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  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
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Mes romans

histoire

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19 juillet 2007 4 19 /07 /juillet /2007 10:49


Mary Roberts RINEHART




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1876 - 1958




Mary Roberts Rinehart est née le 12 août 1876 à Pittsburg, Pennsylvanie.
  
Son père Thomas, personnage séduisant, grand rêveur et totalement dépourvu de sens pratique n’avait qu’une obsession: devenir un grand inventeur. La seule invention qu’il réussit à mettre au point fut une navette rotative pour les machines à coudre. La grand-mère, pratiquement aveugle était… couturière. La famille vivait dans la pauvreté, mais dans une ambiance fertile en émotions et donnait le change à leurs relations en voulant sauver les apparences.

Très tôt en opposition avec sa famille, M.R. Rinehart fit sa scolarité au collège d’Allegheny où son amour de la littérature se développa  rapidement. Gauchère, elle fit partie de ces élèves auxquels on attacha la main gauche dans le dos pour apprendre à écrire.

Elle commença à rédiger de courtes nouvelles pour le journal local, nouvelles payées royalement un dollar l’unité.

Mais ce n’est réellement qu’à partir de 1906 avec la parution de The Man in Lower Ten, puis en 1907 de The Circular Staircase que sa carrière d’écrivain prit son envol. Ces deux romans inauguraient une carrière d'auteur de romans policiers, soit quinze années plus tôt que celle qui fut sa concurrente directe en la matière, Agatha Christie.


Mêlant dans ses romans, intrigue, aventure et humour elle devint rapidement très populaire et écrivit en 1909 une comédie Seven Days qui remporta un immense succès à Broadway. Toute la période précédant la première guerre mondiale, elle milita activement auprès des suffragettes, développa des thèmes féministes que l’on retrouve dans son roman The Borrowed House publié en 1909 dans les pages du prestigieux Saturday Evening Post.

L’année suivante, elle invente le personnage de Tish, jeune femme très libérée qui, en compagnie de ses amies Aggie et Lizzie, se lance dans des aventures « dévergondées » comme des courses automobiles, le pilotage de dirigeables, la conduite d’ambulances ou la chasse aux requins et aux grizzlys!   Ayant suivi, comme Agatha Christie, des études d’infirmière, elle situe rapidement certains de ses romans dans un cadre hospitalier et prend prétexte de ses connaissances médicales pour donner de la crédibilité à ses intrigues, comme dans The Buckled Bag (1914) et Locked Doors (1914). Son personnage principal, une infirmière, Hilda Adams, plus connue sous le nom de Miss Pinkerton, aide la police à résoudre des affaires criminelles.


A partir de cette année, la production de M.R. Rinehart change d’orientation à la fois sous l’influence des critiques littéraires qui nonobstant l’immense succès commercial de ses livres lui reprochent de faire de la littérature de bas étage et sous la pression de son mari, le Dr. Stanley Rinehart, bien décidé à user de son influence pour ramener « à la raison » une femme émancipée qui lui fait de l’ombre. Ces rapports tendus, amèneront Mary Roberts à décrire les maris comme autant de « porcs chauvinistes, dépourvus de cœur, libertins, intolérants à la carrière de leur épouse et se mêlant de tout dans les plus infimes détails ». 

Correspondante de guerre, elle couvre le conflit avec ferveur mais également avec un fond de tempérament dépressif. Ses trois garçons participent à la guerre et fort heureusement pour eux et pour elle, reviendront indemnes du combat. Elle publie en 1915 Kings Queens and Pawns (Rois, reines et pions) où les véritables héros de cette guerre sont les sans-noms, les jeunes soldats tués ou blessés dans cette ignoble tuerie.
King, Queens et Pawns se termine ainsi :


« War is a boy carried on a stretcher, looking up at God’s blue sky with bewildered eyes that are soon to close; war is a woman carrying a child that has been injured by a shell; war is spirited horses tied in burning buildings and waiting for death; war is the flower of a race, battered, hungry, bleeding, up to his knees in filthy water; war is an old woman burning a candle before the Mater Dolorosa for the son she has given.
For King and Country!”

Pour la pourtant très « républicaine » Mary Roberts, la charge est forte et sans concessions.


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Les années 30, marquent le retour de l’écrivain aux romans policiers avec la réapparition de Miss Pinkerton et surtout en 1934 avec « The Inside story » où elle crée un personnage de jeune policier d’origine modeste, se laissant peu abuser par les apparences et les conditions sociales de ses suspects. Héros auquel elle fera dire « Trouble is my business », phrase que Raymond Chandler reprendra cinq années plus tard comme devise de Philip Marlowe.

