Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Ecritures à la loupe
  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
  • Contact

Mes romans

histoire

  couv-pour-OB.jpg




20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 17:53



Un salon du livre
comporte des rencontres,

des retrouvailles  et

les affres de la dédicace...



Image Hosted by ImageShack.us  

 

L'auteur présente son livre comme il se doit... avec le sourire

 


Image Hosted by ImageShack.us

 

Puis, elle pause avec la talentueuse Victoria Valtes
(au centre) et l'une de ses amies

 


Image Hosted by ImageShack.us

 

L'ambiance est à la franche rigolade sur le stand et rien à faire pour garder son sérieux, d'autant que les commentaires des amis venus nous soutenir n'ont rien de vraiment tristounet ...


Image Hosted by ImageShack.us

 

Quelle joie de retrouver au salon Sophie (Ti Taz)

venue spécialement m'encourager...

 


Image Hosted by ImageShack.us

 

Mais voilà, Sophie veut une dédicace et l'auteur réfléchit longuement à la phrase immortelle qu'elle laissera au feutre rose, choisi par son amie pour l'occasion...

 


Image Hosted by ImageShack.us

 

Elle cherche, elle cherche pour sa gazelle préférée...

 


Image Hosted by ImageShack.us    

Enfin!!!

L'inspiration est venue juste avant que Sophie ne s'endorme devant le stand du Manuscrit.

 

Ce fut cela de 10h 30 à 16 heures, avec plein de rencontres, de rires, de merveilleux moments.

Curieuse, (Nathalie) également présente n'a pas eu droit à une photo de mon époux  qui après ces quelques clichés à définitivement rangé son appareil photo...

Honte à lui!!!  :)))



 

 

 

Partager cet article
Repost0
16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 10:47



News...

Mercredi 19 mars, je serai au Salon du livre, 
Porte de Versailles de 9h30 à 17h30 
pour dédicacer les
"Comptines de Tante Lali"

J'espère vous y retrouver...

De nombreux amis d'OB qui m'ont encouragée par leurs commentaires sur ce blog 
sont en remerciements dans ce recueil, 
avec une pensée particulière pour Cédric Meletta
 qui a gentiment accepté de rédiger
 la quatrième de couverture.



Image Hosted by ImageShack.us

Image Hosted by ImageShack.us   




 
Bon Dimanche!

 

 

Partager cet article
Repost0
14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 13:08



Vous êtes sans doute nombreux à connaître la chanson "Respire" de Mickey3D,

Mais connaissez-vous 
la superbe vidéo d'animation qui illustre cette chanson?








Bon vendredi!

Partager cet article
Repost0
8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 10:21







Arthur de Pins

    





Arthur de Pins est l'un des illustrateurs que je préfère. Son talent que vous avez déjà peut-être découvert dans l'animation qui illustre l'une de mes comptines : Le crabe vert,  est aujourdh'ui renforcé par la publication de deux albums édités chez Fluide glamour: Péchés mignons tome I et II, ainsi qu'un splendide Artbook que je vous incite à acheter pour votre plus grand plaisir.

  
Quelques éléments biographiques extraits de Artbook:

Arthur de Pins est né en 1977 en Bretagne avant de venir passer toute son adolescence à Versailles.

Elève dans un collège catholique privé de garçons, il se livre à un trafic de dessins de femmes nues en échange de cigarettes. Cela n'a pas vraiment changé depuis.
Alors qu'il est étudiant aux Arts-Décos de Paris, il s'achète ses cigarettes grâce à des petits boulots tels que caricaturiste en soirées ou en réalisant des flyers. C'est grâce à l'agence évènementielle Wombat que ses dessins de scènes de vie nocturne atterrissent dans les magazines (Max, Technikart) et que l'agence Lezilus lui ouvre ses portes (et les laisse ouvertes à cause de la fumée).
      
Après un bref passage dans le jeu vidéo en 2001, Le jeune Arthur se lance enfin dans l'animation grâce à l'impulsion de son premier court-métrage Géraldine. Pour son troisième court-métrage, « La révolution des crabes » il cesse un temps de fumer mais les 54 prix remportés dans des festivals le propulseront sur la voie de l'adaptation ciné (prévue pour 2010). Comme tout réalisateur digne de ce nom, il se remet à fumer car il est très utile de faire des volutes quand on explique son scénario.
       
