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  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 08:46


 

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                                                                                             23 juin 1669

 

           Françoise,

 

           Voici mon portrait peint par Jean Sabatel que tu mettras dans ta chambre quand le roi n'y sera plus. Qu'il te fasse souvenir de moi et de l'excessive tendresse que j'ai pour toi, et par combien de choses je voudrais la pouvoir témoigner en toutes occasions. Mon portrait, mets-le donc en son jour et regarde quelques fois un mari qui t'adore : pauvre époux qui parce qu'on lui a ôté sa femme ne sait plus ce qu'il fait. Je suis devenu pour les précipices comme on me dit que tu es maintenant pour le mauvais air d'un palais bâti sur le sable mouvant et la fange ; il y a des gens pour qui je ne les crains plus- toi !

 

           Mon bel oiseau, ma tourterelle, tu te retrouves le cou paré de perles et encagée derrière des barreaux d'or à deux cents lieues de moi, contraint à l'exil, alors que je n'aime aucun lieu sans toi. Est-il possible, ma déesse, que tu puisses t'envoler, me rejoindre, ou que tu n'aies point connaissance de l'amour que tes beaux yeux, mes soleils à moi ont réellement allumé dans mon cœur ? J'ai plus que de la rage à l'âme de te savoir volée  par un autre qui ne t'aime pas autant que moi. Si tu n'en rougis pas, ma dame, j'en rougis pour toi...

 

            ...Pour moi, je ne condamne point tes manières ; chacun se sauve à sa guise. Mais je suis bien assuré de n'aller point à la béatitude par le chemin que tu prends. Défais-toi de l'ambition dont on t'a revêtue là-bas et tu ne t'en retrouveras pas si malheureuse que tu penses et je suis assurée, ma dame, que quand le dépit t'aura jetée dans mes bras l'amour y reviendra.

 

              Le plus passionné des maris continue de t'adorer.

 

                                                                         Louis-Henri de Pardaillan

                                                                          Marquis de Montespan,

                                                              Epoux séparé quoique inséparable.



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Le Montespan par Jean Teulé, Julliard


Sur le thème Genre masculin lire les contributions de:

WilL'Oeil, Chuipala, Vita, ... etc.


Alaligne

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commentaires

Jo 30/03/2009 19:36

J'ai attendu la sortie en poche du livre de Teulé et je suis en train de le lire. Même si de nombreuses critiques conspuent la vulgarité du ton, je trouve la lecture agréable ! Quant à la lettre que tu publies, je trouve que clamer son amour à sa femme dans ces conditions, c'est assez admirable.

Alaligne 01/04/2009 11:06



J'adore Teulé JO... j'ai lu tout ce qu'il a fait paraître et je ne le trouve pas "vulgaire" du tout...



Valmont 24/03/2009 23:54

Bonjour,Le roman de Jean Teulé est admirable a tous points de vues, en revanche la peinture qui se trouve sur la page est le portrait de son fils Louis Antoine et non pas du cocu magnifique.

vita 02/08/2008 11:39

Le style à lui seul mérite une lecture...L'amour ne se commande pas et même cocu....VITA

Aux éclats ! 11/07/2008 19:33

J'ai entendu plusieurs émissions radio sur ce livre qui a l'air très réjouissant !

Delphine Alpin-Ricaud 09/07/2008 08:02

je connaissais l'histoire de ce cocu magnifique, l'un des plus célèbres de France! Merci pour cette lettre qui complète l'histoireà merveille Cathy.....

Dông Phong 08/07/2008 17:35

Bonjour Catherine,Merci de nous avoir fait lire cette lettre si savoureuse du pauvre mari de Madame de Montespan.Bonne soirée, bien amicalement.

Chuipala 07/07/2008 23:05

Quelle ironie et saveurs à la fois. Je suis toujours sous le charme de ces plumes d'antan... si classique et plus du tout pourtant... Merveille !

jean lehmans 07/07/2008 19:11

En voyant le titre et l'image j'ai pensé au duc de bordeau !Trés belle lettre ! Trés interessant Super des infos sur wiki:Louis Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan, est né 1640 et mort le 1er décembre 1701.Fils de Roger Hector de Pardaillan de Gondrin, marquis d'Antin, et de Marie-Christine Zamet, il épousa en février 1663 Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, dont il eut deux enfants :Marie-Christine de Pardaillan de Gondrin (1663-1675), Louis Antoine de Pardaillan de Gondrin (1665-1736), futur duc d'Antin. Pour Melle de Mortemart, cette alliance avec une assez obscure maison du Sud-Ouest était médiocre. De plus, le marquis de Montespan, toujours à court d'argent, était en permanence au bord de la saisie judiciaire.La marquise de Montespan devint la maîtresse de Louis XIV en 1667. Lorsque le marquis de Montespan l'apprit, au lieu d'accepter la situation comme c'était l'habitude des maris trompés à l'époque (surtout quand c'était le Roi lui-même qui vous cocufiait), il fit un scandale à la Cour, faisant la morale au Roi un jour à Saint-Germain-en-Laye, et décorant son carosse de bois, symboles du mari trompé (comme les cornes, les andouillers étaient le symbole de la tromperie). Il fut promptement enfermé au For-l'Évêque, puis exilé sur ses terres. Cela ne l'empêcha pas de continuer à s'agiter, commandant pour sa femme une messe de deuil chaque année, et venant à Paris presque chaque année de 1670 à 1686.

gari 07/07/2008 14:59

magnifique le cocu ,  il lui à offert un présent pour fèter  ca ! lol ! j'aime bien  ces gens qui  savent garder  leurs esprits en toutes situations ...les cocus sont  légions , mais les magnifiques sont rares ;)bravo ! 

Oliv kronsilds 07/07/2008 13:12

Un bien triste genre masculin, ma foi !Finalement, quand elle a quitté le roi, est elle revenue vers lui ?