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Présentation

  • : Ecritures à la loupe
  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
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Mes romans

histoire

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18 juin 2007 1 18 /06 /juin /2007 10:52

 

 

Rachid DJAIDANI

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                                         VISCERAL






Pour continuer la rubrique sur mes coups de coeur de lecture, je vous présente aujourd'hui un petit roman de 185 pages édité aux Editions du Seuil: Viscéral de Rachid Djaïdani.


Pas de "critique" de ce roman trouvée sur le net, mais un certain nombre de sites sur l'auteur à la fois, écrivain, acteur et réalisateur dont une longue et très intéressante interview que je vous invite à lire ICI . 


Je n'ai pas lu son premier roman Boumkoeur paru en 1999, ni le second Mon nerf de 2004. Le premier reçut d'après ce que j'ai pu lire et les éloges des critiques littéraires et un accueil enthousiaste des lecteurs.

J'ai donc abordé Viscéral sans a priori, ne connaissant ni le style, ni l'auteur, juste une quatrième de couverture avec un résumé un peu plat mais un extrait des premières lignes du roman qui ont capté immédiatement mon attention.


Tout d'abord, un bref résumé de l'histoire:

Viscéral raconte 10 jours de la vie de Lies, un gars de la banlieue qui partage ses occupations entre l'enseignement de la boxe aux jeunes des quartiers et aux détenus de la prison voisine et qui gère tant bien que mal avec un ami, son "soce" une petite affaire de taxiphone, lieu où se retrouve une faune cosmopolite pour appeler à l'étranger. Son destin va être bousculé par deux rencontres, l’une avec une jolie jeune femme, Shéhérazade soeur de deux de ses élèves et l’autre avec une directrice de casting qui semble découvrir en lui un énorme potentiel d'acteur. La destinée de Lies va s'en trouver définitivement chamboulée.
 


Mes impressions sur ce roman:

J'ai aimé la succession de très brefs chapitres (parfois seulement deux pages) qui scandent les événements de ces dix jours et les destins croisés des protagonistes.
Le roman a donc du rythme, du punch à l'instar de son héros professeur de boxe.
On comprend vite que Rachid écrit et décrit un univers qu'il connaît bien; la banlieue avec sa faune cosmopolite, les salles d'entraînement de boxe qui "résonnent de boum boum",   les micro-salles de sport des prisons avec ses murs "épais, badigeonnés de blanc cassé au moral", les séances de casting avec "Profil droit - flash... Face - flash... Profil gauche - flash".
Si le recours au verlan et aux expressions "typiques" émaillent la narration et les dialogues, il n'en abuse jamais et s'amuse plutôt, en insérant dans des phrases à la construction irréprochable des trouvailles de son cru qui se dégustent  au détour des pages comme "gossebo" ou des tournures pour décrire la cité comme  "Le béton a de l'herpès soigné au Karsher, les barbelés le Sida, et la Déclaration universelle des droits de l'homme est une blague qui circule sous le manteau".
Tendresse, générosité, intelligence et crétinerie, veulerie, méchanceté, alternent au fil du récit sans pourtant tomber dans le manichéisme.
On croit aux différents personnages qui évoluent tout au long du roman même s'ils semblent être condamnés par l'auteur, un peu sytématiquement à être rattrapés par leur destin.

En résumé, un petit livre plus que sympa qui mérite d'être logé dans son sac ou sa valise lors d'un voyage, lu dans le RER ou dans les transports en commun. Il se pourrait même qu'au terme de sa lecture, levant la tête pour découvrir les passagers assis en face de vous, vous soyez amené à sourire au black ou au beur qui partage votre trajet et lui tendiez ce roman pour le lui offrir, en lui disant:
 
"Tenez c'est pour vous, passez une bonne journée!"

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16 juin 2007 6 16 /06 /juin /2007 13:54




Enfin........




Le site du "Mistère du Civisme" vous permet enfin de dénoncer,

anonymement cela va sans dire (mais ça va mieux en le disant), 

vos ami(e)s, voisin(e)s, collègues, etc...


Alors... Cliquez...