Depuis 2006, il fume clope sur clope aux dîners de bouclage de Fluide Glacial.
En 2008, il arrêtera théoriquement de fumer, en espérant ne pas trop mordiller le crayon de sa tablette graphique. 


Maintenant, passons aux choses sérieuses avec trois illustrations que vous pouvez télécharger sur son site (plus plein d'autres choses... ;)



        

Image Hosted by ImageShack.us

 




Image Hosted by ImageShack.us

 




Image Hosted by ImageShack.us


  
 

Si vous ne le connaissez pas, je vous recommande de faire un petit passage sur son site et de ne pas oublier son Livre d'or.



Bon samedi!!

Alaligne

       

 

Partager cet article
Repost0
2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 09:49




Le fils du pirate



Image Hosted by ImageShack.us  








Ho hé, hisse et ho !
 
Quelle belle vie que celle d’un mousse
Quand on est l’fils de Barberousse !
Dans le petit foc, je m’la coule douce,
J’ai rien à craindre,
Personne ne m’pousse.
   
 
J’adore border la brigantine,
Courser le chat dans la cuisine
Faire du trapèze sur la grande vergue
Danser la gigue avec l’vieux bègue.
    
 
Toujours l'premier dans la hune
J’hume les embruns, siffle la lune,
J’arrache les plumes du goéland
Echoué sur l’gaillard d’avant.

      
Et quel bonheur quand vers midi
Surgit la proue d’un ennemi.
Je donne l’alerte, sonne le branle-bas
Puis file en cale, traquer les rats.

       
Tandis qu’au loin, on s’tue et pille
Je joue aux billes, parfois aux quilles
Et guette au chaud l'moment divin
Où ‘Pa ramène un gros butin.

    
Sur l’pont de l’aube au soleil couchant,
La vie de pirate est un jeu d’enfant.

         
Quelle belle vie que celle d’un mousse
 Quand on est l’fils de Barberousse !
 
 
 
Alaligne 
 


Pou accéder aux autres comptines, cliquez dans la colonne de droite Catégorie": Comptines

douce,
J’ai rien à craindre,
Partager cet article
Repost0
29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 09:40



Voici un message personnel que je livre aux visiteurs de ce blog.

Pour le découvrir dans toute son animation,
 cliquez ICI




Image Hosted by ImageShack.us





Bonne journée!

Partager cet article
Repost0
28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 11:58




Le photographe anglais Carl Warner
 met en scène des aliments dans ses photos
 et le résultat est spectaculaire.

Pour en découvrir plus, n'hésitez pas à vous rendre sur ce
blog 

 

Image Hosted by ImageShack.us



Image Hosted by ImageShack.us



Image Hosted by ImageShack.us





Bon appétit!!

Partager cet article
Repost0
23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 14:50



Suite à un nouveau problème sur OB, l'article ci-dessous que je viens de mettre en ligne sur Tristan Bernard reprend les anciens commentaires laissés sur Régine Déforges...  Ce dernier article ayant purement disparu de mes publications...

Je viens de le recréer... ;)

Ne soyez donc pas étonnés en lisant les commentaires sur l'article de Tristan Brnard de retrouver des anciens commentaires qui n'ont rien à voir avec l'oeuvre, la vie et l'écriture de Tristan Bernard.

Alaligne

Partager cet article
Repost0
23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 11:27







Tristan BERNARD 
   

Image Hosted by ImageShack.us


  
 

Bernard Paul, dit Tristan Bernard est né à Besançon le 07 septembre 1866.
            
Il quitte sa ville natale à l’âge de 14 ans pour suivre son père à Paris, reçoit l’enseignement du Lycée Condorcet et se prépare à une carrière d’avocat après avoir obtenu sa Licence en droit.
      
Pourtant, après son service militaire, il se tourne vers les affaires et dirige une usine d’aluminium près de Creil, dans l’Oise. Jeune homme sportif et éclectique, il prend rapidement la direction d’un vélodrome à Neuillly sur Seine, se livre sans restrictions à sa passion pour les paris hippiques et en 1891 commence à rédiger des articles pour la Revue Blanche. Il s’agissait d’une revue littéraire et artistique où collaborèrent les plus grands écrivains et artistes de l’époque et qui prit notamment clairement position pour le capitaine Dreyfus lors du procès. 
   

