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  • : Ecritures à la loupe
  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 09:35

Paul Gérardy 1870-1933


 

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Paul Gérardy, à ne pas confondre avec Paul Géraldy (poète également oublié) est né le 15 février 1870 à Maldange alors situé en Wallonie prussienne. Il habite successivement Liège, Bruxelles, Munich, Paris puis retournera en Belgique pour y mourir en 1933. Avec Charles Delchevalerie, il devient l'animateur de la revue liégeoise Floréal en 1894, inscrite dans la mouvance du Symbole et dans le même temps écrit en français et en allemand  avec son ami prussien Stefan George.

 

En 1898, il réunit sous le titre de Roseaux ses poèmes composés de 1892 à 1894, recueil qui paraîtra au Mercure de France.


La forme est brève, le vers généralement court, proche du modèle de la chanson ou du lied.  On y note quelques audaces versificatoires, approximations ou inachèvements qui touchent au mètre ou à la rime, frôlée parfois par l'assonance.


Camille Mauclair, poète lui-même, romancier, critique français,  disciple de Mallarmé, et parmi les meilleurs historiens du Symbolisme dira de ses poèmes  qu'ils contiennent : « des mélodies douces et harmonieuses où l'influence de Verlaine n'empêche point une personnelle sensibilité, un tact frileux, quelques hésitations devant la vie, et beaucoup d'art. Les vers de Paul Gérardy, délicieusement ingénus, pleins de musique, nimbent des sentiments simples d'une langue naïve, d'une authentique naïveté.... M. Gérardy est imprégné de la mélancolie demi-souriante des ciels mouillés du pays wallon. »


Depuis 2002, un musée lui est consacré à Burg Reuland.

 

A titre d'exemple d'ingénuité et de naïveté poétique, j'ai choisi l'un de ses poèmes, Le chasseur noir :

 

Le chasseur noir

 

J'aime le noir chasseur de l'ombre

Qui, l'arc en mains, carquois au dos,

Traverse quand la nuit est sombre,

Le bois où dorment les échos.


De son chien noir les yeux l'éclairent,

Et son chien est un démon ;

Les loups, les sangliers le flairent

Par les halliers touffus du mont.


Ils se taisent de peur et tremblent ;

Le chasseur noir et le chien noir

Passent tout lentement et semblent

Dans la nuit sombre ne rien voir.


Le morne chien regarde l'herbe,

Le chasseur regarde la nuit ;

Dans le lointain monte une gerbe

De feux follets qui les poursuit.


Et toujours dans la nuit et l'ombre

Le chasseur et le chien s'en vont ;

Et l'homme rêve un rêve sombre,

Et le chien noir est un démon.

 

 

 


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commentaires

V
Merci beaucoup pour ce site et toutes les informations qu’il regorge. Je le trouve très intéressant et je le conseille à tous !<br /> Bonne continuation à vous. Amicalement
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F
Bonsoir,Je suis ravie de découvrir ce poème, ce style là... me plait particulièrement. Je ne connaissais pas l'auteur, je serais curieuse de lire d'autres lignes.Merci de mavoir accepté dans la communauté :)BisesFraidie
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A
<br /> <br /> C'est l'une des vocations de mon blog Fraidie... faire découvrir, partager des auteurs parfois injustement oubliés. Montrer aussi que la simplicité<br /> n'empêche pas le talent... Donner envie d'en faire autant...<br /> <br /> Je suis heureuse de te compter parmi nous... Bises<br /> <br /> <br /> <br />
S
Tiens, "la naïveté poétique"... concept inconnu encore pour moi, mais oui...évidemment !!
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A
<br /> <br /> Oui!!! Bon sang, mais c'est bien sûr!!!  Je plaisante Semeuse... En réalité, je me sens ouverte à toute forme de poésie, mais j'en ai parfois marre<br /> de constater que certains pensent que "compliqué", "ardu", "sophistiqué" sont les mamelles du talent... Toute la fin du 19ième et début du 20ième regorgent de petites pépites ignorées, voire<br /> méprisées... J'essaie donc de les faire découvrir.<br /> <br /> <br /> <br />
G
joli et sombre  , les poèmes de l'ombre  , je conaissais pas non plus  merci !! bisouille !
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D
Je ne le connaissais pas Cathy, qu'il est bon de faire revivre ces talents "oubliés"! Bisoussssssssss
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L
Rêve aimé, cauchemar maitrisé, il chante le chasseur sans image d’une nuit noire aimée par les démons… Assez joli et bien lu plusieurs fois pour apprécier enfin ! Amicalement. Loic
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M
Point à la ligne, ... bonnes vacances !
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F
Je ne connaissais pas Paul Gérardy. Combien sont-ils ces poètes oubliés ?...Son chaseur noir , ici publié ,exorcera-t-il nos peurs du noir et des forêts profondes Qui font frémir les fantasmes de notre subsconscient?En tous cas, ces vers de construction simple mais si sonnants*, sont un délice à se lire à haute voix ...  "J'aime ces sons du corps Au fond d'émois ... "Bises des Farfadets NB : * Non , pas "saucissonnants" ...   
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