tout en maîtrisant tous les tenants et aboutissants de l'affaire. Un fait divers de cette importance nécessitait que l'on prit des précautions.

      
Le Principal invita son adjoint à le rejoindre dans son bureau.

          

- Hervé, je ne t'apprends rien, on a une affaire délicate à régler depuis ce matin. La prof d'anglais qui vient d'être agressée, a été transportée à l'hôpital, assez choquée selon les infos que j'ai. Tu y vas prendre sa déclaration et enregistrer sa plainte. Comme tu le sais également, le gamin est entre les mains de Gerbault. Pas de temps à perdre, les journalistes sont à l'affût et je veux que cette histoire ne fasse pas pendant toute la semaine les gros titres des journaux. Tu files et tu me boucles ça aux petits oignons.

           

Delage fit la moue, se mit à se balancer d'une jambe sur l'autre et fit craquer ses doigts, trois attitudes qui avaient pour résultat d'exaspérer Guedj.

           

- Hervé, tu m'as entendu ? Tu files direct à l'hosto ! s'enflamma le Principal

           
- Je croyais que Gerbault s'occupait de l'affaire, marmonna Delage. Vous ne croyez pas qu'il vaut mieux qu'elle y aille elle-même ?

             
- Hervé... Si je te demande à toi et pas à Gerbault d'y aller, c'est que j'ai mes raisons. Ca pullule de journalistes dans tous les coins, la télé est sur le coup et il n'y a que toi qui ait la carrure suffisante. J'ai besoin d'un homme d'expérience. Gerbault et la presse ce n'est pas encore pour demain. Un jour peut-être, mais maintenant non ! En dehors de moi, il n'y a que toi qui puisse mener cela en prenant les bonnes précautions.

          

Delage sourit au compliment, fit mine de partir puis se ravisa.

               

- J'emmène Djamila avec moi. Ca lui fera du bien à la p'tite de voir un flic à la " carrure suffisante " faire son boulot de terrain. Pas d'objection ?

            

- Hervé, je ne te comprends pas... Il y a dix secondes tu voulais que Ger-bault y aille seule et maintenant tu veux une bleusaille en appoint. Qu'est-ce que tu mijotes ?

      

Le téléphone sonna et Guedj décrocha nerveusement.

               

- Commissaire Principal Guedj au téléphone. Oui... Oui, je le connais... C'est grave ?

          

Le visage de Guedj s'était assombri et des yeux il cherchait à capter le regard de Delage qui avait recommençé à faire craquer ses doigts.

                      

- Bien, vous me rassurez... oui, oui, c'est cela... Dites-lui que je transmets. Oui, j'ai bien compris, Delage, avec un " D ". De toute façon il est sur le point d'aller à l'hôpital. Il passera le voir dans la foulée. Voilà, au revoir Madame.

                    

A l'énoncé de son nom, Delage avait cessé son petit manège et les sourcils froncés attendait des explications.

         

- C'est le père Matthieu, entama le Principal. Il a fait une attaque hier soir et il est en réa. Il paraît qu'il a demandé à te voir. Pourquoi toi ? Je n'en sais rien. D'ici à ce que le vieux nous ait encore planqué des informations...

                      

- C'est grave ? demanda Delage, sincèrement inquiet

            

- Apparemment, c'est juste une simple alerte, mais étant donné l'âge du bonhomme et les autres problèmes de santé qu'il se trimballe, ils le gardent encore quelques jours pour des compléments d'examens. Passe le voir après la prof. Ah! Oui, j'oubliais, pour Djamila c'est OK à condition qu'elle la ferme devant les journalistes. Je t'en rends personnellement responsable.

 

            

 

 

  

                                                                                            à suivre......

 

 

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2 mai 2007 3 02 /05 /mai /2007 09:21

 

 

 

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XIV

 

 

 

            

Clarisse était majeure. Cette réalité ne m'avait pas échappé. Elle évoluait vite et moi je restais figée dans le rôle d'une mère poule qui frémit à l'idée de voir son oisillon quitter le nid familial. Ce n'était pas un service à lui rendre et elle valait bien mieux que cela.

 
- C'est parfait ma chérie, assurai-je, la voix un peu coincée. Je suis encore sur Paris, mais si j'arrive à éviter les embouteillages, je serai dans une petite heure à la maison. Si vous êtes d'accord, je vous invite toi et Alex au restaurant ce soir. Que dirais-tu du japonais sur la 19 ? Tu aimes toujours autant les sushis ?

