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  • : Ecritures à la loupe
  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
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Mes romans

histoire

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26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 10:47





Vidéo de calligraphie par Valérie Halin

Ecriture et musique, gestes précis, poésie...






Bonne journée!


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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 13:03

  

 

Raser les murs
   

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Les nerfs tendus, elle descendit de la voiture en ajustant la mini robe de coton dont les bretelles trop lâches découvraient des épaules hâlées par le soleil de juillet ainsi que le galbe d'une poitrine épanouie par une récente maternité. Elle claqua la portière avec violence comme si ce geste à lui seul pouvait communiquer à l'homme qui l'accompagnait toute la colère et le ressentiment qu'elle lui vouait à cet instant.

Lui, ne sourcilla pas. Il verrouilla les portes de la berline, contourna la calandre et vint la rejoindre sur le trottoir de sa démarche nonchalante. Il souriait et elle n'arrivait pas à savoir si ce sourire portait la marque d'une quelconque condescendance ou d'un encouragement amical. Il souriait si souvent et dans de telles circonstances différentes.  « Tu es très belle » lui glissa-t-il dans l'oreille en lui passant le bras autour de la taille. Elle, elle aurait voulu être particulièrement laide, voire hideuse ce jour là. Mais elle s'était maquillée avec soin, sans excès, s'était épilée à la cire d'abeille, avait enduit son corps d'une crème adoucissante légèrement parfumée qui irisait son corps souple et musclé de minuscules paillettes dorées. Pourquoi avait-elle accepté ?

Elle jeta un coup d'œil dans la rue et nota avec soulagement qu'en cet après-midi d'été les passants étaient rares et que la ville paraissait engourdie dans une chaleur visqueuse. Pourtant, elle se sentait épiée, convoitée, dévorée par des centaines d'yeux concupiscents qui derrière des persiennes à demi-closes observaient chacun de ses mouvements, détaillaient chaque repli secret de son corps.

Raser les murs... Nue, elle était nue, pensait-elle et ce n'était pas le léger frottement de la cotonnade sur son corps qui lui prouvait le contraire. Un sentiment de honte et de rage mêlées lui souleva le cœur. Il était trop tard, elle n'avait plus le choix. Trop tard vraiment ? Le petit sac de paille qui pendait en bandoulière contenait suffisamment d'argent pour héler un taxi et prendre la fuite, retourner d'où elle venait.

Trop tard ? Par rapport au « oui » qu'elle avait fini par répondre du bout des lèvres après avoir subi un harcèlement affectif pendant de longs mois. Il n'est jamais trop tard pensa-t-elle en retardant son pas,  en s'arrêtant pour renouer le lacet de cuir rouge qui glissait le long de sa cheville.

Trop tard ? Parce qu'au fond d'elle-même, elle se sentait coupable d'avoir prêté une oreille d'abord distraite aux fantasmes de son compagnon. C'était donc cela... Au final, c'est parce qu'elle se sentait coupable qu'elle  avait plus ou moins mollement dit « non, pas question », puis de guerre lasse fini par accepter. Une porte cochère, là-bas à quelques dizaine de mètres masquait à peine la silhouette d'un homme qui lorsque son regard se posa sur lui, recula d'un pas dans l'embrasure.

On la regardait... raser les murs... Peut-être même le voyeur, cachait-il un appareil photo et allait-il capter sa détresse en un cliché obscène qui animerait ses soirées solitaires. Des larmes lui montèrent aux yeux. Son compagnon, sentant sa faiblesse, resserra son étreinte autour de sa taille et se voulut rassurant. « Tu n'as rien à craindre, personne ne te forcera » murmura-t-il. Elle rejeta la tête en arrière d'un mouvement crâne. « Encore heureux ! » gronda-t-elle.  « On est presque arrivés, veux-tu que nous arrêtions là ? On retourne à la maison si tu ne le sens pas ». Il avait attendu le dernier moment pour lui proposer ce qu'elle souhaitait de plus cher.

Elle le toisa du regard et crut sentir en lui une hésitation véritable. Elle lui saisit la main : elle était moite de sueur. Elle pressa la paume un peu plus fort. Un étrange sentiment de force et de domination venait de chasser les larmes. Elle repéra la porte surmontée d'une anodine enseigne et lorsqu'ils se trouvèrent à sa hauteur, elle fixa l'œil de la caméra qui couvrait l'entrée avec un air de défi et ce fut elle qui appuya sur la sonnette.

