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  • : Ecritures à la loupe
  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
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26 octobre 2007 5 26 /10 /octobre /2007 12:14







Yann QUEFFELEC 

   

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Yann Queffélec est né à Paris le 4 septembre 1949. Son père, Henri Queffélec, brestois d'origine, agrégé de lettres, après une carrière d'enseignant se consacra dès 1942 à la littérature et est considéré comme "l'écrivain maritime" du XXe siècle.

Ce père connu et reconnu aura une influence sur les débuts en littérature du fils qui dans une interview se souvient que : "Pendant des années, il m'a interdit d'écrire, il déchirait tout ce que j'écrivais et dessinais, j'étais un pirate à ses yeux. Il m'a parlé une seule fois de mes livres, lors d'un dîner. Cela a duré cinq minutes, ça m'a semblé des siècles, nous étions aussi gênés l'un que l'autre."

En revanche sa mère l'encourage dans cette voie et semble pendant de longues années être la seule à croire en la vocation de son fils et en son talent. Aussi quand elle meurt alors qu'il vient de passer son bac, Yann n'a plus qu'une idée : partir...
 
Sur les flots et les terres du monde entier, le breton s'acharne à coller à l'image que son père donne de lui: "Un incapable, la honte de la famille!" Des années d'errance qui s'achèvent sur une beuverie ahurissante et salutaire: c'est en 1979, sur l'île de Ré qu'il croise le chemin de la grande prêtresse de l'édition, Françoise Verny, qui lui jette son fameux: "Toi chéri, t'as une gueule d'écrivain. Tu vas m'écrire un livre!"
 
A la fin des années 70, il a déjà écrit deux romans qu'il garde soigneusement rangés dans un tiroir et pour gagner sa vie devient critique littéraire au  Nouvel Observateur. La publication en 1981 d'une biographie de Béla Bartók, puis  de son roman Le charme noir en 1983 est salué par la critique mais ce n'est que deux ans plus tard en 1985 avec la sortie des Noces barbares qu'il acquiert son statut d'écrivain et pas n'importe lequel, puisque ce livre lui vaut le Goncourt !

Le succès lui monte-t-il à la tête ? Il le venge au minimum d'une critique cinglante d'Angelo Rinaldi qui avait traité ses Noces barbares de "roman dont même la Pensée universelle n'aurait pas voulu". Sans doute Yann en rajoute-t-il, sans doute provoque t-il la critique littéraire qui de son côté aiguise sa plume: La femme sous l'horizon, le roman suivant, est qualifiée de "pavé lourdingue, mélo, maso, zéro", Le maître des chimères se voit taxé d'excès de pathétisme, Prends garde au loup est transformé en "Disneyland de rêve en grande surface".

"Il faut dire que je m'étais rendu très agaçant, reconnaît-il aujourd'hui, je prends ma part de responsabilité mais cela ne justifie pas les critiques ad nominem. Tout cela m'a persuadé d'une chose, ne jamais lire les mauvaises critiques. Pourquoi se faire mal?".

Les années passent, les rapports de Yann Queffélec avec la presse littéraire se détendent  et la sortie en 1994 de Perdue dans la nuit, l'histoire de deux adolescents de la chaude banlieue marseillaise livrés à eux-mêmes, reçoit un accueil plutôt favorable.
 


Interrogé en Octobre 2002, après la publication de son roman Boris, après l'amour, par le magazine l'Express il répond ainsi aux questions du journaliste :

Le bonheur parfait selon vous?
Etre intensément amoureux et en même temps intensément créatif. Le tout, si possible, à bord d'un magnifique voilier.

Où et à quel moment de votre vie avez-vous été le plus heureux?
En 1989, aux îles du Cap-Vert, avec ma femme. En 1991, en Corse, avec mes enfants. Et en Bretagne, chaque fois que j'y vais.

Le principal trait de votre caractère?
L'appétit de vivre.

Et celui dont vous êtes le moins fier?
J'ai du mal à arriver à l'heure...

Votre dernier fou rire?
Une nuit, à 3 heures du matin, avec ma femme, en entendant notre fils Neven, 2 ans, éclater de rire en plein sommeil.

