Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Ecritures à la loupe
  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
  • Contact

Mes romans

histoire

  couv-pour-OB.jpg




5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 11:37



Catherine Breillat

 

Image Hosted by ImageShack.us

 


Catherine Breillat, soeur de l'actrice Marie-Hélène Breillat est une romancière, une réalisatrice et une scénariste française, née le 13 juillet 1948 à Bressuire, dans les Deux-Sèvres.


Elle « monte » à Paris à l'âge de 16 ans, pour publier un an plus tard, son premier roman L'homme facile. Celui-ci est interdit aux mineurs de moins de 18 ans, chose cocasse puisque l'auteur ne peut donc lire son propre livre!  Mais un phénomène littéraire est né.

Des années plus tard, dans une interview elle dira à propos de ce roman:

"Quand j'ai écrit par exemple L'homme Facile, on me disait toujours que l'érotisme c'était le beau, et que la pornographie c'était affreux. Moi je disais : je déteste l'érotisme, je préfère la pornographie. Parce que la pornographie, c'était Francis Bacon. Il y a le consensus bourgeois du cinéma français semblable à de la moquette pure laine. C'est passionnant la moquette pure laine, c'est beau, c'est de la bonne qualité, mais ce n'est rien. Je pense qu'il n'y a pas d'art quand il n'y a pas de dangers"


En 1976, elle rencontre André Génovès qui lui propose d'adapter un autre de ses livres Le Soupirail.

Le film "Une vraie jeune fille" traite de l'éveil à la sexualité d'une adolescente. Mais, l'époque n'est pas prête à ouvrir en grand les portes des salles obscures à un scénario qui fait scandale. Le producteur fait faillite et il faudra attendre l'année 2000 pour qu'il soit distribué.

En 1979, elle fait tourner Joe Dallesandro, acteur fétiche d'Andy Warhol, dans son deuxième long métrage, "Tapage nocturne", nouvelle adaptation de son second roman.

Peu satisfaite du résultat, Catherine Breillat met sa carrière de réalisatrice entre parenthèses et se consacre à scénariser pour d'autres, notamment "La Pelle" de Liliana Cavani, "Et vogue le navire..."  de Federico Fellini  et "Police" de Maurice Pialat.

Il faudra attendre la fin des années 80 et le début des années 90 pour la voir revenir derrière une caméra avec  "36 fillettes",  "Sale comme un ange" en 1991,  "Parfait amour !" en 1996 et le très polémique "Romance" en 1999 où Rocco Siffredi apparaît pour la première fois dans un film dit "traditionnel".

Ses films déchaînent des passions et des critiques qui s'avèrent au fil du temps de plus en plus positives. Reconnue par ses pairs, elle reste avant la sortie de "Parfait amour" une quasie inconnue du grand public.

En octobre 2004, après avoir adapté son roman Pornocratie qui devient pour le cinéma "Anatomie de l'enfer", elle est victime d'une attaque cérébrale, puis, à l'hôpital, d'une importante hémorragie cérébrale qui paralyse son côté gauche. Après cinq mois d'hospitalisation et une lente rééducation, elle parvient à reprendre le travail et réalise "Une vieille maîtresse", d'après Barbey d'Aurevilly, son premier film en costumes qui fera partie de la sélection officielle du Festival de Cannes 2007.

D'Anatomie de l'enfer elle dira:

C'est triste à dire mais j'en suis incroyablement contente ! J'en suis très contente ! Je pense que c'est un aboutissement, mon film le plus radical, ça très certainement. Le scénario était illisible. On pouvait être épouvanté par le scénario en disant ce n'est pas filmable. Qu'est-ce qu'on va filmer ? C'est une femme qui paie un homme qui n'aime pas les femmes pour la regarder par là où elle n'est pas regardable. Ca veut dire quoi ça en terme de cinéma ? Comment on montre ce qui n'est pas regardable ? C'est ça le sujet. C'est l'impératif pornographique qui est l'impératif des artistes : essayer de débusquer la pornographie pour trouver l'obscénité, pour savoir si elle existe.


Catherine Breillat a eu également une "petite" carrière d'actrice, souvent aux côtés de sa sœur, comme par exemple dans Le Dernier Tango à Paris.

