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  • : Ecritures à la loupe
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  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 14:03







Jorge SEMPRUN
    

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Jorge Semprún est né le 10 décembre 1923 à Madrid.
 
Issu d’une famille de la grande bourgeoisie espagnole, rien ne pouvait à sa naissance, laisser présager ce que serait son destin.
   
Son père est certes un homme connu et respecté. Avocat, professeur de droit, diplomate, écrivain, catholique pratiquant, il est pourtant par ses prises de position libérales, sa loyauté à la République en 1936 pendant la guerre civile, son activité de correspondant à la revue Esprit, vite considéré comme un espagnol « rouge ».
   
La famille prend le chemin de l’exil : la Haye dans un premier temps où le jeune Jorge apprend le néerlandais, la Suisse puis la France où il termine ses études secondaires au lycée Henri IV et fréquente le groupe Esprit.
   
En 1941, il obtient le deuxième prix au Concours général de philosophie et s’inscrit à la Sorbonne après l’obtention du Baccalauréat et le début d'hypokhâgne.
  
Dans la France de Pétain, les « exilés » espagnols n’ont pas le vent en poupe. Il abandonne ses études et rejoint la résistance via le réseau Jean-Marie Action, une émanation du réseau anglais Buckmaster, lié aux services secrets britanniques. Il noue également d’étroites relations avec la mouvance communiste, FTP et MOI.
    
Arrêté par la Gestapo en 1943, il est transféré au camp de Buchenwald dont il ne sortira qu’en Avril 1945, au moment de la libération du camp par les troupes alliées. Cette « expérience » sera décisive tant sur le plan humain, politique (le camp comptaient de nombreux et actifs communistes), que comme source d’inspiration du futur écrivain.



        

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Rentré à Paris, il devient un membre actif du PCE, travaille à L’UNESCO, fréquente autant les intellectuels de la rive gauche que les communistes français et espagnols. Envoyé dans son pays natal  pour de périlleuses missions, il coordonne jusqu’en 1962 la résistance communiste au régime de Franco.
 
Son rôle au sein du parti communiste espagnol, piloté depuis Moscou prend de l’ampleur. Cette activité le met rapidement en relation avec la nomenklatura de l’Europe de l’Est. Coupé de la réalité de l’Espagne, critique par rapport à la capacité du parti communiste à se réformer, il est démis de ses fonctions, exclu du Parti en 1964.
 
Jorge Semprun se tourne alors vers la littérature. Il est âgé de quarante ans.
 
Ce sont les années passées à Buchenwald, la fraternité des camps et ses atrocités qui vont fournir la matière première de ses romans. Le travail de mémoire a commencé :
Dans son premier livre, "Le Grand Voyage", il relate son transfert de Compiègne à Buchenwald. Suivent ensuite "Quel beau dimanche", « L’Ecriture ou la vie », qui évoquent encore Buchenwald, puis la narration et l’analyse de son expérience de militant dans « Autobiographie de Federico Sanchez » (l’une de ses fausses identités) où il se met en question, s’interroge sur l’emprise idéologique qui fut la sienne pendant ces années d’incarcération.
 
Dans les années 1960, nourri des lectures de Soljénitsyne et de Chalamov, il écrit des romans politiques ou de politique-fiction, "La Seconde Mort de Ramon Mercader", "Netchaïev est de retour", et un grand roman picaresque, "L’Algarabie", qui évoque avec verve l’après-mai.
   
Les nouvelles, pièces de théâtre, scénarios s’enchaînent, les récompenses aussi. Il travaille pour le cinéma et collabore aux côtés d’Alain Resnais à « La guerre est finie" et "Stavisky", puis avec Costa Gavras, c’est "Z" et "L’Aveu".
      

       
       

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En 1969 il reçoit le Prix Fémina pour « La deuxième vie de Ramon Mercader », en 1994 le prix de la Paix des éditeurs et libraires allemands. 
    
En 1988, “plusieurs vies plus tard”, comme il se plaît à le dire, Felipe Gonzalez, premier ministre socialiste espagnol, lui propose un poste au gouvernement. Il devient ministre de la culture et après avoir dans son œuvre fustigé sans complaisance la politique professionnelle, il fait à son tour l’expérience du pouvoir. Expérience qui durera trois ans et se soldera par un nouveau livre "Federico Sanchez vous salue bien" où il démontre entre autres choses comment la démagogie et la corruption peuvent souvent faire bon ménage. 
          

