Présentation

Syndication

  • Flux RSS des articles
Samedi 12 avril 2008

  

 

Colette

   

Image Hosted by ImageShack.us


  

Est-il encore besoin de présenter la grande Colette ? Internet abonde de sites sur l'écrivain, tous largement pourvus de biographies, d'anecdotes, de récits, d'extraits de ses écrits et de bibliographies. Essayez... Vous verrez...

Je me bornerai donc à quelques lignes pour tracer le parcours exceptionnel de la « rate », surnom que lui avait donné son ami Georges Wague, avant de vous présenter son écriture manuscrite.

Née à Saint-Sauveur en Puisay le 28 janvier 1873, Sidonie-Gabrielle est la fille d'une famille que l'on appelerait aujourd'hui "reconstituée".

Sa mère Sidonie et son père le capitaine Jules-Joseph Colette forment un ménage heureux et leurs quatre enfants nés de lits différents passent en Bourgogne des journées ponctuées bien sûr par les études mais aussi par les jeux. « Gabri » adore  partir en escapades avec ses frères et protecteurs, le grand Achille - futur médecin de campagne et garant des vieux jours de ses parents - et Léo - le Sylphe musicien promis au notariat. Les pique-niques dominicaux sur la berge de l'un des nombreux étangs proches de Saint-Sauveur sont pour la famille prétextes à étaler la nappe sur l'herbe, déballer pâté de campagne, poulet rôti et pain bis, quatre-quarts et confitures, pendant que le Capitaine entonne ses airs favoris en jetant des regards amoureux sur son épouse, Sido, qui de son côté garde un œil inquiet sur la progéniture.
 
        




     
                                                

Image Hosted by ImageShack.us

 Sido, mère de Colette



Cette mère qui avait épousé en premières noces, un notable fortuné, mais éthylique et malade mental, Jules Robineau-Duclos, eut de ce premier mariage une fille, Emélie Juliette et un fils, Edme Jules Achille.
    

Confrontée à la brutalité et à la vulgarité de son mari, elle vécut un véritable enfer et lorsque quelques semaines avant la mort de son époux,  elle fit la connaissance du nouveau percepteur de Saint-Sauveur, immédiatement elle fut séduite par cet homme « aux terribles yeux de chat » de belle et souple allure, malgré cette jambe de bois qu'il tenait d'une grave blessure reçue à la bataille de Melegnano, en Italie, du temps où il était officier dans l'armée impériale.
   

Les Colette se démarquent de leurs compatriotes, par la fréquence de leurs lointains déplacements : Paris mais aussi Lyon, Toulon, Bruxelles (où Sido avait de la famille), Ostende, etc.
  

L'été 1889 est ainsi l'occasion d'une visite au Paris de l'Exposition Universelle. Lors de ce séjour, le Capitaine revoit l'un de ses anciens camarades de Saint-Cyr, Jean-Albert Gauthier-Villars, désormais riche éditeur dont le fils, surnommé Willy, fait sur Gabri une très forte impression !
       

Séduite par ce noceur, elle l'épouse le 15 mai 1893.
    

Auteur de romans populaires, c'est un viveur parisien qui fait également travailler à son profit une équipe de « nègres ». Il introduit Colette dans les cercles littéraires et musicaux de la capitale. Ayant rapidement perçu  les dons d'écriture de sa jeune épouse, Willy l'engage à écrire ses souvenirs d'école, qu'il signe sans vergogne de son seul nom. Ce sera « Claudine à l'école », bientôt suivi d'une série de Claudine (La maison de Claudine, Claudine à Paris, Claudine en ménage, etc).
      

Epoux volage, Willy, devient l'amant de Marie-Louise Servat, femme de l'un de ses collaborateurs, et lui donne un fils, Jacques Henry Gauthier-Villars. Baffouée, jalouse, Colette se libère peu à peu de sa tutelle, et, encouragée par son ami Georges Wague, commence une carrière dans le music-hall où elle présente des pantomimes orientales dans des tenues suggestives, au théâtre Marigny, au Moulin-Rouge et au Bataclan. Elle noue des amitiés féminines  et en 1907, fait scandale en se produisant au Moulin Rouge aux côtés de Mathilde de Morny, surnommée Missy, déguisée en homme.
      

C'est la fin du mariage avec Willy dont elle se sépare en 1906, puis divorce en 1910.