Pour introduire son écriture, il m'a semblé important de vous livrer également cet extrait de l'une de ses interviews:


A chaque fois que j'ai une contrainte, cela me met très en colère et en fait j'arrive à la contourner. Et c'est vrai que cela donne des idées de cinéma. La contrainte fonctionne, on le voit bien avec un immense cinéaste comme Kiarostami dans un pays où on ne peut rien dire. Il invente alors la parabole. C'est aussi pour cela que je dis que je ne suis pas réaliste, car en rester au réalisme, ce n'est pas réfléchir. Et c'est vrai que la censure vous oblige à la parabole. Je ne dis pas que la censure est nécessaire, on n'en a pas besoin, mais ça vous y oblige ou alors on est quelqu'un qui baisse l'échine. [...] Tout ce qui est interdit je veux le voir. Montrer l'invisible parce que souvent c'est interdit. On vous dit qu'on ne peut pas le filmer parce que c'est laid. Qu'est-ce que c'est que le laid ? Surtout en art. En tout cas, l'art ce n'est pas le joli. Vous pouvez opposer le laid au joli, le laid au beau, mais déjà on sait que le laid et le beau sont frères jumeaux. Il n'y a donc que le joli qui est affreux. C'est mièvre. C'est une demie mesure et ce qu'on appelle à tort le bon goût.  

 

 

Image Hosted by ImageShack.us

 

 


Point n'est besoin d'être graphologue, pour constater l'originalité de son graphisme, son absence de contraintes.

Pourquoi, en effet s'embarrasser et se confiner à une page lorsque deux s'offrent à elle pour écrire sa dédicace?  Une contrainte? Elle la contourne...

Des normes? Elles s'en dégage en imposant sa griffe là où elle veut et comme elle le souhaite...
 
Bouillonnante d'idées, donnant à montrer ce que d'autres préfèrent cacher, elle s'expose en première ligne à l'instar de son écriture qui s'offre entièrement à nos yeux. Les forces et les faiblesses se mettent à nu. Les pulsions s'y expriment avec peu de retenue.  A prendre ou à laisser, semble clamer cette écriture qui se joue des proportions, des consignes apprises de dimension et de liaison entre les lettres. Le bon goût? Elle s'en contrefout.

Quelle impatience! Quelle rage! Quelle envie de lancer à la tête de "l'autre" que sa "vérité" on la trouve au-dedans de soi, en dedans de ses tripes, en les exposant brutalement et sans vergogne à coups de scalpel - devrait-on parfois s'y perdre... à la folie.

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

Discount voyance 01/06/2020 11:42

Je trouve votre site hyper génial, je vous souhaite pleins de succès car vous le méritez, bonne continuation et encore bravo pour ce superbe site !

Liza Peninon 06/01/2008 20:55

PS ... Désolée, je suis très touchée et j'en ai oublié de te dire que j'aime beaucoup l'univers de Catherine Breillat, dont tu parles avec tant de talent .Liza

Alaligne 07/01/2008 11:01

et puis son écriture est tellement expressive!!! Bises Liza

Liza Peninon 06/01/2008 20:52

Bonsoir,Je te remercie de tout coeur pour ton chaleureux message, et pour m'avoir ouvert les portes de ta communauté . Trouver un lieu de partage, de libre expression et de diffusion de mes écrits est essentiel à mes yeux, et très précieux . Je te remercie pour des voeux, et à mon tour je te souhaite le meilleur pour cette année qui commence . Tu m'as offert une très belle lueur . Merci encore .Toutes mes amitiés .Liza

Alaligne 07/01/2008 11:00

Je souhaite longue vie à ton blog Liza et beaucoup de commentaires même si cela prend parfois du temps pour arriver à faire connaître son blog... Suivrai tes publications, mais avec les 340 autres blogs de la communauté, je ne peux y consacrer beaucoup de temps... Encore une fois bonne année à toi

CONY 09/12/2007 08:54

Please receive me on in your community, very beautiful blog that I visited with a big pleasure kiss cony.

