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  • : Ecritures à la loupe
  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
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Mes romans

histoire

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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 09:01

       

Jean Lehmans est un ami artiste peintre qui me fait l'honneur
 d'accepter que je reproduise sur mon blog certaines de ses oeuvres.

Je commencerai par une série intitulée "Intense"  peinte en 2006


            


Intense (1)
      

              

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Que cette journée soit intense pour vous! 
             
             
              
              
                    

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22 mai 2007 2 22 /05 /mai /2007 08:31

 

 

 

Blog-notes*

 

 

 

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Crédit photo Bettina

 

 

 PS: Il suffit de cliquer en tête de la page d'accueil sur "Romans" pour accéder aux précédents chapitres

 

 

           

 
 
 
 
 

XV

                

 

 Delage sourit en prenant l'attitude satisfaite d'une personne ayant gagné une victoire personnelle.
     
- Juste une petite question, ajouta-t-il l'air bravache. On se tutoie ou l'on se vouvoie ?
 
      

Le principal haussa les sourcils et répondit d'un ton glacial : 
            

- Moi, je fais ce que je veux Hervé. Merci de continuer à me vouvoyer. 
       

Delage leva les yeux au ciel et quitta le bureau de son supérieur sur un tonitruant : " Comme vous voulez ! " suivi mentalement d'un " Fais chier ce con..." 
          

Ayant cherché vainement Djamila dans les bureaux et les couloirs du commissariat, il allait se résigner à partir seul lorsqu'il l'entraperçut en vive discussion avec le jeune planton  à la réception. D'un rapide coup d'œil à l'extérieur il repéra également deux journalistes aux aguets sur le trottoir d'en face. 
           

La jeune femme riait nerveusement  en parlant, secouait la tête tout en jouant avec les boucles de ses cheveux. Si Delage la trouva irrésistiblement attirante, il dut se rendre à l'évidence qu'il n'était pas le seul. Le visage empourpré du jeune flic, la manière gauche dont il agitait les mains tout en parlant, en disaient long sur ses sentiments. Cela déplut à Delage. Il se sentit vieux, moche, jaloux, hors compétition. Une sourde colère monta en lui, ses mâchoires se serrèrent. " Je te mets au défi de la sauter " pensa t-il avant de se diriger vers eux, d'un pas assuré, les épaules en avant.  
        

Arrivé à leur hauteur, il empoigna la jeune femme par le bras un peu trop fermement à son gré.
           
 
- Désolé de vous interrompre, mais vous m'accompagnez à l'hôpital. On va prendre la déposition du prof d'anglais qui vient d'être agressé, puis une petite visite de courtoisie à un témoin dans une autre affaire. Du travail de terrain ma petite, cela vous fera le plus grand bien.
 
          

Puis se tournant négligemment, il ajouta à l'intention du jeune planton : 
          

- Quant à vous, si les deux baveux, là sur le trottoir d'en face arrivent à  moins de cinq mètres de l'entrée de ce commissariat, c'est direct une mutation en Seine Saint Denis ! Compris ? 
          

Sans attendre de réponse de l'un ou de l'autre, il se dirigea vers la voiture de service tirant toujours par le bras une Djamila à la fois effarée et rétive. Elle réussit enfin à se libérer, se campa sur la chaussée prête à l'affrontement. Surpris, Delage s'arrêta également et les deux se toisèrent du regard.
         

- Mary Kate, finit-il par déclarer un sourire amusé aux lèvres, je vous attends deux secondes, deux secondes, pas plus, après… cela sera trop tard ! 
           

La jeune femme fronça les sourcils en signe de totale incompréhension. 
           

- Mais, je ne m'appelle pas Mary Kate !
          

- C'est bien ce que je pensais, soupira Delage... En plus de vous apprendre le métier, il va falloir que je fasse votre éducation cinématographique. Allez, venez, il y a en a deux que notre petit manège amuse... Ce n'est guère le moment de se donner en spectacle. 
        