 

 

 

 

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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 09:30






Les Phoques de San Francisco




Lorsque l'on se promène à Fisherman's Warf dans la baie de San Francisco, un spectacle digne d'un grand zoo attend le promeneur, et pourtant ces phoques qui crient, jouent et amusent la galerie ne sont ni dressés, ni apprivoisés. Ils vivent là en toute liberté.


 Les "sea lions" ont débarqué par hasard en 1990, à la suite du violent tremblement de terre de Loma Prieta. Quelques dizaines s'installent alors à Fisherman's Wharf. Bien nourris, ils commencent à se reproduire et la colonie envahit bientôt le quai Pier 39. Les San Franciscains finirent par les adopter, et les joyeux lurons devinent rapidement des stars inattendues.


Sous les yeux ébahis des visiteurs, les phoques font leur show. Ils chahutent, n'hésitent pas à renverser leurs voisins d'un coup de nageoire, se pavanent sous le soleil. Pas étonnant qu'on les surnomme les « sealebrities ». L'été, certains décident de faire leurs bagages pour aller se reproduire un peu plus loin, aux Channel Islands, à l'abri des regards. Les radeaux deviennent plus clairsemés, mais quelques célibataires restent pour assurer le spectacle aux visiteurs venus déguster des fruits de mer dans les restaurants aux alentours.

Merci, à mon amie Catherine pour cette photo légèrement truquée... ;)))




 

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Bonne journée!


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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 14:44



Il ya 20 ans exactement Pierre Desproges nous quittait.

Voici, son duo avec Thierry le Luron

dans:

"Au coin du feu"

Un moment inoubliable ;)






Amusez-vous bien...







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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 10:06

  

 

Colette

   

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Est-il encore besoin de présenter la grande Colette ? Internet abonde de sites sur l'écrivain, tous largement pourvus de biographies, d'anecdotes, de récits, d'extraits de ses écrits et de bibliographies. Essayez... Vous verrez...

Je me bornerai donc à quelques lignes pour tracer le parcours exceptionnel de la « rate », surnom que lui avait donné son ami Georges Wague, avant de vous présenter son écriture manuscrite.

Née à Saint-Sauveur en Puisay le 28 janvier 1873, Sidonie-Gabrielle est la fille d'une famille que l'on appelerait aujourd'hui "reconstituée".

Sa mère Sidonie et son père le capitaine Jules-Joseph Colette forment un ménage heureux et leurs quatre enfants nés de lits différents passent en Bourgogne des journées ponctuées bien sûr par les études mais aussi par les jeux. « Gabri » adore  partir en escapades avec ses frères et protecteurs, le grand Achille - futur médecin de campagne et garant des vieux jours de ses parents - et Léo - le Sylphe musicien promis au notariat. Les pique-niques dominicaux sur la berge de l'un des nombreux étangs proches de Saint-Sauveur sont pour la famille prétextes à étaler la nappe sur l'herbe, déballer pâté de campagne, poulet rôti et pain bis, quatre-quarts et confitures, pendant que le Capitaine entonne ses airs favoris en jetant des regards amoureux sur son épouse, Sido, qui de son côté garde un œil inquiet sur la progéniture.
 
        




     
                                                

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 Sido, mère de Colette



Cette mère qui avait épousé en premières noces, un notable fortuné, mais éthylique et malade mental, Jules Robineau-Duclos, eut de ce premier mariage une fille, Emélie Juliette et un fils, Edme Jules Achille.
    

Confrontée à la brutalité et à la vulgarité de son mari, elle vécut un véritable enfer et lorsque quelques semaines avant la mort de son époux,  elle fit la connaissance du nouveau percepteur de Saint-Sauveur, immédiatement elle fut séduite par cet homme « aux terribles yeux de chat » de belle et souple allure, malgré cette jambe de bois qu'il tenait d'une grave blessure reçue à la bataille de Melegnano, en Italie, du temps où il était officier dans l'armée impériale.
   

Les Colette se démarquent de leurs compatriotes, par la fréquence de leurs lointains déplacements : Paris mais aussi Lyon, Toulon, Bruxelles (où Sido avait de la famille), Ostende, etc.
  

L'été 1889 est ainsi l'occasion d'une visite au Paris de l'Exposition Universelle. Lors de ce séjour, le Capitaine revoit l'un de ses anciens camarades de Saint-Cyr, Jean-Albert Gauthier-Villars, désormais riche éditeur dont le fils, surnommé Willy, fait sur Gabri une très forte impression !
       

Séduite par ce noceur, elle l'épouse le 15 mai 1893.
    

Auteur de romans populaires, c'est un viveur parisien qui fait également travailler à son profit une équipe de « nègres ». Il introduit Colette dans les cercles littéraires et musicaux de la capitale. Ayant rapidement perçu  les dons d'écriture de sa jeune épouse, Willy l'engage à écrire ses souvenirs d'école, qu'il signe sans vergogne de son seul nom. Ce sera « Claudine à l'école », bientôt suivi d'une série de Claudine (La maison de Claudine, Claudine à Paris, Claudine en ménage, etc).
      

Epoux volage, Willy, devient l'amant de Marie-Louise Servat, femme de l'un de ses collaborateurs, et lui donne un fils, Jacques Henry Gauthier-Villars. Baffouée, jalouse, Colette se libère peu à peu de sa tutelle, et, encouragée par son ami Georges Wague, commence une carrière dans le music-hall où elle présente des pantomimes orientales dans des tenues suggestives, au théâtre Marigny, au Moulin-Rouge et au Bataclan. Elle noue des amitiés féminines  et en 1907, fait scandale en se produisant au Moulin Rouge aux côtés de Mathilde de Morny, surnommée Missy, déguisée en homme.
      

C'est la fin du mariage avec Willy dont elle se sépare en 1906, puis divorce en 1910.

 

 

 

          

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Colette et Missy



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 Colette, Missy et trois amis au Crotoy

 

 

Après son divorce, Colette a une brève liaison avec Auguste-Olympe Hériot, rencontré à la fin de 1909, puis se lie avec Henry de Jouvenel, politicien et journaliste, qu'elle épouse en 1912. Son second mari l'incite à donner quelques billets et reportages au journal Le Matin, dont il est le rédacteur en chef. De ce mariage naîtra une fille, Colette Renée de Jouvenel, dite «Bel-Gazou».



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Le bel Auguste-Olympe Hériot 



Elle reprend la plume de plus belle et publie «  « L'Entrave », « Mitsou », « Chéri », « La Chambre éclairée », « Le Blé en herbe », « Contes des mille et un matins », « Duo », « La Seconde » , « La vagabonde » , « L'envers du music-hall », « En tournée », etc.
« Chéri »  paraît en 1920 pour devenir l'année suivante une pièce à succès.

 Elle  divorce d' Henry de Jouvenel en 1923.

Promue en 1928 officier de la Légion d'honneur, élue le 9 mars 1935 à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, elle épouse le 3 avril de cette même année Maurice Goudeket.

C'est la consécration lorsque en 1936, elle est  promue commandeur de la Légion d'honneur.

Elle enchaîne toujours les ouvrages :  « L'Enfant et les Sortilèges », « La Naissance du jour »,  « La Treille muscate », « Le Toutounier », « Trois... Six... Neuf... » etc.  

Pendant la deuxième guerre mondiale son mari juif est arrêté par les allemands, mais Colette arrive à le faire libérer.

« Gigi » paraît en 1944.

De graves crises d'arthrose finissent par l'immobiliser en 1945.

Elle est élue à l'unanimité à l'Académie Goncourt en 1945  et c'est allongée sur son lit qu'elle reçoit le jeune Jean-louis Bory qui vient de recevoir le prix tant convoité. Elle devient présidente de cette  même Académie en 1949. En 1953, elle est élevée à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur et reçoit la médaille du National Institute of Arts and Letters.

Au faîte de sa gloire, elle s'installe avec son mari au Palais Royal à deux pas de son ami Jean Cocteau. C'est chez elle, dans ce lieu qu'elle adore, qu'elle décède  le 3 août 1954.

En dépit de sa réputation sulfureuse et du refus, par l'Église catholique, des obsèques religieuses, Colette est la seule femme à avoir eu droit à des funérailles nationales et ce, dans la cour d'honneur du Palais-Royal. Elle est enterrée au cimetière du Père-Lachaise à Paris. 



Son écriture :

 

 


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Quoi de plus "moderne" de plus spontané et naturel que l'écriture de Colette sur cet exemplaire de la fin de Chéri datant de 1926?

L'écriture au mouvement coulant, étalée sur l'horizontale, à tendance liée, en guirlande, nous renseigne sur la capacité de Colette à vivre en accord avec avec le milieu dans lequel elle évolue et avec les personnes qui l'entourent.

Utiliser au mieux ses possibilités, les exploiter en souplesse, s'adapter sans se laisser déstabiliser et sans efforts superflus, sont le reflet d'une bonne connaissance d'elle-même, d'une confiance en soi suffisament nourrie d'une estime de soi  acquise dès l''enfance. 

Une nature expansive, qui donne d'elle-même tout en exigeant beaucoup d'espace et de public. L'avenir ne fait pas peur et la curiosité d'esprit, l'adaptabilité sont là pour l'accompagner dans son envie instinctive d'élargir sans cesse son horizon, découvrir et entreprendre. La réceptivité, la sensibilité bien présentes dans le graphisme montrent le besoin intime d'une recherche d'accord, de conciliation avec l'entourage.

Mais derrière cette adaptabilité, cette ouverture au monde et aux autres, se profile également dans l'emploi quasi systématique de la guirlande, dans la présence d'une certaine pression déplacée (plus visible sur d'autre documents non reproduits ici), dans les barres de "t" surplombantes et parfois en avant de la lettre, une propension à ignorer les contraintes et les exigences de règles ou de lois dont elle n'hésite pas à prendre le contre-pied.





 

 

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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 11:41



Keith Haring

(1958-1990)




Bon dimanche!




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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 12:27






Le poème de Jacques Prévert
"La page d'écriture"
est ici illustré
par une belle vidéo



 







Deux et deux quatre
quatre et quatre huit
huit et huit font seize...
Répétez! dit le maître
Deux et deux quatre
quatre et quatre huit
huit et huit font seize.
Mais voilà l'oiseau-lyre qui passe dans le ciel
l'enfant le voit
l'enfant l'entend
l'enfant l'appelle:
Sauve-moi joue avec moi oiseau!
Alors l'oiseau descend
et joue avec l'enfant
Deux et deux quatre...
Répétez! dit le maître
et l'enfant joue
l'oiseau joue avec lui...
Quatre et quatre huit
huit et huit font seize
et seize et seize qu'est-ce qu'ils font?
Ils ne font rien seize et seize
et surtout pas trente-deux de toute façon
et ils s'en vont.
Et l'enfant a caché l'oiseau dans son pupitre
et tous les enfants entendent sa chanson
et tous les enfants entendent la musique
et huit et huit à leur tour s'en vont
et quatre et quatre et deux et deux
à leur tour fichent le camp
et un et un ne font ni une ni deux
un à un s'en vont également.
Et l'oiseau-lyre joue
et l'enfant chante
et le professeur crie:
Quand vous aurez fini de faire le pitre!
Mais tous les autres enfants écoutent la musique
et les murs de la classe s'écroulent tranquillement
Et les vitres redeviennent sable
l'encre redevient eau
les pupitres redeviennent arbres
la craie redevient falaise
le porte-plume redevient oiseau.




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28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 15:00


La poule naine         Image Hosted by ImageShack.us



et le coq du clocher         
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Cassiopée était une fière poule naine

Au plumage blanc et à longue queue noire.

Sa lignée sacrée et sa livrée mondaine

De la basse-cour, la tenait à l'écart.

 

La snobant, belles bressanes et gâtinaises

Caquetaient et gloussaient mille fadaises

Ne  laissaient à la naine que l'écorce dérisoire

De grains de son et de blé dans la mangeoire.

 

Les dodues se pressaient, faisaient les yeux doux

Au coq ergoté, sensible à leurs froufrous.

 

De ces simagrées, Cassiopée n'avait cure,

Et se contentait de frugales épluchures,

Vivait heureuse, tête haute, les yeux rivés

Sur un bel animal en haut du clocher.

 

Là, fier, vigilant, fermement empalé,

Veillait celui qui réveille les dormeurs

Presse aux matines les demi-éveillés

Et de notre poule faisait battre le cœur.

 

La belle échappant à son hégémonie,

 Le coq de la ferme fut pris de  jalousie.

 

De rage, il lança à l'impassible rival

Surplombant les toits ardoisés du village

Un défi audacieux : il eut l'idée fatale

De le provoquer en duel un jour d'orage.

 

Quand le ciel en courroux lança ses éclairs

La volaille apeurée, s'égaya dans l'enclos.

Seule Cassiopée, fidèle à son vaillant héros,

Fit face au tonnerre, droite et téméraire.

 

La foudre assassine frappa vite et fort.

Le veilleur du clocher ne vibra qu'à peine

Tandis que l'ergoté tomba raide mort

Aux pieds de la charmante poule naine.

 

La morale de l'histoire, j'hésite à la livrer :

 

L'idylle dura, mais ne connut nulle couvée,

Une poule de race naine ne pouvant espérer,

D'un vol lourd, poussif et bien trop limité,

Rejoindre son amoureux au faîte d'un clocher. 



Alaligne




 


Pour accéder aux autres comptines, cliquez dans la colonne de droite Catégorie": Comptines"


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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 14:03

 

 

Jean DUTOURD
   

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Jean Dutourd est né à Paris, le 14 janvier 1920. Sa mère meurt quand il avait sept ans. Il se marie en 1942 avec Camille Lemercier, le philosophe Gaston Bachelard étant son témoin. Fait prisonnier au début de 1944, il réussit à s'évader et rentre à Paris suivre ses études de philosophie. Licence  qui restera incomplète, car il ne parvint jamais à décrocher son certificat de psychologie...
 

Son premier ouvrage, "Le Complexe de César", paraît en 1946 et obtient le prix Stendhal. En 1950, il reçoit le prix Courteline pour « Une tête de chien » et, en 1952, le prix Interallié pour « Au bon beurre », scènes de la vie sous l'Occupation. Le prix Prince Pierre de Monaco lui est décerné, en 1961, pour l'ensemble de son œuvre.
     

Le 14 juillet 1978, une bombe fait sauter son appartement, déposée par des gens qui « n'aimaient pas son style ». Est-ce cet incident qui lui vaut d'être élu à L'Académie française après deux refus ? Toujours est-il qu'il revêt l'habit vert et prend possession du fauteuil  de Jacques Rueff, le 30 novembre de la même année.
         

En 2001, alors qu'il pense avoir de beaucoup passé l'âge des récompenses, c'est le prix Saint-Simon pour "Jeannot, mémoires d'un enfant" qui  lui est attribué.
        

Dans ses articles et les quelque 60 romans, essais ou autobiographies qu'il a écrits, cet écrivain à contre courant des modes littéraires, politiques et intellectuelles de son époque n'a cessé de déployer son énergie à fustiger «ce siècle industriel» qui le dégoûte, et à soupirer après «ce temps béni» où, sous Louis XV, l'agriculture et la littérature faisaient tourner le monde. Critique virulent d'un  XXe siècle dont il ne retient que trois choses positives: le chemin de fer, l'électricité et le stylo-feutre, il considère tout le reste comme bon à jeter. Membre éminent du club des ronchons, son slogan officiel «En arrière toute!» lui va comme un gant ainsi que son objectif qui est d' « étudier l'horreur du bonheur ». Il ne peut que se réjouir que les réunions du Club soit interdites « aux femmes, aux enfants, aux animaux et aux plantes vertes ».


 
        




     
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Lorsque l'académicien participe à l'émission sur RTL de Philippe Bouvard  « les grosses têtes », cet anticonformiste à l'ironie souvent mordante se montre parfois très conservateur et il déclare pour s'en expliquer et non s'en défendre :«Je ne suis pas réac, je suis conservateur!».

          

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Pourtant, c'est lui, qui en 1980 se bat pied à pied contre l'entrée sous la Coupole des femmes en général et de Marguerite Yourcenar en particulier et de s'écrier : «Nous sommes d'une tribu de vieux mâles coiffés de plumes qui campent sur la Seine depuis trois cent cinquante ans. N'y touchez pas!».

