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  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
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Mes romans

histoire

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 16:02


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Une histoire ...  (11)




 

Nous fûmes installés près d’une cheminée éteinte et la voix de notre ravisseur couvrit les discours de bienvenue de ma fratrie.

 

-  Birgit, Effy, Klemens ! Venez me dire ce que vous en pensez ?

 

Des pas résonnèrent au-dessus de ma tête puis dévalèrent l’escalier qui menait à la grande pièce. Klemens fut le premier à rejoindre son père. Derrière lui, en modèle réduit, un exemplaire à boucles dorées faillit manquer la dernière marche si l’humaine de grande taille qui le suivait ne l’avait rattrapé in extremis par le bras. La surprise me coupa le souffle. La ressemblance entre cette dernière et ma Parisette était manifeste. Bien que chaudement vêtue, dépourvue d’ailes de papillon, et les cheveux nattés haut sur la tête, la beauté de ses traits, la grâce avec laquelle elle déplaçait l’air autour d’elle, évoquaient sans aucune équivoque mon amie. Boucles dorées, battit des mains en me voyant et se précipita pour me prendre dans ses bras. A nouveau et juste avant qu’elle ne se frotte à mes aiguilles, le sosie de ma lutine la retint par le bras.

 

-  Effy, attention, tu vas te piquer et abîmer ton sapin de Noël. Tu touches avec les yeux, rien d’autre ! ajouta-t-elle avec une certaine fermeté.

 

Le visage de boucles dorées se plissa et prit une mine boudeuse, mais la poigne de celle qui devait être sa mère la dissuada d’aller plus loin.

 

-  Votre choix est parfait. Il est vraiment trop mignon. Nous allons le décorer comme il le mérite, n’est-ce pas les enfants ? Hans, mon chéri, peux-tu me descendre du grenier à noix les décorations de Noël ?

Elle adressa cette dernière demande au grand qui m’avait déplanté de ma forêt natale.

 

-  Je vous amène cela immédiatement, répondit alors son chéri.

 

Un murmure d’admiration s’éleva dans la pièce : « Ils vont le décorer… vous vous rendez compte ! Quelle chance, il a ! ». Il y eut également certaines voix pour critiquer la chose et prétendre que j’étais un peu jeune pour mériter un tel traitement de faveur. Que voulez-vous, des jaloux, il y en a dans toutes les familles, et la mienne n’échappait pas à la règle.

 

Quelques minutes plus tard, Hans était de retour les bras chargés de boîtes rectangulaires. Il les posa à côté du pot où je logeais et souleva les couvercles. Les enfants poussèrent des cris de joie puis commencèrent à répandre sur le sol leur contenu multicolore. Peu à peu, avec l’aide de leur mère ils couvrirent chaque parcelle de mon anatomie de guirlandes scintillantes, boules de papier mâché délicatement peintes de figurines rouges et vertes et d’autres qui réfléchissaient une lumière dorée pareille à celle de la petite Effy. A ce petit jeu et au bout d’une heure, c’est à peine si je pouvais encore discerner mon tronc ainsi que ma ramure. Lorentz s’était prudemment réfugié dans un endroit qu’il pensait inaccessible, mais la chute d’une guirlande faillit le projeter à terre. Quant à ma lutine, elle batifolait de boule en boule, s’arrêtant sur les plus lisses et les plus brillantes pour s’admirer et se pavaner. Quand le calme revint et que les humains décidèrent que j’étais assez déguisé et transformé selon leurs souhaits, ils remontèrent à l’étage et me laissèrent seul dans mes nouveaux atours.