 
        

Image Hosted by ImageShack.us

 


Joueur invétéré, un jour, il mise sur un cheval du nom de Tristan. Le cheval gagne la course et lui rapporte une importante somme d'argent . Pragmatique, il décide alors d'adopter le nom de ce cheval pour signer ses articles.
 
Il publie un recueil de contes en 1894 et écrit sa première pièce de théâtre « Les pieds nickelés » qui connaît un grand succès.
   
Dès lors, les romans et les pièces de théâtre s’enchaînent :
« Les contes de Pantruche et d’ailleurs » en 1897, « Sous toutes réserves » » en 1898, « L’anglais tel qu’on le parle » en 1899, « Mémoires d’un jeune homme rangé » la même année, « Amants et voleurs » en 1905,  « Triplepatte »  la même année, « L’affaire Larcier » en 1907, «  le Petit café » en 1911, « Paris secret » en 1933.
 
Ami proche de Léon Blum, mais également de Jules Renard, Marcel Pagnol et Guitry, il crée une œuvre où l’humour est omniprésent. Ses personnages légers, parfois frivoles sont le reflet de ceux qu’il observe avec ironie au temps de la Belle époque. Son humour lui vaut de collaborer pour quelques articles au canard enchaîné en 1917.
      
Auteur célèbre, mais sans doute pas assez sérieux au goût de l’Académie française, il n’obtient lors de sa présentation en 1932, que 2 voix sur 39.
        
Lors de l’occupation, ses origines juives lui valent un internement dans le sinistre camp de Drancy en 1943. Agé de soixante dix sept ans, son sort émeut de nombreux artistes et écrivains dont Sacha Guitry et Arletty. Libéré, il n’est plus que l’ombre de lui-même, d’autant que la mort en déportation de son petit-fils François l’affecte au plus haut point.

          
Image Hosted by ImageShack.us 
Camp de Drancy en 1943


Usé, il meurt le 7 décembre 1947 et est enterré au cimetière de Passy.

On lui doit en dehors de son œuvre littéraire, l’invention du jeu de société « des petits chevaux », clin d’œil à sa passion pour les courses hippiques. Il fut également le promoteur des mots croisés.
         
Quelques citations :
          
Beaucoup de divorces sont nés d’un malentendu. Beaucoup de mariages aussi.
         
Avec mes gains au casino, je me suis acheté une casquette de yachtman, avec mes pertes, j’aurais pu me payer le bateau.
 
Avec les femmes, il faudrait que les paroles soient d’autant plus respectueuses que les gestes le deviennent de moins en moins.
 
J’aimerais bien le Paradis, à cause du climat ; seulement, l’Enfer doit être joliment plus agréable, à cause de la société !
 
Les Français croient qu'ils parlent bien le français parce qu'ils ne parlent aucune langue étrangère.

Dans la chanson « Marquise » de Georges Brassens, la dernière strophe porte son coup de patte :
« Peut-être que je serai vieille,
Répond Marquise, cependant,
J’ai vingt-six ans, mon vieux Corneille,
Et je t’emmerde en attendant. »
   


Son écriture:



Image Hosted by ImageShack.us  



 
          
De l'élégance, de la légèreté dans ce graphisme qui effleure la page avec beaucoup de délicatesse mais également une plume qui sait se faire plus acérée dans les finales.


Beaucoup d'ouverture dans la forme des lettres qui signe un don d'observation au champ large, une curiosité pour le monde et les gens qui l'entourent. La préciosité  des formes, l'importance donnée aux majuscules, montrent une recherche assez élitiste, une prédilection pour des échanges basés sur la qualité.

Les acérations qui animent l'écriture sont la trace de l'acuité d'un esprit perspicace, d'un sens critique actif, d'un sens de la répartie particulièrement développé.La causticité, l'ironie s'y dévoilent au grand jour mais sans méchanceté. En effet la finesse du trait, la guirlande dans les "m", les courbes et les jambages en vasque, le mouvement coulant, tendant vers le dynamique, signent une sociabilité conciliante, une capacité à utiliser aux mieux ses possibilités, un souci de se préserver des complications, d'éviter le désaccord.

Une écriture de "dandy", d'esthète, sachant manier la plume avec grâce et humour.












 

Partager cet article
Repost0
19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 12:16



La grande prairie

Contes et nouvelles



Image Hosted by ImageShack.us







La nouvelle provoqua un florilège de sourires sur les visages des 6ième C.
          