      

Ministère du civisme


     

Bonne journée!!

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15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 13:25


             


Trouvée au hasard d'une balade sur le net,
 cette vidéo qui m'a immédiatement fait penser à 
 une Obéenne de qualité: 


CHUIPALA

           


 

 







       

Bonne journée à tous et toutes!!

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14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 12:35






Lorsqu'il y a de la place pour un,


il y en a pour deux également ;)





       

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Bonne journée!

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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 09:23



Jean Lehmans vous invite à découvrir Notre-Dame


de jour ...


   

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et de nuit...
  
 
  

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Bonne journée!




 

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11 juin 2007 1 11 /06 /juin /2007 18:12



Post-it




Le 14 Juin à l'OPA  9 rue Biscornet 
11ème- Métro Bastille à partir de 19h30,

 aura lieu la soirée ROCKY MIRROR, organisée par ma filleule Aurélie dite "O"



Lectures 2 Txt sur un mix de 

Le professeur inclassable

Maylis de Kerangal lit
Dans les rapides

Arnaud Labelle-Rojoux
Elvis

Jez lit
Pogos- Une autoradio

Pierre Mikaïloff lit
Some clichés

Suivi de 
Standard Flower bomb
Bérangère Maximin
Kimmo



sur une très bonne initiative de www.souslaligne.com et avec le soutien audacieux de La Constellation in fact - de l'OPA - opa.paris.free.fr - de la revue minimum rock'n'roll - minimumrocknroll.free.fr - des éditions  naïve - www.naive.fr - des éditions  semiose - www.semiose.com - et de la librairie En Marge



J'y serai...


Bonne soirée!


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9 juin 2007 6 09 /06 /juin /2007 13:59

 

Une histoire bien ordinaire


femmesexy2.gif

 

 

Monsieur et Madame regardent la TV,  t--l--.gifquand tout à coup Madame dit « Je suis fatiguée et il se fait tard, je vais aller me coucher. »

 Elle se rend à la cuisine pour préparer les petits déjeuners du lendemain, rince tous les bols de pop-corn, sort de la viande du congélateur pour le souper du lendemain soir, vérifie qu'il reste des céréales, remplit la boîte à sucre, met des cuillères et des bols  sur la table et prépare le café pour le lendemain matin.

Puis, elle met le linge dans le sèche-linge, met une autre brassée dans la machine à laver, repasse un chemisier et recoud un bouton.

Elle ramasse les journaux qui gisent sur le plancher, des pièces de jeux qui traînent sur la table et remet l'annuaire en place.

 Elle arrose les plantes,  vide les paniers de linge et étend les serviettes pour les faire sécher.

 Elle baille et s'étire, et, se dirigeant vers la chambre à coucher, elle s'arrête près du bureau, écrit une note au professeur de son fils, lui sort de l'argent argent-59.gif et ramasse un livre de classe qui traînait sous une chaise.

Elle signe une carte de fête pour un ami, adresse et colle un timbre sur l'enveloppe.

 Elle écrit une petite liste pour l'épicerie.

Elle met l'enveloppe et la liste près de son sac. Elle ajoute 3 choses à faire sur sa liste du lendemain.

Elle se rend à la salle de bains, s'applique de la crème sur le visage,  brosse ses dents puis se fait les ongles.

Son mari lui dit « Je croyais que tu allais te coucher ! » « J'y vais », répond-elle.

 Elle remplit le bol d'eau du chien chien.gif et met le chat dehors,

 puis elle s'assure que les portes sont fermées.

 Elle fait le tour des chambres des enfants, donne une pastille à celui qui tousse, replace une lampe, raccroche une chemise, met les chaussettes sales dans la corbeille à linge et échange quelques mots avec un des adolescents qui est encore à faire ses devoirs.

 Une fois rendue dans sa chambre elle programme l'alarme de son réveil, sort ses vêtements pour le jour suivant, replace le support à chaussures.

 Pendant ce temps, son mari éteint la TV et dit tout bonnement « Moi aussi je vais me coucher », il se rend dans la chambre et se couche?

 Cela vous rappelle-t-il quelqu'un que vous connaissez ou que vous avez connu ? ? ?

