Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Ecritures à la loupe
  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
  • Contact

Mes romans

histoire

  couv-pour-OB.jpg




18 octobre 2006 3 18 /10 /octobre /2006 22:00

 Je viens de faire publier ce suspense graphologique chez manuscrit.com. C'est avec un mélange de crainte et  de plaisir que je vous laisse découvrir le premier chapitre. Laissez vos commentaires...

CHAPITRE I

    Lundi 12 septembre, 11 heures

             C'était vraiment un jour à chier. Il ne cessait de tomber depuis le lever des nuages, une pluie fine et serrée, d'autant plus détestable qu'elle n'était d'aucune utilité, à la fois trop légère pour détremper le sol durci par la sécheresse des semaines précédentes et suffisamment compacte pour ruisseler à la surface de la terre en emportant vers les égouts tout le compost de l'année précédente.

           Le genre de journée qui donne envie de retourner se coucher bien au chaud avec un thé à la bergamote, de se caler sur une pile d'oreillers douillets, de se brancher le magnétoscope et de se repasser pour la énième fois Pretty Woman, histoire de croire aux contes de fées. Même Washington, mon doux setter Gordon, étalé, pattes croisées devant la porte-fenêtre du bureau semblait las, les oreilles basses, les yeux dans le vague, indifférent aux allées et venues intermittentes de la chatte des voisins qui comme chaque matin qu'il pleuve ou qu'il vente, venait le provoquer derrière les vitres. Indifférent également au cliquetis du clavier de l'ordinateur sur lequel je faisais mes gammes avec trois doigts, le majeur de la main droite, l'index et le majeur de la main gauche, incapable depuis des années de faire preuve de plus de dextérité.

               A 11 heures 20, je n'étais pas particulièrement en avance dans mon travail. Je relisais le contenu de la dernière analyse et je trouvais le style plat, laborieux, à peine plus brillant que le ciel gris cendré qui lâchait son incontinence au-dessus de mon toit. Il fallait terminer, en finir, se rattraper sur la conclusion qui de toute façon serait lue en premier, le reste n'intéressant que le candidat qui dans la grande majorité des cas, n'a pas accès au contenu de l'étude effectuée à son sujet.

            Retour chariot, conclusion: " Se présentant comme un homme d'études, de réflexion, de stratégie, c'est un candidat à la fois perspicace et rigoureux. Ses analyses sont pertinentes, précises et s'il reste dans un registre plutôt froid et technique, c'est pour mieux se positionner en homme de conseil qui assume ses responsabilités en toute conscience. Organisateur et gestionnaire avisé, il sait prendre les mesures qui s'imposent avec calme, sang-froid et fermeté, anticiper tout en gardant son objectif professionnel bien en vue. Dans le poste proposé, il apportera sa vision précise, exigeante ainsi qu'une analyse fine et habile des résultats. Ambitieux, c'est un homme qui a besoin de perspectives, de progresser dans ses responsabilités. Le fond du tempérament un peu réactif mais parfaitement contrôlé, ne devrait pas poser de problème majeur quant à sa capacité à diriger une équipe. Il sait se faire respecter et apprécier au travers d'une autorité basée sur ses compétences. Le potentiel d'évolution est très important."

          Après une dernière lecture, je supprimai le "très" jugé trop subjectif et lié à des paramètres qui pour partie échappaient à mon analyse, lançai l'impression quand le téléphone se mit à sonner.

           - Salut ma belle, je parie que tu es encore en train de clavioter

         Je réprimai une furieuse envie de raccrocher l'écouteur, inspirai une bouffée d'air pour me mettre en apnée, pris un ton neutre, avec juste pour le plaisir une once d'impatience dans la voix.

          - Bonjour Brigitte, tu fais vite s'il te plaît, tu sais que le lundi je suis toujours à la bourre et que j'ai rendez-vous à 14 heures chez Lecat.

           - Lecat! Bien sûr comment pourrais-je oublier que tu travailles pour le plus prestigieux cabinet de recrutement sur la place de Paris. Lecat! Lecat! Mon rêve!

          - Ecoute Brigitte, j'ai dix minutes pour me préparer, avaler un sandwich et sauter dans ma voiture. Alors s'il te plaît dis-moi tout de suite ce que tu me veux ou bien rappelle-moi ce soir après dîner.

          - Ok! Calmos, je vois que tu es toujours aussi speed, bien en fait ma chérie je ne t'appelais pas pour le boulot, enfin pas vraiment, enfin pas tout à fait...

           - Brigitte t'accouche ou je raccroche.

           - Voilà, je viens de rencontrer un type...

           - Oh non! Brigitte je t'en prie, ne commence pas à me raconter ta dernière aventure, je ne me souviens déjà plus du dernier en date et je te jure que je suis vraiment pressée.

            - OK, OK j'abrège, je voulais seulement savoir, parce que tu vois... il vient de m'écrire un mot. Oh si tu savais, ma chérie comme il est beau, intelligent, charmant! Oui, donc, tu ne pourrais pas jeter un coup d’œil sur son écriture, juste un tout petit, tu comprends?

           - Ouais, je comprends que pour calmer tes vapeurs tu me demandes de bosser pour toi. Mais tu sais que je prends très cher pour mes analyses privées et que le temps que tu rassembles tout l'argent pour me régler ma note, ce type si beau, si intelligent, si charmant t'aura plaqué comme une vieille chaussette.

