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  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
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22 septembre 2007 6 22 /09 /septembre /2007 10:35
 

 

 

Théodore de Banville

Le cercle des poètes oubliés (2)

 

 

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Théodore de Banville, poète français, né le 14 mars 1823 à Moulins, dans l'Allier, mort le 13 mars 1891, à Paris, à son domicile rue de l'Éperon. Fils de Claude Théodore Faullain de Banville (1785-1846), lieutenant de vaisseau, et de Zélie Huet (1799-1876). Poète d'une souplesse et d'une verve extraordinaires, il forme la transition entre l'Ecole romantique et l'école parnassienne. Banville professait un amour exclusif de la beauté et s’opposait à la fois à la poésie réaliste et aux épanchements romantiques, face auxquels il affirmait sa foi en la pureté formelle de l’acte poétique.

Théodore de Banville a fait ses études au lycée Condorcet. Encouragé par Victor Hugo et par Théophile Gautier, il se consacra à la poésie, et fréquenta les milieux littéraires parmi les plus anticonformistes. Il méprisait la poésie officielle et commerciale, fut l'adversaire résolu de la nouvelle poésie réaliste et l'ennemi de la dérive larmoyante du romantisme.

Il collabora aussi comme critique dramatique et chroniqueur littéraire aux journaux le Pouvoir (1850), puis le National (1869) et devint une figure très importante du monde littéraire, devenant membre de la Revue fantaisiste (1861), où se retrouvent les poètes qui furent à l’origine du Parnasse et de tous les mouvements du siècle.

En 1866 il épouse Marie-Élisabeth Rochegrosse, et organise la première représentation de Gringoire. Il publie Les Exilés en 1867, recueil qu'il dédie à sa femme et qu'il considéra comme le meilleur de son œuvre.

Il fut l'un des auteurs les plus influents du monde des lettres, auteur de théâtre, poète de la seconde génération romantique et critique littéraire, et fut admiré et souvent imité par toute une génération de jeunes poètes de la deuxième moitié du XIXe siècle.

Sa revue collective, le Parnasse contemporain, initia Arthur Rimbaud, à la poésie de son temps. Le 24 mai 1870, celui-ci, alors âgé de 16 ans, envoya à Théodore de Banville un courrier auquel il joignit plusieurs poèmes (Ophélie, Sensation, Soleil et chair), afin obtenir son appui auprès de l'éditeur Alphonse Lemerre.

En novembre 1871, Théodore de Banville logea chez lui Arthur Rimbaud, mais dès le mois de mai, ce dernier dans ses lettres dites « du voyant » exprime sa différence, et en août 1871, dans son poème parodique, « Ce qu'on dit au poète à propos de fleurs », exprime une critique ouverte de la poétique de Banville.

En 1872, avec son Petit Traité de poésie française, Banville rompt avec le courant symboliste. Il publie presque une œuvre par an tout au long des années 1880, et meurt à Paris le 13 mars 1891, peu après la publication de son seul roman, Marcelle Rabe.

Théodore de Banville a particulièrement travaillé, dans son œuvre, les questions de forme poétique, et a joué avec toutes les richesses de la poésie française. Il lui a été reproché d’avoir manqué de sensibilité et d’imagination, mais son influence salutaire, permit à de nombreux poètes de se dégager de la sensiblerie mièvre qui survivait au véritable romantisme.

 

 

Le fac-similé de son écriture

 

 

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 Et un poème plein d'humour, qui "balançait" sec à l'époque!!!:




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 Lapins

Les petits lapins, dans le bois,
Folâtrent sur l'herbe arrosée
Et, comme nous le vin d'Arbois
Ils boivent la douce rosée.

Gris foncé, gris clair, soupe au lait,
Ces vagabonds, dont se dégage
Comme une odeur de serpolet,
Tiennent à peu près ce langage:

Nous sommes les petits lapins,
Gens étrangers à l'écriture
Et chaussés des seuls escarpins
Que nous a donné la nature.