Alaligne 09/12/2007 10:46

the pleasure is for me Cony... Hope y'll find in the community kindness and interest... I'll read you soon...

tietie007 15/09/2007 14:59

Les films pornos m'ennuient, les films érotiques m'ennuient encore plus ...Les thématiques de Breillat sont en fait typiquement bourgeoises, se centrant sur désir et le plaisir, variations hédonistes et intimistes, qui ont, il faut le dire, peu d'intérêts !

tiphaine 08/09/2007 12:35

je l'ai rencontré quand je participais au nuit et au rencontre au cinémé ou je bossais ( c'était mieux que la Fnac ! ) c'est vrai qu'elle a un sacré caractère et peut dire les chose parfois brutalement,enfin je m'en suis rendu compte ce soir la , quand elle répondait aux questions !enfin le cinéma est  techniquement bourré de contrainte ( techinque scénario le tournage, montage, travail d'équipe, aléa de la méteo etcetc...) et elle arrive a  s'en libérer... j'ai un peu de mal avec ses films, mais faut reconnaitre c'est un personnage !

chriscraft_ 06/09/2007 20:33

Ouah j'ai pas encore lu des ses livres, mais j'ai lu  Catherine MBien vu, et merci de nous en apprendre comme ça mine de rien

LUCQUIAUD 06/09/2007 11:13

De nier que le laid existe serait une hérésie mais, de là, affirmer que le beau est affreux faut oser ... Cette Catherine là a osé. Soit ... Elle est bien de notre génération contestataire qui aimait dire le contraire et même le contraire du contraire ... c'est à ne plus s'y retrouver ... Je suis quelqu'un de simple, et intellectuellement parlant aussi ... moi les « intello » qui nous brouillent la vue et les jugements, j'aime pas trop ... mais ça tu l'avais compris, je pense... Par contre, je pense que si des personnalités comme cette Catherine Breillat se sont manifestés avec une telle originalité, une telle audace et aussi du talent, à mon avis, c'est plus sûrement pour nous faire nous interroger sur la nature même de notre être porteur de forces de vie, de pensées et de mystères ... Mais que serait les « psy » sans les "mystères" de la sexualité.... C'est surtout ce que je reproche à nos contemporains : Vouloir lever le voile sur tous les mystères de la vie à tous prix ... tout démystifier … La quête… oui ! La conquête… non !* Il faut tout savoir ... moi j'aime bien croire ... Sans confiance ... il n'y a plus d'espoir ... Le rêve est aussi une réalité comme les cauchemars ... Ne rêvons-nous pas la réalité et de celle-ci, les humains savent aussi en faire un cauchemar …NB * Il est juste de se poser des questions ... il est néfaste de vouloir y répondre avec hâte ... Bises des farfadets

Alaligne 07/09/2007 13:18

Comme je te l'ai écrit Patrick sur ton fil Breillat dit que le "joli " est affreux. attitude assez commune chez beaucoup d'artistes , pas seulement ceux qui sont "contestataires". C'est le refus des demi-mesures qui s'expriment dans son interview. Elle ne dit pas le contraire du contraire, mais affirme qu'il n'y a création et oeuvre d'art que dans l'extrême.. d'où son rejet de l'érotisme au profit de la pornographie, dans une vision sans doute mortifère du sexe. Et là aussi, elle n'innove pas.... au travers des siècles, les écrivains et les peintres ont souvent eu la même approche.  ce qui est étonnant chez Breillat, c'est la précocité de cette prise de conscience... 16ans, quand même, là c'est confondant...Bisous mon Patrice

Curieuse 06/09/2007 09:30

Encore une fois, tu nous brosses un portrait de façon captivante et l'on sent sur la fin de ton article la passion qui t'anime, en miroir à l'auteure pour ses propres oeuvres. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ta description ainsi que l'analyse graphologique que tu fais. Merci pour tes enseignements.

Alaligne 06/09/2007 11:06

passion surtout pour son écriture sur laquelle je ne dis pas "tout"... comme d'hab... discrétion et respect obligent... lol

siratus 05/09/2007 20:44

Etonnant encore ce que révèle une écriture !Gros bisous  :0010:

Alaligne 06/09/2007 10:52

C'est pour cela Sylvie que j'aime tant mon métier, même s'il est particulièrement ingrat, suspect aux yeux de certains, décrié par beaucoup, détesté par la presse...Gros bisous, ma belle