Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Ecritures à la loupe
  • Ecritures à la loupe
  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
  • Contact

Mes romans

histoire

  couv-pour-OB.jpg




21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 16:23


Image Hosted by ImageShack.us



Image Hosted by ImageShack.us Merci à Babou pour ce gentil lien sur son blog!




Une histoire ...  (13)


 

 

 


Lorentz qui ne s’alimentait que d’un peu de rosée et d’air frais, ressentit en même temps que moi les affres de la soif et de la faim. Nous décidâmes de tenir un conseil de guerre. Rip et le chat – on a parfois des faiblesses lorsque son existence est en jeu – furent invités à rejoindre notre Haut commandement. Il nous fallait trouver un stratagème pour tenir au moins jusqu’au soir de Noël. Cela ne nous laissait que vingt quatre heures, autant dire presque rien. Le problème était simple : où trouver de l’eau et comment la transporter jusqu’à nous ?


Nous échafaudâmes des solutions parfois fantaisistes. Lorentz marqué par une formation scientifique d’ingénieur des eaux et forêts, pensa à puiser notre substance dans la neige qui s’amoncelait à l’extérieur, d’utiliser les ailes de La Parisette pour actionner un artisanal moulin à moudre la neige ou la glace pour la transformer en eau, puis acheminer le précieux liquide jusqu’à nous, grâce à un aqueduc fabriqué avec du petit bois entreposé près de la cheminée pour allumer le feu. Le projet était séduisant et fort ambitieux mais lorsque nous comprîmes qu’il mettrait six mois à se réaliser, nous l’abandonnâmes aussitôt.


Une fois n’est pas coutume une partie de la solution vint des humains. Pendant que nous cogitions sur de nouvelles solutions, Klemens et Effy étaient sortis élever un grand bonhomme de neige à l’entrée de la maison. Des amis de leur âge s’étaient joints à eux pour leur prêter main forte et cela dégénéra bientôt en une bruyante bataille de boules de neige. Lorsque la première boule vint s’écraser sur la fenêtre face à laquelle je m’étiolais, nous eûmes tous la même idée. Il suffisait d’ouvrir la fenêtre et d’attendre qu’une salve de boules de neige atteigne l’objectif stratégique, à savoir mon pot. Oui, mais voilà… comment ouvrir la fenêtre ? Elle fermait grâce à un bouton de crémone en bois verni qu’il fallait tourner dans le sens des aiguilles comme nous l’indiqua le chat pédant mais excellent observateur. Je demandais à la Parisette si dans son sac à malices elle ne disposait pas d’un tourneur enchanté de poignées de fenêtres ? Elle prit une mine dépitée et déclara que la Tourmentine saurait le faire, mais qu’elle, non.


C’est alors que Rip eut une idée géniale. Il nous déclara que son pouvoir hypnotique s’exerçait sur tous les animaux nichant dans les demeures des humains et que parmi ceux-ci, les souris étaient des animaux de laboratoire parfaits lorsqu’il se lançait dans de nouvelles expériences. Il ajouta que les humains détestaient les souris, surtout les femmes qui en avaient une peur bleue et qu’il suffisait donc de masser en nombre ces petits rongeurs sur le rebord de la fenêtre pour provoquer la panique de Birgit et lui faire ouvrir la fenêtre. Lorentz trouva le projet hasardeux et commença à nous expliquer la théorie des probabilités. Là, il devenait vraiment très ennuyeux. Je proposai alors de passer au vote. À l’unanimité moins une voix (celle de Lorentz), le projet fut adopté. Eh bien, croyez moi ou non, cela marcha ! Il ne fallut pas plus de deux minutes à Rip pour faire descendre du grenier à noix une vingtaine de soyeuses souris grises, les faire grimper sur le rebord de fenêtre. La réaction du chat fut immédiate. Les yeux exorbités, il prit la position du chasseur couché. Si nous n’avions La Parisette, Lorentz et moi-même, hurlé à Rip de neutraliser par un nouveau charme le matou, notre plan tombait à l’eau.  Rapide comme l’éclair, il le figea dans sa pause pendant que les petits rongeurs, inconscients du danger batifolaient sous le nez de leur prédateur. Les souris, dociles aux ordres du lutin, chicotèrent si fort que Birgit alertée par leurs couinements incessants descendit dans la grande pièce. Elle poussa un cri affreux et se précipita, comme nous l’espérions, pour ouvrir la fenêtre et les chasser hors de sa demeure. Klemens distinguant la tête de sa mère dans l’embrasure en profita pour la viser avec une grosse boule de neige bien tassée. Les autres enfants suivirent en riant son exemple et plusieurs des boules lancées s’écrasèrent  sur le rebord du pot, l’une d’elle allant même exploser à la base de mon tronc. La chaleur du poêle en faïence fit le reste… Nous étions sauvés ! Certes, i1 nous fallut subir la colère de l’armoire et du coffre qui pestèrent contre les marques d’eau sur leur surface cirée, accepter d’être traités d’irresponsables et d’égoïstes par l’horloge à coucou dont la petite aiguille fut légèrement faussée par une munition blanche. À la guerre, comme à la guerre ! Nous venions de remporter celle contre la soif !


Birgit, à notre grande déception passa la serpillière sur le carrelage de pierre, nous privant d’une réserve d’eau supplémentaire. Quant à ma lutine, l’épisode guerrier lui inspira une poésie dite « en boule de neige », du moins c’est ce que le chat affirma car, à mon humble avis, « en sapin » aurait été plus approprié :


 

Ô

Je

Vis

Avec

Celle

Lancée

Arbuste

Détrempé

Adversaire

Ecrabouillé

 

J’avais le cœur léger, les racines humides, le moral au plus haut. Le manteau d’écailles de lépiotes de Lorentz avait retrouvé son aspect velouté et ses moustaches vibraient de bonheur. La nuit fut calme et douce. Une nuit où nous pûmes reprendre des forces et des forces il nous en fallut pour supporter sans broncher l’excitation des petits, la fébrilité des grands, les allées et venues incessantes, les congratulations de ma famille à chaque passage de cire d’abeille sur leur surface et surtout cet innommable feu de bois dans la cheminée que les humains allumèrent le lendemain en début de soirée.


Faire brûler du bois, était-ce là encore un mauvais présage ?


Vous aussi avant de vous endormir cette nuit, peut-être avez-vous chanté quelques cantiques auprès de l’âtre ? Peut-être avez-vous pensé à vos futurs cadeaux en écoutant les flammes crépiter, en les regardant lever vers le ciel des langues multicolores jusqu’à ce que devenues braises elles s’éteignent en un ultime rougeoiement. Faire brûler du bois…


Tssssssss, tiens cela me donne la chair de poule !


Je sens le vent se réchauffer et une toute petite lueur poindre à l’horizon. Je vais me hâter de vous narrer la suite car dans peu de temps, vos paupières vont frémir et il sera trop tard pour que mes mots ne vous parviennent.




 

 

A suivre...

 

 


©Alaligne

 

 


 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Farfadet 86 29/12/2009 10:19


Ô Minuit !
Ô Minuit !
Ô Minuit  minuit  minuit boules !

Ainsi apparurent les boules dans le sapin de Noêl

Farfan'ai-je Padejha Sekilfô ...