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Samedi 20 juin 2009


Les filantes de mer

 


 

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(En fond sonore, sur le lecteur Deezer en colonne de droite, cliquez sur "La dernière étoile filante")


Il y a fort longtemps, dans la lactée brillante,

Deux étoiles filantes jouaient amoureusement.

 

Grandes expertes en voltige,

Elles enchaînaient jusqu'au vertige

Boucles, vrilles et retournements.

 

On les disait issues des Perséides,

Mais elles erraient sans autre guide

Que l'envie d'égayer le firmament.

 

Dans leurs figures téméraires,

Elles frôlèrent la planète annulaire

Qu'elles saluèrent en passant.

 

Puis, en l'éclair d'un saut de puce,

Elles firent les yeux doux à Vénus

Qu'elles embrassèrent goulûment.

 

Plus loin, une boule d'un bleu intense

Les attira dans une nouvelle danse

Qu'elles entamèrent immédiatement.

 

L'éclat de ce bleu si vif et si précieux

Leur parut tellement délicieux

Qu'elles en perdirent l'entendement.

 

Et c'est ainsi que deux étoiles filantes

Plongèrent dans l'eau scintillante

Pour y rester éternellement.

 

De célestes à marinières, de filantes à étoiles de mer,

Il y a fort longtemps,

Deux étoiles s'aimèrent dans les eaux tièdes des océans.

 

 

 

 

©Alaligne

 

 

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Par Alaligne - Publié dans : Comptines - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Mardi 31 mars 2009
Les trois cloches de Pâques


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Campana, nota et tintinabulla
Sont trois pimbêches et bronzées demoiselles
Qui, lors de leur baptême, furent nommées: Pétronelle
Bella Remigia et pour la cadette, Legata Quinitina.

Dans la tendre campagne florentine
Nichées au sommet pointu d'un campanile
Elles oscillent crânement au gré du vent
Carillonent, tintinabulent, scandent le temps.

Leur vie est réglée avec la précision d'une horloge,
Et du haut du clocher, elles sont aux premières loges
Pour espionner les bigotes qui se rendent à confesse
Cancaner et gloser aux sorties des basses messes.

Et là, aujourd'hui, en cette fin d'un long et pieux carême,
Elles sont à deux doigts du péché, voire même du blasphème.
Elles vibrent de colère, de jalousie, de rancoeur accumulée
Au spectacle, pourtant délicieux, des mille clochettes ailées
Qui annoncent dans les cieux, le retour du Christ ressuscité.

Et Pétronelle peut bien agiter ses deux tonnes,
Ses soeurs frapper du bourdon leurs couronnes,
Elles resteront au linteau de chêne attachées
N'iront point dans jardins et bosquets se cacher.

Elles n'ont toujours pas compris
Que la grâce n'a pas de prix
Et que pour changer leur bronze en chocolat
Il eut fallu plus de piété et moins de tralala.


Alaligne


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Vendredi 6 mars 2009










Le Papillon Citron de A à Z



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Question Acclimatation

Il est vraiment trop Bon.

Lâchons l'expression: c'est un Champion!

J'en fais ici, lettre à lettre, la Démonstration:



Fin mai,après une furtive Eclosion,

De chenille en chrysalide en Formation,

Il attend l'ultime et lente Gestation.

En juin, est-ce une Hallucination?

Ses ailes se déploient en une Illumination.

De fleurs en fleurs, il pose ses Jalons,

Chantons tous sa naissance: Kirie Eleison!



Après l'été, ce fragile et superbe Lampion

Devient plus timide et bien Maigrichon.

Il pâtit d'une rare et mauvaise Nutrition,

N'a guère d'autre choix, ou finale Option

Que de chercher refuge, gîte et Protection,

Sous le lierre, sans s'abîmer en Questions.



Alors, il hiberne et retient sa Respiration

Tout au long de la rude et froide Saison.

Mais au printemps, nouvelle Transition,

Danse nuptiale, abdomens à l'Unisson,

Il entame les charnelles et bonnes Vibrations

Sur des branches d'un profond vert Wagon.



Mission accomplie, il respire un gramme de Xénon,

Rêve de nectar, de l'Inde et de sa lointaine Yanaon,

Puis, pour toujours, replie ses ailes couleur Zircon.




...




Tel est le cycle du Papillon Citron...


 

 


 

Alaligne

 

 

 

 

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Jeudi 29 janvier 2009


Quelques lignes minimalistes en contribution à
 la communauté contre la faim d'OB




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Qui dort, dîne



"Qui dort, dîne"
Disait Nabaline.

Dior suce son poing et s'endort.

Goyaves, papayes, mangues
Fondent sur sa langue.
Konkorongs, madds, corossols
Entament une ronde folle.
Jujubes, bissaps, dikaths,
S'entrechoquent et éclatent.

Ventre plein de rêves,
Tête gorgée de sèves,
Sur le sol craquelé
D'un pâturage déserté...

Dior suce son poing et s'endort.

"Qui dort, dîne"
Disait Nabaline.



Alaligne





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Mardi 2 décembre 2008

Une comptine pour une fois réservée aux grands enfants ;)










 

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L'orange de Noël


Cinq sous au fond d'la poche,

Faisant grincer mes galoches,

J'pars chez la Mère Fannie,

L'épicière d'la rue Saint Denis.


Des belles me font les yeux doux

M'appellent « Mon p'tit loup,

 Mon gentil roudoudou. »


Des fois qu'elles en voudraient à mon pécule,

J'prends l'air d'un Jules, d'une vraie crapule.


« Quoi donc tu fais ici, par c'temps pourri ? »

M'lance - l'œil encarté - la grande  Sophie.


J'réponds à la chabraque de frangine

Qu'ma mère elle manque de vitamines

Et vu qu'c'est bientôt la nuit d'Noël

J'veux lui offrir des oranges et du miel.


J'vois les filles de la rue qui se gondolent

S'frappent les cuisses, lèvent leurs guiboles

Fourragent dans leurs fringues de coulisse

Fliquées par un jeune mac en pelisse.


Elles m'font un signe, et une p'tite à chignon

Me tend une poignée de jolis biffetons.


« Tiens v'là d'quoi t'acheter six livres d'oranges,

T'es trop giron l'crapaud, avec ta trogne d'ange,

Tu bichoteras ta mère d'la part des croqueuses

Sois chouettard avec elle, rends-la heureuse ! »


J'aimerais bien toutes les embrasser,

Mais le mac commence à m'reluquer.


Alors, vingt francs au fond d'la poche,

Faisant glisser mes galoches,

J'repars chez la Mère Fanny,

L'épicière d'la rue Saint Denis.



Alaligne





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