J’avoue qu’au tout début, je me sentis gonflé d’importance, heureux d’avoir été l'objet des attentions fort délicates de ces humains. Ce n’est que lorsqu’un rire sarcastique s’échappa d’une soupente que le doute agita mon esprit. Il mesurait environ sept pouces et sa physionomie n’était guère engageante : grosse tête fendue d’une large bouche grimaçante d’où s’échappaient deux crocs acérés. Il avançait vers moi par grands bonds grâce à d’énormes pieds griffus. « Te voilà drôlement attifé » me déclara le nouveau venu en guise d’accueil. « Je me présente. Je me nomme Rip, vénérable représentant des Latusé dans cette humble demeure. »


Aussitôt Lorentz sortit de sa cachette et la mine réjouie, lui serra la main. Avec l’art de la concision qui caractérise mon ami, il résuma au lutin des charpentes notre odyssée. En retour Rip, l’informa des missions incombant à ceux de sa race. Il nous expliqua qu’il était là pour épier les enfants et rapporter à leurs parents leurs bêtises, qu’il jouait à les effrayer en faisant grincer la nuit les portes des armoires, craquer les marches de l’escalier. Il finit par nous avouer qu’il était celui qui provoquait les multiples petites sottises qui déclenchaient la colère des parents et les punitions qui allaient avec. Cela n’avait pas l’air de le perturber beaucoup. Bien au contraire, on sentait qu’il y puisait une certaine fierté. Lorentz, dont le bon cœur dictait chacune de ses décisions exprima des doutes quant à une nature aussi tyrannique. Rip, piqué au vif, lui affirma qu’avant la tombée de la nuit, il aurait fourni la preuve de ses pouvoirs. Effectivement, alors que les derniers rayons argentés de décembre couronnaient des cimes enneigées, nous entendîmes à nouveau des bruits de pas hésitants dans l’escalier. La tête blonde d’Effy apparut en haut des marches. Devant elle, un Rip goguenard sautait de marche en marche et usant de grimaces et pitreries variées la tenait sous son emprise. Il la conduisit jusqu’à moi, grimpa sur le bord du pot, fit tanguer les boules les plus basses et tira sur le bout d’une guirlande. Effy éclata d’un rire cristallin et suivit son exemple.  Mais là où Rip n’avait usé qu’avec douceur de gestes mesurés Effy, excitée par la subite agitation des décorations de Noël fit valser à qui mieux mieux les boules et tira de toutes ses forces sur les guirlandes.  Je vous laisse imaginer la suite…

 

Le bruit du verre brisé se répandit dans toute la maison. Un « Oh ! » d’indignation s’échappa du vaisselier, repris à tue-tête par l’horloge à coucou qui faillit en perdre la notion de l’heure exacte. Juste des peccadilles par rapport au regard noir de reproches que Birgit accourue sur les lieux lança à sa fille.

 

Oups ! J’ai cru un instant que tout ce vacarme allait vous réveiller. Les oiseaux migrateurs me demandent également de réduire de quelques décibels le cours de ma narration. Ils prétendent que cela désynchronise le battement de leurs ailes. Le bruit du verre cassé les affole. Pffffffff, quelle galère que de vous narrer mon histoire !


 


 

 

A suivre...

 

 


©Alaligne

 

 


 

 

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commentaires

voyance par mail gratuite 27/07/2015 13:16

Merci pour ces conseils forts intéressants, cela fait vraiment plaisir de tomber sur des articles aussi intéressants que les votre ! Je vous souhaite santé, longévité, succès, bonheur et la paix du cœur.

voyance par mail 27/07/2015 13:15

Grâce à vous, j'ai pu apprendre beaucoup de choses intéressantes. J'espère en apprendre encore. Je vous félicite pour ces merveilleux partages. Continuez ainsi !

Farfadet 86 21/12/2009 01:18


Voilà d'où vient l'expression se faire enguirlander ...
C'est ce qui résulte du fait de tirer sur les guirlandes suscitant  le méconntentement des poseurs ou poseuses  de guirlandes.  En conséquence les trouble-fetes se font enguirlander
... J'ai tout compris moi  hein ?...


Alaligne 21/12/2009 10:42



Bravo à mon éthymologiste préféré... toutefois le verbe "enguirlander" voulait dire couvrir d'éloges... Gros bisous mon Farfadet



catherine 20/12/2009 12:00


Tu sais ce qui est bien dans tes lignes c'est que je suis aujourd'hui persuadée de faire partie de ton histoire, mon imagination folle m'a déposée au milieu de cette famille-là et nous passerons un
heureux Noël !
ah ! tu peux prendre tous les gifs qui te font plaisir (le tien bien sûr tu penses, nos souci...ailllll).
Juste un mot... ton choix de musique... excellent ! bon dimanche, je t'embrasse.