Et la dernière fois que vous avez pleuré?
Quand mon père est mort.

La qualité que vous préférez chez un homme?
La drôlerie.

Et chez une femme?
La féminité.

Votre boisson préférée?
Le vin rouge.

Votre peintre favori?
Picasso.

Votre livre de chevet?
Le Maître de Milan, d'Audiberti. C'est le plus beau roman d'amour que je connaisse.

Vos auteurs préférés?
Faulkner, Gombrowicz. Et le Britannique Jonathan Coe.

La chanson que vous sifflez le matin, sous votre douche?
Elaeudanla Teïteïa, de Gainsbourg. Vous savez: L.A., E. dans l'A., T.I.T.I.A...

Votre compositeur préféré?
Bartok.

Votre film culte?
Les Vestiges du jour, de James Ivory.

Le talent que vous auriez aimé avoir?
Très bien jouer de la guitare ou du piano.

Le personnage historique auquel vous auriez aimé ressembler?
Magellan.

Votre plus grand regret?
Que ma mère soit morte sans que j'aie pu lui dire au revoir.

Que possédez-vous de plus cher?
Le désir d'émerveiller.

Qu'avez-vous réussi de mieux dans votre vie?
A conserver le sentiment que la réussite est pour demain.

Votre devise?
Carpe diem.

Votre plus grande peur?
Mourir sans avoir donné le meilleur de moi-même.

Frère de la pianiste Anne Queffélec, il a été marié à une autre pianiste connue Brigitte Engerer, avec laquelle il a eu une fille. Il vit aujourd'hui à Paris.




Son écriture:


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Autant le dire tout de suite... cette dédicace qui date de 1985, j'ai eu beaucoup de difficultés à la déchiffrer  et je butte encore sur un ou deux mots.

La qualité du trait est en effet avec la forme et la continuité des particularités qui rendent le graphisme de Yann Queffélec particulièrement difficile à décrypter, souvent flou et même parfois illisible.

Le trait spasmodique, très inégal en largeur, parfois très fin et souvent engorgé d'encre est un trait flou, limite boueux qui révèle une hypersensibilité exarcerbée, une impressionabilité, sans doute une  difficulté à s'affirmer de manière spontanée, avec simplicité et naturel. Le fonds du tempérament ombrageux ne facilite pas la communication et les sentiments ne peuvent qu'être forts, violents, contenus avec une tension importante.

Les trous (blanc à l'intérieur des mots) le prolongement des hampes et des jambages, la contrainte qui  domine l'écriture, la relative régularité de l'inclinaison des lettres et de la tenue de ligne, mettent des bornes, des limites à ces démons intérieurs. Retranché dans une attitude sélective, dans un "monde à soi",  le scripteur peut se sentir protégé, fort, voire, paradoxalement invicible. Au sein de cette "tour d'ivoire", il se sent parfois incompris, monologue et entretient son for intérieur.  

La disposition du texte qui joue avec le format de la page, indique également, non seulement la volonté de s'affranchir des règles mais aussi et sans doute une pointe d'humour salvateur, humour qui ne fait peut-être pas forcément dans la légèreté mais qui permet de prendre ses distances par rapports aux états d'âmes et aux pulsions.

Aujourd'hui, soit 27 ans après la rédaction de cette dédicace, les journalistes qui interviewent Yann Queffélec le décrivent comme "apaisé". Il est clair que j'aimerais pouvoir le constater dans un écrit récent...




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commentaires

Marc Duboisé 01/11/2007 18:39

Vie intéressante...

Alaligne 02/11/2007 10:29

commentaire intéressant...

Baggins 29/10/2007 11:04

Des gouts et une écriture qui ressemble au personage décrit...Bonne journée Cath. Bisous

Emeraude 27/10/2007 23:20

je n'ai encore rien lu de lui mais j'ai noté les noces barbares, en petit sur ma LAL.C'est sûr que ça doit être encore plus intéressant d'édudier l'écriture du même écrivain à plusieurs années d'écart. Beaucoup de choses doivent avoir changé en plus de 20 ans! :-)

Aux éclats ! 27/10/2007 14:41

Terrifiante l'attitude du paternel : c'est de la résilience de devenir écrivain après ça... ou de la provocation ...

ced 27/10/2007 13:02

Joli clin-d'oeil à la fratrie Queffelec...connais assez peu Yann et ses Noces barbares..mieux Henri...te chipoterai sur ce statut d' "écrivain maritime du XXe"...tellement sujectif tout ça...influencée par tes années Locquémeau??? Ce titre..je le confère plus volontiers à Claude Farrère, le digne successeur de Loti..voire à René Dalize..surméconnu....