Le commissaire s'éloigna vers la voiture avec cette fois-ci la certitude d'avoir gagné une petite bataille. Djamila, certes, ce n'était pas Guedj, mais l'enjeu était très différent.

 

 

            

 

 

  

                                                                                            à suivre......

 

 

*BLOG-NOTES est un manuscrit déposé, ayant reçu un numéro d'ISBN mais non encore corrigé et édité. Les amis blogeurs qui auront le courage et la ténacité de lire ce petit suspense jusqu'au bout seront nommément cités sur le livre en dédicace.

  

 

 

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20 mai 2007 7 20 /05 /mai /2007 11:21

                                                                                                                      
        


C'est la nuit que les elfes sortent, avec leur robe humide au bord, et sur les nénuphars emportent leur valseur de fatigue mort.

Théophile Gautier
              
                         
        

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Bon dimanche!
 
         

              

               

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18 mai 2007 5 18 /05 /mai /2007 08:39



           

              

Lorsque Pascaly, notre maîkresse favorite 
m'envoie un courrier, voici le résultat:

         
      

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Recto (j'ai modifié un peu l'adresse ;)


                

 

 

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Verso

 




Ce courrier contenait un exercice de ses élèves sur mon poème "Mine de rien". 
Pascaly les a fait travailler le texte en leur demandant de répondre aux questions suivantes:

      
De qui parle-t-on? 
Que fait-il?
Faites vous la même chose? Si oui, quand?
Donnez vore avis sur cette poésie.




Je vous livre les critiques de mes jeunes lecteurs en respectant l'orthographe:




Thomas: 11ans et demi Je la trouve très bien, elle change des autres poésie
Rosalie (10 ans et demi): Je trouve qu'elle est bien car on décrit un rêveur en train de récité sa leçon.
Jean-Guy (11ans): Il y a beaucoup de rimes dans cette poésie c'est pour se que je l'aime bien.
Gaël (10 ans): Elle est bien est humoristique.
Laurette (9 ans) : J'aime cette poési car le garçon est comme moi
Coralie (9 ans): Le titre a l'air marant. Mais c'est pas très bien de faire semblant d'apprendre ses leçons. Mais c'est qu'une poésie.
Marie (11 ans): Je l'aime bien car, sa change des autres poésies.
Clément (10 ans): Il y a beaucoup de rimes.
Antoine (11 ans). Il n'y a pas d'imagination pas de gout on s'ennui a la lire.
Anna (10 ans): Il y a des vers et c'est bien dans la poésie.
Ludivine (11 ans): J'aime bien cette poésie car déjà la fin des phrases finissent pareil, et sa parle d'un garçons.
Théo (11 ans): Je trouve qu'elle rime.
Antoine (10 ans): J'ai aimez la pésie parce-que il fait semblant d'apprendre
Marion (10 ans): J'aime bien parce que ont comprend ce qu'il fait ou on raconte ce qu'il fait.
Emilie (11 ans): C'est une belle poésie, elle est drôle mais il y a des mots dûr
Marina (11 ans): Je ne trouve pas cette poésie très intéréssante. Et le sujet ne m'intéresse pas.


Merci à Pascaly pour sa gentillesse, sa créativité et à ses élèves pour avoir durement et sérieusement  travaillé sur ce texte écrit dans l'unique but de leur procurer du plaisir... Je m'appliquerai plus la prochaine fois ;)

 

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17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 08:28

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En ce jour férié, j'avais envie de vous faire sourire:
Voici quelques perles de la police québécoise. 
A ne pas en douter, leurs homologues français
 doivent en faire d'aussi délicieuses.

                   

 

Il lui bottait le derrière à tour de bras.

Il était cloué sur son lit d'hôpital par deux coups de couteau au bras.

L'homme était assez lucide pour constater qu'il n'avait plus toute sa lucidité.

Le motif du vol était le meurtre.

Il rédigea lui-même par écrit son témoignage oral.