Je connaissais d'avance la réponse et ne prenais pas le risque d'essuyer un refus.

  
- Je ne dis pas non, man. Je pose la question à Alex, mais tu sais, il faut qu'on rentre assez tôt. On a du boulot cette nuit...

 
- Du travail ? Tu ne crois pas que tu mérites de te reposer un peu? Ca peut attendre un jour ou deux. Les révisions c'est bien, mais faire un break entre les épreuves, c'est nécessaire. Tu as besoin de te changer les idées. Laisse tes révisions de côté et profite de ta soirée.

 
- Heu... Oui, enfin ce n'est pas tout à fait cela. On a crée un blog Alex et moi et on veut le terminer le plus vite possible.

 
Les bonnes dispositions dans lesquelles je me trouvais disparurent immédiatement. C'était quoi au juste cette histoire de blog ? Comme si en plein début des épreuves du Bac, elle n'avait rien de plus urgent et important que de passer ses nuits à délirer sur Internet.

  
Une sacrée envie de hausser le ton s'empara de moi. Je m'attendais à tout sauf à cela. Un blog ? Ca sert à quoi ? Je mis un bémol à ma colère et poursuivis dans la voie de la conciliation.

  
- Comme tu veux chérie. Bon, un petit restau jusqu'à dix heures et ensuite je vous fiche la paix. Aïe ! ma batterie donne des signes de faiblesse. Il faut que je te quitte. A tout de suite ma puce, je t'embrasse.

      
- OK, man, roule doucement! Fais gaffe aux radars! Et puis ne t'inquiète pas, le blog on le fait pour toi... conclut ma fille juste avant de raccrocher.


Je restai bêtement le portable à la main, partagée entre l'envie de rappeler pour en savoir plus et le sentiment que je devais garder mon sang-froid et attendre d'être face à face avec Clarisse  pour tirer au clair sa dernière allusion.

 
Je mis le contact et démarrai la voiture en oubliant de débrayer. La première étant restée enclenchée, il s'en fallut de quelques centimètres pour que ma Twingo n'aille se refaire une beauté chez le carrossier le plus proche.

   
La colère explosa et je mis à brailler dans le parking désert : " Un blog, non mais, je vous jure ! Un blog, il ne manquait plus que cela ! "

 

 

 

 

 

 

  

                                                                                            à suivre......

 

 

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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 09:19

 

 

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XIV


 - Pardon ? C'est une question que tu me poses ou bien le sujet de Philo ?


- Tu sais man que tu es lourde parfois. Le sujet évidemment, ajouta-t-elle en soupirant.


- Génial ! Pile poil dans tes cordes si je ne me trompe ! Tu as dû noircir des pages...


- Ouais, mais tu sais ce n'est pas le nombre de lignes qui compte. J'ai cité Pascal, Descartes, Kant Liebniz, fait référence à Galilée, normalement je ne suis pas hors sujet.


- Hou là! Effectivement tu as fais très fort. Je suis très heureuse pour toi  ma chérie. Tu es où en ce moment ? A la maison ?


- Oui, je viens de rentrer. Le père d'un copain m'a raccompagnée en voiture. Le père d'Alex, si tu veux savoir.


- Le père d'Alex ? Il ne travaillait pas aujourd'hui ?


- Si ! Il a fini plus tôt pour passer me prendre, lui !


- Ecoute Clarisse, je t'avais prévenue que j'étais en rendez-vous cet après-midi, un rendez-vous important. Ton père est en déplacement, ton frère en stage à l'étranger et moi j'étais occupée. Tu as de plus un bus direct pour entrer à la maison. Je n'allais pas annuler ce rendez-vous. Alex était là, lui aussi je suppose ?


- Oui...


- Et il est avec toi à la maison ?


- Ben oui!


- Vous faites quoi, si ce n'est pas indiscret ?


- On est sur le net, il me montre quelque chose...


Je faillis lui demander pour la taquiner s'il s'agissait de sites pornographiques, mais à l'évidence j'avais déjà dépassé les mesures et l'heure n'était pas à m'en faire une ennemie.

 

 

                                                                                            à suivre......

 

 

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