 De plus elle doit être toujours jolie, sexy,  femmesexy.gifsouriante, de bonne humeur, pas chiante et quand sexisme rime avec féminisme et objectivisme, c'est un plaisir !



              

femme---puis--e.gif

            
Bonne soirée mesdames!!

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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 12:18

 

 

 

Blog-notes*

 

 

 

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Crédit photo Bettina

 

 

 PS: Il suffit de cliquer en tête de la page d'accueil sur "Romans" pour accéder aux précédents chapitres

 

 

           

 
 
 
 
 

XVI

                

 

  

 

-    Ayo ! Parlez pas de malheur ! Allons, bon, 37,7… C’est une température de gamin… Et même s’il fait pas la boue avant la pluie, 37,7, c’est encourageant doudou. 

        

     Le père Matthieu considéra avec perplexité son sosie en quintal qui notait au bic noir la température sur la feuille de soins au pied du lit.
       

            

-    Vous savez que si je suis cloué dans ce lit, c’est pour réparer un vieux cœur et pas pour soigner une maladie infectieuse. Il ne manquerait plus que je fasse de la fièvre.
        
       
-    Oh doudou, on n'est jamais trop prudent ! Et puis la température à l’hôpital c’est plus qu’une habitude, un vrai rituel. Une infirmière sans thermomètre, c’est comme un plat sans piment : aucun intérêt. Mais arrêtez de sacouyer votre perfusion comme un jacquot ! Ajouta-t-elle en le voyant tenter de faire passer le tuyau du bon côté de la desserte.
       
 
    Elle l’aida à trouver une position plus confortable, vérifia le goutte à goutte qui à force d’être coudé et manipulé par le malade commençait à donner des signes de faiblesse.
    
 
-   Je peux vous demander une faveur ? demanda le père Matthieu
 
 
-   Pas de problème doudou, répondit l’infirmière
  
 
-  Apprenez-moi un peu de créole et je vous apprendrai des termes de marinier
  
 
-   Ha ! Les mots doudou, c’est pas le problème, c’est l’accent qui va avec qui est le plus compliqué. 
         

-  J’apprendrai aussi, rétorqua le père Matthieu
     
 
-  Têtu avec cela, s’esclaffa la matrone. Comme disait ma grand-mère :  « Avec p’tit hache y coupe gros bois, mais faut pas espérer trouver boudin cuit dans l’ vent » ajouta-telle en levant l’index vers le plafond.
       
 
-  Alice, vous vous appelez bien Alice, n’est-ce pas ? déclara le père Matthieu en fixant le badge de l’infirmière de son regard de myope. Alice encore quelques mots et vous faites de moi un amoureux transi.
     
 
-  Hou là, doudou ! Faut se calmer si non la température va grimper et j’aurai gros cœur. Vous me faites bien rigoler, mais j’ai d’autres malades à voir. Prenez vos médicaments et on continuera à papoter demain. Je suis de garde, on aura tout le temps de jouer au professeur, dit-elle en éclatant de rire.
        
 
    Deux coups secs frappés à la porte retentirent. L’infirmière jeta un coup d’œil interrogatif au père Matthieu.
       
 
-  Vous attendez de la visite ?
        
 
-   Ça se pourrait bien. J’ai demandé à un inspecteur de police de passer me voir. C’est sans doute lui.
 
 
-   Ayo ! La loi dans l’hôpital ! Vous ne seriez pas un marron en cavale ? Puis pivotant sur son axe d’un seul bloc, elle apostropha la porte.
    
 
-   Allez, entrez, personne ne va vous croquer, le baya est tout beau et tout frais !
       
 
    Puis se tournant à nouveau vers le père Matthieu, elle conclut :
                
 
-   Bon, je vous laisse. J’aime pas trop les gens qui pèsent sur la tête pour voir si la queue y bouge… A demain, doudou.
         
             
    La porte s’ouvrit laissant apparaître un Delage songeur. Il dut se ranger de côté pour laisser passer l’infirmière qui avait pris avec un malin plaisir la démarche chaloupante de son île natale en arrivant à sa hauteur. Il ne s’en fallut que de quelques centimètres pour que les pieds de l’inspecteur ne soient transformés en crêpes réunionnaises. 