          Silence au bout du fil.

         - Bon je plaisante, excuse-moi, je suis un peu fatiguée en ce moment. C'est d'accord, tu m'envoies la lettre de ta petite merveille, je jette un coup d’œil dessus et je te dis si tu peux mettre du curare dans sa Josacyne, ou bien publier les bans à la mairie du XVIIIième. Ca te va?

         - Tu es aadoorable!! Je savais que je pouvais compter sur toi. Tu sais là vraiment je pense que je suis bien tombée, tu sais il...

         - Non! Brigitte je ne sais rien du tout, je sais seulement qu'à partir de maintenant je suis réellement en retard et que je vais devoir foncer sur la route pour être à l'heure à mon rendez-vous. Alors bisous!

           Je raccrochai doublement furieuse d'avoir d'une part réellement perdu des minutes précieuses pour me préparer mais également pour avoir accepté à la volée de faire un travail assez délicat et finalement de peu d'intérêt puisque tout ce que je pourrais lui dire de son dernier coup de cœur serait trié par elle de façon désinvolte, en ne gardant que le positif pour se conforter dans son hymen naissant.

         Partie dans la chambre à coucher me changer, Washington sur mes talons, je repensai à Brigitte et à ses sempiternelles histoires d’amour à rebondissements. Trois fois mariée, trois fois divorcée, et n'ayant par bonheur, par précaution ou par stérilité jamais engendré, elle continuait à mener une vie chaotique, parsemée de liaisons de courte durée, vite consommées à la façon Mac Do, mais également vite oubliées comme si l'âge et les échecs sentimentaux n'avaient pas d'emprise sur elle.

            La première fois que je l'avais remarquée, c'était sept ans auparavant lors d'un cours à la Société Française de Graphologie où elle suivait en même temps que moi l'enseignement de première année. Toujours tirée à quatre épingles, en tailleurs-jupes onéreux et très chicos, se déclinant semaine après semaine du vert amande au vert bronze, elle arborait une coiffure d'un roux flamboyant pour ne pas dire nettement rouge, couleur à la mode en cet automne si l'on lisait et croyait les magazines féminins.

          Sa capacité à s'adapter aux lois et aux diktats de la mode féminine s'arrêtait là, car son abondante chevelure remontée en chignon façon choucroute des années 60 contrastait avec l'élégance très contemporaine et très affichée de la tenue. Mais ce qui avait réellement retenu mon attention était sa façon à la fois naïve, mais un brin impertinente de poser des questions aux doctes sommités graphologiques venues nous enseigner les rudiments de leur science et surtout sa propension à se lancer dans des apartés qui relevaient d'un langage cru, à la limite parfois de la vulgarité.


Pour voir les critiques parues sur ce roman, cliquez dans "Critiques" dans la colonne de gauche

Partager cet article
Repost0

commentaires

:0019: Bruno 02/03/2007 06:53

Bon voilà je me suis lancé. Le début est pas mal du tout et me donne envie d'en savoir plus mais je vais y aller progressivement. Bonne journée.

andré 29/10/2006 09:26

C'est vraiment intéressant dès la première page. On a envie de connaitre la suite et l'héroine me semble déjà pas mal attachante. J'ai bien aimé le curare dans la Josacyne (il fallait oser!) - Bonne continuation -André

Romanesque 25/10/2006 13:09

J'adore ce début de roman. Où peut-on l'acheter? Es-tu prête à le dédicacer?

MIKE 24/10/2006 16:07

Catherine , J'attends ton deuxième roman avec impatience !

MIKE 23/10/2006 23:02

Une véritable intrigue , écrite avec humour ,qui m'a vraiment tenu en haleine jusqu'à la dernière page .  Un excellent bouquin pour les prochaines vacances .   BRAVO Catherine !

alaligne 24/10/2006 12:29

Merci Mike pour ces compliments. Un deuxième roman est sur le feu... J'espère qu'il te plaira autant que le premier.

winny l'ourson 23/10/2006 22:51

Génial !  J'ai lu ce livre d'un seul trait .
je l'ai beaucoup aimé . Un conseil : LISEZ-LE !

alaligne 24/10/2006 12:31

Bonjour Winnie et merci. Je vais mettre en ligne bientôt une dédicace virtuelle !! Alors si cela t'intéresse, reviens bientôt.

Mirmo 17/10/2006 19:45

Je réitère,
Très bon Polar, du debut à la fin, pour l'avoir acheter et lu.
Une idée très original d'avoir introduit la graphologie au sein d'un roman. Du jamais vu !?
Aucun regret.

alaligne 18/10/2006 18:06

Merci Mirmo, gros bisous

Baggins 17/10/2006 18:40

C'est tres bien écrit ....j ai lu a tête reposé ...j aime beaucoup ...Bisous je vais lire  la suite ...

caramelle76 13/10/2006 08:51

Flûte, et moi qui pensais lire la suite ce matin...histoire de dénouer l'intrigue...tu tiens en haleine tes lecteurs!!!
PS : J'aime assez l'opposition entre le dialogue et la narration.

Nina 12/10/2006 17:52

J'aime beaucoup! A quand la suite? ;-)

alaligne 14/10/2006 11:39

La suite est en ligne, suite et fin du chapitreI
Bizzz, Alaligne