Ayant conservé la nationalité espagnole, les portes de l’Académie française lui restent fermées. En revanche, il est élu à l’Académie Goncourt en 1996 et reçoit les insignes de docteur Honoris causa de l’université de Rennes en 2007.


   


Son écriture:

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Simplicité et sobriété de forme dans cette dédicace inscrite avec un trait appuyé au bic noir.
 
Un équilibre scriptural qui se poursuit par l'emploi et le mélange de lettres ouvertes comme les "m" effectués en guirlande le "g" du mot hommage largement crénelé à gauche et d'autres plus fermées comme les "o" et les "a" du graphisme. Une écriture plutôt liée qui se déroule sans difficulté en plein centre de la page sur une ligne de base assez souple mais toujours tenue. L'idée du lien transparaît dans ce déroulement cursif, y compris dans la signature qui au niveau du patronyme ne présente aucune levée de plume. 

Ecriture également scrupuleuse, inquiète de sa clarté, qui vient effectuer une petite "retouche sur le "i" du mot amical sans doute écrit trop petit dans un premier jet. 

Le discret mais très ferme soulignement sous la signature très lisible est quand même la trace d'un petit "piédestal" qui affirme l'appartenance et la parfaite reconnaissance avec les origines familiales. 

Le naturel et la spontanéité de l'ensemble se conjuguent avec l'affirmation de son identité.







 

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commentaires

voyance par mail rapide 17/02/2017 16:01

Ton blog est superbe, que de belles idées!

Lorène 09/02/2008 12:43

Je vous remercie vivement d' l'acceptation de mon blog dans votre communauté. Sachez que je suis aussi issue d'une famille espagnole, c'est amusant. Mais ma famille avait émigrée en Afrique de Nord au 19 ème siècle ce qui fait que ma mère est née à casablanca. Ma famille est arrivée en France en 1957.L'écriture est une chose très importante dans toutes ses formes, bravo pour votre blog.AmitiéLorène

Quichottine :0010: 09/02/2008 00:19

Nous avons au moins lui en commun...J'ai parlé de L'écriture ou la vie dans la bibliothèque... mais je ne suis pas graphologue...

Alaligne 09/02/2008 11:37

C'est l'un de ses meilleurs livres... sans conteste... viendrai te lire quichottine...

siratus 04/02/2008 21:24

Félicitations, Catherine !Merci pour ton invitation...Je serai dignement représentée !Gros bisous

Alaligne 06/02/2008 10:15

Merci Sylvie... c'est une hénaurme surprise et superbe que de savoir que Sophie pourra venir... Penserai bien à toi, ce jour là.Gros bisous à toi

sumi 03/02/2008 16:40

merci de me faire decouvrir ce Monsieur bonne semaine @+

Alaligne 06/02/2008 10:16

Bonne semaine à toi Sumi

delphine 03/02/2008 16:17

as-tu lu 'l'espèce humaine' de Robert Antelme?Les livres de Charlotte Delbo aussiEt puis SatpremL'expérience des camps a effrité le masque derrière lequel nombreux sont ceux qui encore se cachent...

Alaligne 06/02/2008 10:18

bonjour Delphy...Antelme oui... en revanche je n'ai lu ni Delbo, ni Satpem... Des romans ou bien des témoignages sur les camps?

Ghislain Hammer 03/02/2008 12:35

Merci pour la bio d'un auteur que je n'ai pas eu l'occasion de lire encore. Maisl là, ça donne envie !!! Ghislain

Alaligne 03/02/2008 12:44

je pense que tu ne seras pas déçu, Ghislain... ;)

Michka dit Le Pirate :0091::0010: 03/02/2008 09:11

:0010:

Alaligne 03/02/2008 12:43

Bon dimanche à toi mon mimichka!!!

LUCQUIAUD 03/02/2008 01:34

On peut se perdre dans le militantisme mais on se retrouve dans la gravité de l'existence seule véritable inspiratrice au delà des idéologies loin des réalités de terrain Cet homme là ne renie rien  de ses origines et surtout pas à ce qui fait l'humain véritable et authentique Excellent compte rendu et, comme toujours, une intéressante et révélatrice analyse graphologique ...Bisous des farfadets

Alaligne 03/02/2008 12:38

Sa vie traversée d'expériences douloureuses n'en a pas fait un aigri... bien au contraire... il faut le lire ...Merci Patrice

Aux éclats ! 02/02/2008 16:04

Pas très érotique mais infiniment intéressant ...

Alaligne 03/02/2008 12:33

Mais il est très érotique SEMPRUN... regarde la photo... mdr