Ayant perdu les deux bras, le conducteur faisait de grands signes pour attirer l'attention des autres automobilistes.

Bien que nous étions 5 à encercler l'homme, celui-ci réussit à s'enfuir sans difficulté.

Toutes les entrées de la femme étant verrouillées, les deux cambrioleurs la pénétrèrent par le devant.

Le récidiviste n'avait jamais rien eu à se reprocher.

Le mur avançait à grand pas vers le véhicule.

La disparition de l'enfant a été signalée par ses parents dès son retour.

La femme essayait de cacher son identité derrière ses larmes.

Les recherches ont permis de retrouver rapidement les 5 cadavres des 2 disparus.

Personne n'ayant donné les ordres nécessaires, il n'était pas difficile d'y obéir.

Soudain, la voiture recula pour mieux avancer.

Le pendu est mort noyé.

Le cadavre ne semblait pas en possession de toutes ses facultés.

Arrêté par les enquêteurs, le voleur les a menacés d'appeler la police.

Il est à noter que les deux véhicules sont entrés en collision l'un avec l'autre exactement le même jour.

Le plaignant, visiblement en état d'ébriété, prétendait s'appeler Jésus et signa le formulaire d'une croix.

Si nos policiers n'étaient pas intervenus, le viol n'aurait sûrement jamais eu lieu.

L'homme qui était aussi sourd que son épouse, ne semblait pas s'entendre très bien avec elle.

Nous avons donc pu constater qu'il n'y avait rien à constater.

Ses explications étaient si embrouillées que nous avons dû le relâcher, faute d'avoir la preuve que nous pouvions comprendre ses explications.

C'est la pluie qui empêcha le policier de s'apercevoir qu'il neigeait.

L'homme nous raconta toute la vérité qui n'était en fait qu'un tissu de mensonges.

Pendant tout l'interrogatoire, l'homme n'a cessé de nous dévisager avec ses propres yeux.

Maîtrisé par nos soins, l'homme s'est enfui à toutes jambes, malgré sa jambe artificielle qui s'était décrochée.

Les neufs coups de couteau sur le cou et le visage de la victime laissaient croire à une mort qui n'était pas naturelle.

L'homme n'accepta de signer la déposition que du bout des lèvres.

La tête ne lui tenait plus que par la peau du derrière.

Le coup porté à bout portant lui a enfoncé la moitié des dents dans les oreilles.

Le défunt a formellement reconnu son agresseur.

La mer était sa terre natale.

Le suspect étant sans domicile fixe, les policiers purent le cueillir quand il sortit enfin de chez lui.

L'homme avait suffisamment gardé la tête froide pour ranger soigneusement les morceaux de corps au congélateur.

Mort sur le coup, l'homme avait déjà été victime d'un accident identique l'an dernier.

Percé de plusieurs balles, le cadavre flottait quand même dans la rivière.

La victime, blessée à une jambe, est venue jusqu'à l'auto patrouille en copulant sur une jambe.

Comme il devait être pris en charge au plus vite par un asile d'aliénés, il a été conduit au poste de police.


      

Bonne journée!!



                                        

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16 mai 2007 3 16 /05 /mai /2007 08:53

       
        
Une journée commencée sous les larmes de la nuit
 
         
            

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Bonne journée pas trop humide j'espère!
           

               

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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 15:18


 


Alphonse Boudard
  




      
Alphonse Boudard est né à Paris en 1925 de père inconnu et d'une mère prostituée.

On peut avoir plus de chance pour démarrer dans l'existence...

Confié dans sa petite enfance par sa mère à un Carnute taciturne, Auguste, ancien combattant de 14-18, bougon mais affectueux, il avait de fortes chances de devenir ouvrier agricole, au mieux petit paysan. Ramené à Paris par sa mère, à l'âge de 7 ans, il vivra de nombreuses années dans le XIII arrondissement, plus ou moins livré à lui-même. De cette époque, il restera profondément marqué par le langage, les us et coutumes, les traffics en tous genres d'un peuple hétéroclite d'ouvriers des usines Panhard et Levassor, d'apaches de la Butte aux cailles et d'anciens des Bataillons d'Afrique.