 

 

 

          

Image Hosted by ImageShack.us  
Colette et Missy



Image Hosted by ImageShack.us

 Colette, Missy et trois amis au Crotoy

 

 

Après son divorce, Colette a une brève liaison avec Auguste-Olympe Hériot, rencontré à la fin de 1909, puis se lie avec Henry de Jouvenel, politicien et journaliste, qu'elle épouse en 1912. Son second mari l'incite à donner quelques billets et reportages au journal Le Matin, dont il est le rédacteur en chef. De ce mariage naîtra une fille, Colette Renée de Jouvenel, dite «Bel-Gazou».



Image Hosted by ImageShack.us
Le bel Auguste-Olympe Hériot 



Elle reprend la plume de plus belle et publie «  « L'Entrave », « Mitsou », « Chéri », « La Chambre éclairée », « Le Blé en herbe », « Contes des mille et un matins », « Duo », « La Seconde » , « La vagabonde » , « L'envers du music-hall », « En tournée », etc.
« Chéri »  paraît en 1920 pour devenir l'année suivante une pièce à succès.

 Elle  divorce d' Henry de Jouvenel en 1923.

Promue en 1928 officier de la Légion d'honneur, élue le 9 mars 1935 à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, elle épouse le 3 avril de cette même année Maurice Goudeket.

C'est la consécration lorsque en 1936, elle est  promue commandeur de la Légion d'honneur.

Elle enchaîne toujours les ouvrages :  « L'Enfant et les Sortilèges », « La Naissance du jour »,  « La Treille muscate », « Le Toutounier », « Trois... Six... Neuf... » etc.  

Pendant la deuxième guerre mondiale son mari juif est arrêté par les allemands, mais Colette arrive à le faire libérer.

« Gigi » paraît en 1944.

De graves crises d'arthrose finissent par l'immobiliser en 1945.

Elle est élue à l'unanimité à l'Académie Goncourt en 1945  et c'est allongée sur son lit qu'elle reçoit le jeune Jean-louis Bory qui vient de recevoir le prix tant convoité. Elle devient présidente de cette  même Académie en 1949. En 1953, elle est élevée à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur et reçoit la médaille du National Institute of Arts and Letters.

Au faîte de sa gloire, elle s'installe avec son mari au Palais Royal à deux pas de son ami Jean Cocteau. C'est chez elle, dans ce lieu qu'elle adore, qu'elle décède  le 3 août 1954.

En dépit de sa réputation sulfureuse et du refus, par l'Église catholique, des obsèques religieuses, Colette est la seule femme à avoir eu droit à des funérailles nationales et ce, dans la cour d'honneur du Palais-Royal. Elle est enterrée au cimetière du Père-Lachaise à Paris. 



Son écriture :

 

 


Image Hosted by ImageShack.us  


 

          
Quoi de plus "moderne" de plus spontané et naturel que l'écriture de Colette sur cet exemplaire de la fin de Chéri datant de 1926?

L'écriture au mouvement coulant, étalée sur l'horizontale, à tendance liée, en guirlande, nous renseigne sur la capacité de Colette à vivre en accord avec avec le milieu dans lequel elle évolue et avec les personnes qui l'entourent.

Utiliser au mieux ses possibilités, les exploiter en souplesse, s'adapter sans se laisser déstabiliser et sans efforts superflus, sont le reflet d'une bonne connaissance d'elle-même, d'une confiance en soi suffisament nourrie d'une estime de soi  acquise dès l''enfance. 

Une nature expansive, qui donne d'elle-même tout en exigeant beaucoup d'espace et de public. L'avenir ne fait pas peur et la curiosité d'esprit, l'adaptabilité sont là pour l'accompagner dans son envie instinctive d'élargir sans cesse son horizon, découvrir et entreprendre. La réceptivité, la sensibilité bien présentes dans le graphisme montrent le besoin intime d'une recherche d'accord, de conciliation avec l'entourage.

Mais derrière cette adaptabilité, cette ouverture au monde et aux autres, se profile également dans l'emploi quasi systématique de la guirlande, dans la présence d'une certaine pression déplacée (plus visible sur d'autre documents non reproduits ici), dans les barres de "t" surplombantes et parfois en avant de la lettre, une propension à ignorer les contraintes et les exigences de règles ou de lois dont elle n'hésite pas à prendre le contre-pied.





 

 

Par Alaligne - Publié dans : Alaligne - Communauté : L'écriture dans tous ses états
Ecrire un commentaire - Voir les 21 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
 
comment referencer un site sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus