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Lundi 15 juin 2009



(Sur le lecteur Deezer en colonne de droite: les joies de la cuisine de Joe Dassin)

Le macaron de Nancy doit sa renommée à deux soeurs converses (chargées de tâches domestiques) de la communauté des Dames du Saint Sacrement de Nancy.

Lors du décret de suppression des congrégations religieuses (5 avril 1792), Catherine GRILLOT et Elisabeth MORLOT se trouvèrent dans l'obligation de quitter leur communauté. Elles furent accueillies dans la famille GORMAND, au 10 rue de la Hache à Nancy. Pour participer aux frais qui chargeaient cette famille, elles eurent l'idée de fabriquer des petits gâteaux et d'aller elles-mêmes commercialiser leur production sur les marchés et aussi faire du porte à porte.

Le macaron aurait été apporté en France par des cuisiniers italiens, à l'époque de la Renaissance.
"Le Macarone", en vénitien, veut dire "pâte fine" et serait en fait cousin de macaroni.

En Lorraine, on commence à en parler à propos de Catherine, la fille du Duc Charles III et de Claude de France, fille de Catherine de Médicis. Celle-ci avait amené avec elle ses cuisiniers novateurs italiens lorsqu'elle épousa Henri II et devint reine de France.

En 1624, elle fonda un monastère à Nancy selon la règle de Saint-Benoit, donnant l'exemple d'humilité et de patience, n'hésitant pas à faire les tâches domestiques les plus dures en y ajoutant des mortifications les plus sévères.


Sa santé se délabra. Dom Calmet écrit que "La faiblesse de son estomac ne lui permettait plus que d'absorber 2 oeufs frais avec des poudres digestives, jamais de fruits, ni de confitures."


Alors que la "faiblesse de son estomac" la condamnait à mourir d'inanition, un petit gâteau confectionné par les soeurs converses lui permit de survivre. C'est ce délicieux petit macaron que les deux soeurs Catherine GRILLOT et Elisabeth MORLOT fabriquèrent.

Quoi qu'il en soit, la guérison de Catherine de Lorraine intervint.

A base d'amandes broyées, de blanc d'oeuf et de sucre de canne, sa recette était déjà connue à Remiremont.


"Les soeurs Macarons" conservèrent le secret de sa fabrication et le commercialisèrent.

Catherine GRILLOT étant décédée, Elisabeth MORLOT transmit le secret à une de ses nièce, Elisabeth MULLER.

Le secret fut ensuite transmis au fils, puis aux générations suivantes des époux MULLER.

De 1854 à 1876, la maison fut dirigée par Elisabeth MULLER
De 1876 à 1903, par Hector MOINEL
De 1919 à 1935, par Alfred MOINEL
De 1919 à 1935, par Georges MOINEL
De 1935 à 1966, par Georges APTEL
De 1966 à 1991, par Roger APTEL
Depuis 1991, par Jean-Marie GENOT

En 1952, la Ville de Nancy a honoré les soeurs macarons en donnant leur nom à la partie de la rue de la Hache où pris naissance la fabrication du "Macaron de nancy".

 

 

 

Voici donc la recette manuscrite de ma grand-mère maternelle Léonie:


 



C'est simple et délicieux!!!

 

 


Par Alaligne - Publié dans : Coups de coeur - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Vendredi 12 juin 2009

Lors d'une interview de Dustin Hoffman, la journaliste dont je n'ai pas réussi à déterminer la nationalité exacte emploie des termes en anglais inappropriés sur lesquels l'acteur rebondit pour notre plus grand... fou rire....

"Cut" en anglais devient en français "taillé" ou "coupé"
"Pike" veut dire "pique" (en réalité, la journaliste emploie une fois pike, ou pipe, tout aussi incongru qui veut aussi dire "tuyau" alors qu'elle veut parler de "muscle".
Dustin joue enfin sur le mot "pike" qui désigne également en anglais un "brochet", puis "bass" qui désigne un bar, et enfin "perch" qui désigne une perche (le poisson et l'instrument).

Tout ce méli-mélo donne le grand moment d'hilarité qui suit:








Amusez-vous bien!


Par Alaligne - Publié dans : Coups de coeur - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Samedi 6 juin 2009


Un grand coup deImage Hosted by ImageShack.us



Pierre Daninos
écrivait dans Les vacances à tout prix: "Le farniente est une merveilleuse occupation. Dommage qu'il faille y renoncer pendant les vacances, l'essentiel étant alors de faire quelque chose.
"


C'est bien ce qui m'est arrivé pendant ces quelques jours de congés. Et devinez à quoi j'ai occupé ces longs après-midi, enduite de crème solaire, bercée par le ressac,  les cheveux lissés par un vent de nord-ouest?
Je vous le donne en mille... Non, toujours pas d'idée? Lire... of course...

Et parmi tous les livres emportés au risque de me faire épingler à l'embarquement pour excès de poids de bagages, les trois petits petits trésors concoctés par Erik Orsenna:

La grammaire est une chanson douce
Les Chevaliers du subjonctif
La révolte des accents


J'avais recueilli sur le net quelques informations et critiques de lecteurs sur ces trois ouvrages destinés (?) à la jeunesse, censés leur donner l'amour de la langue française et tache hautement plus périlleuse, l'amour de la grammaire. Si le premier livre semble avoir déclenché l'engouement des lecteurs, les deux derniers sont parfois éreintés. Eh bien! je vous le dis tout de go... juste des petits bijoux littéraires.