Au début de la guerre de 39-45, Alphonse, âgé de 16 ans est ouvrier typographe dans une imprimerie. Le hasard et certains liens amicaux le poussent à rejeter l'appel au calme du Maréchal et à rejoindre l'armée de Delattre.

Rentré blessé et décoré du conflit, Alphonse Boudard retrouve un Paris désoeuvré et commence une vie remplie de petits expédients, de combines illicites, de cambriolages. Le voici parti pour une dizaine d'années de séjours successifs en prison. Châtiment qui s'avéra être la "chance" de Boudard

Diagnostiqué « intelligent » par l’administration pénitentiaire, il a accès aux bibliothèques et s’enferme dans la lecture, se fait une éducation littéraire, ses gammes en quelques sortes : de la Bible à Céline, en passant par les classiques grecs, les romans de Balzac, Stendhal, Tolstoï, Proust, Mann, les biographies historiques et les récits de voyages.

Il y acquiert une "culture" mais aussi et surtout le goût de l'écriture.

Libéré en 58, il rédige des manuscrits où se mêlent des mondes originaux et une langue argotique dont il devient rapidement le maître. En 1962, après un séjour en sanatorium et Fresnes son premier texte, La métamorphose des cloportes est publié. Le fond et la forme plaisent au grand public et il enchaîne les prix littéraires:  le prix Sainte-Beuve en 1961 pour 'La Cerise', le prix Renaudot pour 'Les Combattants au petit bonheur' en 1977 et le Grand Prix de l'Académie Française en 1995 pour 'Mourir d'enfance'.

La langue de Boudard lui attire également les faveurs du cinéma à l'instar de Georges Simenon et de Fréderic Dard. Il collabore en tant que dialoguiste ou scénariste à de nombreux films policiers entre la fin des années 60 et les années 80, notamment aux côtés de Michel Audiard, Jacques Deray, Alain Delon.

Décédé en 2000, il reste "celui" qui trouva une alternative réussie à la vie de taulard grâce à l'écriture. On sait qu'il a fait de nombreux émules depuis...

           

La dédicace qui suit ne peut être formellement datée. Elle apparaît sur une édition de 1977 du livre "Les combattants du petit bonheur" à la Table Ronde. 

alphonse-boudard2.jpg 

  

 

L'écriture au stylo noir griffe littéralement le papier. Le trait net et sec semble accrocher l'espace et se raidir en angles abruptes pour pouvoir faire sa place dans la feuille de papier. L'avancée est chaotique, en tension avec une prédilection pour l'étalement sur l'horizontale et simultanément des saccades, des raidissements, des cabrages, une pression souvent déplacée sur l'horizontale, des tiraillements d'inclinaison qui viennent démentir ou pour le moins nuancer l'apprente "aisance" du tracé.

L'inconfort transparaît donc en premier lieu dans ces quelques lignes. Inconfort, révélateur d'une personnalité qui bien que poussée à établir des liens avec ceux qui l'entourent, reste en attitude de défense et parfois de résistance.  Personnalité qui perçoit plus facilement et rapidement les aspérités de l'existence que ses facilités.

Il en résulte une mobilisation de l'énergie pour affronter et surmonter les obstacles, prendre la main sur les événements et sur les gens rencontrés. Ne pas baisser la garde, rester vigilant, semble dire cette écriture, ce trait coupant à la limite du tranchant.

Tant d'énergie pour se défendre certes, mais pas que cela... Gagner en estime de soi, en confiance en soi, en plénitude, en identité, en indépendance  et en cohérence, c'est également ce que nous livre la spectaculaire signature, liée à hyperliée et hors normes par sa dimension.