La vision « sociale » de Mary Roberts s’étoffera en 1933 dans « Mr Cohen Takes a Walk » d’un personnage, homme d’affaires juif, décidé à aider financièrement des gens dans le besoin. Dans « Looking For The Magic Word” (1934) elle dénonce à la fois le nazisme et le communisme.
   
Sa carrière se poursuit avec de nouveaux succès, comme « The Great Mistake » (1940) qui se situe dans un monde totalement onirique. Les relations entre les personnages féminins, la délicatesse des émotions, la subtilité psychologique qui transparaît entre les lignes ont fait dire à de nombreux critiques qu’elle était la mère spirituelle de F. Scott Fitzgerald.
 
Son dernier roman "The Swiming Pool" est publié en 1952.

Elle meurt en 1958 à l’âge de 82 ans après avoir écrit plus de 50 romans, huit pièces de théâtre, des centaines de nouvelles, des poèmes, des récits de voyages et des articles pour les journaux. Ce sont plus de dix millions d’exemplaires de romans vendus de son vivant et traduits dans toutes les langues. Elle repose aux côtés de son mari dans la section 3 du Arlington National Cemetery.
 
Son écriture :


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On retrouve dans l’écriture manuscrite de Mary Roberts Rinehart les principales caractéristiques du modèle Palmer enseigné à son époque dans les écoles américaines. L’inclinaison et l’extrême liaison entre les lettres, les majuscules imposantes et ornées sont des signes typiques de ce modèle.
 

 
Plus personnel et plus significatif est la très grande irrégularité de la dimension de la zone médiane variant de 6 à 1 millimètres à l’intérieur de certains mots. La longueur des jambages est également très personnelle, certains atteignant cinq fois la hauteur de la zone médiane alors que le modèle préconise une dimension égale à la hauteur de la zone médiane. Autre particularité étonnante, l’élision quasi systématique dans cette dédicace des « o ». Dans les mots « work », « doing » « congratulations » « author » . Les oves sont souvent remplacés par de l’angle, des formes pincées qui ôtent de la lisibilité et de la clarté au texte. 
 
Cette dédicace est à replacer dans son contexte. En 1916, M. R. Rinehart sort à peine d’une longue période dépressive. Sa vie de couple est particulièrement pénible et sa carrière d’écrivain de romans policiers, mise entre parenthèses. Les flottements de confiance en soi, la frustration d’une demande affective non entièrement satisfaite qui a besoin de se réassurer dans une action directe, concrète et effective apparaissent clairement dans ces lignes. Une personnalité qui pour maintenir sa cohésion et son équilibre, endiguer son émotivité a besoin de bouger, d’entreprendre quitte à tomber dans une certaine forme d’activisme.
 
C’est en puisant dans les réserves de son imagination, mais aussi dans sa curiosité naturelle, son goût de la recherche et de l’approfondissement qu’elle arrive à maintenir le cap, se fixer des objectifs et aller de l’avant.

La pression déplacée sur l’horizontale confirme cette volonté de s’accrocher, de persévérer en dépit des embûches de « faire » pour compenser  une certaine difficulté à « être », de ne pas « s’écouter » et répondre sans ambiguïté à un niveau d’exigence personnelle élevé.  

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commentaires

BIDUDULE 20/07/2007 21:40

Aucun rapport, quoi que... Quand j'étais petite ma grand-mère m'avait baptisée Sarah Bernhardt j'aurai dû faire du théâtre, oui ! et j'en ai écrit des choses, je les aime jouées... mais... ?Le temps passe...Quand j'ai dû à l'âge de 4 ans me faire opérer des amygdales (banale opération) ce fut dans la clinique proche de chez moi (500 mètres) où la grande actrice avait dû se faire amuter d'une jambe...Voilou...

Alaligne 22/07/2007 13:43

J'espère que tu as gardé tes deux jambes ;)... bises Brigitte

:0023: GUYL 20/07/2007 20:00

.

cat 20/07/2007 19:40

en voyant son écriture, j'ai pensé à mes amies québécoises, et je retrouve cette manière de former les lettres vraiment typique de l'amérique du nord .une personnalité riche, c'est évident.Je constate une fois de plus que l'écriture, comme les hommes, la vie en somme, est en perpétuelle mouvement, et donc pour ce faire jamais figé.Bel article, je file lire celui d'avantbisous Cat

Alaligne 22/07/2007 13:41

Et pourtant, le modèle Palmer n'est plus vraiment enseigné en amérique du Nord... mais sans doute ... la force de l'habitude...

l'Oeil regardait cahin-caha 19/07/2007 23:29

Je ne connaissais pas cet auteur et donc encore moins ses drôles de "o". C'est toutefois fort intéressant.