Madame Solal était souffrante et les deux heures de mathématiques de la matinée étaient remplacées par deux heures d’étude. Seule, Corinne esquissa une moue de déception. Elle avait confié à son amie Sylvie qu’elle avait passé le week-end à travailler des exercices avec le soutien de son grand frère et qu’elle avait compté sur ce cours pour remonter la moyenne lamentable de ses notes en la matière. Sylvie, pour la consoler, sortit de son cartable trois paquets de carensacs multicolores. Les bonbons dragéifiés circulèrent de mains en mains, firent le tour de la classe et trente deux bouches enfantines se mirent à suçoter les petits bâtonnets de réglisse. Un souffle de liberté flottait dans la pièce. L’intermède fut de courte durée car l’entrée de « peau de vache », la surveillante la plus détestée du lycée coupa court au bien-être général. Les têtes se figèrent et les bras se croisèrent.
 
-         Vous avez deux heures devant vous pour vous avancer dans votre travail. Sortez vos cahiers de textes et profitez de ce temps libre pour préparer ou réviser vos cours. Je ne veux pas entendre le moindre bruit, pas le moindre bavardage, et si vous devez aller aux toilettes, c’est l’une après l’autre. Vous êtes en étude, pas en cours de récréation. Le message est bien compris, mesdemoiselles ?
    
Un vague murmure d’acquiescement sourdit de quelques lèvres et les têtes plongèrent dans les cartables pour en sortir l’attirail du parfait lycéen.
Corinne, après avoir soulagé le sien de son contenu, fit tomber volontairement un cahier entre elle et Sylvie, puis la tête penchée sur le pupitre de bois, tout en feignant de peiner à le ramasser, elle interrogea à voix basse son amie :
      
-         Tu vas faire quoi, toi ?
      
Sylvie ouvrit son cahier de textes à la page du vendredi et pointa l’énoncé de la rédaction à rendre ce jour là : Décrivez votre animal favori. Corinne cilla pour signifier qu’elle avait compris. Elle ouvrirent deux grands cahiers de brouillon à petits carreaux et Corinne écrivit en gros caractères sur le sien : « Quel animal, tu prends ? »
   
Son amie haussa les épaules et fronça les sourcils en signe d’interrogation. Corinne entreprit alors de mâchonner le bout déjà aux trois quart entamé d’un crayon noir et laissa son regard flotter jusqu’au plafond beigeasse de la salle de classe. Des frimousses de chats, des trognes de chiens peuplèrent son esprit mais le choix lui sembla par trop banal. Elle se concentra d’avantage et soudain la couverture d’un livre offert par sa tante le jour de ses dix ans ne quitta plus son esprit. Il s’agissait d’un livre de photos et de textes tirés d’un documentaire animalier de Walt Disney qui avait rencontré le succès dans les cinémas quelques années plus tôt. La couverture représentait un chien de prairie à l’affût au bord de son terrier. L’animal dressé, toutes moustaches frémissantes, servait de vigie à la colonie et semblait prêt à pousser son cri d’alerte au moindre danger. Bientôt Corinne se souvint de toutes les photos du livre, des longues étendues de prairies sauvages et des mœurs attendrissantes de ces sympathiques rongeurs. Elle cessa de mâchonner son crayon et agitée d’une frénésie d’idées écrivit d’un trait : "Sur son tertre, le regard porté sur les courtes herbes jaunies de son territoire, veille le chien de prairie…"
  
Le reste du récit vint d’un seul jet, sans les perpétuelles hésitations que lui valaient les précédents exercices rédactionnels si bien que lorsque les deux heures d’études se terminèrent, c’est le cœur léger et avec le sentiment de n’avoir pas vu le temps passer qu’elle tendit son brouillon à Sylvie. Tandis que le brouhaha des cartables que l’on remplissait, des chaises que l’on repoussait, envahissait la salle de classe, l’amie de Corinne dévorait le texte, écarquillait des yeux de plus en plus grands et lorsqu’elle eut englouti la dernière phrase c’est avec un sourire d’admiration qu’elle rendit à son auteur sa rédaction.
   
-         Ho ! c’est vraiment super… Où vas-tu chercher tout cela ?
  
Corinne lui expliqua la source de son inspiration et lui promit dans la foulée de lui prêter le livre.
   