                 

 

Et pour terminer quelques citations d'Alphonse Boudard:

 

 L' Histoire, l'orsque l'on a le nez dessus... dedans, je dirais même, on n'y voit rien, on ne s'occupe que des détails.

 

Je pense  à présent qu'il faut se conduire toujours en homme du monde avec les putes et souvent  en julot  avec les bourgeoises. 
         

Un psychanalyste est un homme  qui va au Crazy Horse Saloon et qui regarde les spectateurs

 

 

PS: Pour en savoir plus sur Alphonse Boudard, consulter le site : André Pousse

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13 mai 2007 7 13 /05 /mai /2007 10:26

 

 

 

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Crédit photo Bettina

 

 

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XV

                

 

 Jusqu'à présent, il n'avait eu à déplorer aucun incident grave dans les établissements scolaires de sa circonscription. Un coup de canif porté par un élève de quatrième à un professeur d'anglais venait de mettre un terme à ce bilan positif. Heureusement, la jeune enseignante s'en était tirée avec une entaille dans le bras, peu dangereuse mais suffisamment profonde pour justifier la pause de points de suture aux urgences de l'hôpital départemental. Le choc psychologique avait été rude et les médecins la gardaient quelques temps en observation. Elle portait plainte et le gamin qui selon les dires du chef d'établissement n'avait jamais posé de problèmes, était entendu par Gerbault dans le commissariat. Guedj avait fait passer des consignes strictes : quoique mineur, le gosse devait être traité sans indulgence et l'on attendait l'arrivée des parents, un couple de commerçants respectables de la ville pour essayer de comprendre ce qui avait pu déclencher un tel gâchis.

                       
Les journalistes faisaient déjà le siège de l'hôpital et une équipe de télévision s'employait à interviewer les copains de classe du jeune agresseur ainsi que des collègues du professeur.

           
Il fallait faire vite et face à la presse, Guedj avait besoin d'un flic aguerri. Delage était le seul dans son équipe capable de s'exposer tout en maîtrisant tous les tenants et aboutissants de l'affaire. Un fait divers de cette importance nécessitait que l'on prit des précautions.

      
Le Principal invita son adjoint à le rejoindre dans son bureau.

          

- Hervé, je ne t'apprends rien, on a une affaire délicate à régler depuis ce matin. La prof d'anglais qui vient d'être agressée, a été transportée à l'hôpital, assez choquée selon les infos que j'ai. Tu y vas prendre sa déclaration et enregistrer sa plainte. Comme tu le sais également, le gamin est entre les mains de Gerbault. Pas de temps à perdre, les journalistes sont à l'affût et je veux que cette histoire ne fasse pas pendant toute la semaine les gros titres des journaux. Tu files et tu me boucles ça aux petits oignons.

           

Delage fit la moue, se mit à se balancer d'une jambe sur l'autre et fit craquer ses doigts, trois attitudes qui avaient pour résultat d'exaspérer Guedj.

           

- Hervé, tu m'as entendu ? Tu files direct à l'hosto ! s'enflamma le Principal

           
- Je croyais que Gerbault s'occupait de l'affaire, marmonna Delage. Vous ne croyez pas qu'il vaut mieux qu'elle y aille elle-même ?

             
- Hervé... Si je te demande à toi et pas à Gerbault d'y aller, c'est que j'ai mes raisons. Ca pullule de journalistes dans tous les coins, la télé est sur le coup et il n'y a que toi qui ait la carrure suffisante. J'ai besoin d'un homme d'expérience. Gerbault et la presse ce n'est pas encore pour demain. Un jour peut-être, mais maintenant non ! En dehors de moi, il n'y a que toi qui puisse mener cela en prenant les bonnes précautions.

          

Delage sourit au compliment, fit mine de partir puis se ravisa.

               

- J'emmène Djamila avec moi. Ca lui fera du bien à la p'tite de voir un flic à la " carrure suffisante " faire son boulot de terrain. Pas d'objection ?

