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  • : Ecritures à la loupe
  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
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Mes romans

histoire

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28 décembre 2006 4 28 /12 /décembre /2006 23:00


Michel BUTOR



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Michel Butor est né le 14 septembre 1926, dans la banlieue de Lille, à Mons en Baroeul.

Troisième d'une fratrie de sept enfants, fils d'un employé des Chemins de fer du Nord qui était également passionné de dessin, aquarelle et gravure sur bois, Michel fera des études de lettres et de philosophie à Paris, où la famille s'installe dès 1929.

Est-ce la profession du père qui donnera au jeune Michel le goût des voyages?

Ce qui est certain c'est que jeune professeur au lycée Mallarmé de Sens, il profite d'une réforme de l'enseignement égyptien pour traverser la Méditerranée avec un certain nombre de licenciés ès lettres, et se retrouve professeur dans la vallée du Nil entre les pharaons et les ermites. Puis il saisit une opportunité de devenir lecteur à l'université de Manchester en Angleterre.

Passionné par l'écriture il publie aux éditions de minuit son premier roman en 1954 "Passage de Milan".

Mais c'est en 1957 avec la sortie de "La Modification" ouvrage récompensé par le prix Théophraste Renaudot, que Michel Butor rencontre la notoriété. Grand lecteur de James Joyce, de John dos Passos, de Kafka, grand amateur de peinture abstraite, sa vision de la poétique du roman fait de lui l'un des représentants du courant du "nouveau roman" au même titre que Marguerite Duras, Alain Robbe Grillet  et Nathalie Sarraute.

Sa curiosité intellectuelle, toujours alimentée par un incessant besoin de bouger le conduira en Grèce, en Suisse où il rencontre celle qui deviendra son épouse, aux Etats-unis, au Japon, en Australie et en Chine.

Cette curiosité s'accompagne d'une capacité d'expérimentation pour représenter le monde que l'on retrouve dans tous ses ouvrages, qu'il s'agisse de Mobile, grand ouvrage fait de collages divers (encyclopédies américaines, descriptions d'automobiles, articles de journaux, etc.), de récits de voyage (série Le Génie du lieu ), de récits de rêves (Matière de rêves), ou de ses très nombreuses collaborations avec des peintres, des musiciens et photographes contemporains (recueillies dans la série des Illustrations).

Ce fabuleux chantre des oeuvres croisées a pris sa retraite en 1991 et vit désormais dans un village de Haute-Savoie.



L'écriture de Michel BUTOR


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Cette courte dédicace au stylo à bille bleu, au trait particulièrement appuyé (voir plus bas un scan du dos de la page où l'on discerne le foulage du papier), à la dimension des lettres petite, au geste rapide et assuré montre le désir d'un homme décidé à agir sur le monde qui l'entoure.

S'engager, prendre part et parti lui sont indispensables pour avoir le sentiment de sa propre existence.

Le pôle cérébral très développé (écriture petite, rapide, simplifiée, stylisée) indique une capacité à prendre position, donner son opinion et témoigne d'un désir d'infléchir le cours des événements en ayant le courage d'affirmer ses opinions et d'en assumer les conséquences.

La ligne de base en mappemonde de la première phrase et la sinuosité des lignes suivantes, alliées à la pression particulièrement forte, sont la trace graphique d'une volonté d'être l'instigateur autant que l'acteur de ses projets, tout en acceptant les influences extérieures, en s'adaptant et en laissant libre cours à l'inattendu et à  l'improvisation.

En effet, le mouvement qui anime l'écriture, le blanc dans les mots, la rapidité et la mobilité de la ligne de base, permettent d'éviter que la tendance naturelle à creuser, approfondir un sujet, ne limite le champ de perception, d'investigation et d'ouverture sur l'extérieur.