Trois livres à mettre d'urgence au programme de l'Education nationale dès l'entrée en sixième. Non seulement ils sont intelligents, drôles, bien écrits (on peut s'y attendre sous la plume d'Orsenna), mais également emplis d'une poésie et d'un amour fou pour la langue (les langues), la musique (musique au sens propre et musique des mots) et l'humanité.


Pas un seul instant, je ne me suis ennuyée à suivre les aventures de Jeanne et de son frère Thomas.  Merveilleusement illustrés, ces trois petits albums démontrent à l'évidence que l'on peut aborder des thèmes réputés  rébarbatifs avec la grâce, la légèreté et la finesse d'un chardonneret élégant.

Lorsque un grand écrivain vous explique que le subjonctif, temps du doute et de tous les espoirs, ne peut-être que le temps du verbe aimer... comment ne pas fondre de plaisir...

Alors, n'hésitez pas un seul instant et cliquez sur le très joli site d'Erik Orsenna ci-dessous pour vous aussi, vous embarquer non pas pour Cythère mais pour les îles du bonheur et parfois du malheur de la grammaire, le tout avec le sourire.




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Belle découverte!



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Vendredi 22 mai 2009














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En farniente ICI





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Mercredi 20 mai 2009
Le philosophe Alain... toujours d'actualité...



Dans la grande prairie


5 juin 1909


 

 

 





Platon a des contes de nourrice, qui ressemblent, en somme, à tous les contes de nourrice, mais qui, par certains petits mots jetés comme en passant, retentissent au fond de nous-mêmes, et éclairent subitement des recoins mal connus. Tel est ce récit d'un certain Er, qui avait été pris pour mort après une bataille, puis revint des Enfers une fois que l'erreur fut reconnue, et raconta ce qu'il avait vu là-bas.


Voici quelle était l'épreuve la plus redoutable. Les âmes, ou ombres, ou comme on voudra, sont conduites dans une grande prairie, et on leur jette devant elles des sacs où sont des destinées à choisir. Ces âmes ont encore le souvenir de leur vie passée ; elles choisissent d'après leurs désirs et leurs regrets. Ceux qui ont désiré l'argent plus que toute chose choisissent une destinée remplie d'argent. Ceux qui en ont eu beaucoup en cherchent davan­tage encore. Les voluptueux cherchent des sacs pleins de plaisirs ; les ambitieux cherchent une destinée de roi. Pour finir, chacun trouve ce qu'il lui faut, et ils s'en vont, avec leur nouveau destin sur l'épaule, boire l'eau du fleuve Léthé, ce qui veut dire le fleuve Oubli, et partent de nouveau pour la terre des hommes, afin de vivre selon leur choix.


Voilà une singulière épreuve et une étrange punition, qui est pourtant plus redoutable qu'elle n'en a l'air. Car il se trouve peu d'hommes qui réfléchissent sur les véritables causes du bonheur et du malheur. Ceux-là remontent jusqu'à la source, c'est-à-dire jusqu'aux désirs tyranniques qui mettent la raison en échec. Ceux-là se défient des richesses, parce qu'elles rendent sensible aux flatteries et sourd aux malheureux ; ils se défient de la puissance, parce qu'elle rend injustes, plus ou moins, tous ceux qui en ont ; ils se défient des plaisirs, parce qu'ils obscurcissent et éteignent enfin la lumière de l'intelligence. Ces sages-là vont donc retourner prudemment plus d'un sac de belle apparence, toujours soucieux de ne point perdre leur équilibre et de ne point risquer, dans une brillante destinée, le peu de sens droit qu'ils ont conquis et conservé avec tant de peine. Ceux-là emporteront sur leur dos quelque destinée obscure dont personne ne voudrait.


Mais les autres, qui ont galopé toute leur vie après leur désir, se régalant de ce qui leur semblait bon, sans regarder plus loin que l'écuelle, ceux-là que voulez-vous qu'ils choisissent, sinon encore plus d'aveuglement, encore plus d'ignorance, encore plus de mensonge et d'injustice?  Et ainsi ils se punissent eux-mêmes, plus durement qu'aucun juge ne les punirait. Ce millionnaire est maintenant dans la grande prairie, peut-être. Et que va-t-il choisir?  Mais laissons les métaphores ; Platon est toujours bien plus près de nous que nous ne croyons. Je n'ai aucune expérience d'une vie nouvelle qui suivrait la mort ; c'est donc trop peu de dire que je n'y crois pas ; je n'en puis rien penser du tout. Je dirais plutôt que la vie future, où nous sommes punis selon notre propre choix, et même selon notre propre loi, c'est cet avenir même où nous glissons sans arrêt, et où chacun développe le paquet qu'il a choisi. Et il est très vrai aussi qu'au fleuve Oubli nous ne cessons de boire, accusant les dieux et le destin. Celui qui a choisi ambition n'a pas cru choisir basse flatterie, envie, injustice; mais c'était dans le paquet.




5 juin 1909


Pour en savoir plus sur Alain : ICI



 

 

 


Par Alaligne - Publié dans : Coups de coeur - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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