            

- Hervé, je ne te comprends pas... Il y a dix secondes tu voulais que Ger-bault y aille seule et maintenant tu veux une bleusaille en appoint. Qu'est-ce que tu mijotes ?

      

Le téléphone sonna et Guedj décrocha nerveusement.

               

- Commissaire Principal Guedj au téléphone. Oui... Oui, je le connais... C'est grave ?

          

Le visage de Guedj s'était assombri et des yeux il cherchait à capter le regard de Delage qui avait recommençé à faire craquer ses doigts.

                      

- Bien, vous me rassurez... oui, oui, c'est cela... Dites-lui que je transmets. Oui, j'ai bien compris, Delage, avec un " D ". De toute façon il est sur le point d'aller à l'hôpital. Il passera le voir dans la foulée. Voilà, au revoir Madame.

                    

A l'énoncé de son nom, Delage avait cessé son petit manège et les sourcils froncés attendait des explications.

         

- C'est le père Matthieu, entama le Principal. Il a fait une attaque hier soir et il est en réa. Il paraît qu'il a demandé à te voir. Pourquoi toi ? Je n'en sais rien. D'ici à ce que le vieux nous ait encore planqué des informations...

                      

- C'est grave ? demanda Delage, sincèrement inquiet

            

- Apparemment, c'est juste une simple alerte, mais étant donné l'âge du bonhomme et les autres problèmes de santé qu'il se trimballe, ils le gardent encore quelques jours pour des compléments d'examens. Passe le voir après la prof. Ah! Oui, j'oubliais, pour Djamila c'est OK à condition qu'elle la ferme devant les journalistes. Je t'en rends personnellement responsable.

 

            

 

 

  

                                                                                            à suivre......

 

 

*BLOG-NOTES est un manuscrit déposé, ayant reçu un numéro d'ISBN mais non encore corrigé et édité. Les amis blogeurs qui auront le courage et la ténacité de lire ce petit suspense jusqu'au bout seront nommément cités sur le livre en dédicace.

  

 

 

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12 mai 2007 6 12 /05 /mai /2007 09:42

 

        

Parfois l'attitude de votre chat,

lorsqu'on lui tire le portrait, vous donne envie d'inventer un mot.

Grâce à Rangoon, voici un nouveau terme:

Hautainitude...

 

        

       

        

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Bonne journée!

                

 

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10 mai 2007 4 10 /05 /mai /2007 12:06

 

           

 

William Boyd

                

 

Une fois n'est pas coutume, je me lance dans un registre nouveau sur ce blog (mais pas forcément nouveau sur OB): vous faire partager le plaisir de l'une de mes lectures.

Ayant emprunté à la bibliothèque de mon village il y a quelques jours un roman de William Boyd : La vie aux aguets, je l'ai littéralement dévoré et n'ai depuis qu'une idée en tête vous le faire découvrir.

                              

Je procéderai ainsi:

Vous donner un rapide résumé, une critique publiée sur le roman (je ne suis pas critique littéraire et il y a des gens qui font cela très bien à ma place), vous donner au final mes propres impressions.

                  

Donc tout d'abord le résumé:

Pendant la canicule de l'été 1976, dans la campagne oxonienne, une jeune femme rend visite à sa mère, dont les propos la désarçonnent. Que penser en effet quand votre mère si anglaise, si digne vous annonce tout de go qu'elle n'est pas Sally Gilmartin mais Eva Delectorskaya, une émigrée russe et une ex-espionne de haut vol ? Et pourtant Ruth Gilmartin doit s'y résoudre : tout est vrai. Depuis trente et quelques années, pour tenter de retrouver la sécurité, voire sauver sa peau, Sally-Eva a échafaudé avec soin le plus vraisemblable des mensonges. Au fil de la lecture du mémoire que lui remet sa mère, Ruth - revenue d'une Allemagne agitée terminer sa thèse à Oxford et y élever son petit garçon -, voit sa vie basculer. A qui se fier ? A personne justement, comme le voulait la règle numéro un du séduisant et mystérieux Lucas Romer qui a recruté Eva en 1939 pour les services secrets britanniques. Mais Ruth comprend. Si Eva se découvre maintenant, c'est qu'elle a besoin de l'aide de sa fille pour accomplir sa dernière mission : régler une fois pour toutes son compte à un passé qui, du Nouveau-Mexique à un petit village de l'Oxfordshire s'acharne à vouloir rattraper une vie, déjà depuis longtemps, habitée par la peur.

