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  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
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histoire

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3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 10:20







Pierre BOULLE
    

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Pierre Boulle est né le 20 février 1912 à Avignon. En 1920, son père, achète l'Ilon, un domaine sur les bords du Rhône qui sera le terrain de jeux favori de Pierre Boulle, puis deviendra son port d'attache. Après avoir passé son Baccalauréat (section mathématiques élémentaires) à Avignon, il part à l'automne poursuivre ses études à Paris, réussit une Licence Es Sciences et est admis à l'Ecole Supérieure d'électricité de Paris dont il sort avec son diplôme d'ingénieur en 1933 à l'âge de 21 ans. 

En 1936 il part pour la Malaisie, où il est engagé à la plantation d'hévéas de Sungei Tinggi, à cinquante miles de Kuala Lumpur. En novembre 1939, il est mobilisé et appelé à Saïgon. De nombreuses affectations se succèdent : La Cochinchine, le Annam et le Laos.
 
Démobilisé en avril 1941, il attend un visa anglais pour retourner en Malaisie, revient à Singapour et s'engage dans la France Libre. En août 1941, il participe à un stage au service anglais spécialisé dans l'espionnage des installations ennemies à l'étranger (la Force 316) où il apprend à faire sauter des ponts. En  janvier 1942, il rejoint la Chine depuis la Birmanie, en Buick pour une mission sous le nom de Peter John Rule. Il se rapproche de la frontière avec l'Indochine, pays occupé par les Japonais, descend le fleuve Namna dans l'espoir de gagner Hanoï sur une embarcation de bambous qu'il a fabriquée. Capturé par des villageois, il reconnaît son identité devant un officier pétainiste et est incarcéré. Déclaré coupable de trahison, il est dégradé, déchu de la nationalité française et condamné aux travaux forcés à perpétuité.
 
Il s'évade en novembre 1944 grâce à des complicités dans l'administration, est rapatrié à Paris et reçoit de multiples décorations comme la Légion d'honneur, la Croix de guerre et la Médaille de la Résistance. Il reprend difficilement une vie normale et rapidement  repart pour les plantations de Malaisie. L'insipidité du travail quotidien lui pèse. Il démissionne, revient à Paris en 1949, vend tout ce qu'il possède et s'installe à l'hôtel Lutèce pour écrire.

Dès 1952, il connaît le succès littéraire avec son roman, Le pont de la rivière Kwaï qui sera couronné par le Prix Sainte-Beuve.

Durant les années 50, puis 60, il explore les thèmes de la science-fiction. Si La Planète des singes est le plus connu de ses romans, il publiera également plusieurs nouvelles (Une nuit interminable, Le parfait robot, le poids d'un sonnet) réunies dans deux recueils intitulés les Contes de l'Absurde (1953) et E=MC2 (1957) qui reçurent le Grand Prix de la nouvelle.  La majorité de ses romans comme Le jardin de Kanashima, Les jeux de l'esprit, Le bon Léviathan, L'énergie du désespoir ou Miroitements, sont des fables moralisantes non dénuées d'humour noir. La plupart des thèmes, écologiques ou philosophiques, sont traités de façon paradoxale.

En 1955 sa sœur Madeleine devenue veuve, l'accueille dans son appartement parisien. L'écrivain y élit domicile jusqu'à la fin de ses jours, restant indéfectiblement célibataire.

En 1976, c'est le Grand Prix de la Société des gens de Lettres qui lui est décerné pour l'ensemble de son œuvre.

Le 30 janvier 1994 Pierre Boulle décède, après avoir écrit trente-cinq volumes.

Se penchant dans son autobiographie sur ses motivations profondes quant à son engagement  dans la France Libre, il écrira : "Il y a un  point délicat et obscur qui me tracasse […] Il consiste à essayer de déterminer dans quelles proportions se mariaient dans cette décision le patriotisme et un certain sentiment du devoir d'une part et, de l'autre, l'orgueil et la perspective égoïste de vivre des aventures exaltantes et hors du commun. Hélas, là encore, je n'en sais rien. C'est une question que je me suis souvent posée depuis. Je n'ai jamais pu y répondre. Je n'ai jamais réussi à résoudre ce problème et je pense qu'il y a peu de chances pour que j'y parvienne jamais."


Ses oeuvres les plus connues, Le pont de la rivière Kwaï et La planète des singes sont rapidement remarquées par Hollywood qui les porte sur le grand écran, et le succès de ces films a largement participé à la notoriété de l'auteur.

           

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Ce qui ressort finalement de l'œuvre de Pierre Boulle, principalement dans sa partie "romans d'anticipation", est le côté dérisoire des aspirations utopiques de l'Homme. Jacques Goimard a mis en évidence le "renversement ironique" qui traverse la quasi-totalité de l'œuvre de Boulle, y voyant un trait de son humour anglais. Et il considère ce renversement, si rigoureux dans sa construction, comme propre à un "ingénieur devenu écrivain". Ce n'est du reste pas un hasard si Boulle s'est autant consacré aux nouvelles, puisque leur concision impose un traitement dynamique de l'intrigue, avec développement d'une "idée", qui sied bien au renversement ironique.
 