Dông Phong 26/10/2007 22:02

Yann Queffelec est un auteur "moderne" dont les Bretons sont fiers (j'en fais un peu partie, par adoption). Merci Catherine, bon week-end, bien amicalement.

cyril 26/10/2007 19:17

Voilà un article fort intéressant une fois de plus!J'avoue ne rien avoir lu de Quéffelec Cathy. Mais il y a tellement de livres à lire de tellement d'auteurs, que ça donne parfois le vertige! En tout cas, son interview écrite m'a donné envie de me plonger dans le maître de Milan d'Audiberti, dés que j'aurais fini les trois ou quatre livres en cours ...Tes analyses graphologiques sont toujours d'une grande pertinence quant à la personnalité et à la psychologie des auteurs.. et si l'on en juge par rapport à ce que dit Patrice. Excellent le com de Patrick! lolBizz et papatte...

Piotr Goradd 26/10/2007 18:52

Je l'ai croisé dans la rue Kéréon à Quimper, une rue touristique, Bretonne (forcément) Bretonnante... je me suis retourné sur lui, il en a fait autant... Nous nous somme dévisagé une poignée de seconde puis nous avons repris notre chemin. Moi, je l'avais reconnu , mais lui ? Avait-il senti en moi un concurent ? LOL

LUCQUIAUD 26/10/2007 18:43

J'y retourne... Oui,le personnage dont je me souviens était plutôt imbu de sa personne ... et ne laissait pas trop transparaître ses sentiments ... mais, le coup de patte de l'écrivain est imparable ...  Effectivement, il ne fait pas dans la dentelle avec ses contemporains. ..Une certaine noirceur de la vie semblait l'attirer Figures-toi, que notre dentiste à l'époque, le connaissait bien...Ce Monsieur  qui ne mentait point comme un "arracheux" ... ;-) ...  était le mécène qui nous a présenté Brigitte Engerer . Ils se fréquentaient avec ce couple  à l'époque ...  Souvent le Dr; N.   me parlait de ce "diable de Quéffelec", à la plume talentueuse mais à "l'âme noircie" , n'aimant que le "tordu" ...Et avec ça, on peut se faire un nom ... Ce qui lui est arrivé avec "les noces barbares"   ... à nos dépends ( Bonjour l'image du Centre  qu'il a fait transparaître dans son livre ...  ) Mais ça se discute  tout ça .... Bon , ton analyse grapho est en conformité avec l'idée que l'on peut se faire du personnage ....  Brillant  et sombre à la fois  ... paradoxale hein !...Re bises des farfadets bavards  lol  lol lol

LUCQUIAUD 26/10/2007 17:34

Je connais le personnage, pour l'avoir rencontré, lors de concerts que son ex épouse, la pianiste Brigitte Engerer donnaient dans le cadre de l'institut Saint Martin . Nos compagnons adoraient cette artiste qui a nous a été présentée à ses débuts ... Par ailleurs, à propos des "Noces barbares" Yann Queffelec" ayant passé plusieurs jours au Centre Saint martin s'est inspiré du vécu du Centre pour le passage de son livre où le fils de l'héroïne est placé en institution spécialisé ... Je pourrai t'en raconter long là-dessus ... En fait ce livre a jeté un grand froid entre la direction du Centre et Yann Quéffelec ... que l'on a plus revu Par contre son ex épouse est revenue encore plusieurs fois jouer pour nos résidents ... Un jour ces souvenirs vaudront bien un article mais attention à bien présenter les événements pour ménager les susceptibilités voilou ... toute une histoire autour de cet auteur . D'ailleurs un film a été tiré des "Noces barbares" ... Bisous des farfadets