 

Farouchement opposé à la féminisation des noms de métiers, Jean Dutourd n'hésite pas à monter au créneau : « Cette histoire est un gadget, ce sont les effets de la polygamie de Jospin, qui est entouré de sultanes et qui, pour faire plaisir à son harem, relance une vieille idée. » et de vitupérer contre Le premier Ministre qui accepte que des femmes se fassent appeler « Madame la Ministre ».

Ses prises de position à l'Académie en faveur de la Serbie, sa défense d'un Papon pourfendu par la presse donnent de lui l' image d'un vieil anar de droite.

Mais c'est sans doute oublier un peu rapidement qu'il est avant tout un grand écrivain, amoureux fou des mots, un bougon talentueux, un râleur ironique.

 

Dans un excellent portrait brossé par Olivier Le Naire dans l'Express Livres et auquel j'ai emprunté quelques passages pour cet article, on peut lire:

 

« Ses souvenirs d'enfance éclairent aussi le personnage, son ambition têtue d'artiste et cette maladive nostalgie d'un monde qui n'était déjà plus au jour de sa naissance. Il faut lire ces pages où il décrit la fin prématurée de sa mère, le voyage dans le Midi en De Dion-Bouton, le capharnaüm d'un Louvre désert et envoûtant, avec son odeur d'encaustique, où il traînait étant petit. «Regardez ce qu'on en a fait, du Louvre! Aujourd'hui, il est encombré de visiteurs qui se croient obligés d'y aller parce que des profs ignorants les y ont poussés. Qu'on foute la paix à ces gens et qu'on laisse la peinture à ceux qui en ont vraiment besoin!»...

... Après avoir, ces dernières décennies, beaucoup jargonné, théorisé, exclu, la littérature française saura-t-elle remettre à sa vraie place la petite musique de Dutourd? «J'ai toujours pensé que les gens qui écrivaient tristement écrivaient mal», explique l'académicien. Où sont d'ailleurs les Dutourd de l'an 2000? Quel jeune romancier français sait encore croquer son temps avec ce regard amusé et aiguisé? Qui ressuscitera ce personnage de l'idiot, de l'imbécile, qui disparaît du roman actuel? «Ce Beigbeder, avec son 99 Francs, a essayé», remarque Dutourd. Pas avare de compliments sur la relève, il distingue - outre Patrick Besson - «la petite Nothomb», dont il aime «cette manière de faire le clown, avec son air de bal masqué romanesque», François Taillandier, Eric-Emmanuel Schmitt... »

 

Jean Dutourd garde toujours un ton corrosif pour évoquer sa vieille ennemie, la bêtise humaine, clamer haut et fort son amour des mots et ... de l'Académie Française qui, selon lui-même et Voltaire qu'il cite « est toujours une espèce de rempart contre les fanatiques et les fripons ».

 

Son écriture :




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Celui qui en dehors des chemins de fer, de l'électricité et du feutre ne trouve rien de bon au XXème siècle, nous prouve par l'emploi d'un feutre noir assez épais pour la dimension de son écriture, qu'il est cohérent dans ses choix.

Peu de pression dans ce graphisme "lesté" qui se dégage de la relative impression de lourdeur du trait par des enchaînements de lettres parfois étalées et parfois étrécies à l'intérieur d'un même mot (cf les mots "meilleures" et pensées"). Cet étalement en "accordéon" sur la ligne de base  signe l'alternance de motivations à étendre le champ d'investigation, à chercher le contact avec l'autre, à participer et à réduire le besoin d'expansion, à rester maître de ses convictions et restreindre les contacts.

La "sensorialité " du trait nous renseigne sur une attitude qui sollicite plus l'émotion que la raison pour appréhender la vie. La subjectivité qui en découle éloigne de toute neutralité, et l'originalité des impressions et des idées n'a dégale que la tendance à transformer la réalité. D'où, un besoin de s'accrocher à des valeurs sûres, des repères tangibles qui peuvent expliquer ses choix,  ses préférences intellectuelles et personnelles.

Il n'en demeure pas moins que l'écriture  ici tracée vers 1988 alors qu'il avait 68 ans reste marquée par de l'élan, une dynamique, une soif de découvertes et montre encore tout le tempérament entier, ardent et absolu de son scripteur. 





 
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23 mars 2008 7 23 /03 /mars /2008 11:43



Je vous souhaite de très Joyeuses Fêtes de Pâques!


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