                        

 

La critique  de Thomas Flamerion publiée sur le site Evene:

Quel est donc le secret d'un bon roman d'espionnage ? Qu'est-ce qui fait de celui de William Boyd une oeuvre littéraire à part entière ? Pas un simple exercice, pas une erreur de parcours dans la carrière déjà exemplaire du romancier ? L'exception, sûrement, car Boyd foule les codes aux pieds et construit un roman double, où "l'histoire d'Eva Delectorskaya" va lentement rejoindre celle de sa fille, au fil d'un récit croisé, subtil et sans temps morts. Pourtant pas de révélation renversante, pas de suspense haletant. Juste un texte à la fois neutre et sensible, qui galvanise par sa justesse de ton seule, un plaisir de lecture sans ruptures.
Mais alors, est-ce à dire que Boyd y va d'un génie subliminal, instillé à l'encre invisible ? Pourquoi pas. Quand, avec l'air de ne pas y toucher, on scrute les rapports mère-fille avec tant d'acuité, cela cache à ne pas en douter un art maîtrisé. Car au fond, plus qu'un roman d'espionnage, le britannique dessine deux vies de femmes prises dans la toile de l'Histoire. En finesse, il caresse les interactions humaines dans le sein d'une Albion génitrice et descendance de mille cultures. Ne laissant apparaître son inimitable ton sarcastique que par touches, il distille les crises identitaires dans la couleur du mensonge et l'insistance du doute. Le résultat est inclassable, mémorable. C’est les sens aux aguets que l’on avale ces pages, et l’esprit en suspend que l’on tourne la dernière. Magistral !
Thomas Flamerion

                        

Mon sentiment:

La vie aux aguets avait de multiples arguments pour me plaire.

La fluidité du style et l'apparente simplicité de la prose. La structure du récit, alternant journal intime de la mère et narration-action de la fille. 

L'énigme et les rebondissements d'un pseudo roman d'espionnage. Je dis pseudo car Boyd prend de grandes libertés par rapport au "genre".

Le fond "historique" du récit:

La mère a vécu une partie de l'aventure des services secrets britaniques de 39 à 42 dont l'objectif était double - perturber les services de renseignements allemands par de la désinformation et pousser les Etats-Unis d'Amérique à entrer dans le conflit armé.      La fille fréquente en Angleterre des émules de la bande à Baader ainsi que des opposants au Shah d'Iran (le récit se situe en Angleterre en 1976).

L'aspect psychologique du roman:

Les relations mère-fille basées sur un mensonge, du chantage affectif et de la manipulation sont parfaitement analysées et traitées avec une simplicité totale, sans recours à aucun artifice.

Comment une fille peut-elle réagir à la découverte de la double vie de sa mère, comment peut-elle réagir à la confrontation à un ancien amant de sa mère, comment peut-elle élever son propre fils lorsque ses propres repères familiaux volent en éclats? A contrario comment et pourquoi une mère peut un jour décider de tout réveler à sa fille?

Les questions finales:

L'amour filial peut-il survivre à ce genre d'épreuve, peut-il en sortir affaibli ou renforcé?

La mort n'est-elle pas l'ennemi que nous ne cessons d'espionner?

                  

Si vous avez envie d'y apporter votre propre réponse ou simplement vous laisser glisser dans la peau de personnages fort bien campés alors, sans hésiter... lisez ce roman.

Alaligne

                             

Le roman "La vie aux aguets" de William Boyd est publié aux éditions du Seuil

 

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