Son écriture:


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Une écriture fine, petite, au bic bleu, à la zone médiane rapetissée jusqu'au filiforme dans le mot "cordialement", au trait moyennement appuyé avec des acérations dans les barres de "t" et certaines finales. Geste vif, avec des inégalités de liaison, de la tension dans la conduite du tracé, une ligne tenue sans raideur excessive et une direction des lignes de plus en plus montante. Texte plutôt centré dans la page avec une  grande marge de gauche. Grande signature où l'on retrouve l'opposition entre des  majuscules importantes (voir le "C" et le "B" en forme de 3) et une zone médiane parfaitement filiforme, se terminant par un paraphe en "éperon".

L'écriture de Pierre Boulle ne différe guère des écritures des jeunes "ingénieurs" de notre époque. La "pensée" s'y exprime au travers de la petitesse des formes, leur précision et le filiforme indice de rapidité et de sagacité. Ce graphisme "cérébral" montre peu de penchants pour un registre "affectif", mais une sensibilité intellectuelle naturelle et "à fleur de peau". L'attachement à sa liberté lui fait fuire les contraintes et si l'individualisme est sa marque de fabrique , il sait rester spontané et vivant dans ses contacts.

L'humour, le trait d'esprit, le sens critique, la vision rapide des failles, alimentent et colorent sa vision du monde qui l'entoure. La curiosité intellectuelle, l'absence d'idées arrêtées à l'avance donnent de l'essor, de l'ouverture au regard qu'il pose sur les êtres et les événements. Les réactions rapides,  parfois impulsives signent chez lui des traits de caractères assez "juvéniles" ou pour le moins un désir de perpétuel renouvellement.  

Rester disponible à l'aventure, à l'imprévu, tirer parti des expériences sans s'enliser dans les regrets posthumes et tirer son épingle du jeu, faire circuler ses idées sont des motivations parfaitement perceptibles dans son écriture.

 

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commentaires

Chuipala 15/10/2007 20:33

Ouff ça fait peur, j'y vois mon écriture... mais un détail et l'individu devient un autre alors...

Baggins 05/10/2007 22:43

Quelle belle écriture. La planete des singes...Dieu sait si j'ai aimé le livre et plus encore le film ...Le pont de la rivière Kawaï j'avais vu le film avant de lire le livre mais j'ai aimé aussi .Bisous Cath

cyril 04/10/2007 22:33

Trés intéressant cet article! encore une fois! ... je reviens vite le relire! bises

Muad' Dib 04/10/2007 21:47

Coucou Alaligne, je découvre vraiment cet auteur en ta compagnie et  je t'en remercie.Bonne soirée,

shin haiah 04/10/2007 21:26

Et moi qui pensait que l'enfer, était sur terre ... :)

Sophie (Ti Taz) 04/10/2007 11:37

Juste un petit coucou en passant... Je déménage bientôt, avec un peu de chance on pourra se rencontrer avant la fin de l'année!!!Gros bisous;-)

Emeraude 03/10/2007 18:49

je n'ai encore jamais lu la planète des singes mais je devrais ;-)Et question bête : il a écrit un roman qui s'appelle e=mc2 ? Comme celui de patrick cauvin ??

Piotr Goradd 03/10/2007 16:13

J'ai acheté un vieux bouquin de poche traitant de graphologie, je vais m'y mettre, Hum ! En y ajoutant une once de dérision...  Celà dit, ton étude est superbement posée, mais lorsque l'on connaît la vie de l'auteur des lignes étudiées, n'est-il pas facile de "Psychoter" dessus ? Note bien, que ce n'est nullement une critique mais, une question d'un béotien...Bisous, bises, baisers et bien plus encore..............Piotr, piotrissime

LUCQUIAUD 03/10/2007 15:13

Le pont de la rivière Kwaïe est sorti sur les écrans, je crois bien que ça fait 50 ans , cette année... Je l'ai vu à sa sortie. il m'avait beaucoup impressionné...  Ila avlu à l'acteur principa SIr Alec Guiness ( Comme la bière irlandaise si consitante ...) d'être anobli par la reine d'Angleterre . Un pont plus loin,  on embarque pour la planète des singes ... J'aime mieux lea première mouture ccinamatographique que le remake post 2000 ...Comme quoi je suis attaché à ce qui est prim ate en nous ...Ce n'est pas aux vieux singes qu'on apprend à faire la grimace quand même Les farfadets bien lêchés te font les bises du siècle en attendant le prochain mi laine air ... , j'ai la fibre moutonne ce tantôt et les mots  hair ... c'tau poil non !...  ;-)

Curieuse 03/10/2007 13:47

Merci encore une fois pour cet enseignement très riche sur cet écrivain que tout le monde connait. J'apprécie vraiment les analyses grapho que tu fais et que je déguste avec toujours autant de plaisir ! Je n'ai qu'un mot à dire : ENCORE !!! Et merci