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  • : Ecritures à la loupe
  • : Présenter des écritures manuscrites d'écrivains célèbres avec une étude graphologique, des comptines pour enfants, l'un de mes romans et beaucoup de mes coups de coeur, voilà l'objectif de ce blog. J'espère que vous vous y sentirez également chez vous...
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30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 10:08

 

 

 

Blog-notes*

 

 

 

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Crédit photo Bettina

 

 

 PS: Il suffit de cliquer en tête de la page d'accueil sur "Romans" pour accéder aux précédents chapitres

 

 

           

 
 
 
 
 

XVI

                

 

  
   - Alors mon doudou ! Comment y lé le gramoune zordi ?

  Sans attendre de réponse du perfusé, la plantureuse infirmière réunionnaise saisit à bras le corps le père Matthieu, lui enfonçant la tête dans sa vertigineuse poitrine, puis s'empara de l'oreiller qui s'était affaissé pour le remettre en place. Elle en tira les coins d'un coup sec pour leur donner l'aspect d'ailes de papillon, remonta le drap froissé à hauteur de poitrine et l'aplatit d'une large main au profil de battoir, déclenchant un grognement de mécontentement du malade.
 

   Un sourire éclatant aux lèvres, elle recula d'un mètre, considéra avec satisfaction le tableau, repartit à l'assaut en  brandissant un thermomètre qu'elle vint agiter sous le nez du vieux.

    
  - C'est l'heure de prendre la température ! Allez, on se débrouille tout seul ou faut l'aider ?
    

   Le père Matthieu ouvrit un oeil, prit un air bougon, marmonna quelques mots inintelligibles et fit mine de se rendormir.
 

  - Arrêtez de faire z'oreilles cochon ! clama-t-elle d'une voix stridente. On est plus un baba ! Allez, faut soulever son derrière, sinon tortue y trouve pas son qué !

       
   Joignant le geste à la parole, elle empoigna d'une main le gras de la hanche gauche du bonhomme, le bascula sur le côté, entreprit de relever la chemise de nuit aux armes de l'Assistance publique pour enfoncer l'appareil entre les fesses du père Matthieu.
 

   Cela suffit pour sortir de sa torpeur le patient qui abatit une main de fer sur le poignet de l'infirmière.
 

  - Mais, vous allez me foutre la paix ! éructa-t-il en se dressant avec une vigueur inattendue sur son céans, faisant dangereusement valser la sonde le reliant à la perfusion.
 

  - Si vous voulez pas que je vous traite comme un baba, faut le dire doudou ! Mais allez pas ravager votre perfusion pour si peu... Il me donne pas la tremblade le vieux père, mais ou il prend sa température ou je vais l'amarrer bien costaud et prévenir le docteur.


   - Je comprends rien à ce que vous me dites, gronda le père Matthieu. A-t-on idée de parler un tel jargon ? M'amarrer, ça encore je peux comprendre, mais je suis pas une péniche, nom de Dieu et tant que le père Matthieu sera vivant, ce n'est pas une...
 

  Il s'interrompit à la recherche d'un mot approprié, hésita et abandonna une phrase risquée pour s'emparer du thermomètre qu'il cala ostensiblement sous son aisselle.
 

  Rendu à de meilleurs sentiments, il lorgna du coin de l'oeil l'infirmière qui disposait sur sa table de chevet les médicaments, guettant un signe de contrariété sur son visage.
 

  - Vous venez d'où ? Improvisa le vieux sur un ton plus badin.
 

  - De Saint-Pierre, je suis réunionnaise répondit-elle sans daigner le regarder.
 

  - C'est du créole ?
 

  Elle ne répondit pas.
   

  - C'est joli comme dialecte...
 

   A ces mots, elle se tourna franchement vers lui, posa ses mains sur ses hanches et éclata de rire.
 

  -  Jargon, dialecte... ! Ayo ! Si ma mère vous entendait, elle vous couperait les oreilles. Le créole, c'est le parler de mes ancêtres et cela m'amuse d'y revenir de temps en temps. Ca met un peu de soleil dans cet hôpital, pas vrai doudou ?
 