              
                      

  

                                                                                            à suivre......

 

 

*BLOG-NOTES est un manuscrit déposé, ayant reçu un numéro d'ISBN mais non encore corrigé et édité. Les amis blogeurs qui auront le courage et la ténacité de lire ce petit suspense jusqu'au bout seront nommément cités sur le livre en dédicace.

  

 

 

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7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 14:31



Deux vidéos qui ont du caractère
 

(mettre le son... ;)

      

 

 

 



Un peu débordée en ce moment... 


 

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4 juin 2007 1 04 /06 /juin /2007 09:45

         

Marguerite Duras

          

 

 

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                    (1914 - 1996)                

       

                                   

Autant l'avouer tout de suite... cet article a bien failli ne jamais voir le jour... 

Comment pouvais-je à la fois résumer la vie de Marguerite Duras, son oeuvre et analyser même succintement son écriture en un seul et même article? Autant vouloir bâtir un "Barrage contre le Pacifique".

Puis en glânant des informations sur sa vie, son oeuvre, j'ai découvert sur Wikipédia cette phrase qui sera le point de départ de mes interrogations graphologiques:


"La vie de Duras est une vie, et les romans de Duras sont des romans. Elle n'a cessé d'écrire une histoire de chaleur et de pluie d'orage, d'alcool et d'ennui, de parole et de silence, de désir fulgurant aussi. On peut s'interroger longuement sur sa personnalité : méchante ou douce, géniale ou narcissique."
 

Mais quelques repères biographiques avant cela:
          
 

Marguerite "Duras" est née en 1914, Donnadieu, son véritable patronyme, à Gia Dinh en Indochine, dans la banlieue de Saïgon. Son père, Henri Donnadieu devenu directeur de l'enseignement de Hanoi, du Tonkin, en Cochinchine et au Cambodge est nommé à Phnom Penh. Rapatrié en France pour des raisons sanitaires il y meurt encore jeune et sa femme, Marie Legrand, d'origine picarde décide de retourner en Indochine et de s'installer à Vinh Long dans le delta du Mékong avec ses deux fils et la petite Marguerite âgée à lors de quatre ans.

      
En 1932 Marguerite quitte Saigon pour continuer ses études en France: Licence en droit, DES d'économie politique. Une vie de fonctionnaire au ministère des Colonies semble une voie toute tracée devant elle. Elle se marie en 1939 avec Robert Antelme, jeune poète rencontré sur les bancs de la Fac et ami d'un certain Dyonis Mascolo. 
La résistance, la déportation puis l'adhésion au PCF en 1947 marquent la vie du trio qui éclate cette même année, Marguerite quittant Robert Antelme pour vivre désormais avec Dyonis Mascolo et mettre au monde son fils Jean.
 

L'écriture avait déjà prit de la place dans la vie de Marguerite Duras avec la publication sous ce pseudonyme des Impudents dès 1943, la vie Tranquille en 1944 puis de Barrage contre le Pacifique qui sera édité en 1950 (année où elle quitte le PCF) et frôlera le Goncourt.


A partir de cette date, elle publiera pratiquement un ouvrage tous les ans, romans, pièces de théâtre, adaptations cinématographiques de ces oeuvres; elle sera elle-même réalisatrice ou co-scénariste de plusieurs  films.


Ses prises de positions politiques et sociales en feront à jamais une femme scandaleuse aux yeux  des conformistes de tous poils. Elle militera activement contre la guerre d'Algérie, dont la signature du "Manifeste des 121", une pétition sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie, est le fait le plus marquant, s'engagera en mai 1968, mais prendra position d'une façon  qui lui sera reprochée avec justesse dans l'affaire "Grégory" en accusant la mère "sublime" d'avoir tué son enfant.