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Foulage au dos de la dédicace

 

Une citation de Michel BUTOR:

« Faire de la peinture, ou de la littérature, ce serait donc bien apprendre à mourir, trouver le moyen de ne pas mourir dans la sottise de cette mort que les autres avaient en réserve pour nous et qui ne nous convient nullement. »

(Répertoire V)


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commentaires

serge 01/01/2007 05:12

non c'est pas une blague, je me suis encore trompé: c'est la vidéo 14 et pas la 13.
eh bé , 2007 démarre sur les chapeaux de roue. tous mes voeux sur ton fil.

bernard 31/12/2006 15:38

un blog qui m'interesse
je vais revenir
merci et très bonne année

alaligne 31/12/2006 16:38

Bienvenue Bernard, merci pour ton com et reviens quand tu veux.
Bonne année à toi lol

serge 31/12/2006 07:34

excuse moi c'est la video13 pas la 14
celle avec l'eurasienne
 lol

serge 30/12/2006 20:30

Ce ne sont pas TES mots qui sont en cause, ce sont LES mots.
tes explications sont très claires, aussi claires qu'on peut l'être avec cet outil imparfait qu'est le langage. tu ne peux pas faire mieux que ce que tu fais. Mais cela n'empechera pas ton lecteur de lire autre chose que ce que tu as écrit parce les mêmes mots chez toi et chez lui ne signifient pas la même chose .
tu me diras ce que tu penses de la video 14 (si t'as le temps)
bises
 

serge 30/12/2006 19:30

je me suis mal exprimé en parlant de double sens. j'aurais du en rester à "les mots nous barrent la route", c'est à dire qu'un même mot à un sens different pour chacun de nous. cela depend du vécu de chacun par rapport à ce mot. j'aurais du dire "sens multiple" et non double-sens.
la video 14 de http://www.minotaure.biz/article-5054031.html l'explique mieux que moi. avec pour exemple le mot "arbre"

alaligne 30/12/2006 19:59

OK... là je comprends mieux et j'irai dès demain lire ton article... Tu vois même dans les coms, les mots sont difficiles à choisir et à être entendus  et pourtant je fais toujours attention à être simple et directe dans mes explications...
je t'embrasse, passe une bonne soirée

serge 30/12/2006 15:24

Effectivement je connais Butor pour sa collaboration avec certains artistes notamment Pierre Klossowski (frère de Balthus) qui est à la fois dessinateur et écrivain. J'ai lu il y a longtemps "la modification" dont je n'ai gardé aucun souvenir, mais je retrouve le nom de Butor fréquemment cité à propos des auteurs qui m'interessent. c'est donc que j'ai du passer à coté de quelque chose.Dans la citation que tu fait de lui, je crois reconnaitre le concept "Blanchotien" du "mourir" qui n'est pas la mort, mais qui est le "devenir" (par opposition à l'être). donc la vie apprehendée dans son écoulement incessant, tel un fleuve (le fleuve du devenir héraclitéen). le mourir est donc le contraire de la mort, il est la vie en devenir.Ton analyse graphologique est interessante mais comme tu le sais, "les mots me barrent la route", et je ne peux m'empecher de trouver des double-sens dans toute interprétation. Pourquoi ne pas essayer de pratiquer la graphologie selon un mode comparatif, c'est à dire par exemple regrouper tous les auteurs ayant une écriture petite et rapide (je prend cet exemple au hasard), pour essayer d'apprehender intuitivement ce qu'ils ont en commun, et ce sans passer par les mots.oui je sais , je suis lourd !ah j'oubliais, le capitaine Haddock connait bien cet auteur: "Butor de pied-plat ridicule" revient souvent dans les divers sobriques qu'il adresse à ses ennemis.lol

alaligne 30/12/2006 17:11

Butor à mon goût est plus riche et intéressant dans ses collaborations que dans ses romans (j'aime beaucoup en revanche ses poésies). Il faudrait que tu lises illustrations;
quant aux double sens il faudrait que tu me donnes un exemple précis ;) lol

:0023: GUYL 29/12/2006 18:29

Alors là, cet auteur est inconnu pour moi et pourtant je lis beaucoup...

andré 29/12/2006 17:03

Merci pour cette analyse de l'écriture de M. Butor. J'ai lu avec délice il y a très longtemps La modification. Mais parmi les auteurs de ce qu'on a peut-être à tort appelé le nouveau roman , je préfère Nathalie Sarraute ! Je te souhaite une bonne fin d'année. Point Alaligne !
Cordialement, le Paradis blanc
André

Baggins 29/12/2006 14:36

Je n'ai jamais lu cet auteur mais tout ce que tu en dit me pousse à le découvrir ...Bisous Cath

tiphaine 29/12/2006 14:20

encore une trées belle analyse,
et la citation est vraiment intéressante
merci à toi