  Le père Matthieu opina du chef et sourit à sa tortionnaire.
 

  - Mais si vous voulez que je parle normalement, je peux le faire aussi ajouta-t-elle en clignant de l'oeil et en abandonnant son accent chantant. Après tout, cela ne fait que trente ans que je vis en Métropole.
 

  - Non, pas du tout, se récria le père Matthieu. Vous savez, moi aussi je suis un amoureux de la langue, enfin de celle de mon métier. Je suis, enfin, j'étais marinier...
 

  - Un vrai marinier à Conflans Sainte Honorine ? Je peux pas le croire ! Un vrai marinier sur une vraie péniche ?
 

  - Que je meure sur-le-champ si je mens ! répondit le vieux, une main sur le coeur et l'autre lui tendant le thermomètre.
 

 

 

  

                                                                                            à suivre......

 

 

*BLOG-NOTES est un manuscrit déposé, ayant reçu un numéro d'ISBN mais non encore corrigé et édité. Les amis blogeurs qui auront le courage et la ténacité de lire ce petit suspense jusqu'au bout seront nommément cités sur le livre en dédicace.

  

 

 

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commentaires

Aux éclats ! 26/09/2007 17:52

Très jolie rencontre ! On est tout de suite en empathie avec les personnages avec très peu d'indications à leur sujet. Il y a tout du long un humour dosé mais qui fait mouche.

Piotr Goradd 21/08/2007 17:19

Petite pause dans la narration, ça fait du bien....Bisous, bises, baisers EBPE .........................Piotr, Pat

marc 31/05/2007 19:28

merci catie pour ce nouvel extrait du Blog-notesbisous et bonne soiréejaguar placide

sam (itineraire) 31/05/2007 15:19

j'adore... on est transporté... bravo de faire vivre tes personnages avec autant d'habilité... bisous @ bientôt :0113:

slim 30/05/2007 23:01

Bonjour,Joilie hstoire. Une narration bien rythmée et assez élaborée.Bonne continuation

Alaligne 31/05/2007 10:53

Contente slim que cela t'ai plu.

Annie 30/05/2007 22:42

un petit  coucou pour te souhaiter une bonne fin de semainebisous Annie

Alaligne 31/05/2007 10:41

Un grand coucou à toi... et plein de bisous :D

Muad' Dib 30/05/2007 21:20

Coucou Cathy, pour prolonger le plaisir, jete prie de bien vouloir accepter cette photo de notre ami et de son attelage.Bises et bonne soirée,

Alaligne 31/05/2007 10:51

Je l'accepte avec joie Muad ;)

Curieuse 30/05/2007 20:00

Je crois que je vais devoir surveiller cela de très près.... J'adore !! :)

Alaligne 31/05/2007 10:46

Surveille curieuse... cela me fera extrêmement plaisir ;)

LUCQUIAUD 30/05/2007 19:19

Oh ma Doudou, au sourire si doux, , ton roudoudou en tombe à genoux . Le père Mathieux il a pas pu faire celui qui était tombé dans les choux . Du coup, lui, heureusement sans pou, avec le thermomètre, a fait joujou en regardant l'infirmière avec yeux grand rond comme yeux d'hibou ...  Du coup elle n'a pas eu à lui masser le caillou ... youhou !...Bisous des Farfadoux

Alaligne 31/05/2007 10:50

Matthieu pas Mathieux... Patrice. Si tu écorches son nom il ne va pas être content  et j'ai déjà bien du mal à le cadrer dans cette histoire... Il n'en fait qu'à sa tête... un vrai cauchemar pour un écrivain.Gros bisous ;)

linda & Picasso:0071: :0079: 30/05/2007 18:40

Je serais un peu moins présente pour des raisons personnels, mon blog a une nouvelle présentation pour mettre des comms et voir l'article il suffit de cliquer sur le titre.Gros bisous porte toi bien

Alaligne 31/05/2007 10:48

merci Linda, je vais aller voir cela...