Alaligne 22/07/2007 14:45

Cette forme d'ove est plus courante que l'on ne croit... l'ove est censé être oval et plein, parfois rond... il est signe parfois de plénitude, d'instinct productif, de demande affective plus ou moins importante. Ici, remplacé par de l'angle ou parfois omis... il indique un pb, une souffrance...

Emeraude 19/07/2007 23:18

Très intéressant ton article Cath ! que ce soit la biographie ou l'analyse.J'adore venir chez toi en apprendre sur des auteurs que je connais ou pas (je n'avais jamais entendu parler d'elle...). Ce n'est pas tous les jours et sur tous les blogs qu'on a le droit à ça !A bientôt :-)

Alaligne 22/07/2007 14:42

Belle critique Emeraude qui me fait rougir de plaisir... A très bientôt...

Muad' Dib 19/07/2007 20:26

Coucou Alaligne, voici une nouvelle petite chronique littéraire très agréable à parcourir et, cerise sur le gâteau, cette petite étude graphologique nous apprend plein de choses instructives et nous donne envie d'en savoir plus.Bonne soirée,

Alaligne 22/07/2007 14:42

Heu... Muad, j'ai débuté ce blog par ce genre d'articles... si cela t'intéresse va voir dans ma catégorie Alaligne ;)

marc 19/07/2007 17:41

bonsoir Catie ;)Belle analyse ;Ce matin je pensais à toi (femme de lettre et de mots),en effet j'étais à Aix dans une librairie et j'y ai vu en vitrine de très jolis encriers et plumes métal montées sur de superbes plumes naturelles..bises et bonne soiréejaguar placide

Alaligne 22/07/2007 14:41

J'achète!!!!!!!!!! Gros bisous Marc

ced 19/07/2007 17:04

Du bien bel ouvrage...on croirait que tu as fait du "Maîtron" (biographe de dico spé.) toute ta vie...c'est élégant..jalonné et dense à la fois...tout cela reste cependant d'un féminisme très modéré...la fifille bovaryste au bon docteur...on est quand même loin du féminisme "fleur-de-peau" d'une Flora Tristan voire plus tard d'une Arria Ly (fabuleuse duelliste) ...conventions quand vous nous tenez...en revanche tu réhabilites un itinéraire méandreux au regard de la postérité littéraire.. mis à part la réf à Pinkerton plus diffusé...et encore il faut être polarophile pour ça...tu donnes envie de courir chez ces bons bouquinistes de bords de Seine ...beaucoup de traductions françaises?, le Masque? la Série Noire? moi m'ferais bien Kings, Queens and Pawns...avec Lenéru suis en plein dedans...merci d'avoir pondu...

Alaligne 22/07/2007 14:40

merci Cédric... pour ce com très agréable à lire ;)... je suis d'accord avec tes remarques et critiques quant à "l'oeuvre de MRR... Si en faisant les bouquinistes tu trouves un livre de Flora Tristan dédicacé... n'hésite pas, achète le moi... j'en ferai un article-grapho avec grand plaisir.. Pour les traductions, peu de choses: Chez Marabout, quelques bleuettes et France Loisirs en 2002 "The staircase"...Quant au livre original que je possède, beaucoup de biographes ne le cite même pas... je l'ai trouvé en fouinant dans une brocante...

Baggins 19/07/2007 16:52

Avec une première partie trés developpée au niveau de la biographie et une seconde sur l'analyse de l'écrirure dont  on ne doute pas de l' éfficacité ,ton article est riche et nous révèle beaucoup de choses en accord de la première partie à la seconde.A vrai dire je n'ai jamais lu de livre de cet écrivain mais certains titres me parlent et mère spirituelle de Scott Fitzerald est une référence  .Bisous Cath

Alaligne 22/07/2007 13:49

Sa production est inégale Christian... mais j'avais envie de mieux la faire connaître car c'est la première femme à avoir écrit des romans policiers... alors...;)

bdu 19/07/2007 16:41

Très instructif. Bise de Lucette

Alaligne 22/07/2007 13:50

Merci Lucette, pour ton com et ta visite sur ce blog...