Deux semaines passèrent, puis vint enfin le jour de la correction des copies.
Mademoiselle Blanchardon était une femme corpulente, aux traits lourds et aux cheveux d’un blanc jauni remontés en un chignon sans apprêts. Elle assurait les cours de latin et de français avec l’autorité sèche, la froideur calculée que sa nature hautaine lui prédestinait. Elle avait réglé dès le début de l’année le problème des places en prenant l’ordre alphabétique des élèves pour leur attribuer un siège, le pupitre à gauche de la première rangée étant destiné aux premiers patronymes. Au bout d’un mois, habituée à repérer ses élèves, le système s’affina d’une sélection liée aux résultats scolaires. Au final, le premier rang se garnit des meilleures et le dernier des nulles. Corinne et Sylvie occupaient des pupitres de rang médian.
      
Ce jour là, elle sortit de son cabas de cuir noir, l’épais tas de copies avec la lenteur exaspérante qu’elle prenait à faire monter l’anxiété parmi les jeunes filles. Elle considéra longuement d’un œil inexpressif les trente deux paires d’yeux qui guettaient le moindre de ses gestes. Certaines se tortillaient sur leur siège en proie à une gêne intense, d’autres baissaient la tête et priaient en silence pour s’en sortir avec une note moyenne.
     
Enfin, dans un silence chargé d’angoisse, sa voix monocorde s’éleva dans la classe.
   
-         Bien ! Enfin, lorsque je dis bien, il s’agit d’un euphémisme. Le sujet qui aurait dû enflammer les esprits n’a récolté que de piètres salmigondis ineptes. Le niveau des copies est le reflet exact du niveau de vos pauvres cervelles : niveau zéro !
        
Le chiffre fit frémir l’assemblée et chacune s’imagina en train de donner à signer à des parents en colère, une copie barrée en rouge du chiffre fatidique. Des regards apeurés s’échangèrent entre les travées.
La voix glaciale reprit son petit jeu de torture:
 
-         Sept copies ont la moyenne et plus. A ce compte là, le passage en cinquième est largement compromis pour les deux tiers de la classe et les pupitres du premier rang vont reculer d’un cran. Venons-en à vos exploits littéraires : 18…
        
Sa main reposait sur la copie et empêchait les élèves de repérer le nom ou de reconnaître l’écriture. Elle attendit quelques secondes supplémentaires, puis, fit jaillir la copie du tas et la brandit en direction de Corinne.
       
-         Corinne Jurfaud. Vous féliciterez vos parents !
      
Les joues de Corinne s’empourprèrent, le sang monta en vagues chaudes et pressées aux tempes. Elle dut s’appuyer au rebord du pupitre pour se lever de sa chaise.
    
-         Mes parents, mademoiselle ?
    
-         Oui, vos parents. Vous n’allez pas me faire croire que vous êtes l’auteur de ce texte, j’espère !
        
-         Mais si, c’est elle ! elle l’a écrit en étude, je l’ai lu ce jour là.
     
La phrase était sortie de la bouche de Sylvie comme un cri de révolte. Debout derrière son pupitre, elle défiait de son mètre trente la professeur, avec l’énergie des damnés.
La copie retomba sur le tas et un sourire vicieux barra le visage de Mademoiselle Blanchardon.
   
-         Le cinq de votre copie s’accompagnera pour cette brillante sortie, mademoiselle, d’un zéro de conduite et d’une place de choix au dernier rang.
        
Corinne jeta un regard désespéré vers son amie qui déjà ramassait ses affaires, les yeux noyés de larmes. Un sentiment inconnu se mêla à la colère qui faisait alors trembler ses membres. Ce sentiment portait un nom : la haine. Oui, il s’agissait de cela : la haine.
La haine face à l’injustice mais surtout la haine de l’adulte qui n’était plus et ne serait plus jamais, l’être toujours respecté et aimé de son enfance candide. Le regard qu’elle adressa à son professeur de français en allant chercher sa copie était dénué d’ambiguïté. La bataille de prunelles tourna court, l’enseignante ayant compris son erreur. La punition infligée à Corinne fut cruelle : elle occupa le reste de l’année le pupitre au premier rang face à celui de son bourreau. De fidèles chiens de prairie veillèrent sur elle jusqu’à son passage en cinquième. 
 
 
  




Image Hosted by ImageShack.us


Partager cet article
Repost0