Duras ne connaît en effet  ni frontières, ni limites. Pour elle, il n'y en a pas entre les exigences du coeur, même les plus contradictoires. Pas plus qu'entre les caprices du corps, ou entre le vin et l'alcool, le whisky dans le Marin de Gilbratar (1952), le campari dans les Petits Chevaux de Tarquinia (1953) ou le vin rouge de Moderato cantabile (1958). Pas de frontière non plus entre le roman, le théâtre, le cinéma et le journalisme. Lorsqu'elle écrit Des journées entières dans les arbres (1954), elle en fait indifféremment un livre, une pièce, un film.


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Femme complexe, en rebellion constante contre sa mère à qui pourtant ou justement elle ressemble par de multiples traits de caractère, elle semble souvent fascinée dans son oeuvre par  l'amour, le désir physique, la vie, la mort... la destruction.

        
Mettant longtemps en danger son équilibre physique et mental par une consommation importante d'alcool, il lui faudra une réelle "fureur de vivre" pour atteindre l'âge de 82 ans et sans doute l'aide de Yann Andréa Steiner  son ultime jeune amant et compagnon, pour lequel elle écrira son dernier ouvrage (1992).
 

Celle qui puisa  la sensation puissante d’exister dans l’aura du désir d’un homme et dans la jouissance de l'écriture s'est éteinte le 3 mars 1996 à son domicile parisien de St Germain des Près.


Ci-dessous une dédicace de Marguerite Duras datant sans doute de 1995 (un an avant sa mort) du roman L'amant paru aux Editions de Minuit :

 

 

 

 

                                                                                                                                     

Le trait au stylo plume à l'encre noire épaisse et engorgée diffuse sur la page et déborde des contours. Si la qualité du papier de l'éditeur est pour partie responsable de ces bords aux contours un peu flous, j'ai retrouvé sur d'autres exemplaires cette caractéristique dans l'écriture de Marguerite Duras.
    
Un trait qui bave un peu, des engorgements d'encre dans les oves des "e" des "o" et des "a" ne sont pas rares. Il n'en reste pas moins de l'élégance dans la forme ovoïdes de certaines lettres (en particulier les "o"), la liaison aérienne du "d" " dans cordialement, dans les majuscules inégalement mises en valeur mais avec une certaine simplicité et aisance. 

Alors.... méchante ou douce, géniale ou narcissique?
 

S'il existe une certaine ambivalence dans une liaison qui alterne des espaces et des rétrécissements, de la courbe et de l'angle, de l'arcade et de la guirlande, la diversité d'un "t" final parfois scolaire et parfois effectué en rejet (mot cordialement) on est bien tenté de dire... les deux...à la fois

L'inégalité de dimension dans la zone médiane, les finales parfois en courbe ouverte ou courtes et plus raides, la très grande diversité dans la liaison, le trait lourd, pâteux parfois presque sale montrent une personnalité marquée, un peu engluée dans la "glaise de ses émotions" (Boris Cyrulnik). Le plaisir et la souffrance s'y côtoient, le "ressenti" est fort, charnel, puissant et inquiétant.

Pourtant l'écriture ne "stagne " pas, elle continue à avancer en s'accrochant... avec des reprises, des collages, une inclinaison vers la droite naturelle et habituelle (vérifiée sur d'autres documents). Il n'y a plus dans cette dédicace, le mouvement effervescent que j'ai pu constater sur d'autres écrits que je ne peux reproduire. Il semble en dehors de l'aspect "formel" d'une dédicace que le temps pour l'écrivain ne soit plus à la lutte, au bouillonnement intime, mais bien plutôt au constat et au besoin de sérénité.
 
Le paraphe final de la signature, un peu maladroit, au trait engorgé, peu assuré dans sa direction semble être l'aveu d'un certain:  A quoi bon?

 

Et pour terminer quelques citations de Marguerite Duras:

 

 Les écrivains qui pensent être seuls au monde, disait Marguerite Duras dans 'Les Parleuses', (... ) c'est de la connerie monstre. Je fais mes livres avec les autres. Ce qui est un peu bizarre, c'est cette petite transformation que ça subit peut-être, ce son que ça rend quand ça passe par moi, c'est tout....  

Il reste toujours quelque chose de l'enfance, toujours.... 
         

Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit.

 

 

             

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