Près du chêne pyramidal
Nous menons les épithalames
Et nous ne suivons pas Stendhal
Sur le terrain des vieilles dames.

N'ayant pas lu Dostoïewski,
Nous conservons des airs peu rogues,
Et certes, ce n'est pas nous qui
Nous piquons d'être psychologues.

Nous sommes les petits lapins.
C'est le poil qui forme nos bottes,
Et, n'ayant pas de calepins,
Nous ne prenons jamais de notes.

Nous ne cultivons pas le Kant;
Son idéale turlutaine
Rarement nous attire. Quant
Au fabuliste La Fontaine,

Il faut qu'on l'adore à genoux;
Mais nous préférons qu'on se taise
Lorsque méchamment on veut nous
Raconter une pièce à thèse.

Etant des guerriers du vieux jeu,
Prêts à combattre pour Hélène,
Chez nous on fredonne assez peu
Les airs venus de Mitylène.

Préférant les simples chansons
Qui ravissent les violettes,
Sans plus faire, nous laissons
Les raffinements aux belettes.

Ce ne sont pas les gazons verts
Ni les fleurs dont jamais nous rîmes,
Et, qui pis est, au bout des vers
Nous ne dédaignons pas les rimes.

En dépit de Schopenhauer,
Ce cruel malade qui tousse,
Vivre et savourer le doux air
Nous semble une chose fort douce,

Et dans la bonne odeur des pins
Qu'on voit ombrageant ces clairières,
Nous sommes les tendres lapins
Assis sur leurs petits derrières.

(Sonnailles et clochettes)



 

 

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commentaires

loic 08/02/2009 19:54

Bonsoir,Merci de cette re-découverte. Un souvenir des bancs de classe ! Bien sympathique. Amicalement. Loic

razavif/aude wie 30/09/2007 22:23

Un petit coucou en passant  sympas les petits lapins qui balancent lol !y'a un poête peu connu qui fait dans le genre mais a longueur de receuil c'est Georges Fourest : Dans :Le Geranium OvipareLa Negresse BlondeEt Les Contes pour Les SatyresIl y a quelques uns de ces textes sur mon bazard un là> si tu ne connais pas http://www.aude-wie.biz/article-741306.htmlMoi Je ne connaissais pas les Petits Lapins de Théodore qué la cune Merci pour la decouverte !a tout'Bizouilles a toi

ced 25/09/2007 20:24

Parnasse...et symbolisme de la maison Lemerre...Mallarmé, le jeune France, Kahn, Goudaud et la troupe...une bien belle offrande en guise de réminiscence très très stylée...j'adore le "vin d'Arbois", vin de roi et les ..."belettes"..t'embrasse en passant...

Michka :0051: :0010: 24/09/2007 21:16

lol j'adore ces lapins béliers!!! bonne semaine cathy :0010:

LUCQUIAUD 24/09/2007 16:26

Voilà ce qui s'appelle poser un lapin Aux rimailleurs d'infortunes.... Et en remontre aux écrivainsQui nous promettent la lune... Après sa sarabande dans la clairière Lapin aussi s'asseoient sur son derrière... Bise d'Automne des farfadet des bois  ;-)

BIDUDULE 24/09/2007 07:55

Promis ! Je nen magerai plus !!!Belle journée Cathy !

siratus 23/09/2007 23:16

Coups de coeur aussi...tes lapins !  :)Gros bisous  :0010:

Aux éclats ! 23/09/2007 22:33

Ah oui, c'est vraiment bien, le ton est incisif en effet !! Mais pourquoi les lapins ont-ils aussi mauvaise réputation ?

Emeraude 23/09/2007 09:25

Effectivement, si je ne l'avais pas su, je n'aurai jamais pu dire que ce poème avait été écrit à cette époque ! Mais j'aime beaucoup. Merci de nous faire partager ça Cath, moi qui n'y connais rien en poésie, c'est un vrai régal :-)

Baggins 23/09/2007 00:18

Magnifique poème à découvrir pour celles et ceux qui ne connaissent pas .Bisous Cath